Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=917915
images/icones/mitre4.png  ( 917915 )Mgr Bordeyne sur la bénédiction des couples homosexuels par Chicoutimi (2021-05-22 05:33:30) 

Mgr Philippe Bordeyne, le nouveau président de l’Institut théologique pontifical Jean-Paul II pour les sciences du mariage et de la famille, est favorable à une forme de bénédiction des personnes engagées dans une union homosexuelle et qui «sollicitent la prière de l’Église pour accompagner leur amour, leur union».

Dans un essai paru dans « Transversalités », la revue de l’Institut catholique de Paris dont il était jusqu’ici le recteur, il a écrit quelques instructions sur la manière dont les ministres de l'Église devraient procéder pour ce genre de bénédiction.

C'est vraiment honteux qu'il puisse avoir été nommé président de l'Institut théologique Jean-Paul II. Qui a pris la décision de la nommer?

Un article de Sandro Magister publié sur Diakonos:

(...)


Instruction sur la manière de bénir les couples homosexuels
de Philippe Bordeyne

''Tout baptisé bénéficie de la prière de l’Église et jouit d’un droit fondamental à en bénéficier. Dès lors, il ne fait pas de doute que les personnes engagées dans une union homosexuelle ont le droit de solliciter l’aide pastorale de l’Église, et particulièrement l’aide de la prière, dans leur marche vers la sainteté.

Dans le même temps, l’Église ne peut ignorer que certaines pratiques ecclésiales risquent d’introduire de la confusion sur la nature du mariage chrétien ou de conforter les confusions qui circulent dans la société sur la nature du mariage en général. Il importe donc d’opérer des distinctions à deux niveaux, entre prière publique et prière privée, d’une part, et entre bénédiction des personnes et bénédiction du couple ou de leur union, d’autre part.

Premièrement, […] lorsque deux personnes homosexuelles sollicitent la prière de l’Église pour accompagner leur amour, leur union, ou l’enfant qu’elles ont accueilli, une prière à caractère privé est préférable pour éviter de donner prise aux revendications, explicites ou implicites, de légitimation des unions homosexuelles par analogie au mariage.

De même, dans le cas où une prière de bénédiction serait envisagée, il conviendrait de s’en tenir à une bénédiction des personnes en écartant les formulations qui évoqueraient trop directement leur union, afin d’éviter la confusion avec la bénédiction rituelle d’un homme et d’une femme unis dans le mariage. […] Le signe ecclésial de la bénédiction, accompli par un ministre de l’Église, serait dès lors accordé à deux personnes qui, ayant chacune formé un jugement de conscience tenant compte de ses limites, sollicitent l’aide de l’Église pour grandir dans la disponibilité à la grâce. Concrètement, il serait souhaitable que le ministre procède successivement à deux prières personnelles de bénédiction. […]

Dans la mesure où l’Église catholique est en travail de discernement moral et pastoral face aux unions homosexuelles, on peut former le vœu qu’elle ose enraciner ce travail dans la prière liturgique qui est le lieu par excellence où le Christ manifeste sa présence et sa puissance salvatrice à son Église.''



(...)

Pour lire en entier, c'est ICI
images/icones/1n.gif  ( 917919 )Pourquoi lui donnez vous une mitre ? par Aliocha (2021-05-22 08:19:25) 
[en réponse à 917915]

Il n'est pas encore évêque
images/icones/vatican.gif  ( 917921 )Chapelain de Sa Sainteté par Accipiter (2021-05-22 08:51:04) 
[en réponse à 917919]

Tous les "Monseigneurs" ne sont pas mitrés, comme évoqué très souvent sur le forum. Il a été nommé Chapelain de Sa Sainteté par le Pape Benoit XVI en 2011, donc il porte le titre d'appel de Monseigneur, c'est tout.

--
Accipiter
images/icones/1h.gif  ( 917920 )Présentation malhonnête de Sandro Magister par Ion (2021-05-22 08:49:50) 
[en réponse à 917915]

L’article de Philippe Bordeyne fait 18 pages, j’en ai parcouru l’essentiel. Il n’y a nulle part ce titre "Instruction sur la manière de bénir les couples homosexuels". Non seulement ce titre n’existe pas, mais tout l’article est là pour rappeler qu’il n’est justement pas question de bénir les "couples", mais les personnes individuellement, celles qui demandent l’aide à l’Eglise.

Pour des raisons de droits, je ne reproduirai pas l’article, mais succinctement, son fil rouge :
- Rappels sur la norme universelle du mariage hétérosexuel, monogame et indissoluble et permanence du Magistère sur cette question, nécessité pour les personnes à tendances homosexuelles à renoncer au mariage et à vivre dans la continence
- Approfondissement par l’Eglise du rapport entre universel et particulier en morale, à la lumière d’Amoris Laetitia
- Rappels de l’appel à la sainteté pour tous et commentaires de l'auteur sur le discernement comme voie de discrétion et d’humilité « il ne fait pas de doute que les personnes engagées dans une union homosexuelle ont le droit de solliciter l’aide pastorale de l’Eglise, et particulièrement l’aide de la prière, dans leur marche vers la sainteté »
- Pour finir, une suggestion de bénédiction individuelle des personnes concernées, en reprenant les formules du livre de bénédiction pour les personnes âgées demandant la force comme suit :

Que Jésus-Christ notre Seigneur demeure près de vous et vous protège. R/ Amen.
Qu’il soit devant vous pour vous guider, qu’il soit derrière vous pour vous garder. R/ Amen.
Que ses yeux soient sur vous et qu’il vous bénisse. R/ Amen

images/icones/fleche2.gif  ( 917924 )Je vous livre ... par Ion (2021-05-22 09:06:49) 
[en réponse à 917920]

... le dernier paragraphe de l'article, à la suite de la bénédiction individuelle préconisée :

Il nous semble d’une telle prière de bénédiction pourrait s’adresser, dans l’esprit de la présente communication, à des personnes homosexuelles qui, ayant renoncé au mariage, ont néanmoins besoin de recevoir l’aide de l’Église pour cheminer vers la sainteté avec leurs limites en se disposant chaque jour davantage à accomplir la loi morale, en prêtant attention tant à sa dimension universelle qu’à sa dimension particulière.


Accomplir la loi morale ! On est quand même, avouez-le, très loin de ce que Sandro Magister essaie de présenter sur Philippe Bordeyne et une quelconque "instruction" bénissant les "couples" homosexuels.

Ion
images/icones/neutre.gif  ( 917930 )Le problème Ion par Tibère (2021-05-22 10:28:44) 
[en réponse à 917924]

C'est que sur le net, on obtient très vite dès la première page le résumé de l'article en cause :

Français
La position du magistère catholique sur le mariage n’ayant varié ni sur le mariage, ni sur la sexualité hors mariage, les personnes homosexuelles sont invitées à renoncer au mariage et à vivre dans la continence. Toutefois, l’encouragement du pape François à une pastorale de meilleure intégration de toutes les personnes à la communauté ecclésiale, incite à reconsidérer au plan moral la situation des baptisés qui, du fait de leur homosexualité, ne peuvent accéder au mariage. En s’appuyant sur les exhortations apostoliques Amoris laetitia et Gaudete et exsultate, l’article énonce quelques principes de discernement moral et spirituel pour aborder de telles situations, ce qui conduit à envisager la possibilité de donner certaines formes de bénédiction à des personnes homosexuelles engagées dans une union civile.

Alors tant qu'on a pas l'article in extenso, on ne peut pas dire, au vu du résumé, que Magister a tort.
images/icones/neutre.gif  ( 917941 )Pas d'accord par Meneau (2021-05-22 11:41:46) 
[en réponse à 917930]

Pour une fois, je souscris aux constats de Ion.

D'une part, on trouve de large extraits sur la toile, et tout, y compris le résumé que vous produisez va dans me sens de ce qu'écrit Ion. (Au passage le résumé en question ne titre pas du tout comme le fait Magister, c'est un fait qui ne vous aura pas échappé)

D'autre part, c'est à celui qui jette la pierre à un pasteur de l'Eglise de produire les preuves de ses accusations. On ne peut pas selon vous dire que Magister a tort, mais on ne peut surtout pas dire qu'il a raison non plus...

Si vous voulez rentrer dans le lard d'un Evêque, prenez la précaution de le faire à bon escient et payez-vous donc l'article de "Transversalités", la revue de l’Institut catholique de Paris.

Cordialement
Meneau
images/icones/neutre.gif  ( 917943 )[réponse] par Meneau (2021-05-22 11:44:15) 
[en réponse à 917941]

Le plan de l'article est ICI.

L'article coûte 3€

Cordialement
Meneau

images/icones/1v.gif  ( 917952 )Mais il s'agit d'une préparation habile des mentalités par Jean-Paul PARFU (2021-05-22 12:29:19) 
[en réponse à 917943]

à l'acceptation, dans le futur, de la bénédiction des unions homosexuelles.

On ne dit pas : on bénit les unions homosexuelles ; on dit, les unions homosexuelles, c'est pas bien et on ne les bénit pas, mais l'Eglise doit prendre en compte, et donc éventuellement accompagner, puis bénir, telle ou telle personne homosexuelle qui gnagnagna ...

Quand cette façon de faire sera suffisamment ancrée dans les esprits, on passera à l'étape suivante, en se référant à ce précédent !

Puis, étape finale, on changera la doctrine sur l'homosexualité et les unions homosexuelles.

Et hop ! Le tour sera joué. C'est la technique du voleur chinois !

Ils sont obligés d'appliquer cette technique, car si les gens ne comprennent pas très bien ce qui a trait à la liberté religieuse ou autres controverses, ils comprennent par contre très bien ce qui a trait aux moeurs et à la loi morale naturelle. Ils comprennent que le mariage ou ce qui y ressemble, c'est un homme et une femme. Point ! Et ils sont d'autant plus obligés de tenir compte de cet état d'esprit que ceux qui fréquentent les églises sont attachés à cette morale, que les Africains chrétiens sont attachés à cette morale et que leurs relations avec l'islam les incitent à être prudents dans ce domaine !
images/icones/1d.gif  ( 917956 )Le jésuitisme est bien aux commandes... par Yves Daoudal (2021-05-22 12:49:17) 
[en réponse à 917952]

Et je suis sidéré de voir que sur le FC il y ait encore des gens pour dire Amen. Ce que dit Bordeyne ce n'est pas autre chose que ce que dit François. C'est juste un perroquet, comme tous les gens de la cour.

C'est exactement la même façon de faire qu'Amoris laetitia. On rappelle la doctrine, et on finit par dire qu'on peut faire le contraire.

Ce qui est hyperjésuite ici est de souligner qu'on ne peut pas bénir des couples de même sexe, mais qu'on peut bénir chacun séparément. Donc dans l'église on verra deux personnes de même sexe habillées comme des mariés, avec devant elles un prêtre qui ne fera pas une bénédiction, mais deux bénédictions. Génial. On se fout du monde. Mais on ne se fout pas de Dieu.
images/icones/bravo.gif  ( 917959 )Merci Yves d'avoir recadré le propos ! par Jean-Paul PARFU (2021-05-22 12:57:43) 
[en réponse à 917956]

Et d'avoir dévoilé les manoeuvres de François, de ses perroquets, et leurs thuriféraires habituels sur ce Forum !
images/icones/neutre.gif  ( 917962 )Décadrage, plutôt par Meneau (2021-05-22 13:02:55) 
[en réponse à 917959]

comme je l'écris ci-dessous.

Quand à me ranger parmi les thuriféraires de François, vous pouvez vous lever tôt ! Bon courage !

Cordialement
Meneau
images/icones/info2.gif  ( 917964 )Et un petit rrappel par Yves Daoudal (2021-05-22 13:25:44) 
[en réponse à 917959]

Philippe Bordeyne est ouvertement contre l’encyclique Humanae vitae, ouvertement pour le droit des adultères à la communion eucharistique (il a même publié un livre sur le sujet), et lors du synode sur la famille il s’était moqué de la famille « triangle petit-bourgeois d’un père, d’une mère et des enfants ».
images/icones/livre.gif  ( 917968 )Humanae Vitae par le P. Martelet sj (1973) par JVJ (2021-05-22 13:46:13) 
[en réponse à 917964]

article

Heureusement que Paul VI a écrit HV, sans quoi tout son pontificat passait à la trappe !

A lire, pour ceux qui parlent de HV sans avoir lu cet article qui est rédigé par celui qui en France savait le mieux comment il fallait lire la chose.

Le premier qui contredirait le contenu de cet article ne peut prétendre avoir compris Humanae Vitae ni la pensée de Paul VI.

Un borné, surtout s'il est célibataire, va nous sortir l'onanisme conjugal digne du XIXe s. le plus étriqué, et qu'un "acte" conjugal ne peut qu'être conditionné à la génération ! Ah, ah, ah. Les méthodes naturelles sont très désordonnées, vous savez, car elles veulent ruser et sont foncièrement hypocrites, hein ?

Comme certains protestants ou amateurs de sourate, laïcs qui plus est, il y a ceux qui lisent le texte en pensant qu'ils sont aptes à le comprendre et qui, au lieu de réflexions, récitent des articles pris ici et là. Il vaut mieux des commentaires et des contextualisations. Ce n'est pas parce que je lis Montaigne ou Nietzche dans la traduction, que je suis apte à le comprendre, loin de là. Je n'ai pas été capable de tout comprendre dans les volumes de Jésus écrits par Benoît XVI. Il me manquait des lectures à la pelle, une forma mentis de théologien.

Et en matière de pastorale, la souplesse n'est pas exclue comme le cas par cas. Evidemment, les chapelles où il n'y a que des parfaits... c'est plus simple ! Pourtant même les Chartreux se confessent, mais pas pendant la messe.

Il est heureux que l'Eglise n'interdise pas d'obsèques les suicidés et bon courage aux prêtres qui sortiraient leur catéchisme devant les enfants ou la mère du suicidé. J'ai la plus grande compassion pour les suicidés. J'en ai connu de fortes jeunes qui furent mes amis d'enfance, dont deux victimes de leur sacro-sainte famille hétérosexuelle !

Quand on changera de pape, François va manquer à certains.
images/icones/neutre.gif  ( 917977 )Et donc ? par Meneau (2021-05-22 14:17:58) 
[en réponse à 917968]


un "acte" conjugal ne peut qu'être conditionné à la génération !



Le P. Martelet rappelle effectivement à la suite d'Humanae Vitae qu'un acte conjugal ne peut qu'être ordonné à la génération et que le contraire est objectivement un désordre moral.

Vous voulez dire quoi exactement ?

Cordialement
Meneau
images/icones/fleche2.gif  ( 917982 )Le catholique sur la Terre ne doit faire par JVJ (2021-05-22 14:36:35) 
[en réponse à 917977]

l'amour que pour enfanter, c'est bien ça ?

Et embrasser son mari ou sa femme, combien de fois par mois ? Le carême le permet-il ? Forma mentis d'amishs ou de mahométans (profondément hypocrites par ailleurs). Au moins sont-ils polygames...

Vous lisez le P. Martelet comme je retiens les sermons de mon évêque...

Même les saintes familles qui ont dix enfants ne DOIVENT donc fauter (le mot est lourd de sens...) qu'une dizaine de fois le long de leurs cinquante ans de mariage ? J'admire et je prends note. Cela devient glauque, cette comptabilité d'ici-bas. Bartholomeos a demandé dans un texte que ses popes s'arrêtent à la porte de la chambre conjugale, dans la grande tradition orthodoxe. A méditer parfois dans l'Eglise catholique. Vu de l'extérieur, le clergé, notamment français, a tellement compté de déviants, y compris chez les tenants de la Nouvelle Evangélisation que j'admirais, qu'il ferait bien d'en rabattre un peu sur le ton péremptoire qui touche la morale sexuelle (au demeurant aussi peu prêchée que les fins dernières, sinon par allusion). On ne retient de sa Tradition que ses oukases dans ce domaine, comme si la Foi était d'abord un enfermement ou une orthopraxie.
Je vais finir par me méfier quand j'inviterai certains prêtres à table, car ils vont me regarder de biais en comptant le nombre de mes enfants, mis en rapport au nombre d'années de mariage...

La contraception "naturelle" est dès lors aussi un désordre, car elle contourne hypocritement une fin.
Si vous aviez bien lu le cher P. Martelet et Paul VI, le mariage n'a pas pour première fin et donc pour fin tout court, la génération dans leur pensée. Un mariage sans enfant demeure un mariage.

Célibataire s'abstenir de répondre.

Il y a vraiment des gens qui ont la religion triste et qui ne pensent qu'à cela, par ailleurs.

L'Homme n'est qu'une suite de désordres moraux et j'espère bien qu'internet en fait partie, comme la démocratie ou les allocations familiales perçues par des familles nombreuses, mais par les familles qui n'ont qu'un enfant.

Benoît XVI a réglé le problème des limbes, mais je ne sais ce qu'un tradi pur et dur est tenu d'en penser. En principe, un tradi est aussi libre de s'inscrire dans un courant de pensée et de choisir ses spiritualités. Les limbes ne sont pas dans le Credo.
images/icones/pelerouin1.gif  ( 917990 )Pour l'Eglise par Jean-Paul PARFU (2021-05-22 14:57:46) 
[en réponse à 917982]

La finalité du mariage est :

1) la transmission de la vie ;
2) l'éducation des enfants dans un cadre stable,
3) le bien-être des époux !

Il ne faut pas inverser les fins du mariage. Si vous inversez les fins du mariage, et puisque le sentiment amoureux est, disons, "volatile", vous ouvrez la boîte de Pandore et la possibilité du divorce !

Par ailleurs, l'Eglise ne dit pas que tout acte sexuel doive aboutir à la fécondation de la femme, mais que tout acte sexuel doit être laissé ouvert à une éventuelle procréation. Je vous rappelle aussi que la nature a bien fait les choses, puisqu'une femme n'est pas tout le temps féconde et que la ménopause arrive finalement assez rapidement, surtout lorsqu'on pense qu'on se marie de plus en plus tardivement, maintenant, dans nos sociétés.

Le mariage, des personnes qui n'ont pas, ou plus, de relations sexuelles, ou de ceux qui s'avèrent être stériles, est parfaitement valide et un vrai mariage !

Enfin, Benoît XVI n'a rien dit de définitif sur les Limbes !
images/icones/neutre.gif  ( 918004 )Vous me lisez mal par Meneau (2021-05-22 15:51:54) 
[en réponse à 917982]

Le catholique ne doit pas faire l'amour que pour enfanter, mais il ne peut faire l'amour en excluant formellement l'enfantement.

Vous me lisez apparemment aussi mal que vous avez lu le P.Martelet, Humanae Vitae, (ils disent tous les deux la même chose, dois-je ressortir des extraites ?) ou ... les sermons de votre évêque.

