plein consentement par le torrentiel 2011-07-18 10:57:36 |
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Cher Meneau,
Comme d'habitude, vos réponses sont pleines de sagesse, de mesure et de charité.
Permettez-moi simplement devous faire observer de ne pas négliger la nature psychologique ou psychoaffective du consentement.
Vous pouvez très bien savoir qu'une situation dans laquelle vous vivez n'est pas conforme à la loi de l'eglise, mais n'être pas affectivement ou psychologiquement libre d'y y mettre fin.
Si l'on prend un cas moins extrême, encore que considéré comme "péché capital", vous pouvez très bien aimer le chocolat au point de ne pouvoir passer un jour sans en abuser. En confession, le prêtre vous prescrira de ne pas dépasser une certaine quantité; mais voilà que vous passez devant une boulangerie ou, pire, une chocolaterie, et là... Il arrive que la tentation soit si forte que, ni vu, ni connu, en vous éclipsant du champ de vision de votre entourage inattentif, vous entrez dans la boulangerie et vous achetez le chocolat que vous dévorez séance tenante. Chose vue faire, non faite par moi-même: les exemples seraient moins avouables dans ce cas.
Ce processus est le même pour toutes les addictions. Je trouve ce mot très peu conforme au génie de notre langue, mais son emploi se généralise. N'importe le mot, revenons au processus! Il y a une dépendance affective comme il y a une dépendance au chocolat. Elle n'est évidemment pas de même nature. Mais le danger d'une société qui refuse toute dépendance est de devenir tellement antiaddictive et indépendantiste qu'elle se déclare aussi indépendante de dieu. Méfiez-vous des "autonomistes" et des séparatistes! Méfiez-vous des gens qui ne se voudraient dépendants de personne. Ils risquent fort d'avoir bien peu de coeur.
Enfin, tout renoncement est une amputation. Le problème, lorsque cette amputation engage le psychisme, c'est qu'on n'en a pas encore inventé l'anesthésie. Raisonnablement et humainement, on peut concevoir que l'on fuie une amputation à vif, de sorte que l'on diffère à se convertir au sens plein qu'exigerait une vraie bonne confession, c'est-à-dire en se promettant devant dieu d'être parfait pour sa gloire. On ne peut, étant donné nos forces, que tendre à la perfection, qu'avoir "l'angoisse d'être meilleur", selon la magnifique expression d'un de mes Pères spirituels, un rédemptoriste âgé qui n'est plus de ce monde.
Face à cette réalité, qui me paraît être celle de notre condition humaine, la vraie question est de savoir dans quelle mesure il nous est loisible de recevoir l'absolution lorsque nous ne sommes, en fait, qu'en voie de conversion et que nous n'avons pas la contrition parfaite. Je gage que ceux-là mêmes qui tiennent que l'eglise ne pourra jamais accorder la communion à des divorcés remariés, même si le prêtre essaie de discerner dans quelle mesure leur consentement à leur situation est vraiment libre en vertu de la dépendance affective, consentiraient eux-mêmes à vivre en ne recevant que des demi absolutions, ce qui serait plus conforme à l'interrogation sans fard de qui se demanderait en conscience, en allant se confesser, s'il a la contrition parfaite. Rares sont ceux qui pourraient répondre par l'affirmative.
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