Le torrentiel qui n'avance pas masqué
Je suppose que ce n’est pas dans votre intention, cher torrentiel, mais il est visible que vous vous trompez de cible : vous faites mine de “me” répondre, alors qu’à la lettre, tout “mon” message – “mon” raisonnement comme vous dites – a consisté à vous mettre sous les yeux l’enseignement du pape
Pie XI : un enseignement jugé tellement peu négligeable à l’époque de sa publication qu’il a déterminé le cardinal Mercier à arrêter les conversations de Malines entre catholiques et anglicans, sans imaginer pour autant commettre en cela un
péché contre les béatitudes !
C’est donc bien à Pie XI – et au-delà, à l’apôtre
saint Jean qu’il citait, excusez du peu ! – que vous croyez répondre, alors que votre réponse illustre seulement la confusion classique entre les religions et les individus qui les professent :
Il me semble que les préalables du dialogue interreligieux sont les mêmes que ceux qu'il faut avancer pour aider quelqu'un à se convertir en prêchant d'exemple : le reconnaître pour ce qu'il est ; comprendre l'arrière-plan psychologique qui le pousse à pécher ; cela posé, dénoncer ce péché ; chercher une parade psychologique pour que l'autre puisse ne plus le commettre ; mais d'entrée, dire qui l'on est et à quoi on veut en venir. Sans quoi, au bout du chemin, l'autre pourra se détourner de nous en nous disant que nous l'avons trompé sur la destination.
Ce que vous écrivez là n’est pas faux, à ceci près qu’à Assise, ce ne sont pas les
individus qui sont conviés, ce sont les représentants qualifiés de la majeure partie des fausses religions du monde,
reconnues en tant que telles comme un facteur possible de paix, alors qu’elles sont toutes à des degrés divers le jouet du démon : Castille vient encore de rappeler sur ce point la conviction des
martyrs pleinement conforme à la doctrine des apôtres.
Posez-vous cette simple question : quand saint Jean “interdisait de façon absolue tout rapport avec ceux qui ne professaient pas la doctrine du Christ” – au point de refuser même qu’on les salue – était-ce aux
individus qu’il s’en prenait ? Comment, si tel avait été le cas, le christianisme naissant aurait-il pu songer à les convertir ? Relisez donc attentivement l’encyclique si claire de Pie XI, et vous verrez qu’il ne s’y trouve
aucune contradiction, mais le simple rappel de l’enseignement du Christ et de ses vicaires pendant près de deux mille ans.
V.