Quant à "ceux qui ne pensent qu'à ça", ce n'est pas moi qui ai mis Humanae Vitae sur le tapis dans une discussion étrangère au thème de la contraception et de l'amour conjugal...

Cordialement
Meneau
images/icones/2a.gif  ( 918010 )en vous lisant par jejomau (2021-05-22 16:27:44) 
[en réponse à 917982]

J'imagine le Seigneur que vous dites prier prononcer l'évangile aux foules qui l'entourent avec ces propos tiédasses mi-figue, mi-raisin - comme François - pour justifier leurs comportements débridés, lubriques qu'ils avaient développé dans ces temps antiques..

C'edt au contraire la radicalise de son message pour couper avec le péché que Celui-ci a enseigné dans le cadre de la Pastorale qu'il a développé !

Rien à voir avec ce que l'on voit surgir de manière monstrueuse aujourd'hui dans l'Eglise qu'il a créée

Cette petite corne qui pousse, hier encore invisible et qui, de plus en plus saute aux yeux aujourd'hui
images/icones/neutre.gif  ( 918011 )Malheureusement par Tibère (2021-05-22 16:31:26) 
[en réponse à 918010]

Beaucoup, y compris sur le FC, se sont réfugiés dans le sophisme.
images/icones/1v.gif  ( 918012 )bientôt des bénédictions pour les zoophiles par jejomau (2021-05-22 16:40:54) 
[en réponse à 918011]

Il paraît que faire l'amour sans enfanter est un acte qui donne la vie par le langage qu'il exprime..

La discrimination qui touche les zoophiles à cet égard devrait émouvoir le cœur de François, Mgr Bordeyne et autres pasteurs de cette église nouvelle. Une bénédiction pour le zoophile et une autre pour sa chèvre ne serait-elle pas possible, ceci pour respecter le... Magistère ?
images/icones/iphone.jpg  ( 918245 )Quelle misère... par XA (2021-05-25 17:06:21) 
[en réponse à 918012]

Fasse la Providence que vous ne soyez pas confronté de près ou de loin à cette question.

XA
images/icones/1e.gif  ( 918259 )[réponse] par Regnum Galliae (2021-05-25 18:14:35) 
[en réponse à 918245]

la zoophilie ?
images/icones/bravo.gif  ( 917987 )Merci JVJ ... par Ion (2021-05-22 14:49:58) 
[en réponse à 917968]

... pour le lien vers cet article, ce que j'ai lu de mieux jusqu'ici sur HV.

Permettez-moi quelques citations éclairantes tirées de cet article :

- Presque seul à voir réellement la gravité de ce péril [la contraception], Paul VI a crié dans la nuit un holà ! qui a scandalisé le monde mais n’a d’autre but que de sauver l’amour.
- Humanae Vitae récapitule et unifie Casti Conubii et le Concile
- Ce n’est pas que tout acte de communion des époux doive engendrer la vie … mais l’amour quand il s’exprime enclôt la vie dans son langage.
- Par l’acceptation de la contraception, on a transformé un moindre mal en petit bien


Ion
images/icones/neutre.gif  ( 917961 )Si vous le dites... par Meneau (2021-05-22 13:00:32) 
[en réponse à 917952]

Après avoir rappelé :


1 - La norme universelle du mariage hétérosexuel, monogame et indissoluble s’appuie sur le témoignage de l’Écriture et de la Tradition
1.1 - Permanence du magistère catholique sur la question du mariage
1.2 - Les chrétiens ont tous vocation à témoigner de la bénédiction de Dieu sur le mariage
1.3 - Les personnes homosexuelles doivent renoncer au mariage et sont appelées à vivre dans la continence



qu'aurait-il dû dire ? "En conséquence, les personnes homosexuelles sont écartées de tout sacrement et sacramental de l'Eglise et de toute aide pastorale et sont tenues d'engager sans tarder une thérapie de conversion ?"

Qu'on le veuille ou non, la question homosexuelle est une question d'actualité, et l'Eglise est bien obligée de s'y intéresser. On aimerait que les Pasteurs - pape en tête - qui s'expriment sur la question commencent pas rappeler systématiquement la doctrine de l'Eglise comme le fait Mgr Bordeyne. Et la mascarade envisagée par Yves Daoudal n'est évidemment pas le props de Mgr Bordeyne puisqu'il parle explicitement d'une "prière à caractère privé".


Cordialement
Meneau
images/icones/nounours.gif  ( 917969 )Cher Meneau par Jean-Paul PARFU (2021-05-22 13:46:38) 
[en réponse à 917961]

Vous n'êtes pas un thuriféraire de François ou de ses perroquets, mais il ne faut pas se laisser prendre par la rhétorique de Ion et son habile pinaillage.

Il abuse ainsi beaucoup de "liseurs" sur le Forum, parce qu'ils croient qu'il agit de cette manière par esprit d'exactitude, alors qu'il agit de la sorte pour nous embrouiller et nous faire prendre des vessies pour des lanternes !

Il a simplement compris le point faible de certains qui est une forme d'intellectualisme !
images/icones/1g.gif  ( 917992 )Je ne vous connais pas ... par Ion (2021-05-22 15:00:53) 
[en réponse à 917969]

... et je ne pense pas que vous me connaissiez. Je vous demande donc de cesser ces incessantes attaques ad hominem et jugements gratuits dont vous êtes coutumier. Et si vous me connaissez, contactez-moi en privé et ayez alors le courage de me les faire directement sans vous adresser aux autres.

ion
images/icones/hum2.gif  ( 918025 )Vous faites erreur Meneau... par Chicoutimi (2021-05-22 18:20:32) 
[en réponse à 917961]

Vous ne voyez pas le piège, et cela me surprend de vous.

Les sacramentaux sont pour tout le monde. Mais, si on suit la logique de Mgr Bordeyne, les personnes homosexuelles seraient écartées des sacramentaux. Or, ce n'est pas vrai. À la fin de la messe, lorsque le prêtre prononce la bénédiction, celle-ci est pour toute l'assemblée, laquelle peut comprendre non seulement des hétérosexuels, mais aussi des homosexuels, de même qu'elle comprend des gens avancés en sainteté tout comme des gens qui ont besoin de changer de vie. La bénédiction est pour tout le monde, et produira des effets pour ceux qui y sont bien disposées.

Même chose dans le confessionnal. Le prêtre ne commence pas par demander l'orientation sexuelle de la personne avant de la bénir. Il donne la bénédiction afin que la personne puisse faire une bonne confession.

En somme, la bénédiction de l'Église est déjà disponible pour toute personne.

Or, si un couple de personnes homosexuelles vient voir le prêtre pour avoir une bénédiction spéciale, qu'est-ce que cela veut dire? Que la bénédiction à la fin de la messe n'était pas suffisante? Qu'ils n'ont aucune intention de vivre chastement, et qu'ils veulent donc une sorte d'approbation de leur union? Pourquoi venir en tant que couple, et non pas individuellement, un par un?

Le même raisonnement vaut pour toutes les autres situations. Imaginez qu'il y ait des criminels appartenant à la mafia qui viennent, en tant que groupe bien affiché, demander la bénédiction de l'Église. Pourquoi ne pas créer un petit rituel juste pour eux. Or, au Vatican, on parle actuellement beaucoup plus d'excommunier ces groupes que de créer des rituels de bénédiction juste pour eux.

Et pourquoi pas un rituel juste pour ceux qui sont trois dans une relation? Les polygames ont en fait quoi? Ceux qui sont au prise avec une autre forme de perversion sexuelle, on les laisse tomber? Vous voyez bien que c'est sans fin, et que la voie proposée par Mgr Bordeyne ouvre toute grande la porte aux pires aberrations.

Cher Meneau, votre aveuglement (de bonne foi) sur cette question très précise me surprend. De grâce, saisissez-vous. Jamais un prêtre n'a demandé à une personne son orientation sexuelle pour lui donner une bénédiction. Pourquoi alors faire un rituel pour une liturgie (même si celle-ci est privée) à l'intention de personnes qui s'affichent ouvertement homosexuelles et qui, comme le dit Mgr Bordeyne, viennent solliciter ''la prière de l’Église pour accompagner leur amour, leur union, ou l’enfant qu’elles ont accueilli''?

Pour le reste, j'ai amplement évoqué les risques de cette proposition ICI.
images/icones/neutre.gif  ( 917970 )Mais justement par Tibère (2021-05-22 13:56:25) 
[en réponse à 917943]

C'est bien sur ce site que j'ai trouvé et recopié le résumé de l'article. Pas de chance.
images/icones/neutre.gif  ( 917976 )Pas de chance ? par Meneau (2021-05-22 14:15:29) 
[en réponse à 917970]

Pourquoi ? Vous ne répondez à rien.

Ah, vous vouliez dire "pas de chance" parce que vous aviez loupé le lien pour l'achat de l'article sans doute ! Eh bien voilà, maintenant vous l'avez.

Cordialement
Meneau
images/icones/neutre.gif  ( 917984 )Non par Tibère (2021-05-22 14:38:09) 
[en réponse à 917976]

parce que le résumé de l'article contredit ce que dit Ion et que je doute que le même site qui propose l'article et en fasse le résumé se contredise.
images/icones/neutre.gif  ( 918005 )Ah bon ? par Meneau (2021-05-22 16:03:15) 
[en réponse à 917984]

Titre de l'article :

L’Église catholique en travail de discernement face aux unions homosexuelles
Philippe Bordeyne
Dans Transversalités 2021/2 (n° 157), pages 89 à 104



Soi-disant titre rapporté par Sandro Magister :

Instruction sur la manière de bénir les couples homosexuels

de Philippe Bordeyne




Français
La position du magistère catholique sur le mariage n’ayant varié ni sur le mariage, ni sur la sexualité hors mariage, les personnes homosexuelles sont invitées à renoncer au mariage et à vivre dans la continence.



Bref... si vous ne voyez pas la différence entre "certaines formes de bénédiction à des personnes homosexuelles engagées dans une union civile" et "bénir les couples homosexuels", c'est que vous n'avez pas lu l'article. Allez, je vous mets un petit extrait pour la route :

Premièrement, […] lorsque deux personnes homosexuelles sollicitent la prière de l’Église pour accompagner leur amour, leur union, ou l’enfant qu’elles ont accueilli, une prière à caractère privé est préférable pour éviter de donner prise aux revendications, explicites ou implicites, de légitimation des unions homosexuelles par analogie au mariage.

De même, dans le cas où une prière de bénédiction serait envisagée, il conviendrait de s’en tenir à une bénédiction des personnes en écartant les formulations qui évoqueraient trop directement leur union, afin d’éviter la confusion avec la bénédiction rituelle d’un homme et d’une femme unis dans le mariage. […]



Je ne dis pas que cet article est bienvenu, ni même qu'il est dépourvu de toute erreur (en particulier dans la transistion entre morale générale et morale individuelle), mais la présentation de Magister est bel et bien malhonnête.

Cordialement
Meneau

images/icones/fleur.gif  ( 918007 )Merci Meneau par Ion (2021-05-22 16:07:14) 
[en réponse à 918005]

Et je suis assez d'accord avec votre dernière remarque
"Je ne dis pas que cet article est bienvenu, ni même qu'il est dépourvu de toute erreur (en particulier dans la transition entre morale générale et morale individuelle), mais la présentation de Magister est bel et bien malhonnête."

Ion
images/icones/neutre.gif  ( 918009 )Mais vous êtes totalement aveugle ou quoi ? par Tibère (2021-05-22 16:26:14) 
[en réponse à 918005]

Vous ne voyez pas le problème majeur et vous vous noyez dans des arguties. En quoi l'Eglise devrait bénir des personnes homosexueloes ? Vous le faîtes exprès.
images/icones/neutre.gif  ( 918024 )En quoi... par Meneau (2021-05-22 18:13:29) 
[en réponse à 918009]

l'Eglise devrait nous bénir, vous ou moi, qui sommes pécheurs récurrents ?

Cordialement
Meneau
images/icones/neutre.gif  ( 918033 )Vous avez toutes les réponses dans le fil par Tibère (2021-05-22 19:39:33) 
[en réponse à 918024]

du post, notamment de la part de Chicoutimi. Je l'admire d'ailleurs d'ailleurs d'avoir eu la patience de contre-argumenter face à votre aveuglante mauvaise foi (renchérissant sur celle habituelle de Ion). Il y a un moment ou le pharisaïsme et le sophisme finissent par lasser.
images/icones/carnet.gif  ( 918036 )Je viens de tout lire l'article de Mgr Bordeyne... par Chicoutimi (2021-05-23 05:11:56) 
[en réponse à 917943]

qui ne coûte effectivement que 3 Euros, et je vais être honnête: ce n'est pas très rassurant. Le texte met aussi en évidence la dérive morale qui découle d'Amoris Laetitia. Voici une petite analyse à propos de 7 sujets traités dans l'article en question:

1- Reconnaissance des unions homosexuelles

Dans le paragraphe suivant, Mgr Bordeyne semble ouvrir la porte à la reconnaissance des unions homosexuelles en utilisant la conjonction ''sinon'' de type ''sinon A du moins B'' que l'on pourrait traduire par ''A (la reconnaissance des unions homosexuelles) est possible mais incertaine, alors que B (la reconnaissance du chemin de ces personnes) est un minimum possible qui est certain'':


''Dès lors, l’appel au discernement sur la manière d’intégrer les différentes formes de fragilité engendre un travail de reconnaissance, sinon des unions homosexuelles dont il n’est pas question dans Amoris laetitia, du moins du chemin particulier des personnes homosexuelles dans la vie chrétienne.’’ (p. 90)



2- Lien entre évolutions pastorales et évolutions doctrinales

Dans la réflexion suivante, Mgr Bordeyne a assez raison sur ce fait: on ne peut prétendre changer (ou faire évoluer) la pastorale sans changer (ou faire évoluer) la doctrine. Le problème c'est qu'il semble d'accord avec cela:


''Les évolutions pastorales furent, dans l’histoire, corrélatives d’évolutions doctrinales en matière morale. Le Concile Vatican II l’admit implicitement dans sa note explicative sur le titre de «constitution pastorale» accordé à Gaudium et spes.’’ (p. 93)



3- Différence entre le bien ''possible'' et le bien ''idéal''

Dans le paragraphe suivant, Mgr Bordeyne suit la ligne d'Amoris Laetitia qui va directement à l'encontre de l'encyclique Veritatis Splendor de Jean-Paul II qui disait: ''Ce serait une très grave erreur que d'en conclure que la règle enseignée par l'Église est en elle même seulement un " idéal " qui doit ensuite être adapté, proportionné, gradué, en fonction, dit-on, des possibilités concrètes de l'homme.''


''Au lieu d’insister sur les possibles dérives de la conscience des fidèles comme a eu tendance à le faire la morale catholique, François fait valoir que la conscience est précisément donnée par Dieu aux «fidèles» pour qu’ils «répondent de leur mieux à l’Évangile avec leurs limites», ce qu’ils font «souvent», observe-t-il (AL 37). Ce discernement de la conscience vise «le bien possible» (AL 308 et 309), et non pas le bien idéal. Cette double insistance sur le «bien» et sur le «possible» désigne la part de bien qui demeure toujours possible en dépit d’importantes limites personnelles, qui peuvent rendre impossible la mise en œuvre d’une norme universelle'' (p. 95)



4- L'impossibilité de suivre les commandements

Encore une fois, Mgr Bordeyne va à l'encontre de Veritatis Splendor (laquelle s'appuie sur la Tradition exprimée par le Concile de Trente): ''Dans certaines situations, l'observation de la Loi de Dieu peut être difficile, très difficile, elle n'est cependant jamais impossible. C'est là un enseignement constant de la tradition de l'Eglise...''.


''Il est des personnes qui ne parviennent pas à vivre dans la continence demandée par l’Église, ou n’arrivent pas à vivre suffisamment heureuses dans la solitude au point de mettre en danger leur goût de vivre. Il est des personnes qui, après avoir erré dans le libertinage sexuel, se sont décidées à rechercher un bien à leur portée, et mesurent que la vie commune avec une personne aimée leur permet d’accéder à une stabilité affective et relationnelle. Il est des personnes qui ont sérieusement envisagé de se séparer d’une union homosexuelle réprouvée par la morale, mais qui ne peuvent le faire en conscience en raison des liens contractés dans la durée, y compris avec les enfants s’ils en élèvent. Bien plus, si des enfants ont été accueillis au sein de l’union homosexuelle, le choix du mariage peut répondre à la recherche d’une plus grande sécurité pour eux. Dans ces différents cas de figure, admettre que l’histoire humaine comporte une part de non-choix, de faillibilité et d’irréversibilité relève de la saine reconnaissance des limites humaines et permet d’assumer ses responsabilités au lieu de se réfugier dans une représentation irréelle de soi. Dès lors que la personne vise le bien ici et maintenant, compte tenu de ses capacités et de son histoire, le discernement qui prend en considération les conditions particulières ne doit pas être analysé comme un choix du moindre mal, mais plutôt comme la volonté de mettre en œuvre le bien possible «au milieu de la complexité concrète des limitations» (AL 303).'' (p. 95-96)



5- Nourrir le développement doctrinal

Mgr Bordeyne ne précise pas s'il est question de développement organique, mais il ne préconise pas seulement un changement pastoral; ce qu'il vise est un développement doctrinal.

Le paragraphe 2.3 s’intitule ‘’L’accompagnement pastoral des situations particulières nourrit le développement doctrinal’’ (p.96)

En page 97, il cite le Cardinal Cupich: ''Le développement doctrinal se nourrit de la pratique pastorale de l’Église et l’Évangile de la miséricorde façonne l’exercice du ministère.''

