[réponse] par Virga10 2026-08-18 18:09:22 |
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Tombant aujourd'hui sur votre message de 2019 au hasard d'une recherche internet, je voudrais signaler que j'ai réalisé l'an dernier un "Graduel des dimanches et fêtes principales" basé sur le Missel Grégorien de Solesmes pour le Novus Ordo et le graduel triplex.
Je suis d'accord avec vous pour dire que le Triplex est trop chargé. A mon avis la notation sangalienne aurait suffit d'autant qu'elle diffère parfois de celle de Laon. En choisir une sur les deux aurait permis de trancher pour l'interprétation lorsqu'il y a différence entre Saint Gall (ou Einsiedeln) et Laon.
Ma version du Graduel est dite "restituée" car tout en utilisant la notation carrée habituelle, j'ai utilisé pour certains neumes, une graphie spéciale (merci Chant tools) un peu à l'image de celle utilisée dans l'AM de 1934 ou dans le Liber Hymnarius de 1983. Cette notation intermédiaire permet de se passer (pour l'essentiel) des neumes in campo aperto du triplex, sans trop dépayser ceux qui sont habitués à la notation carrée de l'Édition Vaticane ou des livres de Solesmes.
Le graduel triplex, est surtout un (formidable) outil d'étude pour ceux qui souhaitent se plonger dans la sémiologie grégorienne, en complément du livre de Dom Cardine (assez accessible pour des non spécialistes) ou celui (plus pointu) de Göschl et Agustoni "Introduction à l'interprétation du chant grégorien". Mais utiliser le Triplex au chœur ou dans une schóla de paroisse ne me semble pas très pratique pour des débutants ou des non confirmés.
Petite aparté au sujet de votre dernier paragraphe : il y a bel et bien des contradictions entre les partisans de la méthode de Solesmes et des signes de Dom Mocquereau (dont il y aurait beaucoup à dire parce qu'en général peu de gens savent toutes les raisons de leur invention ou réutilisation) et ceux qui suivent l'enseignement sémiologique de Dom Cardine. Mais je ne développe pas, ce serait bien trop long. En revanche je trouve dommage de penser que ces questions "techniques" puissent effrayer les débutants. Certes cela nécessite de se pencher sur la question et cela prend du temps mais c'est très interessant...et je dirai même utile, que l'on soit "spécialiste" ou simple chantre de schóla. Cela permet non seulement de mieux comprendre pourquoi il y a des divergences entre ces deux écoles d'interprétation, mais aussi pourquoi il faudrait chanter comme ça ou au contraire ne pas chanter comme ça. Certains y voient des "chicaya de spécialistes" alors qu'il faudrait tout simplement y voir la volonté de comprendre la manière dont on chante, surtout quand on fait partie d'une schóla ou qu'on en dirige une.
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