Le circonstanciel et le fondamental - L'accidentel et l'intentionnel. par Scrutator Sapientiæ 2011-07-29 12:24:22 |
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Bonjour Theonas,
Je ne pense pas qu'Assise soit apparu pour des raisons uniquement circonstancielles, qui relèveraient de la seule pastorale de la paix, car il y a également des raisons tout à fait fondamentales, qui ont été théorisées, notamment par Jean-Paul II, le 22 décembre 1986, puis jusqu'au terme de son pontificat.
Je ne pense pas non plus que l'on puisse, comme il semble que cela soit le cas, dissocier la bonne intention qui préside à Assise des mauvais accidents qui abîment Assise ; certains de ces accidents, eux aussi, sont intentionnels, mais voilà, on les remarque davantage, non nécessairement parce qu'ils sont en contradiction, par rapport à la bonne intention qui inspire Assise, mais très possiblement parce qu'ils sont
- encore plus manifestement "transgressifs", par rapport au dispositif officiel ou au déroulement effectif des réunions qui ont eu lieu à Assise,
- encore plus manifestement "avancés", par rapport à l'évolution des mentalités catholiques, qui ne sont pas encore prêtes à tout accepter.
Il est question d'un refus fautif d'Assise.
S'agit-il d'une faute contre le Père, le Fils, l'Esprit ? contre la Foi, l'Espérance, la Charité ? contre le Credo, le Notre Père, le Décalogue ? contre l'Ecriture ? contre la Tradition ? contre la loi divine ? contre la personne humaine ?
Je ne pense pas que cela soit le cas, dès lors que ce refus est à la fois chrétien, aimant, respectueux et tolérant vis-à-vis des personnes, mais pas des approximations ou inexactitudes qu'elles commettent ou subissent.
Non, il s'agit d'une faute contre le Magistère ; eh bien moi je vous dis qu'il n'y a rien de plus propice à la concrétisation d'un grand risque de confusion, d'assimilation ou d'égalisation
- entre la paix dans l'ordre naturel et la paix dans l'ordre surnaturel,
- entre la recherche de la paix, pour des raisons spirituelles, et la recherche de la paix, par des moyens temporels,
- entre la foi chrétienne et les croyances non chrétiennes,
- entre les vertus théologales et les valeurs anthropologales,
que ce que j'appelle la mentalité ombrio-pérousienne, aussi adossée à Assise que la mentalité conciliaire est adossée au Concile.
Si l'Eglise continue, en quelque sorte, à courir deux lièvres à la fois, quand le dialogue est (parfois) pris pour une fin, et quand l'annonce est (parfois) rendue facultative, le risque est qu'elle finisse par pratiquer une certaine forme de double pensée ; cela me gênerait vraiment beaucoup, de voir apparaître une espèce de taqîya ecclésiale.
Pour ma part, je n'ai jamais parlé de syncrétisme, mais d'une combinaison entre un éclectisme fédéraliste, sur la forme, et un pacifisme régnocentrique, sur le fond.
Enfin, j'ai déjà suggéré, pour sortir du grand risque de confusion évoqué ci-dessus, la possibilité d'externaliser et de séculariser Assise, en direction de l'UNESCO.
Je vous prie de bien vouloir m'excuser pour la vivacité de ma formulation, mais je manque de temps pour adoucir et nuancer davantage mon propos ; merci beaucoup pour votre message, pour votre compréhension (je n'ai pas dit : pour votre approbation), et bien sûr bonne journée.
Scrutator.
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