Ensuite, toujours à la suite du Cardinal Cupich, il évoque un changement de paradigme ainsi que le développement d'une théologie chrétienne de la sexualité accordée à l'évolution des moeurs:


‘’(…) le cardinal Cupich récapitule le «changement de paradigme» évoqué par le cardinal Pietro Parolin, Secrétaire d’État du Vatican, au sujet d’Amoris laetitia. Il s’agit d’une approche «plus holistique de l’Église», qui fait pleinement droit à la logique de «l’incarnation» dans la proclamation de l’Évangile. C’est aussi une conception plus inclusive et plus dynamique du «développement doctrinal» qui doit faire appel au sensus fidelium. Elle permet d’aborder, avec un parti pris d’espérance, le constat, aujourd’hui partagé par-delà les différences confessionnelles, qu’il manque une véritable théologie chrétienne de la sexualité accordée à l’évolution des mœurs que l’on observe depuis des décennies. Sans chercher à imposer des mœurs à la société comme dans les temps de chrétienté, l’Église doit écouter ceux qui sont confrontés à de nouvelles questions et proposer, de manière plus humble et plus réaliste, des voies de salut et des itinéraires de croissance sur le chemin de la sainteté.’’ (p. 97-98)



6- Vers des chemins de sainteté atypiques

Mgr Bordeyne préconise des chemins de sainteté atypiques ''parce que la sexualité humaine, finalement assez peu déterminée, admet des formes et des expressions atypiques'':


''Ce n’est donc pas du côté de la formulation de la norme universelle que s’opère, dans l’Église catholique, l’essentiel du travail de discernement au sujet des unions homosexuelles. (…) La ferme volonté d’accompagner les personnes concrètes sur un chemin de croissance spirituelle conduit à revisiter le patrimoine de la théologie morale dans son lien avec la théologie pastorale, son terreau d’origine, et donc à reconnaître que les choix moraux ne se font pas dans l’absolu puisqu’ils doivent prendre en considération les possibilités concrètes des personnes censées les poser. (…) Depuis que la pastorale en direction des personnes homosexuelles s’installe dans la vie des Églises locales, le travail de discernement spirituel prend la forme d’un accompagnement sur des chemins de sainteté atypiques, dont on n’osait pas parler ouvertement dans le passé. On peut donc espérer que ce mouvement vers plus de réalisme spirituel permettra, à terme, de contribuer à un renouvellement de la théologie chrétienne de la sexualité, précisément parce que la sexualité humaine, finalement assez peu déterminée, admet des formes et des expressions atypiques.’’ (p. 98)



7- Une approche moins doloriste que le Catéchisme de l'Église catholique

Après avoir cité le Catéchisme de l’Église Catholique sur la question de l’homosexualité, Mgr Bordeyne affirme ceci :


''Le Synode sur la famille, puis la réception d’Amoris laetitia, ont relancé la réflexion sur les voies de sainteté dans la condition homosexuelle et permis une approche moins doloriste, plus positive.’’ (p. 99)



Je ne reviendrai pas, dans ce post, sur ce qu'il dit concernant la bénédiction des personnes homosexuelles, mais il faut placer ce qu'il dit à ce propos dans le cadre plus général de son article qui est loin d'être rassurant.





images/icones/fleche3.gif  ( 918039 )Aperçu très pertinenet ! par Johanis (2021-05-23 07:11:41) 
[en réponse à 918036]

Merci,
vous donnez un aperçu sérieux qui met le doigt sur de vrais remises en cause doctrinales.

Vous avez en particulier raison de souligner l'opposition à Veritatis Splendor (qu'on trouve aussi dans Amoris laetitia). Mais il faut dénoncer à ce propos ce qui est sans doute la grosse "entourloupe" de ce texte du P. Bordeyne : l'évacuation de la notion d'actes intrinsèquement mauvais ; le seul mal à éviter c'est de confondre mariage hétérosexuel et union homosexuelle. Mais comme le rappelait Jean-Paul II la question de fond est celle des actes intrinsèquement mauvais. Et comme vous le dites le rejet effectif de Veritatis Splendor et des positions morales du magistère continu s'appuie sur l'affirmation, présente et fondamentale dans AL, que la personne ne peut pas malgré la grâce vivre selon les commandements. Vivre selon la morale de l'Eglise désormais ne consiste pas à faire le bien et suivre les commandements mais à faire le bien jugé possible, ce qui peut rendre morale n'importe quelle transgression.

La base du renversement moral opéré est l’opposition entre une morale « idéale » et une morale vécue ; c’est l’une des erreurs dénoncées par Jean Paul II dans Veritatis Splendor.
C'est le renversement de la Morale catholique.
Il importe de se rendre compte qu'il s'agit bel et bien d'un changement doctrinal fondamental. Il faut parler de falsification doctrinale puisque ces messieurs prétendent qu'ils ne s’opposent pas à la doctrine.

Merci d'avoir souligné aussi l'institution du primat de la praxis, puisque désormais l'évolution doctrinale s'appuie sur la pastorale et l'accompagnement des personnes supposées confrontées à l'impossibilité de ne pas commettre des actes intrinsèquement mauvais. Car en fait il est aussi affirmé que même le bien (et le mal) idéal sont l'objet d'un nouveau "discernement".
Il faut souligner que, dans la ligne d'AL, il y a aussi falsification de la morale de St Thomas. On fait dire à St Thomas qu’il n’y a pas de loi morale d’application absolument universelle parce que l’universel en morale ne s’impose pas à tout cas particulier, et donc il n’y a pas d’actes a priori intrinsèquement mauvais ; la détermination idéale de la moralité des actes peut toujours se trouver démentie dans le concret. C’est une imposture intellectuelle, car St Thomas ne dit pas cela, et il reconnaît l’existence d’actes que dans la terminologie actuelle on appelle intrinsèquement mauvais et qu’on ne peut jamais accomplir.

Donc falsification doctrinale, falsification de St Thomas et même falsification directe de la Parole de Dieu. Car s’appuyant sur AL le P. Bordeyne écrit : « Le lien entre discernement et intégration est posé dans Amoris laetitia sur le fondement scripturaire de 1 Co 11. « L’Eucharistie exige l’intégration dans un unique corps ecclésial. […] Autrement, on mange et on boit sa propre condamnation (cf. 1 Co 11,29) » (AL 186) ». Autrement dit on invoque ce passage sur la gravité de manger indignement le Corps du Christ, non pas pour dire qu’il est interdit de communier en état de péché grave (comme l’homosexualité active) mais qu’il faut intégrer à l’Eglise celui qui enfreint les commandements pour le mettre en état de communier.

Il n’est pas inutile de rappeler que le P. Bordeyne est un opposant déclaré à Humanae Vitae (vous trouverez facilement sur Internet ses déclarations du 27 août 2015, dans La Croix)

Mais on comprend pourquoi le P. Bordeyne a été nommé par François président de l’Institut Jean paul II, chargé désormais de contribuer en première ligne la destruction de l’œuvre éthique de ce pape.
images/icones/bravo.gif  ( 918041 )Merci à vous Johanis... par Chicoutimi (2021-05-23 07:32:15) 
[en réponse à 918039]

Je vois que vous aussi vous avez bel et bien lu l'article du P. Bordeyne, et que vous avez constaté les mêmes choses.

1- Merci de revenir sur la théologie de S. Thomas d'Aquin. J'avais également remarqué que François et le P. Bordeyne s'en remettaient à S. Thomas, mais d'une manière qui ne tient pas compte de l'ensemble de la pensée de ce dernier. Deux exemples tirées de l'article de Mgr Bordeyne:


''En s’appuyant sur une citation de saint Thomas d’Aquin, déjà reprise dans le document de la Commission théologique internationale sur la loi naturelle, François fait valoir que plus on descend dans le particulier, plus les prescriptions universelles montrent leurs limites.'' (p. 94)




''Conformément à la vision de saint Thomas d’Aquin, cette perspective se refuse à considérer les normes universelles comme des normes absolues. Elle permet de restaurer la dignité morale de personnes qui, en conscience, posent des actes dont elles savent trop bien qu’ils ne correspondent pas à la norme universelle, mais qui procèdent d’un discernement devant Dieu sur ce qu’est, aujourd’hui, le bien à leur portée. François souligne que de telles décisions doivent néanmoins demeurer ouvertes à une évolution dans le temps, dans la mesure où un changement des circonstances et des dispositions personnelles pourra faciliter un rapprochement de la norme universelle.'' (p. 96)



2- Merci de revenir sur le principe paulinien consistant à recevoir l'Eucharistie en état de grâce. J'avais aussi remarqué que le P. Bordeyne déformait ce principe:


''Le lien entre discernement et intégration est posé dans Amoris laetitia sur le fondement scripturaire de 1 Co 11. «L’Eucharistie exige l’intégration dans un unique corps ecclésial. […] Autrement, on mange et on boit sa propre condamnation (cf. 1 Co 11,29)» (AL 186).''



C'est incroyable le renversement qui s'opère ici.

Merci beaucoup pour vos remarques très pertinentes et votre analyse très juste.
images/icones/1g.gif  ( 918048 )Si vous aviez commencé par lire l'article ... par Ion (2021-05-23 09:03:28) 
[en réponse à 918036]

... et livré ces réflexions, je n'aurais pas réagi. Car ce que vous faites ici, c'est confronter Veritatis Splendor à Amoris Laetitia, et ce sujet a été maintes fois débattu.

Ce contre quoi je m'insurge c'est la déformation malhonnête des propos et du titre de l'article de Philippe Bordeyne qui, si ce fil n'avait pas eu lieu, aurait laissé penser à tous les liseurs que l'auteur préconisait de bénir de "couples" homosexuels. On aurait pu, par la faute de Sandro Magister dont vous auriez été un instrument involontaire, penser que le nouveau président de l'Institut Jean-Paul II était dans la ligne scandaleuse d'un Mgr Bonny ou d'un certain clergé allemand, ce qui n'est absolument pas le cas, convenez-en.

La vérité n'a pas besoin de subterfuge malhonnête pour être transmise. Quand elle en a besoin, c'est qu'il y a un problème dans la "vérité" qu'on veut faire passer.

Je regrette que vous n'admettiez pas ce subterfuge malhonnête de Sandro Magister.

Ion
images/icones/fleche2.gif  ( 918050 )Concernant Sandro Magister... par Chicoutimi (2021-05-23 09:32:22) 
[en réponse à 918048]

J'ai déjà répondu à cela ICI.

Sandro Magister n'a fait que donner un titre à ce qui est décrit dans l'article du P. Bordeyne: ''Instruction sur la manière de bénir les couples homosexuels''.

Il s'agit bien, de la part de Mgr Bordeyne, de donner une instruction (ou appelez cela un mode d'emploi, une manière de faire, des normes liturgiques) concernant la bénédiction des couples homosexuels. Dans l'argumentation de Mgr Bordeyne, bénir un couple homosexuel ne signifie pas bénir leur union mais bénir les personnes qui se sont engagées dans une union civile. La bénédiction de ces personnes a beau être faite en privé, et sur chacune des personnes séparément, il s'agit bien de mettre en place une liturgie pour des couples engagées dans une union homosexuelle afin que ces personnes puissent recevoir une bénédiction. Relisez le texte.

images/icones/fleche3.gif  ( 918051 )Bénédiction de couple ou pas ? par Johanis (2021-05-23 09:47:41) 
[en réponse à 918048]

Il ne me semble pas que l'expression « instructions pour la bénédiction des couples homosexuels » soit inexacte.
Il dit en effet comment procéder pour bénir les couples homosexuels qui en font la demande. Le fait qu'il préconise deux bénédictions distinctes ne contredit pas le fait qu'il s'agit de la relation de couple ; la raison qu'il donne pour cette double bénédiction est que le bien que peut constituer pour chacun la relation de couple (puisque l'objet de l'article est d'affirmer que ça peut être un bien, un chemin de sainteté !!), Ce bien est "discerné" pour chacun en particulier, puisque ce n'est pas un bien de la catégorie du bien universel mais de la catégorie du bien particulier. La relation de couple est bénie au nom d'un choix justifié pour chacun des deux.

C'est la même chose que lorsqu'en couple est soigné parce qu'il n'arrive pas à avoir d'enfant. On peut à juste titre dire que c'est le couple qui est soigné, et pourtant chacun sera soigné séparément. Direz-vous qu'il ne faut pas parler d'un problème de couple puisqu'ils font l'objet de traitements séparés ?
Dans le cas du couple homosexuel, il s'agit bien de la même relation de couple qui est alors bénie chez chacun des deux. Et puisque c'est un bien pour chacun des deux d'être ainsi en couple, la « qualité » de la relation importe, et elle mérite selon le père Bordeyne une bénédiction bilatérale.
images/icones/bravo.gif  ( 918052 )C'est exactement ça Johanis... par Chicoutimi (2021-05-23 09:57:55) 
[en réponse à 918051]

Vous avez un don pour expliquer les choses.

Je suis entièrement d'accord avec votre analyse.

Un autre exemple: les thérapies conjugales avec un psychologue. Il arrive parfois que séances doivent être suivies séparément. Au lieu d'avoir les deux personnes qui forment un couple dans son bureau, le psychologue les reçoit un par un. Il n'en demeure pas moins que même dans cette façon de faire, il s'agit bel et bien d'une thérapie de couple.
images/icones/fleche3.gif  ( 918082 )Non... par Rodolphe (2021-05-23 15:53:33) 
[en réponse à 918051]

Il ne s'agit pas de bénir le couple homosexuel qui est considéré comme une situation imparfaite, contraire à la norme, mais les personnes, prises individuellement, qui le constituent. Donc l'intulė est totalement mensonger.
images/icones/2e.gif  ( 918084 )Non ! par Jean-Paul PARFU (2021-05-23 16:13:14) 
[en réponse à 918082]

Si ce que vous disiez était vrai (et malgré toutes les démonstrations contraires très étayées), il n'y aurait rien de changé, ce serait donc comme avant et le Vatican lui-même n'éprouverait donc pas le besoin de communiquer sur ce sujet.

S'il communique sur le sujet, c'est précisément qu'il y a quelque chose de nouveau ou de différent dans sa position vis-à-vis de ce problème. Et c'est cette nouveauté, cette différence, qui fait l'objet de la communication du Vatican et donc aussi de notre critique !
images/icones/neutre.gif  ( 918090 )Lisez l'article... par Rodolphe (2021-05-23 17:38:55) 
[en réponse à 918084]

Plus bas dans le fil.
images/icones/fleche2.gif  ( 918104 )Yves Daoudal... par Chicoutimi (2021-05-23 21:34:10) 
[en réponse à 918082]

a très bien répondu à cela en disant:

'' Donc dans l'église on verra deux personnes de même sexe habillées comme des mariés, avec devant elles un prêtre qui ne fera pas une bénédiction, mais deux bénédictions'' (ICI).

Et ce n'est pas une caricature, c'est concrètement ce qui va arriver.

Le P. Bordeyne ne parle pas du cas où le prêtre recevrait, à tour de rôle, chacune des personnes dans son bureau afin de leur donner une bénédiction. Il parle de mettre sur pied une liturgie dans laquelle un couple homosexuel est présent. Quand viendra la temps de la bénédiction, ce sera deux bénédictions - une pour chacune des personnes - qui seront données. Mais le contexte dans lequel cela se fait est bien celui où une liturgie est organisée pour un couple.
images/icones/fleche3.gif  ( 918109 )Dénaturation du texte par Rodolphe (2021-05-23 22:05:12) 
[en réponse à 918104]

Seule une prière privée est envisagée et sans analogie avec le mariage ("Il importe donc d’opérer des distinctions à deux niveaux, entre prière publique et prière privée, d’une part, et entre bénédiction des personnes et bénédiction du couple ou de leur union, d’autre part", "une prière à caractère privé est préférable pour éviter de donner prise aux revendications, explicites ou implicites, de légitimation des unions homosexuelles par analogie au mariage").

Donc prétendre que le texte prévoit que " dans l'église on verra deux personnes de même sexe habillées comme des mariés avec devant elles un prêtre qui ne fera pas une bénédiction, mais deux bénédictions" revient à en dénaturer la portée
images/icones/fleche2.gif  ( 918112 )Non Rodolphe... par Chicoutimi (2021-05-23 22:20:24) 
[en réponse à 918109]

Il s'agit bien, selon le texte même du P. Bordeyne, d'une liturgie où deux personnes, formant un couple homosexuel, seront présentes. Cela a beau être un cadre privé, il s'agit d'une liturgie.

La bénédiction sera peut-être donnée deux fois (une fois sur chacune des personnes), mais elle sera donnée pour deux personnes formant un couple et qui se présentent devant le prêtre.

Vous avez beaucoup de difficulté à voir ce que les idées du P. Bordeyne veulent dire d'une manière concrète. Vous vous perdez dans les distinctions qu'il apporte. Mais il préconise bien l'usage liturgique de ce genre de bénédiction:


''Dans la mesure où l’Église catholique, ainsi qu’on l’a montré dans cette contribution, est en travail de discernement moral et pastoral face aux unions homosexuelles, on peut former le vœu qu’elle ose enraciner ce travail dans la prière liturgique qui est le lieu par excellence où le Christ manifeste sa présence et sa puissance salvatrice à son Église.'' (p. 104)


images/icones/fleche3.gif  ( 918117 )Si ce n'est... par Rodolphe (2021-05-23 22:45:19) 
[en réponse à 918112]

qu'il apporte des nuances que vous ne voulez pas voir. Il n'y aura pas deux "pingouins" qui emprunteront l'allée centrale avec l'orgue et les fleurs. Pas de confusion avec le mariage.

Je ne dis pas que cela ne pose pas de problème, mais je refuse la tromperie des journalistes qui s'adresse à un lectorat qu'ils cherchent avant tout à repaitre !
images/icones/fleche2.gif  ( 918154 )Dénaturation de la doctrine catholique par Mgr Bordeyne par Johanis (2021-05-24 10:29:12) 
[en réponse à 918109]

La dénaturation fondamentale à dénoncer c'est ici
images/icones/neutre.gif  ( 918161 )Vous abordez un tout autre sujet par Rodolphe (2021-05-24 13:39:08) 
[en réponse à 918154]

J'en conclus que les deux points précis que j'avais soulevės ne sont plus contestés. Dont acte.
images/icones/fleche2.gif  ( 918086 )Non ! par Ion (2021-05-23 16:33:49) 
[en réponse à 918051]

Votre lecture de l'article est biaisée.

L'union homosexuelle n'y est jamais affirmée comme un bien particulier. Ce que l'auteur distingue du bien universel n'est pas ce que vous appelez le bien particulier mais le bien possible. Et ce bien possible n'est jamais suffisant, au contraire, il est toujours à considérer comme une étape vers le bien universel, vers la sainteté (cf Amoris Laetitia et Gaudete et Exsultate)

Dès lors la plupart de vos remarques sont fausses. A commencer par votre approbation du titre "instruction pour la bénédiction des couples homosexuels". Encore une fois, ce titre est absolument contraire à toute la dynamique de l'article qui refuse justement de bénir des "couples" ou des "unions".

Votre affirmation faisant de l'objet de l'article le fait qu'une relation homosexuelle peut être un bien, un chemin de sainteté est fausse. L'objet de l'article est de reprendre les principes d'Amoris Laetitia et de Gaudete et exsultate sur le discernement et le cheminement vers la sainteté dans des situations irrégulières. Je souligne le terme de chemin. Qui dit chemin dit justement que ce chemin n'est pas terminé. Il ne l'est pas pour les personnes à tendance homosexuelle, il ne l'est d'ailleurs pas plus pour vous ou pour moi.

Discernement et croissance vers la sainteté impliquent, selon Philippe Bordeyne :
- Un "pars d'où tu es, sinon tu n'arriveras nulle part" de St François de Salle
- Un discernement du bien possible non pas comme un moindre mal acceptable mais comme une étape toujours tournée vers un bien toujours plus grand
- Une croissance spirituelle dans une perspective de bien à atteindre même si ce bien n'est qu'imparfaitement désiré. Ce dernier point me semble fondamental et particulièrement exigeant !
- Enfin, un discernement et une croissance opérées dans l'humilité et la conscience de sa fragilité

Ion
images/icones/neutre.gif  ( 918105 )ce que vous décrivez est acceptable mais c'est de la direction spirituelle par Luc Perrin (2021-05-23 21:34:14) 
[en réponse à 918086]

pas une solennisation publique, communautaire qui est le cas d'une bénédiction publique dans l'église.

