Merci Thomas par PEB 2011-10-09 16:38:12 |
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Enfin quelqu'un qui me comprend.
Oui, je me fais l'avocat de l'accusé car les curés de ma campagne ont certes failli sur certains points mais ne méritent pas un tel acharnement.
Au moment où tout semble se rétablir, le démon veut diviser encore une fois la tunique sans couture. Je proposais simplement d'être beaucoup plus mesurés les uns vis-à-vis des autres.
Rome fait un pas au plus haut niveau, que le monde traditionnel en fasse en direction des paroisses. Rien d'extraordinaire d'ailleurs. J'imagine un Abbé Girod qui deux fois par mois vient prier dans un coin de la basilique de Liesse à l'occasion d'une messe de semaine et qui s'en retourne discrètement à moins d'être invité à casser la croute le soir au presbytère.
Vous avez, je suis un moderne attaché à la Tradition. Je suis auprès de vous, l'avocat du diable mais sachez que, de l'autre côté, j'essaie de faire passer votre message, ou du moins d'en défendre la légitimité.
Pour en revenir aux deux fils, dans le premier, j'exprimais mon exaspération face à une telle volée de bois vert contre des curés que je respecte par ailleurs sans être toujours foncièrement d'accord avec leurs orientations.
Dans le second, j'intervenais pour que le milieu traditionnel ne soit pas sa propre caricature. Je suis dans la ligne du Saint-Père qui distingue et articule Foi et raison, science et philosophie, sacré et morale, morale et politique. L'Abbé Georges Lemaître, co-inventeur du Big Bang, n'hésita pas à réprimander l'enthousiasme de Pie XII pour les nouvelles cosmologies car il ne voulait pas être pris en flagrant délit de concordisme. Et Pie XII, tout Souverain Pontife qu'il était, se soumit de plus ou moins bonne grâce à l'astrophysicien.
Le catéchisme moderne de la classe de 6ème de 1985-1986 m'a fait admirer l'oeuvre divine dans le long processus d'hominisation du Cosmos. Ce Dieu de majesté qui préside aux lois naturelles est aussi ce Père de toute grâce qui m'aime comme un fils bien-aimé! J'aime mieux la vision formidable d'un Univers étendu dans l'espace et le temps que la vision étriquée de Ptolémée (qui ignora superbement les calculs vertigineux d'Erathostène et de ses continuateurs).
Ce que j'aime avec la science moderne c'est que, sans renoncer à ses principes épistémiologiques fondamentaux, elle est capable de repenser ses propres théories voire de les briser lorsqu'un résultat ne colle pas ou qu'une incohérence apparait. C'est sa grande puissance. La science moderne, c'est Chronos qui dévore ses propres enfants. Aucune théorie suprême, aucun Zeus n'arriveront à la satisfaire pleinement. Elle ne sera jamais terminée, pas même en mathématiques. Apprendre qu'une théorie est détruite, c'est dommage pour ceux qui enseignait le phlogistique et gagnait leur beurre là-dessus mais c'est tellement stimulant et exaltant pour l'intelligence de voir le monde autrement. Ni Aristote, ni Platon, ni Darwin, ni Einstein ne sont infaillibles. Pour ces derniers, il faut savoir distinguer leurs théories des principes fondamentaux qui les sous-tendent. Darwin a proposé un modèle d'évolution des espèces. Toutefois, ce modèle avait vocation à évoluer, et ce, loin des idéologies. Cependant, il est resté de son oeuvre l'idée maîtresse que le vivant est soumis à des lois de transformations de même nature que le reste du monde physique.
La métaphysique n'est plus la même qu'au temps bénis de saint Louis. Comment prêcher saint Thomas d'Aquin sans Aristote sinon un Aristote épuré? Voilà, je pense un des plus grands défis des théologiens y compris traditionnels d'aujourd'hui.
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