Le point de départ puis le cheminement par étapes rien que de très banal.
C'est la remise de la médaille à mi parcours de la course qui est, pour le coup, bizarre autant qu'étrange. Dans la logique stricte du parcours, cheminement décrit - qui vaut pour les divorcés "remariés" civilement - une liturgie pénitentielle avec des "scrutins" comme pour les catéchumènes serait plus cohérente en marquant les étapes de ce cheminement.

Quant à la remise de la coupe non à l'équipe de football rassemblée - pour prendre une image - mais à chaque joueur individuellement, sans que l'équipe, comme collectif, soit elle récompensée, bien que tous les joueurs soient présents côte à côte pour cette remise, je me demande ce que Pascal Praud en dirait.

Je salue à nouveau la sophistication bien connue de la pensée de Mgr Bordeyne puisqu'il est question de pastorale. Convenez néanmoins qu'à ce degré de byzantinisme, le paroissien moyen y verra une bénédiction solennelle d'une union de même sexe, n'ayant pas bénéficié du stage de 8 jours en philosophie déconstructive/reconstructive de l'Institut Amoris Laetitia anciennement Jean Paul II, option éclairagiste ès vessies et lanternes.

Il y a des versets bibliques qui préviennent contre les herméneutiques courbes et par trop alambiquées : Isaïe 5,20 est un avertissement percutant comme Luc 11,35.



images/icones/fleche3.gif  ( 918119 )Laquelle est réellement biaisée ? par Johanis (2021-05-23 22:55:11) 
[en réponse à 918086]

Il ne vous a sans doute pas échappé qu'au cœur de l'argumentation il y a une opposition entre l'universel et le particulier : l'affirmation qu'il arrive que ce qui doit être fait dans tel cas particulier contredit la norme universelle.
Et le choix en faveur d'une union homosexuelle dans tel cas particulier, incapacité supposée de vivre dans la chasteté, engagement pris dans la durée envers un partenaire, meilleure sécurité assurée à un enfant par le mariage homosexuel (ce sont des situations que l'auteur prend comme exemples), est en conscience, selon lui (eux) le bon choix ; il s'agit donc du bien qui est à choisir dans cette situation particulière, car si ce n'était pas là le bien à faire ça ne serait pas ce qui est à choisir selon la conscience ; bref c'est ce qu'il faut appeler le bien particulier puisque associé à une personne et une situation particulières. Cette opposition entre l'universel et le particulier est donc bien une opposition entre le bien universel et le bien particulier, ou encore entre la norme universelle et le choix particulier opposé qui s'impose.
Le fait d'être qualifié de possible, n'empêche pas ce bien d'être particulier. Pas plus que le fait qu'il soit le bien à un moment et dans des circonstances déterminées, sur un chemin censé conduire à une meilleure conformité avec la norme universelle.

Lorsque l'auteur prétend que Jean Paul II a seulement traité de la norme universelle, c'est faux : il a justifié qu'en ce qui concerne les actes intrinsèquement mauvais la norme universelle s'impose dans tous les cas (particuliers) ; cette façon de dire que François traite de ce dont Jean-Paul II n'a pas voulu traiter et malhonnête.

L'union homosexuelle n'y est pas textuellement affirmée comme un bien particulier, mais elle l'est clairement implicitement. Lorsqu'il est parlé "des personnes qui, après avoir erré dans le libertinage sexuel, se sont décidées à rechercher un bien à leur portée, et mesurent que la vie commune avec une personne aimée leur permet d’accéder à une stabilité affective et relationnelle", ce choix d'une relation homosexuelle est bien présenté comme le bien à faire en conscience dans la situation particulière, et sur un chemin de sainteté.

De même quand il est dit "lorsque deux personnes homosexuelles sollicitent la prière de l’Église pour accompagner leur amour, leur union, ou l’enfant qu’elles ont accueilli, une prière à caractère privé est préférable", cela implique bien que la prière de l'église doit répondre positivement et accompagner l'amour, l'union, ou l'enfant qu'elles ont accueilli. Etc.

Je suis tout à fait d'accord avec vous qu'il s'agit pour l'auteur de reprendre les principes d'Amoris Laetitia et de Gaudete et exsultate dans la situation « irrégulière » (par rapport à la norme universelle) que représentent les relations homosexuelles, et qu'il ne me semble pas qu'il trahisse ces principes, et là est bien la gravité de la chose.

Le reproche qui est fait à ces principes d'Amoris Laetitia et aux applications qu'en fait le P. Bordeyne, n'est pas de faire de l'homosexualité un bien en soi et définitif, mais c'est un bien à un moment déterminé (qui peut durer toujours). Le problème n'est pas une réflexion sur le bien universel, baptisé idéal, à l'encontre des mises au point que Jean-Paul II fait sur cette qualification, mais de savoir si c'est un choix légitime dans telles circonstances concrètes, ou s'il y a des actes et donc des choix intrinsèquement mauvais, qu'on ne peut justifier par les circonstances.
Et si c'est le cas, si on ne peut les justifier par les circonstances, c'est parce que la doctrine catholique affirme qu'il s'agit d'actes intrinsèquement mauvais et qu'il y a une grâce suffisante donnée par Dieu qui ne commande pas des choses impossibles.
Il est significatif que l'auteur de cet article s'appuyant sur François parle de surestimation de la capacité humaine à faire le bien, et de pélagianisme. Je les invite et vous invite à aller lire Veritatis Splendor sur cette question : Jean-Paul II y explique qu'on ne parle pas de l'homme avec ses seules forces humaines, mais de l'homme sauvé, transformé par la grâce. Mais pour nos auteurs il est exclu que la grâce qui a transformé Saint-Pierre de poltron qui ne comprenait rien au Kerygme, en un prédicateur éclairé et audacieux, que cette grâce puisse secourir le pécheur pour lui permettre de ne pas commettre de péché objectivement mortel, non sans âpre combat ; car pour la facilité des actes vertueux il y a des vertus à acquérir. Et c'est cette même doctrine sur la croissance de la grâce (et de la charité) et la nécessité de rejeter le péché qui coupe de Dieu qu'enseigne Saint Thomas. Mais encore faut-il les étudier et se référer à tous 2 honnêtement.

Dans son relativisme l'auteur va jusqu'à dire qu'aujourd'hui il faut d'abord justifier la défense du mariage hétérosexuel, par le fait que la différence sexuelle est fragile. Dans un tel argument s'il n'y avait pas la fragilité de la différence sexuelle, il n'importerait pas pour assurer une certaine primauté du mariage hétérosexuel qu'il y ait aussi un mariage homosexuel !!
Encore une fois pour lui, le mal à éviter n'est pas le mal d'un acte intrinsèquement mauvais, mais seulement le risque de confusion avec le mariage entre un homme et une femme (mal qu'il faut éviter aussi, mais qui n'est pas du tout le seul grave).
images/icones/fleche2.gif  ( 918126 )Si le contexte est bien ... par Ion (2021-05-23 23:56:53) 
[en réponse à 918119]

... une distinction (pas une opposition) entre l'universel et le particulier, l'article évoque surtout la notion de bien possible et qui n'est jamais un bien en soi; ce bien possible ne reçoit le qualificatif de bien que dans une perspective de croissance vers un bien universel et la sainteté.

Je ne vois nulle part que ce soit l'union homosexuelle en tant que telle qui soit ce bien possible (et encore moins un bien à un moment déterminé qui peut durer toujours), mais, dans l'exemple que vous citez, le bien possible est la recherche d'une plus grande fidélité pour ceux qui souhaitent quitter le libertinage sexuel. N'est-ce pas très différent ?

Et encore une fois ces questions sont indépendantes de ma réaction initiale qui s'insurgeait sur la déformation que Sandro Magister faisait de la position de Ph Bordeyne.

Ion

images/icones/fleche2.gif  ( 918129 )Plus grande fidélité ... à un chef de gang par Johanis (2021-05-24 00:23:21) 
[en réponse à 918126]

Comme si la fidélité avait une valeur en soi ! Ce pourrait être aussi bien alors une plus grande fidélité à un chef de gang. Le choix en conscience ne saurait porter sur une fidélité abstraite (une fidélité en soi) ; la fidélité est relative à ce à quoi on est fidèle (en l'occurrence la relation homosexuelle).

Vous semblez ignorer qu'en morale catholique le premier déterminant du bien moral est l'objet de l'acte (avant la fin et les circonstances) ; ici donc c'est le choix posé aujourd'hui, celui de vivre l'union homosexuelle aujourd'hui, et pas la perspective d'une sainteté à venir, ce qui serait, si c'est effectivement le cas, la fin. En morale catholique on ne peut justifier un acte objectivement mauvais par la perspective d'un avenir réellement moral ou de sainteté. Mais c'est encore la question de la valeur intrinsèque ou du mal intrinsèque de l'acte accompli, qui est sacrifié dans ces nouvelles (en tant que défendues par le pape) théories éthiques.
images/icones/neutre.gif  ( 918131 )Je résume par Meneau (2021-05-24 00:43:32) 
[en réponse à 918129]

Le choix en conscience ne saurait porter sur un bien possible qui ne serait pas un bien en soi.

Avec le secours de la grâce, la détermination pour le bien est toujours possible.

Cordialement
Meneau
images/icones/fleche2.gif  ( 918133 )oui par Johanis (2021-05-24 01:17:30) 
[en réponse à 918131]

Un bien possible doit d'abord être un bien ; s'il inclut un mal en soi il ne peut être appelé bien possible. Car le possible est une façon en fait d'escamoter le mal, qui sort magiquement de l'équation.
images/icones/neutre.gif  ( 918227 )Le bien qui pourrait être béni par Gereo (2021-05-25 13:18:13) 
[en réponse à 918126]

n'est pas la fidélité, mais l'amitié entre deux personnes qui s'engageraient à s'entraider à vivre chrétiennement leur condition par une amitié dans laquelle chacun des deux renoncerait à faire de l'autre un instrument pour sa convoitise.
images/icones/bravo.gif  ( 918061 )Merci ! par Meneau (2021-05-23 12:16:29) 
[en réponse à 918036]

Merci, vous au moins vous faites l'effort, d'autres préfèrent balancer des noms d'oiseaux et laisser l'argumentation à d'autres...

Vos points 3 et 4 adressent très exactement ce que je disais plus haut :

Je ne dis pas [de l'article]... qu'il est dépourvu de toute erreur (en particulier dans la transition entre morale générale et morale individuelle)



Je vous fais remarquer au passage, que votre point 5 me rappelle étrangement une discussion précédente que nous avons eue au sujet du développement des cultes privés. Sensus fidei ... Vox populi ...


Bonne Pentecôte à vous !

Cordialement
Meneau
images/icones/fleur.gif  ( 917954 )Merci d'avoir recadré le propos par JVJ (2021-05-22 12:35:01) 
[en réponse à 917924]

Il y a des catholiques, par ailleurs homosexuels, qui ont besoin de l'Eglise et de se sentir dans leur "maison", comme d'autres peuvent lutter contre l'acédie, les désirs en tous genres, que sais-je ?

Il n'y pas de hiérarchie à faire comme j'ai lu parfois ici : le sacrement de l'ordre supérieur au sacrement du mariage, le marié par rapport au célibataire endurci (forcément surlouche), le marié avec douze enfants face à celui qui n'en a pas ou seulement trois, la jeune femme de 25 ans célibataire et vierge face au garçon du même âge qui a déjà eu deux amoureuses in pectore, et cetera.

Il y a des catholiques, par ailleurs homosexuels, qui souffrent le martyre et qui n'ont pas à être assigné aux groupes de pression qui défilent de manière décadente ou qui exigent des lois.

Il y a des divorcés qui mènent une vie spirituelle certainement très supérieure à la mienne, c'est même certain. Idem pour des "homosexuels".

Aux yeux des canonistes, Jacques Chirac, c'est certain, est mort bon père de famille... Comme Mitterrand.

Assigner un baptisé à son attirance sexuelle et même à sa vie ""désordonnée"" devrait être le souci des pasteurs, pas trop des laïcs. Sans quoi on va s'intéresser de prêt à ceux qui trompent leurs femmes, les tabassent, ceux qui communient sans confession pascale minimale, etc. On n'en finira pas.
Normalement, un catholique "hétérosexuel" conséquent devrait s'arracher l'oeil au premier désir éveillé par un homme ou une femme avec lequel ou laquelle il n'est pas marié... Je ne vois pas beaucoup de borgne ou d'aveugle façon Oedipe, mais plutôt des gens qui se croient irréprochables dans le domaine sexuel (d'où leurs grosses chevilles enflées, oedipe...).

Il y a des maniaques qui veulent rétablir l'index pour nos bibliothèques et qui pensent que le fonctionnement du corps ne doit s'apprendre que la nuit de noces... (mon arrière-grand-mère a dormi dans le lit de sa mère la nuit de ses noces, sur le conseil du curé pour ne pas salir le jour où fût échangé le sacrement de mariage !).

Je ne lirai pas l'article en question, je voudrais seulement savoir, pour ceux qui l'ont lu, si cela sent la préparation du terrain pour de futures errances pastorales ad experimentum, ou si cela s'inscrit dans l'accueil légitime que des personnes cabossées par la vie (et nous pouvons tous l'être ou le devenir un jour, je pense aux célibataires par exemple pour lesquels la vie n'est pas toujours facile ou tendre).

L'Eglise qui refusa à des femmes enceintes de se marier publiquement avant le concile et même d'avoir une photo de mariage (en blanc par ailleurs), n'est pas du tout l'Eglise souhaitable, l'Evangile à la main et ste Madeleine à la clé...
Je mets dos à dos l'Eglise qui refusa des obsèques à certains avant le concile et celle qui aujourd'hui refuse la messe à de pauvres gens qui la demandent (mais qui la donnent aux illustres parce qu'une bénédiction orchestrée par des laïcs ferait moins bien pour le decorum...).

Les catholiques qui regardent de biais des divorcés ou des homosexuels, des enfants de divorcés ou pas encore baptisés, les prostituées, ...

J'étais de toutes les manifs sous Hollande, opposé à toute reconnaissance civile de la GPA, des PMA (que bien des couples hétérosexuels pratiquement, avec remboursement de la sécurité sociale, comme l'avortement d'ailleurs, ce qui ferait hurler la moitié des américains)...
Je ne déteste rien plus que les vieilles dames qui veulent se faire ordonner, les zozos de TC et de La Croix, que ceux qui parlent durant le quart d'heure qui précède la messe (dans les deux formes !). N'ayez crainte.

Il y a de parfaits enfants catholiques dont les parents sont catholique et protestant ou athée (d'accord, ce doit être plus coton pour un père musulman...). Les couples catholiques à peu près accordés en politique et en spiritualité ne sont déjà pas une mince affaire...

Dans les favelas et autres contrées malheureuses, nos prêtres et nos religieuses ont des urgences à régler et des âmes à aimer. La métaphore de l'Eglise hôpital de campagne me plaisait bien, même si je ne crois pas une seule seconde que François ait inventé la chose ! Ses prédécesseurs ne pensaient pas autrement, et les Mathurins, les Lazaristes, les St-Vincent de Paul, les religieuses apostoliques...

L'Eglise est faite de pécheurs, moi le premier, pas de purs et de cathares qui cochent les cases de leur catéchisme ou qui récitent st Thomas (dans la version du XIXe s., pas du XIIIe s !).
Je ne fais pas une prière à chaque fois que je lis Julien Green ou Graham Greene, pour ne pas entrer en tentation... Je ne brûlerai pas les auteurs, notamment homosexuels, que j'ai sur mes étagères. Désolé.

Suspicieux et pessimiste de nature, j'espère seulement que la revue de l'Institut ex-catholique de Paris (qui pourrait inscrire ses enfants dans cette école ?) ne prépare pas le terrain ad intra comme ceux qui grenouillent dans le même domaine en Allemagne et en Autriche, chez certains Jésuites américains.

Est-ce que cet article aurait pu être publié par les Dominicains de Toulouse, par exemple ? Ou dans Sub signo Martini ?

Vigano va certainement répondre à ces questions, question de patience... S'il pouvait aussi me donner les numéros du loto du mois de juin et me dire si le prêche de l'évêque d'Orléans pour les confirmations de Pentecôte sera mieux ou pire que les chants. Il en va de ma digestion post-prandiale dominicale.
images/icones/bravo.gif  ( 917980 )Au contraire... par Gereo (2021-05-22 14:33:09) 
[en réponse à 917954]

la proposition raisonnable de Mgr Bordeyne est de nature à couper l'herbe sous le pied aux James Martin et autres synodistes allemands qui exercent une forte pression après le tollé suscité par le responsum. Le camp des cardinaux tutioristes qui s'agitent en coulisses derrière Sandro Magister fait en réalité le jeu de l'autre camp, cardinaux dont on sait grâce aux bavardages de Martel qu'ils sont pour certains d'entre eux dans la "schizophrénie existentielle" dénoncée par le pape...

Je suis entièrement d'accord avec Meneau quand il dit que l'homosexualité est un problème actuel et que l'Eglise doit s'y intéresser. Et comment s'y intéresser sans apporter de réponse pastorale cohérente ? S'y refuser, c'est faire le jeu des LGBTistes dans l’Église.
images/icones/fleche2.gif  ( 917997 )Oui, totalement d'accord ! par JVJ (2021-05-22 15:18:43) 
[en réponse à 917980]

Je me mets à la place des prêtres qui doivent s'affronter aux enfants présentés par deux "pères" et deux "mères" pour leur baptême... Ou pour enterrer leurs enfants.

Cela doit se faire à mon avis dans la discrétion et en faisant confiance à nos prêtres. Ils savent que la vie est compliquée depuis toujours.

Quand des laïcs célibataires glosent sur le mariage, je voudrais les appeler à plus de modestie s'ils ne veulent s'entendre dire qu'ils sont trop autocentrés pour s'ouvrir à un autre... Anatrella, avant qu'il ne déraille gravement, ne disait pas autrement au sujet des célibataires et des homosexuels : narcissisme et confort de vie (époque où les homosexuels ne voulaient pas d'enfants...). Je me garderai bien de tirer des leçons générales.

J'ai vu des familles de tous les milieux tourner en eau de boudin. Ceux qui ont des amis prêtres, mais de vrais amis et de vrais prêtres, savent qu'on marie bien trop de personnes et qu'ils savent sciemment (!) que les mariages sont à la limite (sinon plus...) de la validité... Et ceux qui sont mariés savent que rien n'est simple.

On ne fait pas plus opposé que moi aux groupes de pression à l'école et dans la société en général pour relativiser ce mode de vie... Mais les couples "hétérosexuels" ne sont pas des petits saints non plus par nature.

Je ne juge pas l'article que je n'ai pas lu. Je me méfie de tout ce qui vient de l'ICP. Je me méfie de la politique du cliquet dans l'UE comme dans l'Eglise (les filles d'autel voulues ad experimentum par Jean-Paul II, comme les nouvelles provinces françaises en 2000 je crois ad experimentum !).
Si François dit que Thomas Pesquet est dans le Ciel, certains sont capables de dire que le soleil tourne autour de la Terre, car la Bible dit que.

Les veufs remariés que je connais et que j'ai connus sont admirables. Et à 60 ans, on ne se marie pas pour procréer. Ainsi on ne peut ériger le mariage avec pour finalité première la génération. Aristote vous le dirait mieux que moi.
La stérilité dans le mariage est une épreuve et fut présenté pour nos rois comme un motif d'annulation. Bravo...

L'admirable abbé de Tanouarn vient de dire au club des hommes en noir qu'à ses confessions à St-Nicolas il entendait des pénitents homosexuels pour communier après leurs turpitudes. Cela permet de calmer tous les puristes.
images/icones/tele.gif  ( 918006 )Effectivement, la dernière émission du Club des hommes en noir par Gereo (2021-05-22 16:04:07) 
[en réponse à 917997]

apporte un très bon éclairage sur le sujet :

images/icones/neutre.gif  ( 918042 )À quelle date voyez-vous par Vox clamantis (2021-05-23 07:34:42) 
[en réponse à 917997]

Le déraillement d'Anatrella ? Parce que les accusations portent sur des faits qui remontent au moins aux années 1990 d'après ce que je sais.

D'autre part, il serait quand même prudent de ne pas se fier sur le sujet de l'homosexualité et de sa psychologie à un homme qui en a agressé plusieurs autres sous couvert de psychothérapie.

Dans les travaux à mener dans l'Eglise sur la question de l'homosexualité, il y a largement la nécessité de dés-Anatreliser, si j'ose dire, les textes de référence.
images/icones/fleche2.gif  ( 918091 )Je n'ai pas de calendrier pour Anatrella ! par JVJ (2021-05-23 18:01:55) 
[en réponse à 918042]

et j'attends que l'Eglise locale statue et condamne avant de condamner moi-même !

Le vénérable prêtre jésuite qui m'a préparé au mariage nous a conseillés de lire notamment deux livres d'Anatrella. Notamment.

Savoir ensuite ce qu'il a fait, comme le P. Labaky (conférence à Dijon sur la sainteté au milieu des années 90 magnifique comme je n'avais jamais entendu), les deux Philippe op et tant d'autres qui nous ont trahis.

De l'autre côté, il y a le Père Six hagiographe de Riobé, et tant d'autres.

Anatrella m'avait intéressé notamment quand il disait qu'un homosexuel ne savait pas s'ouvrir à l'altérité que représente le sexe "complémentaire". Il y avait du narcissisme. Il en disait autant de certains célibataires : peur de s'engager, peur de se prendre un vent, peur de ne pas se voir assez beau dans son miroir ou riche ou intelligent, etc.

Ces réflexions m'avaient intéressé, car je n'avais pas envisagé la chose sous cet angle. Je n'en fais jamais des règles générales.

Savoir que des prêtres ont fauté lourdement et qu'ils disaient la messe, se confessaient sans doute, me dégoûtent au-delà du possible, surtout quand ils fréquentaient des gens faibles ou handicapés, quand ils se revendiquaient de Jean-Paul II.

C'est pourquoi j'aimerais mieux entendre prêcher sur les fins dernières et la communion des saints, que la morale sexuelle, conjugale et tutti quanti, même par allusion.

Pendant des siècles, l'Eglise n'a reconnu la sainteté conjugale du bout des lèvres et à condition qu'elle ne consomme pas ! Chic. Jean-Paul II a considérablement rénové, à bon droit, la vision dégradante que certains se plaisent à voir dans deux personnes mariées qui s'aiment. Un homme et une femme sous le même toit, c'est louche ! Les parents Martin ont donné des saintes, sans quoi...
Il faudrait voir s'il existe des saints parce qu'ils ont transcendé leur célibat tout en étant laïc (et ne me sortez pas des convers !). La virginité n'est pas l'alpha et l'oméga de la vie chrétienne. Sans quoi on n'aura plus de parents de prêtres et de religieuses, ni de denier de l'Eglise...

Je continue de me méfier de ceux qui mettent l'homosexualité comme une attirance innée sur laquelle on n'a pas de prise. L'effet de mode est patent et de nos jours, dans les écoles, on n'a jamais eu autant d'adolescents qui se découvrent comme par hasard trans ou non-binaire (expressions qui n'existaient pas dans les médias il y a cinq ans !).
L'homosexualité est devenue largement culturelle, pas du tout naturelle.

Aujourd'hui je ne ferais plus lire des bouquins écrits par des prêtres condamnés par l'Eglise. Autant lire Gide et savoir lire entre les lignes.

Les psys ne m'inspirent pas du tout confiance non plus. Et les thérapies de tout poil...
Chacun son métier, surtout si l'on est prêtre.
J'ai eu un vieil ami mariste lyonnais, prêtre, médecin et docteur en psychologie, directeur d'école. Lui était quelqu'un de solide et il était de bon conseil pour les jeunes gens, m'a-t-on dit. Col romain et sourire angélique.
images/icones/neutre.gif  ( 918097 )S'agissant d'Anatrella par Vox clamantis (2021-05-23 19:08:32) 
[en réponse à 918091]

quand vous attendez que l'Eglise locale condamne avant de condamner vous-même, vous êtes au courant qu'il est interdit de tout ministère par son diocèse (celui de Paris) depuis l'été 2018 ?

Curieusement, sa page de présentation a "disparu" du site des Bernardins, alors que sa page Wikipedia y renvoie encore.

Je ne sais pas ce que vous attendez. En tous cas le diocèse de Paris n'a plus trop l'air de le présenter comme une référence.
images/icones/1f.gif  ( 918101 )J'ai bien dit que j'attendais qu'un évêque condamne par JVJ (2021-05-23 20:32:25) 
[en réponse à 918097]

et c'est ce qui est arrivé. J'ai déjà parlé d'Anatrella ici plusieurs fois, je suis au courant, sans passer par wikinul.

Je ne parlerais pas d'Anatrella sans le faire précéder de Père ou abbé si j'avais l'intention de marquer un motif de politesse.

Il suffit de maintenir l'usage de père ou de frère à des personnes qui ont souillé le sacrement de l'ordre. Basta. On parle encore dans nos milieux du RP Bruckberger, que j'ai lu et qui m'est sympathique (il défendait la messe traditionnelle), mais je sais aussi qu'il vivait avec une femme en Suisse et ailleurs. Il ne s'en cachait pas. Les familiers de ce dominicain, aussi extra conventum que bien des frères apostats, l'appelaient affectueusement Bruck. Sa vie n'avait rien à de commun avec celle de l'ennuyeux et angélique RP Carré... Entre Congar et Bruck, c'est Congar qui a eu la vie la plus régulière et droite, avec en prime la persécution de l'Eglise au plus haut niveau (je rappelle qu'avant le concile, il fallait demander à un dicastère l'autorisation de parler à un colloque avec des protestants ou des orthodoxes ! on revient de très très loin). J'ai parlé ici de la photo très touchante de la remise de la barrette alors qu'il était pensionnaire aux Invalides et plus guère valide.



Anatrella devrait, si ce n'est fait, finir convers (mais est-ce que cette fonction existe encore sous ce mot quelque part ?) dans une chartreuse ou dans une trappe, et se taire jusqu'à la fin de ses jours. S'il était conséquent. Autrefois, cela s'entendait. Le "père" Six est du même tonneau, nous avertit le diocèse de Paris.

Je disais que j'attends qu'un évêque condamne, car je connais aussi des prêtres jugés par avance, qui se sont suicidé ou qui subissent une atteinte à leur honneur et à leur sacerdoce, qui ont été écartés injustement de différentes choses.

Un prêtre accusé doit aussi pouvoir se défendre.

images/icones/fleche2.gif  ( 917950 )Ce que dit "Pro Liturgia" par AVV-VVK (2021-05-22 12:23:21) 
[en réponse à 917920]

Un résumé sans nommer la source: ACTUALITE

* * * * NOUVEAU Vendredi, 21 mai 2021. Philippe Bordeyne, le nouveau président de l’Institut pontifical d’études sur le mariage et la famille qui avait été fondé par Jean-Paul II, s’est prononcé en faveur de la bénédiction des couples homosexuels. Selon Philippe Bordeyne, qui prendra ses fonctions cet été, bénir les couples homosexuels sous une forme « liturgique » est une bonne chose. Cependant, a-t-il précisé, au cours de la célébration chaque personne doit être bénie individuellement et non le « mariage » en tant que tel.
Le nouveau président est totalement contre la direction claire indiquée par Jean-Paul II sur cette question. Depuis 2016, l’Institut poursuit donc une route qui l’éloigne toujours un peu plus de la doctrine tenue par l’Église catholique en application des enseignements du Seigneur
images/icones/iphone.jpg  ( 918008 )Quand nous épargnerez-vous par XA (2021-05-22 16:07:31) 
[en réponse à 917950]

la mention de ce site ?

images/icones/1h.gif  ( 918016 )mais se garde bien de désigner les causes... par vistemboir2 (2021-05-22 17:23:17) 
[en réponse à 917950]

de ce délitement et ces dérives : Vatican II et la PRL de Paul VI (Prétendue Réforme Liturgique, pour paraphraser l'art. 4 de l'Édit de Paris dit de Beaulieu de 1576)
images/icones/1h.gif  ( 918015 )Présentation malhonnête par Ion... par Chicoutimi (2021-05-22 17:17:34) 
[en réponse à 917920]

Vous ne voyez vraiment pas le problème avec l'approche de Mgr Bordeyne? Vous prétendez qu'il ne s'agit que d'une bénédiction de personnes, mais ou bien vous avez mal lu, ou bien vous ne voulez pas comprendre, mais ce n'est pas le cas. Ça va plus loin que ça.

En effet, Mgr Bordeyne ne parle pas d'une bénédiction accordée à une personne homosexuelle venant se présenter seule devant le prêtre (que ce soit au confessionnal ou pour demander une bénédiction pour sa personne). Il parle bel et bien de la situation où un couple (c'est-à-dire deux personnes de même sexe) se présente devant le prêtre, pas pour renoncer au péché mais pour solliciter ''la prière de l’Église pour accompagner leur amour, leur union, ou l’enfant qu’elles ont accueilli''.

Vous ne voyez pas le problème? Voyez-vous, une telle démarche peut bien se cacher derrière des termes du genre ''ce n'est pas l'union mais les personnes qui sont bénites'', il n'en reste pas moins que si l'on voulait vraiment respecter ce principe, ce n'est pas le couple qui se présenterait (et surtout pas dans le cadre d'une liturgie comme le propose Mgr Bordeyne) pour recevoir la bénédiction, mais l'individu seul. Et c'est là que se trouve le piège: on dit que cela ne se ferait que dans un cadre privé (mais c'est si bon, pourquoi le faire en cachette dans un cadre privé), et si c'est la liturgie de l'Église, on ne peut pas dire que l'action sera complètement privée puisque la prière de l'Église est toujours publique.

À moins qu'il ne s'agisse d'accorder le même traitement à ces ''liturgies'' que celui que l'on accorde aux messes dans la forme extraordinaire du rite romain qui restent tolérées dans la basilique Saint-Pierre (en privé) mais qui ne sont certainement pas considérées comme libérées de tout empêchement. Dans le premier cas (la bénédiction des couples homosexuels) on a donc une promotion, dans le deuxième cas (la forme extraordinaire) on a une rétrogradation. Mais, dans les deux cas, ces liturgies restent du domaine du privé. Ainsi avance l'Église bergoglienne, qui n'a pas encore approuvé le projet de Mgr Bordeyne mais qui a trouvé le moyen de mettre ce dernier à la tête de l'Institut Jean-Paul II.

En un certain sens, la bénédiction des couples homosexuels (qui est présenté comme une bénédiction des personnes) n'est pas autre chose qu'un premier pas vers la bénédiction liturgique de telles unions (qui sera ensuite présentée comme différente du mariage). Excusez-moi, ce n'est pas ça l'enseignement du Christ ni celui de l'Église catholique. J'ai l'impression que nous sommes en train de vivre le cauchemar anglican, et c'est hallucinant de voir sur ce FC certains liseurs qui ne peuvent voir le problème de l'approche de Mgr Bordeyne.

Bref, Sandro Magister a clairement vu le problème lié aux suggestions de Mgr Bordeyne, et il a bien fait de tirer la sonnette d'alarme.
images/icones/fleur.gif  ( 918018 )Merci, cher Chicoutimi... par vistemboir2 (2021-05-22 17:28:52) 
[en réponse à 918015]

pour cette réponse détaillée et argumentée à Ion, dont la réaction n'est excusable que si elle est chez lui l'effet d'une trop grande naïveté ....
images/icones/neutre.gif  ( 918027 )Enfin quelqu'un qui argumente par Meneau (2021-05-22 18:36:26) 
[en réponse à 918015]

un tant soit peu, au lieu d'insulter ou d'élucubrer (on est allé jusqu'à la zoophilie quand même, il fallait le faire !). Merci.

Je suis d'accord avec vous, les termes que vous soulignez sont mal choisis. Mais il faut les replacer dans leur contexte :


tout baptisé bénéficie de la prière de l’Église et jouit d’un droit fondamental à en bénéficier. Dès lors, il ne fait pas de doute que les personnes engagées dans une union homosexuelle ont le droit de solliciter l’aide pastorale de l’Église, et particulièrement l’aide de la prière, dans leur marche vers la sainteté.

Dans le même temps, l’Église ne peut ignorer que certaines pratiques ecclésiales risquent d’introduire de la confusion sur la nature du mariage chrétien ou de conforter les confusions qui circulent dans la société sur la nature du mariage en général. Il importe donc d’opérer des distinctions à deux niveaux, entre prière publique et prière privée, d’une part, et entre bénédiction des personnes et bénédiction du couple ou de leur union, d’autre part.

Premièrement, […] lorsque deux personnes homosexuelles sollicitent la prière de l’Église pour accompagner leur amour, leur union, ou l’enfant qu’elles ont accueilli, une prière à caractère privé est préférable pour éviter de donner prise aux revendications, explicites ou implicites, de légitimation des unions homosexuelles par analogie au mariage.



Les personnes en question sollicitent l'accompagnent de ce qu'ils veulent, à la rigueur, on s'en fiche. Ca ne veut pas dire que cela leur sera accordé ni que cela sera fait dans la perspective qu'ils sollicitent. Au contraire, Mgr vient de faire les distinctions que je souligne.

D'autre part, il s'agit bien de personnes "dans leur marche vers la sainteté", et Mgr vient juste de rappeler quelle était la voie de la sainteté pour les personnes homosexuelles : s'abstenir du mariage et vivre dans la continence.

Pourquoi le faire en privé ? Parce que ... eh bien il vient de l'expliquer : pour éviter tout doute quant à la légitimation de leur union. On appelait ça le scandale en morale par le passé.

Le problème, c'est que vous ne vous basez pas sur le texte pour le condamner, mais sur des arguments ad hominem et des soupçons. Je veux bien vous accorder qu'au vu des antécédents de l'auteur, ou peut en avoir. Mais ce n'est pas une raison pour tordre les textes.

Cordialement
Meneau
images/icones/neutre.gif  ( 918028 )... tordre le texte ... par Meneau (2021-05-22 18:47:48) 
[en réponse à 918027]

... jusqu'à en falsifier le titre, d'ailleurs, excusez du peu !

Cordialement
Meneau
images/icones/fleche2.gif  ( 918031 )Merci Meneau, mais... par Chicoutimi (2021-05-22 19:16:53) 
[en réponse à 918027]

Je ne vois pas en quoi le titre de Sandro Magister serait trompeur quand d'une part il s'agit bel et bien d'instructions pour légitimer une nouvelle pratique dans l'Église (en rappelant la doctrine de l'Église mais, dans le même temps, en ouvrant sur une pratique qui n'a jamais été endossée par l'Église), et d'autre part, en situant la bénédiction dans le cadre d'une demande faite par un couple homosexuel et non par un individu luttant contre cette inclination.

Il faut aussi se poser la question suivante: quel rapport ces gens entretiennent-ils avec les sacramentaux? Si ce sont des gens pieux qui courent après toutes les bénédictions possibles, il faut les rassurer en leur disant que la bénédiction à la fin de la messe, l'usage de l'eau bénite à l'entrée de l'église ou à la maison, de même que la bénédiction du Saint-Père retransmise à la télévision (à laquelle est rattachée une indulgence plénière) sont suffisantes. Pourquoi en vouloir plus?

Mais si ce sont des gens qui n'ont rien à faire de la bénédiction de l'Église dans les sacramentaux qui sont déjà bien nombreux, pourquoi créer un nouveau sacramental puisqu'il semble que cela leur importe peu?
images/icones/neutre.gif  ( 918034 )[réponse] par Meneau (2021-05-22 19:54:34) 
[en réponse à 918031]


Instruction sur la manière de bénir les couples homosexuels

titre Magister. Avec en plus en sous-titre : "par Mgr Bordeyne".

Or Mgr Bordeyne ne parle jamais de bénir les couples homosexuels, au contraire il demande de distinguer "entre bénédiction des personnes et bénédiction du couple ou de leur union, d’autre part". Je suis désolé, je ne peux appeler ça autrement que falsification.

Quant à l'opportunité d'inventer des nouveaux sacramentaux... je ne suis pas sûr que ce soit le cas, puisque Mgr Bordeyne propose de réutiliser des bénédictions déjà existantes - et pas des bénédictions nuptiales, je précise pour les grincheux.

Sur l'intention des gens qui sollicitent de telles bénédictions, par contre, je suis d'accord avec vous, il convient de s'interroger. En restreignant au cadre privé, Mgr Bordeyne s'affranchit des demandes revendicatrices, au besoin médiatisées. Pour ce qui est des gens de bonne foi, l'Eglise a le devoir de les accompagner sur le chemin de la sainteté. Leur faire comprendre que d'autres bénédictions sont suffisantes, pourquoi pas ?

Bref, on est quand même à cent lieues des prêtres évoqués par vistemboir2 plus haut, qui bénissent ouvertement les couples homosexuels, le tout à grand renfort de médias. Je trouve qu'il est même plus clair que le pape sur ce sujet.

Fallait-il absolument s'exprimer sur le sujet ? Je l'ai dit plus haut, je ne suis pas convaincu. Il faut bien voir que tout le monde - à tort ou à raison - attend de l'Eglise qu'elle s'exprime sur le sujet et guette soit le faux pas qui pourra faire crier à l'homophobie, soit un supposé changement de doctrine. C'est peut-être une faiblesse que de céder aux desiderata du monde, surtout que la CDF s'est déjà exprimée. Mais vu que la déclaration de la CDF a été battue en brèche et ignorée ostensiblement par bon nombre de prélats se disant catholique, un rappel de la doctrine n'est pas malvenu, surtout si elle n'est pas directement niée ensuite par une "pastorale" contraire.

Après, des intentions réelles de Mgr Bordeyne, chacun jugera (et Dieu surtout).

Cordialement
Meneau
images/icones/fleche3.gif  ( 918037 )Deux clarifications cher Meneau... par Chicoutimi (2021-05-23 06:35:50) 
[en réponse à 918034]

1- Le titre de Sandro Magister n'est pas trompeur puisque ce dont il est question n'est pas la bénédiction d'une personne homosexuelle, mais bien la bénédiction de deux personnes du même sexe, qui forment un couple, mais dont on tente de légitimer la pratique en lui donnant un mode d'emploie qui a l'apparence de respecter la doctrine de l'Église en la matière.

Il y a aussi un passage important de Mgr Bordeyne que Sandro Magister ne cite pas:


''Toutefois, l’impossibilité de bénir l’union civile comme telle ne veut pas dire que l’on méconnaisse le désir de croître en sainteté chez deux personnes engagées l’une envers l’autre. La complexité du processus de discernement singulier, toujours éminemment personnel, qui conduit à un choix s’écartant de la loi générale, incite à faire porter la bénédiction sur les personnes qui, chacune selon son propre discernement, ont posé le choix de l’union civile. Le signe ecclésial de la bénédiction, accompli par un ministre de l’Église, serait dès lors accordé à deux personnes qui, ayant chacune formé un jugement de conscience tenant compte de ses limites, sollicitent l’aide de l’Église pour grandir dans la disponibilité à la grâce.''



Qu'est-ce que c'est sinon le premier pas vers une bénédiction de leur union? Il s'agit tout simplement de faire ''sauter le premier verrou'' pour pouvoir ensuite aller plus loin, graduellement, par étapes.

Et ce premier pas est lui-même une nouveauté. Mgr Bordeyne le reconnaît lorsqu'il dit: ''(...) dans le cas où une prière de bénédiction serait envisagée...'', ce qui signifie qu'une telle bénédiction n'existe pas encore. De plus, à la fin de cette citation, il renvoie en note de bas de page à ceci: ''Une déclaration orale du cardinal Jozef De Kesel en mai 2018 semble ne pas l’exclure, même si son porte-parole a ensuite précisé que le cardinal pensait à ''une célébration de remerciement, de prière.''

Évidemment, Mgr Bordeyne va aussi faire de très belles citations dans son article. Il faut bien que tout cela ait l'air catholique, sinon ça ne passerait pas. Mais une fois que le principe sera accepté, tôt ou tard, on dira: ''Il ne convenait pas de dire deux fois la même prière pour deux personnes présentes. D'autant plus que l'un des principes de la réforme liturgique fut la suppression des doublons. D'un point de vue pastoral, il convenait mieux de réciter une seule fois la même prière pour les deux personnes qui étaient présentes.'' Puis, on dira par la suite: ''La prière proposée était originellement écrite pour des personnes âgées. Or, nous avons affaire à des gens jeunes et en santé. Il convenait donc, d'un point de vue pastoral, de modifier les termes de ladite prière afin de mieux refléter la réalité de ces personnes.'' Et un peu plus tard on dira: ''Ces gens venaient à nous dans l'espoir d'être soutenus dans leur union et leur vie de famille. Or, pas un seul mot à ce sujet n'était dit dans la prière de bénédiction. Il convenait donc, d'un point de vue pastoral, de changer ladite prière afin qu'elle puisse tenir compte des éléments de bonté et de vérité qui se trouvent au sein de leur union et de leur famille.'' Et ainsi de suite jusqu'à ce qu'ils en arrivent à la bénédiction des unions homosexuelles proprement dites.

2- Quant à la proposition de ''réutiliser des bénédictions déjà existantes'', cela ne signifie pas pour autant que nous sommes devant le même sacramental. Les circonstances dans lesquelles un sacramental est accomplit peuvent changer la nature de ce dernier. Et effectivement, faire une prière pour une personne âgée n'est pas la même chose que de bénir deux personnes, même séparément, qui se sont engagées dans la voie de l'union civile homosexuelle. Il peut s'agir de la même prière, mais on ne peut pas dire qu'il s'agit du même sacramental.

Cordialement.
images/icones/neutre.gif  ( 918038 )Vous avez clairement expliqué.... par Pol (2021-05-23 07:10:59) 
[en réponse à 918037]

....tout le processus: comment, pas à pas, avec du temps, la Revolutiuon se fait et le tout ayant été graduel, tout passe et tout a pratiquement passé, depuis 70 ans....
Je ne vois plus aucune reaction aux 'evenements', de connaissances de la situation parmi les Catholiques du bord conciliaire. C'est un vrai Drame de la Vie.
Merci a vous pour vos contributions si régulieres et prenantes...
Bonne Fete de la Pentecote aux combattants.
images/icones/bravo.gif  ( 918040 )Merci à vous Pol... par Chicoutimi (2021-05-23 07:20:26) 
[en réponse à 918038]

Vous avez très clairement résumé le principe ''étapiste'' de la Révolution qui se déroule sous nos yeux. Ils y vont par étapes, et une fois qu'ils auront mis sur pied ce qu'ils visaient, ils diront que c'est le fruit d'un développement organique!

Bonne et sainte fête de la Pentecôte!
images/icones/fleche2.gif  ( 918049 )Leur ''marche vers la sainteté''... par Chicoutimi (2021-05-23 09:07:17) 
[en réponse à 918027]

selon le texte de Mgr Bordeyne, impliquerait ce qu'il appelle la ''discrétion'' (qui rejoint la notion ''d'éviter le scandale'') et qui est expliquée, non sans problème, comme suit:


''Le cardinal Christoph Schönborn, archevêque de Vienne, insiste quant à lui sur la discrétion comme chemin spirituel qui engage à reconnaître que les possibilités d’accomplir la loi morale varient d’un sujet à l’autre. (...) au for externe, on peut aussi le souhaiter, la discrétion des communions pour éviter le scandale ou la démoralisation d’autres fidèles qui luttent pour rester fidèles à Dieu dans ce domaine. La prise en considération du scandale potentiel doit inciter les personnes vivant dans une union homosexuelle à rechercher la discrétion lorsqu’elles s’approchent de la table eucharistique à l’issue d’un processus de discernement sur la mise en œuvre du bien possible dans leur vie. Cette discrétion fait partie de leur marche vers la sainteté dans sa configuration particulière. Néanmoins, les communautés chrétiennes ont, de leur côté, la responsabilité de former les fidèles à la complexité du jugement moral, afin qu’ils comprennent davantage son irréductibilité à une application immédiate de la loi générale. Une telle formation fait partie intégrante de l’accompagnement pastoral d’une communauté chrétienne dans sa marche vers la sainteté.'' (p. 101-102)



On voit donc que l'article en question n'aborde pas seulement la question de la bénédiction; il y est aussi question de la communion. Or, le texte ci-haut est problématique car si la notion ''d'éviter le scandale'' est tout-à-fait traditionnelle, elle devrait toujours aller de pair avec ''l'état de grâce'' (laquelle est retrouvée par l'absolution qui est donnée lorsque la décision de vivre chastement a été prise), qui sont deux conditions indissociables pour la réception des sacrements chez les pécheurs publics repentants.

Pour mieux comprendre, abordons rapidement la question des divorcés-remariés. Si les conjoints divorcés-remariés prennent la résolution de vivre chastement, comme frère et soeur, l'absolution pourra leur être accordée, ce qui ouvrira ensuite la voie à la sainte Communion qui sera reçue privément pour éviter tout risque de scandale (remoto scandalo). Certes, cette pratique a été mise à mal par Amoris Laetita, mais il s'agit bien ici de la pratique officielle et traditionnelle de l'Église.

Mais, comme vous pouvez le voir, dans le texte de Mgr Bordeyne il n'est pas question de ce cheminement traditionnel. Pas un mot sur l'état de grâce, sauf le début de l'article qui évoque S. Alphonse de Ligori, d'une manière très belle mais qui ne donne pas beaucoup de suite puisqu'on aurait bien aimé que le reste du texte s'y accorde: ''Son discernement pastoral visait à «conduire les gens à l’état de grâce et [à] les y garder», en tenant compte de leurs capacités, de leur contexte spécifique et des mauvaises habitudes contractées dans le passé.''

Il est d'ailleurs bien triste que le texte se termine avec la question de la bénédiction, comme si la bénédiction était le sommet de la vie chrétienne. Car si des personnes engagées dans une union homosexuelle étaient décidées à vivre chastement, elles pourraient recevoir l'absolution qui leur permettrait ensuite de recevoir, remoto scandalo et en état de grâce, non pas une simple bénédiction mais le Christ tout entier, avec son Corps, son Sang, son Âme et sa Divinité. Et c'est vers cela que devrait mener un chemin de sainteté. Mais dans le texte du P. Bordeyne, on a bien l'impression que cette communion eucharistique ils y ont déjà droit, alors que la bénédiction est un peu comme une sorte de couronnement.

Bref, il n'est pas exact de dire que le chemin de sainteté proposé par Mgr Bordeyne se résume, comme vous le dites, à ceci: s'abstenir du mariage et vivre dans la continence.
images/icones/hein.gif  ( 918046 )Donc pour vous, rien de nouveau sous le soleil ? par Regnum Galliae (2021-05-23 08:45:49) 
[en réponse à 917920]

Quel est donc l'intérêt de l'article ? Un prêtre ne pouvait-il pas bénir le pêcheur repentant, avant ?
images/icones/neutre.gif  ( 918047 )[réponse] par Regnum Galliae (2021-05-23 08:46:54) 
[en réponse à 918046]

Pécheur, pas pêcheur. Merci le correcteur automatique !
images/icones/fleche3.gif  ( 918152 )Comment Mgr Bordeyne trompe sur l'enseignement de Jean Paul II par Johanis (2021-05-24 10:23:57) 
[en réponse à 917920]

La malhonnêteté n’est pas là où vous la voyez. Et si vous la voyiez là où elle se trouve, du même coup vous comprendriez, je pense, que Sandro Magister ne se trompe pas lorsqu’il dit que sur la question de la bénédiction des couples homosexuels il y a opposition entre Philippe Bordeyne et le document de la congrégation pour la doctrine de la foi.

La malhonnêteté réside dans l’imposture de certaines affirmations fondamentales de Philippe Bordeyne, à savoir que dans la distinction en morale entre universel et particulier, c’est-à-dire normes universelles et choix particuliers selon la conscience, Jean-Paul II n’a traité que le premier volet ; à partir de cette tromperie s’ensuit une autre : François lui a traité l’autre volet et il n’y a donc pas contradiction entre les deux.

Car Jean-Paul II dans Veritatis Splendor, au cœur de l’enseignement qu’il donne, établit au contraire le rapport entre normes universelles et choix particuliers selon la conscience dans les cas dont font partie les situations des divorcées remariées comme la situation des couples homosexuels ; c’est-à-dire les cas où il s’agit d’actes intrinsèquement mauvais. Je vous invite, vous, à aller lire précisément ce que dit Jean-Paul II.

L’autre point crucial, outre l’affirmation de l’interdiction morale sans exception des actes intrinsèquement mauvais, sur lequel il y a tromperie de la part de Philippe Bordeyne c’est celui de la possibilité ou de l’impossibilité de suivre les commandements en s’appuyant sur la grâce. La tromperie consiste précisément à dire que cette possibilité est à mesurer selon les forces humaines, c’est-à-dire en se gardant de tout pélagianisme, il parle de surestimation des capacités humaines, alors que selon la doctrine de l’Eglise rappelée par Jean-Paul II il est fondamental de reconnaître que la grâce est donnée pour pouvoir choisir et accomplir les commandements, même si cela passe par d’après le combats lorsqu’on se trouve dans des situations difficiles et qu’on manque de vertu acquise. Il y a donc tromperie grave à déformer la doctrine rappelée clairement par Jean-Paul II, pour parvenir à justifier que puisque dans de nombreux cas le baptisé ne saurait accomplir les commandements, la norme universelle, sans tomber dans l’illusion pelagienne, Dieu n’exige pas qu’on suive les commandements, et demande même que l’on choisisse hic et nunc ce qui est intrinsèquement mauvais.

C’est sur cette tromperie que repose la justification du « nouveau paradigme », selon lequel on peut et on doit même commettre des actes objectivement mauvais, des péchés objectivement mortels, puisque par ailleurs ils comportent aussi un certain bien et que c’est un chemin qui aboutira (peut-être) à une vie selon la norme universelle.
La vérité est que cette théorie n’est pas hors du champ de l’enseignement de Jean-Paul II, mais qu’au contraire elle est clairement visée et combattue par lui.

Je vous cite des extraits très significatifs de Splendor Veritatis qui montre clairement la tromperie des justifications données par Philippe Bordeyne, lorsqu’il prétend que l’enseignement de Jean Paul II ne concerne pas les cas particuliers et que le baptisé peut être impuissant à obéir aux commandements :
«56. Pour justifier de telles positions, certains ont proposé une sorte de double statut de la vérité morale. En plus du niveau doctrinal et abstrait, il faudrait reconnaître l'originalité d'une certaine considération existentielle plus concrète. Celle-ci, compte tenu des circonstances et de la situation, pourrait légitimement fonder des exceptions à la règle générale et permettre ainsi d'accomplir pratiquement, avec une bonne conscience, ce que la loi morale qualifie d'intrinsèquement mauvais. Ainsi s'instaure dans certains cas une séparation, voire une opposition, entre la doctrine du précepte valable en général et la norme de la conscience de chacun, qui déciderait effectivement, en dernière instance, du bien et du mal. Sur ce fondement, on prétend établir la légitimité de solutions prétendument « pastorales », contraires aux enseignements du Magistère, et justifier une herméneutique « créatrice », d'après laquelle la conscience morale ne serait nullement obligée, dans tous les cas, par un précepte négatif particulier…
102. Même dans les situations les plus difficiles, l'homme doit observer les normes morales par obéissance aux saints commandements de Dieu et en conformité avec sa dignité personnelle. …
Mais on peut vaincre les tentations et l'on peut éviter les péchés, parce que, avec les commandements, le Seigneur nous donne la possibilité de les observer : « Ses regards sont tournés vers ceux qui le craignent, il connaît lui-même toutes les œuvres des hommes. Il n'a commandé à personne d'être impie, il n'a donné à personne licence de pécher » (Si 15, 19-20). Dans certaines situations, l'observation de la Loi de Dieu peut être difficile, très difficile, elle n'est cependant jamais impossible. …
103. C'est dans la Croix salvifique de Jésus, dans le don de l'Esprit Saint, dans les sacrements qui naissent du côté transpercé du Rédempteur (cf. Jn 19, 34) que le croyant trouve la grâce et la force de toujours observer la Loi sainte de Dieu, même au milieu des plus graves difficultés. …
Les possibilités « concrètes » de l'homme ne se trouvent que dans le mystère de la Rédemption du Christ. « Ce serait une très grave erreur que d'en conclure que la règle enseignée par l'Eglise est en elle même seulement un " idéal " qui doit ensuite être adapté, proportionné, gradué, en fonction, dit-on, des possibilités concrètes de l'homme, selon un " équilibrage des divers biens en question ". Mais quelles sont les " possibilités concrètes de l'homme " ? Et de quel homme parle-t-on ? De l'homme dominé par la concupiscence ou bien de l'homme racheté par le Christ ? Car c'est de cela qu'il s'agit : de la réalité de la Rédemption par le Christ. Le Christ nous a rachetés ! Cela signifie : il nous a donné la possibilité de réaliser l'entière vérité de notre être ; il a libéré notre liberté de la domination de la concupiscence. Et si l'homme racheté pèche encore, cela est dû non pas à l'imperfection de l'acte rédempteur du Christ, mais à la volonté de l'homme de se soustraire à la grâce qui vient de cet acte. Le commandement de Dieu est certainement proportionné aux capacités de l'homme, mais aux capacités de l'homme auquel est donné l'Esprit Saint, de l'homme qui, s'il est tombé dans le péché, peut toujours obtenir le pardon et jouir de la présence de l'Esprit »


L’imposture fondamentale, très grave, contenu dans ce texte de Philippe Bordeyne, dans le prolongement d’Amoris Laetitia, est de dire qu’il n’y a pas de contradiction avec la doctrine catholique pérenne et qu’il ne s’agit que d’un développement d’un aspect jusque-là ignoré.

Le sens de ce que dit Philippe Bordeyne à propos de la bénédiction des couples homosexuels, et qui n’est qu’une conséquence du reste, est de déterminer comment, si leur choix de vivre ainsi est justifié selon un discernement individuel, comment répondre positivement à leur demande de bénédiction, une bénédiction prenant en charge leur situation de vie en couple puisque dans leur situation particulière elle est conforme à la volonté de Dieu, qu’il n’y a pas de péché, c’est le chemin sur lequel ils doivent avancer. La contradiction entre cette position de Philippe Bordeyne et celle de la CDF repose sur le fait que pour lui il n’y a pas de mal, chez ces personnes homosexuelles vivant en couple, que c’est même leur bien qui exige qu’ils vivent ainsi, et que donc l’argument de la CDF selon laquelle on ne peut pas bénir la vie en couple homosexuel parce qu’on ne peut pas bénir un mal, n’est pas pertinente.

Donc, est-ce à Sandro Magister qu’il faut faire le reproche de tromper sur le sens du texte de Philippe Bordeyne, ou à celui-ci qu’il faut reprocher de tromper sur la vraie doctrine morale de l’Eglise, pour justifier des positions qui la contredisent et s’accordent mieux avec la pensée du monde ?
images/icones/fleche2.gif  ( 918159 )Je vous propose de relire votre ... par Ion (2021-05-24 12:42:28) 
[en réponse à 918152]

... argumentation en prenant en compte deux remarques :
1- Garder en mémoire l'un des quatre "adages" du pape François dans Evangelii Gaudium, et repris dans AL : le temps est supérieur à l'espace. Il me semble que c'est en ce sens que Philippe Bordeyne considère que St Jean-Paul II a traité essentiellement traité de la norme universelle et non du processus de discernement, processus qui nécessite parfois un long chemin de conversion. C'est tout l'enjeu d'AL qui jusqu'ici n'était pas traité magistériellement, mais en privé dans le cadre de l'accompagnement spirituel.
2- Dans la continuité du processus de discernement, il n'est nulle part affirmé par AL ni par Philippe Bordeyne qu'un mal peut être un bien en soi. Le choix de ce que ce dernier appelle un bien possible n'est pas le choix du mal, mais d'une progression visant à sortir d'un mal plus grand. C'est en ce sens que le renoncement par une personne homosexuelle à plusieurs partenaires, certes compris à tort par une conscience encore insuffisamment formée comme une "fidélité", ne justifie pas comme un bien la relation avec le partenaire unique, mais un premier éloignement d'un mal plus grand, le tourisme sexuel. Cela me fait penser à la récente émission du "club des hommes en noir" où l'abbé de Tanouarn disait précisément la même chose, exhortant les personnes à tendance homosexuelle qui venaient le voir en confession se cofesser de leur "tourisme sexuel", à commencer par être fidèle avec leur "partenaire", tout en sachant que cette fidélité n'est pas dans le plan de Dieu.

Ion
images/icones/neutre.gif  ( 918166 )Le temps supérieur ?? Bien en soi, bien possible, moindre mal ... par Johanis (2021-05-24 14:25:15) 
[en réponse à 918159]

Avons-nous des critères communs de vérité dans cette discussion ; s'il n'y en a pas, constatons seulement que nos critères premiers sont différents et que nos désaccords en découlent.
Avons-nous comme critère commun que
- dans Veritatis Splendor, JPII expose la doctrine, pas nécessairement exhaustive mais indéniable de l'Eglise.
- il n'est pas a priori exclu qu'Amoris Laetitia soit comme pas mal de personnes compétentes le prétendent, en désaccord avec cette doctrine ? Et il ne faut donc pas prendre les affirmations contestées de la nouvelle vision comme critère pour résoudre le problème. Si c'est exclu a priori, ne discutons plus.

François se protège des contestations qu'on est en droit de lui faire au nom de la doctrine en relativisant en permanence l'importance de cette doctrine, et en critiquant voire injuriant ceux qui l'invoquent ; mais comme P. Bordeyne le montre bien, et là je suis d'accord avec lui, il y a bel et bien un principe doctrinal au changement pastoral mis en oeuvre. Ce principe doctrinal énoncé par P. Bordeyne à partir d'AL est :
"plus on descend dans le particulier, plus les prescriptions universelles montrent leurs limites. « Les normes générales présentent un bien qu’on ne doit jamais ignorer ni négliger, mais dans leur formulation, elles ne peuvent pas embrasser dans l’absolu toutes les situations particulières »
Or dire que "les normes générales dans leur formulation ne peuvent pas embrasser dans l'absolu toutes les situations particulières", c'est nier qu'il y a certains actes au contraire, selon la doctrine de l'église, pour lesquels le commandement moral embrasse toutes les situations, ce sont les actes intrinsèquement mauvais, dans la mesure où on ne peut prétendre qu'avec la raison naturelle très affermie par la foi, on ne comprend pas que c'est mal, et où nous nous sommes assurés que la grâce non sans combat nous donne de choisir le bien, rejeter le mal, et pouvoir l'accomplir.

Vous devez m'expliquer en quoi les deux remarques, si elles ne sont pas prises elles-mêmes comme critères de vérité, résolvent ce que je dis être une contradiction entre la nouvelle vision morale et la doctrine ré-exposée par Jean-Paul II. Par vos deux remarques vous prenez pour critère ceux de la nouvelle vision. Montrez-moi s'il vous plaît que c'est compatible avec les citations que je vous ai données de Veritatis Splendor.

1 - L'adage en question de la supériorité du temps sur l'espace est fondement du "nouveau paradigme", tout en étant de contenu très confus. Pouvez-vous me l'expliquer clairement s'il vous plaît ? En supposant qu'on comprenne suffisamment ce qu'il signifie, si on l'applique à la question du discernement moral, il semble avoir pour conséquence qu'il est justifié de faire ce qui est objectivement et intrinsèquement mal (la vie en couple homosexuel) pourvu que ce soit un acte sur un chemin de progrés moral. Mais ça c'est justement ce que nie la doctrine pérenne de l'Eglise, et que ré-expose Jean Paul II ; la doctrine des "actes intrinsèquement mauvais que l'on ne doit jamais commettre" contredit fondamentalement la justification des actes objectivement mauvais qu'on aurait le droit de commettre parce qu'ils sont un moment sur un chemin de progrès, comprenez-vous ? voue ne semblez pas comprendre.

2 - Qu'est-ce qu'un bien en soi, est-ce que la question porte sur un bien en soi ? Non, car il s'agit du bien concret, particulier sur lequel portent nos actes. La question porte sur le bien moral et le mal moral faits dans nos actes concrets. Le nouveau paradigme prétend qu'il y a des situations où on peut désobéir aux commandements (ils évitent de le dire ainsi), à n'importe quelle norme universelle, qui ne saurait s'appliquer absolument. Or on ne peut pas porte sa volonté sur un mal, comme l'union homosexuelle, la vie en concubinage etc., même si c'est en désirant progresser et comme chemin de progrès. C'est fondamental dans l'éthique catholique, ça s'exprime aussi "vulgairement" en disant que la fin ne justifie pas les moyens.

Alors vaut-il mieux la vie en couple homosexuel stable ou le vagabondage ? Peut-être, quoique on pourrait défendre le contraire, mais en tout cas ça consiste à choisir le moindre mal ; or la doctrine morale catholique exclue le principe moral du moindre mal, parce que ça reste un mal et qu'on ne doit pas choisir un mal. Mais bien sûr, encore faut-il admettre avec l'Eglise que ce refus du mal est conforme au réalisme de la grâce (voir les citations de Veritatis Splendor que j'ai données). Mais le nouveau paradigme rejette ce réalisme de la grâce en rabaissant l'agir huamain au niveau des capacités naturelles, et en disant que c'est une surestimation des capacités humaines et que c'est du pélagianisme ; s'ils reconnaissaient ce réalisme de la grâce ils devraient renoncer à leur compromis avec les actes mauvais.

Faire le bien possible, est bon si c'est un bien, or ce qu'on appelle ici bien possible comporte un mal grave. Et quand on choisit la vie en couple homosexuel, on ne peut pas dire comme vous le faites que le choix ne porte que sur la disparition d'un mal plus grand, tandis que le mal de la vie en couple homosexuel ne serait pas choisi ! Ca n'est pas ça l'acte volontaire et moral, soyons sérieux.
images/icones/fleche2.gif  ( 918168 )Pour rebondir sur l'abbé de Tanouarn... par JVJ (2021-05-24 14:28:48) 
[en réponse à 918159]

qui a eu le courage de dire ce qu'il a dit, pour calmer les ecclésiologies qui verraient du parfait chez les uns et du dépravé chez les autres de l'autre forme du rite romain... Il avait quitté St-Nicolas quand l'amie de Matzneff s'y rendait aussi, ainsi qu'à St-Eugène.

Il se trouve des laïcs saints qui adoreraient être chargés d'âmes comme les prêtres, rien que pour refuser l'absolution systématiquement... Ils vont prier Ste Madeleine à Vézelay ou dans le Sud, mais ne parleraient pas à table avec une prostituée ou une fille-mère (pardon pour l'expression fort peu heureuse), même pas avec une longue cuiller.

Je me méfie de tout ce qui vient de l'ICP depuis le départ de Mgr Poupard et de tout ce qui se réfère aux moeurs sous ce pontificat..., mais j'ai lu des choses immondes ici pour qualifier les homosexuels. Comme si les "hétérosexuels" étaient ipso facto des prix de vertus, mariés ou célibataires ! Veut-on aussi des prêtres qui refusent de marier des jeunes gens qui ont eu une expérience sexuelle ou même des sentiments profonds pour une autre personne que celle avec laquelle ils vont échanger leur sacrement de mariage ?! On y va tout droit avec certains raisonnements. Ils doivent se doucher, lumières éteintes.

Je sais aussi qu'il y a des ballons d'essai, en pastorale, et que l'ICP n'est pas réputée pour diffuser la pensée de Benoît XVI...

Quand un texte de réflexion dit prière avec deux personnes du même sexe, certains entendent ordination de prêtres mariés homosexuels, ou presque !

Nos prêtres, y compris dans le VOM, sont confrontés à des dizaines de cas. Je pense aux familles dites recomposées ou des mères abandonnées par leurs compagnons avant tout mariage mais après une grossesse ! Il faut leur réserver un banc à part sous les cloches ? Je voudrais bien voir quelques raides qui ont avalé le code de droit canon ancien, faire le catéchisme à des gamins dont les parents ne pratiquent pas, sont à des années-lumière de l'Eglise, ne sont pas mariés, etc.
On a vu récemment l'abbé Laguérie bénir le mariage, je crois, d'un célèbre homme politique, sur une table de salon, qui avait déjà eu trois enfants... On a vu aussi l'abbé de Tanouarn (que je ne connais pas mais qui a toute ma sympathie et mon admiration pour son savoir et son tempérament) devant une église parisienne douteuse Ste-Rita. Et je ne parle pas des situations canoniques bancales ou fort douteuses d'instituts ou de prêtres. Les laïcs seraient-ils les seuls à devoir entrer dans deux ou trois cases ?!
Le suicide a été longtemps réprouvé par l'Eglise, ce que je pouvais comprendre. Mais il est heureux que les suicidés ne soient plus enterrés comme des chiens et que la Miséricorde au travers de l'Eglise et de son clergé accueille aussi en ses murs le cercueil des malheureux qui se suicident. Des enfants se suicident, j'espère que tout le monde est au courant. Il n'y a donc pas que des homosexuels qui souhaitent faire avancer un cliquet comme les vieilles dames qui rêvent d'avoir une mitre. Je ne crois pas qu'on souhaite ici que des catholiques, par ailleurs homosexuels, passent aux protestants pour se trouver plus à leur aise.

Je vous livre de mémoire cette citation d'un philosophe bien connu du XVIIe s. : les Français se caractérisent par des pensées surpercélestes et des moeurs souterraines.

Qui fait l'ange...
images/icones/3c.gif  ( 917922 )Hallucinant !... par vistemboir2 (2021-05-22 09:00:03) 
[en réponse à 917915]

On lit à la fin de l'article :

Dans la mesure où l’Église catholique est en travail de discernement moral et pastoral face aux unions homosexuelles (...)


Non, il ne s'agit pas de "l'Église catholique", mais d'une clique d'apostats infiltrés qui subvertissent l'Église depuis plus de 60 ans et tentent de nous faire croire que sa doctrine morale est en perpétuelle recherche et évolution... avec la bénédiction des Papes qui les ont nommés aux postes qu'ils occupent !

images/icones/neutre.gif  ( 918013 )On ne répetera jamais.... par Pol (2021-05-22 16:58:47) 
[en réponse à 917922]

...assez vos propos concernant les infiltrés dans la Sainte Eglise...
La Sainte Eglise, nous savons ce qu'elle est et ce qu'elle devrait etre, et ce qu'elle sera toujours: la vraie Gardienne de la Foi. La consolation est que ces gens-là passeront...Courage a tous.
images/icones/3c.gif  ( 917925 )et ça se dit évêque.. par jejomau (2021-05-22 09:08:52) 
[en réponse à 917915]

dégueulasse. Voilà le mot français du Larousse qui s'adapte parfaitement à ce genre de personnage infiltré dans l'église catholique pour pervertir les âmes et les corps, en commençant par l'enfance!
images/icones/fleche2.gif  ( 918014 )D'autant qu'une sanction canonique.. par vistemboir2 (2021-05-22 17:04:11) 
[en réponse à 917925]

des prêtres allemands, bénisseurs d'unions contre-nature, et des évêques qui les couvrent, se fait bien attendre de Rome, ce qui laisse à penser que la présentation de Sandro Magister n'est pas si "malhonnête" que Ion veut bien nous le dire.

En réalité, toute cette scandaleuse affaire de "bénédiction" de pécheurs non repentants a une odeur de pourri qui se propage dans toute l’Église : "Malheur à celui par qui les scandales arrivent !" (Lc 17,1)

images/icones/fleche2.gif  ( 918017 )"ils" ne sanctionnent par jejomau (2021-05-22 17:25:56) 
[en réponse à 918014]

QUE les catholiques fidèles. Pour tous les autres: païens, hérétiques, apostats, musulmans, etc... on discute, on finance leurs mosquées, on les bénit, on les encourage !
images/icones/heho.gif  ( 918022 )L'abomination de la désolation ... par vistemboir2 (2021-05-22 18:05:55) 
[en réponse à 918017]

au sein de l'Église...

À ce sujet, relisons l'ouvrage prophétique de Mgr de Ségur, La Révolution :

La Haute-Vente [i.e. la franc-maçonnerie italienne] résume elle-même cet infernal complot : « C'est la corruption EN GRAND que nous avons entreprise, la corruption du peuple par le clergé et du clergé par nous, la corruption qui doit nous conduire à mettre un jour l'Église au tombeau. (p. 35) (…) Nous devons faire l'éducation immorale de l'Église, et arriver, par de petits moyens bien gradués, quoique assez mal définis, au triomphe de l'idée révolutionnaire par un Pape. (p. 37)


Nous y sommes...

Source : La Révolution, Paris : Tolra et Haton, 1861.
consultable et téléchargeable (format pdf) sur le net ICI
images/icones/1g.gif  ( 917926 )Vous voyez le mal que vous faites, Chicoutimi ... par Ion (2021-05-22 09:12:06) 
[en réponse à 917915]

... en reproduisant des articles malhonnêtes comme celui de Sandro Magister, aux réactions ridiculement emportées de certains liseurs !

Ion
images/icones/3f.gif  ( 917944 )Merci par Hildebrand (2021-05-22 11:45:12) 
[en réponse à 917926]

Merci, Ion. J'ai retiré du blog BELGICATHO cet article de Sandro Magister que j'y avais reproduit. On est parfois disposé à faire trop rapidement confiance, sans discernement suffisant, à des contenus qui mettent de l'eau à nos moulins. C'est une faute.
images/icones/neutre.gif  ( 917974 )Votre titre... par Pol (2021-05-22 14:06:07) 
[en réponse à 917926]

....me fait mal, par contre. Ce n'est pas Chicoutimi qui fait du mal au FC, au contraire, bien au contraire. Beaucoup ici lisent ses commentaires avec respect.
images/icones/1a.gif  ( 917989 )Sans doute, cher Pol, aurais-je dû ajouter "involontairement" ... par Ion (2021-05-22 14:56:56) 
[en réponse à 917974]

... le mal que Chicoutimi fait "involontairement", en relayant des sites aux pratiques plus que douteuses.

Ion
images/icones/fleche2.gif  ( 918019 )Je vous ai répondu Ion... par Chicoutimi (2021-05-22 17:30:15) 
[en réponse à 917926]

sur ce post.

Vous ne pouvez pas - et même ne voulez pas - voir qui fait vraiment du mal à l'Église actuellement, car pour vous ceux qui occupent un poste au Vatican en sont incapables.

Mais ceux qui dénoncent les projets malsains, pour mettre les fidèles en garde, deviennent pour vous ceux qui font le mal.

Ce n'est pas Sandro Magister qui a été malhonnête. Et cela ne fait aucun mal de publier un texte de Sandro Magister qui est l'un des plus grands vaticaniste, et qui dérange parce qu'il découvre des choses et transmet de l'information que d'autres médias se gardent bien de diffuser.

images/icones/1b.gif  ( 918023 )Ion ne doit pas connaître Mgr de Ségur... par vistemboir2 (2021-05-22 18:11:54) 
[en réponse à 918019]

(voir mon post ci-dessus).
images/icones/1f.gif  ( 917935 )Une pastorale qui les gâte. par AVV-VVK (2021-05-22 11:04:11) 
[en réponse à 917915]

Est dans le titre.
images/icones/1a.gif  ( 917951 )Bah oui par Gereo (2021-05-22 12:24:56) 
[en réponse à 917935]

comme le fils prodigue, la brebis égarée... Ça vous étonne ?
images/icones/neutre.gif  ( 918029 )Le fils lui dit: par Donapaleu (2021-05-22 18:53:17) 
[en réponse à 917951]

Mon père, j'ai péché contre le ciel et contre toi, je ne suis plus digne d'être appelé ton fils.
Aucun problème en cas de repentir ! A priori l'homosexuel repenti ne va pas faire bénir son couple.
images/icones/1e.gif  ( 918026 )Aurait-il l'air d'avoir perdu une aile ? par Glycéra (2021-05-22 18:33:50) 
[en réponse à 917915]


Je les réinsère dans son nom...

Mgr Borde-R-L-yne


Pardon pour le jeu de maux ...

Fumeux ?
Pas de fumée sans feux ...
images/icones/attention.gif  ( 918073 )L'article complet plutôt que la troncature d'un faussaire par Rodolphe (2021-05-23 13:34:40) 
[en réponse à 917915]

Pour la modération: les notes ne sont pas reproduites (l'article n'est donc pas copié in extenso). Mais, on comprend aisément que Tosati est un faussaire. L'auteur de l'étude accepterait certaine qu'on la reproduise.

"[...]
Le pontificat de François est marqué par un vibrant appel à la conversion pastorale et au discernement, afin qu’une approche chrétienne de la fragilité stimule de nouveaux processus d’intégration au sein de la communauté ecclésiale [1][1]Cet article fait suite à une communication donnée à…. Cette dynamique, inaugurée dans l’exhortation apostolique Evangelii gaudium, a d’abord concerné l’attention aux plus pauvres. Dans l’encyclique Laudato si’, elle s’est tournée vers la fragilité des équilibres écologiques sur la planète. Au travers des deux assemblées du Synode des évêques en 2014 et 2015, puis de l’exhortation apostolique Amoris laetitia, c’est en direction des fragilités affectives et familiales que l’Église catholique a engagé un travail de discernement et de remise en question de ses pratiques pastorales [2][2]« Il convient donc de discerner quelles sont, parmi les….
2Deux sujets ont suscité des débats difficiles lors de ces assemblées synodales : l’intégration ecclésiale des personnes divorcées d’un mariage sacramentel et vivant dans une seconde union civile ; la pastorale auprès des personnes homosexuelles. Le second fut le plus délicat, au point que le document final du Synode de 2015 se limite à envisager un « accompagnement des familles dans lesquelles vivent des personnes ayant une tendance homosexuelle ». François fait un pas de plus en condamnant « toute forme d’agression et de violence » à l’égard de celles-ci et en soulignant la finalité de l’accompagnement des familles concernées, à savoir « que leurs membres qui manifestent une tendance homosexuelle puissent bénéficier de l’aide nécessaire pour comprendre et réaliser pleinement la volonté de Dieu dans leur vie » (AL 250) [3][3]Le Synode de 2018 va plus loin : il « recommande d’encourager »…. Les personnes homosexuelles sont ainsi pleinement considérées comme des sujets de droit dans l’Église : celle-ci leur doit sa sollicitude pastorale pour favoriser leur croissance dans la grâce baptismale.
3Bien que l’attitude à adopter face aux unions de personnes de même sexe n’ait pas trouvé place dans l’agenda du Synode sur la famille, on constate aujourd’hui que les conclusions du processus synodal donnent lieu, au sein de l’Église catholique, à un travail de discernement inédit sur l’intégration ecclésiale des baptisés homosexuels [4][4]Voir le document du 28 septembre 2018 rédigé par des…. Le lien entre discernement et intégration est posé dans Amoris laetitia sur le fondement scripturaire de 1 Co 11. « L’Eucharistie exige l’intégration dans un unique corps ecclésial. […] Autrement, on mange et on boit sa propre condamnation (cf. 1 Co 11,29) » (AL 186). Dès lors, l’appel au discernement sur la manière d’intégrer les différentes formes de fragilité engendre un travail de reconnaissance, sinon des unions homosexuelles dont il n’est pas question dans Amoris laetitia, du moins du chemin particulier des personnes homosexuelles dans la vie chrétienne.

1 – La norme universelle du mariage hétérosexuel, monogame et indissoluble s’appuie sur le témoignage de l’Écriture et de la Tradition

4Avant de traiter du chemin particulier, il convient de rendre compte de l’insistance catholique sur la voie générale telle qu’elle s’énonce dans la norme universelle.

1.1 – Permanence du magistère catholique sur la question du mariage

5Face à l’ouverture du mariage civil aux personnes de même sexe en diverses régions du monde, face également à la décision prise par plusieurs Églises protestantes de pouvoir pratiquer une bénédiction liturgique des couples de même sexe mariés civilement [5][5]Voir la décision du Synode national de l’Église protestante…, il est clair que le magistère catholique fait preuve de constance en réitérant son enseignement sur l’institution matrimoniale.
6Le no 48 § 1 de la constitution pastorale Gaudium et spes, quoique rédigé à une époque où le mariage des personnes de même sexe était peu présent dans le débat public, reste une base solide pour ressaisir l’argumentaire sur le caractère hétérosexuel, monogame et indissoluble du mariage :

En vue du bien des époux, des enfants et aussi de la société, ce lien sacré échappe à la fantaisie de l’homme. Car Dieu lui-même est l’auteur du mariage qui possède en propre des valeurs et des fins diverses : tout cela est d’une extrême importance pour la continuité du genre humain, pour le progrès personnel et le sort éternel de chacun des membres de la famille, pour la dignité, la stabilité, la paix et la prospérité de la famille et de la société humaine tout entière. Et c’est par sa nature même que l’institution du mariage et l’amour conjugal sont ordonnés à la procréation et à l’éducation qui, tel un sommet, en constituent le couronnement. Aussi l’homme et la femme qui, par l’alliance conjugale « ne sont plus deux, mais une seule chair » (Mt 19,6), s’aident et se soutiennent mutuellement par l’union intime de leurs personnes et de leurs activités ; ils prennent ainsi conscience de leur unité et l’approfondissent sans cesse davantage.
8La riche argumentation de ce paragraphe, auquel il faudrait se référer dans son entier, repose sur des éléments scripturaires, juridiques et moraux tirés de la tradition. Cette conception du mariage ne vise pas seulement le mariage des chrétiens, mais l’institution matrimoniale confiée à la régulation sociale et politique. On notera que le Concile Vatican II n’a pas jugé nécessaire de se référer ici à la loi naturelle. En revanche, il exprime avec force la conception que l’Église catholique a de sa mission en matière de morale : sans revendiquer le rôle politique dévolu aux institutions humaines, elle considère que « de [sa] mission religieuse découlent une fonction, des lumières et des forces qui peuvent servir à constituer et à affermir la communauté des hommes selon la loi divine » (GS 42, § 2). Dit autrement, l’Église catholique croit qu’il lui appartient d’exprimer publiquement, y compris à destination des non-croyants, la vision anthropologique et morale de la personne humaine tirée de l’Écriture. En l’espèce, elle croit que la foi est à l’œuvre lorsqu’elle énonce la norme universelle du mariage à l’issue d’un processus de discernement portant sur ce qui est bon pour l’homme et pour la femme, et pour la famille humaine.

1.2 – Les chrétiens ont tous vocation à témoigner de la bénédiction de Dieu sur le mariage

9La mission de l’Église étant ainsi resituée, on comprend que les baptisés, qui en sont tous solidaires, sont tous appelés à rendre témoignage à la révélation biblique qui annonce la bénédiction de Dieu sur l’être humain créé dans la différence sexuelle et sur sa fécondité dans la procréation (Gn 1,27-28), ainsi que sur l’union pour la vie entre l’homme et la femme (Gn 2,20-25). La création dans la différence des sexes est présentée par Jésus comme le fondement du mariage et de la responsabilité humaine devant le caractère irrévocable de l’union matrimoniale (Mt 19,3-6), sans qu’apparaisse toutefois de référence explicite à la procréation, même si Jésus souligne un peu plus loin la place éminente des enfants dans le dessein Dieu en leur imposant les mains (Mt 19,13-15). Aussi, la responsabilité envers l’institution matrimoniale ne dépend pas du fait que l’on ait soi-même contracté mariage : c’est une responsabilité commune, partagée par tous les baptisés, qu’ils soient mariés ou non.
10La manière d’accueillir cette norme universelle n’en reste pas moins marquée par le contexte spécifique de notre époque, où la vision du mariage portée par la Révélation est ouvertement remise en question par certains, y compris dans l’Église. Ce nouveau contexte oblige à forger un argumentaire rationnel à nouveaux frais. Cela est d’autant plus nécessaire que la tradition catholique considère que la vision morale portée par la Révélation chrétienne est accessible à tout homme de bonne volonté, même s’il n’est pas croyant, moyennant l’usage droit de sa raison et l’obéissance à sa conscience, l’une comme l’autre étant revêtues d’une inaliénable dignité en vertu de la Création. En l’espèce, le fait que le mariage soit réservé aux couples de sexe différent nous semble devoir être d’abord justifié par la fragilité contemporaine de la différence sexuelle, et surtout par la fragilité du bien vivre ensemble dans la différence sexuelle [6][6]Philippe Bordeyne, « Homosexuality, Seen in Relation to…. Le taux préoccupant de divorces et le problème endémique des violences faites aux femmes nous rappellent que le monde a un besoin urgent de témoins qui attestent concrètement, par leur manière de vivre le mariage dans la paix et la fidélité, que la différence des sexes est un bienfait pour l’humanité et la succession des générations. En dépit de ses fragilités, l’institution du mariage hétérosexuel conserve la fonction symbolique de dessiner la trajectoire la plus désirable pour les personnes et pour la société. La proposition publique d’un idéal reste nécessaire, même si les personnes ont à lutter contre les mécanismes de sur-idéalisation qui tendent à les détourner de l’ascèse d’un amour vécu dans le concret du quotidien [7][7]Voir sur ce point AL 36-37 et plus largement l’enseignement….

1.3 – Les personnes homosexuelles doivent renoncer au mariage et sont appelées à vivre dans la continence

11Dès lors, la norme universelle du mariage s’impose aux personnes homosexuelles. Puis-qu’elles ne peuvent faire leur vie avec une personne de l’autre sexe, la lucidité sur leur situation et la fidélité à la Révélation accueillie en Église doit les conduire à renoncer au mariage. Par ailleurs, la tradition constante de l’Église appelant à inscrire l’exercice de la sexualité génitale dans le seul cadre du mariage, elles sont appelées à vivre dans la continence. La morale des vertus établit néanmoins une hiérarchie entre les deux obligations : il est plus grave de porter préjudice à l’institution matrimoniale, car on pèche contre la justice, que de manquer à la continence, car on pèche alors contre la tempérance et la chasteté [8][8]James F. Keenan, Les vertus, un art de vivre, Paris, Éd. de…. Le fait de vivre dans une union de fait ou de contracter un pacte civil de solidarité contredit ces deux obligations. La norme universelle étant ainsi énoncée, les difficultés que posent les conflits de normes ou l’incapacité de vivre dans le célibat et la continence seront traitées plus loin.
12De surcroît, l’appréciation morale de l’union entre les personnes de même sexe ne peut ignorer le contexte sociétal de la revendication qu’elles puissent avoir accès à la procréation médicalement assistée (PMA) comme c’est le cas dans plusieurs pays européens. Le recours à la PMA aggrave encore la transgression de la norme universelle quand il est le fait de personnes homosexuelles, en raison non seulement de la dissociation entre union sexuelle et procréation, mais aussi du non-respect de la vocation de l’enfant à être élevé dans une famille où les parents sont de sexe différent. Ce deuxième motif conduirait également à réprouver l’adoption par un couple homosexuel, à la différence toutefois que celle-ci offre un avenir à un enfant déjà né, dont les parents sont décédés ou dans l’incapacité de l’élever.

2 La situation des personnes homosexuelles provoque l’Église à approfondir le rapport entre universel et particulier en morale</STRONG>

13En amorçant un long processus synodal sur la famille en 2014, le pape François avait conscience, d’une part, que le contexte familial avait beaucoup changé depuis le Synode des évêques de 1980 sur la famille, suivi de l’exhortation apostolique Familiaris consortio de 1981, et d’autre part, qu’il faudrait du temps pour changer la pratique pastorale sur les « situations complexes [9][9]En usant de l’adjectif « complexes », Amoris laetitia fait… » (AL 247). Les évolutions pastorales furent, dans l’histoire, corrélatives d’évolutions doctrinales en matière morale [10][10]James T. Noonan, Jr., A Church That Can and Cannot Change. The…. Le Concile Vatican II l’admit implicitement dans sa note explicative sur le titre de « constitution pastorale » accordé à Gaudium et spes [11][11]« On l’appelle Constitution “pastorale” parce que s’appuyant…. La contribution du pape François dans le chapitre 8 de l’exhortation apostolique Amoris laetitia est de ce point de vue remarquable. En effet, revisitant la tradition morale catholique et mettant au jour certains aspects davantage laissés dans l’ombre dans l’enseignement de ses prédécesseurs, il apporte un fondement doctrinal aux orientations pastorales votées par le Synode des évêques de 2015. De surcroît, il s’appuie sur ce socle doctrinal pour argumenter en faveur d’évolutions pastorales supplémentaires. Cet ensemble pastoral et doctrinal offre aux personnes homosexuelles des éléments de discernement pour conduire leur vie affective et morale devant Dieu et pour l’inscrire dans un processus de croissance spirituelle.

2.1 – Plus on descend dans le particulier, plus les prescriptions universelles montrent leurs limites

14Pour le dire de manière synthétique, la théologie morale ne se limite pas à l’énonciation de normes universelles, et la vie morale ne se limite pas à l’application de normes universelles. La morale doit oser rejoindre le particulier, c’est-à-dire le concret de nos vies, toujours marquées par les limites de la condition de créature. Les théologiens Thomasset et Garrigues ont récemment montré que, loin de s’opposer à l’enseignement moral de Jean-Paul II, celui de François vient le compléter en mettant en relief « la dimension singulière de la décision personnelle [12][12]Jean-Miguel Garrigues et Alain Thomasset, Une morale souple… ». La formation en théologie morale ne saurait se limiter au cadre normatif de l’encyclique Veritatis splendor qui, dans le contexte spécifique de polémiques théologiques, défendait à raison la nécessité d’énoncer des normes universelles [13][13]Ibid., p. 127.. Toute réduction de la théologie morale catholique au seul concept contredirait néanmoins la manière dont elle s’est constituée, au XVIIIe siècle, chez Alphonse de Liguori qui partait de la pratique de la confession. Son discernement pastoral visait à « conduire les gens à l’état de grâce et [à] les y garder [14][14]Raphael Gallagher, « L’actualité de la théologie morale de… », en tenant compte de leurs capacités, de leur contexte spécifique et des mauvaises habitudes contractées dans le passé. Le Catéchisme de l’Église catholique (1992) s’inscrit dans cette tradition alphonsienne d’attention aux personnes concrètes lorsqu’il reconnaît, sans grand appui sur l’Écriture ni sur les développements néo-scolastiques de la loi naturelle [15][15]Stephen Pope, « Homosexual Acts and the Natural Law : State of…, que de nombreuses personnes, hommes et femmes, « présentent des tendances homosexuelles foncières » (CEC, n° 2358).
15En s’appuyant sur une citation de saint Thomas d’Aquin [16][16]Saint Thomas d’Aquin, Somme théologique, Ia IIae, q. 94, art. 4., déjà reprise dans le document de la Commission théologique internationale sur la loi naturelle [17][17]Commission théologique internationale, À la recherche d’une…, François fait valoir que plus on descend dans le particulier, plus les prescriptions universelles montrent leurs limites. « Les normes générales présentent un bien qu’on ne doit jamais ignorer ni négliger, mais dans leur formulation, elles ne peuvent pas embrasser dans l’absolu toutes les situations particulières » (AL 304). Cette affirmation d’ordre doctrinal intègre ce que l’Église apprend jour après jour en exerçant sa mission pastorale qui consiste à proposer à tous le salut offert en Jésus-Christ.

2.2 – Chacun doit discerner le bien possible dans une histoire concrète et irréversible

16« “Sans diminuer la valeur de l’idéal évangélique, il faut accompagner avec miséricorde et patience les étapes possibles de croissance des personnes qui se construisent jour après jour” ouvrant la voie à “la miséricorde du Seigneur qui nous stimule à faire le bien qui est possible” [18][18]Amoris laetitia reprend ici Evangelii gaudium, no 44. » (AL 308). Cette maxime pastorale désigne la conjonction, dans la personne, entre l’universel et le particulier, ce qui suppose la prise en compte des « limites ». Ce terme générique recouvre toutes les « limitations » de la liberté, qui font que la mise en œuvre d’une norme universelle, dont la personne reconnaît la pertinence, peut lui être inaccessible en raison de son idiosyncrasie ou de son histoire, marquées par les habitudes prises et les engagements contractés. Au lieu d’insister sur les possibles dérives de la conscience des fidèles comme a eu tendance à le faire la morale catholique [19][19]Philippe Bordeyne, « Conscience et discernement selon Amoris…, François fait valoir que la conscience est précisément donnée par Dieu aux « fidèles » pour qu’ils « répondent de leur mieux à l’Évangile avec leurs limites », ce qu’ils font « souvent », observe-t-il (AL 37). Ce discernement de la conscience vise « le bien possible » (AL 308 et 309), et non pas le bien idéal. Cette double insistance sur le « bien » et sur le « possible » désigne la part de bien qui demeure toujours possible en dépit d’importantes limites personnelles, qui peuvent rendre impossible la mise en œuvre d’une norme universelle. Ce principe reprend, d’une part, la tradition morale relative aux privations partielles ou totales de liberté (d’où l’attention au « possible ») et, d’autre part, la vision de saint Thomas d’Aquin, pour qui les normes sont toujours référées à la poursuite du « bien ». Jean-Paul II procède ainsi dans Veritatis splendor qui s’ouvre sur la question du jeune homme riche à Jésus : « Que dois-je faire de bon pour obtenir la vie éternelle ? » (Mt 19,16) [20][20]« Veritatis splendor a prolongé [le] renouveau de la morale en….
17Si l’on applique ce principe général au cas des unions homosexuelles, il devient légitime, et même indispensable [21][21]« L’Église a une solide réflexion sur les conditionnements et…, de faire entrer en ligne de compte un certain nombre de considérants. Il est des personnes qui ne parviennent pas à vivre dans la continence demandée par l’Église, ou n’arrivent pas à vivre suffisamment heureuses dans la solitude au point de mettre en danger leur goût de vivre. Il est des personnes qui, après avoir erré dans le libertinage sexuel, se sont décidées à rechercher un bien à leur portée, et mesurent que la vie commune avec une personne aimée leur permet d’accéder à une stabilité affective et relationnelle. Il est des personnes qui ont sérieusement envisagé de se séparer d’une union homosexuelle réprouvée par la morale, mais qui ne peuvent le faire en conscience en raison des liens contractés dans la durée, y compris avec les enfants s’ils en élèvent. Bien plus, si des enfants ont été accueillis au sein de l’union homosexuelle, le choix du mariage peut répondre à la recherche d’une plus grande sécurité pour eux. Dans ces différents cas de figure, admettre que l’histoire humaine comporte une part de non-choix, de faillibilité et d’irréversibilité relève de la saine reconnaissance des limites humaines et permet d’assumer ses responsabilités au lieu de se réfugier dans une représentation irréelle de soi. Dès lors que la personne vise le bien ici et maintenant, compte tenu de ses capacités et de son histoire, le discernement qui prend en considération les conditions particulières ne doit pas être analysé comme un choix du moindre mal, mais plutôt comme la volonté de mettre en œuvre le bien possible [22][22]Cf. Jean-Marie Gueulette, dans Synode sur la vocation et la… « au milieu de la complexité concrète des limitations » (AL 303). Conformément à la vision de saint Thomas d’Aquin, cette perspective se refuse à considérer les normes universelles comme des normes absolues [23][23]Saint Thomas d’Aquin, Somme théologique, Ia IIae, q. 94, art.4.…. Elle permet de restaurer la dignité morale de personnes qui, en conscience, posent des actes dont elles savent trop bien qu’ils ne correspondent pas à la norme universelle, mais qui procèdent d’un discernement devant Dieu sur ce qu’est, aujourd’hui, le bien à leur portée. François souligne que de telles décisions doivent néanmoins demeurer ouvertes à une évolution dans le temps [24][24]Ces décisions, écrit-il, se justifient « pour le moment » (AL…, dans la mesure où un changement des circonstances et des dispositions personnelles pourra faciliter un rapprochement de la norme universelle.

2.3 – L’accompagnement pastoral des situations particulières nourrit le développement doctrinal

18Les repères donnés par Amoris laetitia pour évaluer de manière plus nuancée les « situations dites “irrégulières” » (AL 297) visent principalement à lever les obstacles à l’accueil et à l’intégration des personnes concernées, en vertu d’une théologie de la grâce et de « la miséricorde du Seigneur qui nous stimule à faire le bien qui est possible » (AL 308). « Il s’agit d’intégrer tout le monde, on doit aider chacun à trouver sa propre manière de faire partie de la communauté ecclésiale, pour qu’il se sente objet d’une miséricorde “imméritée, inconditionnelle et gratuite”. Personne ne peut être condamné pour toujours, parce que ce n’est pas la logique de l’Évangile ! » (AL 297) De fait, la réception de l’exhortation apostolique a donné lieu, en France comme en d’autres régions du monde, à des changements notables en matière d’accueil des personnes homosexuelles dans l’Église [25][25]« L’Église et l’homosexualité. Cinq ans après l’adoption du…. Cet accompagnement pastoral en direction des personnes qui connaissent différentes formes de fragilité est une expression de la ministérialité de l’Église envers les pauvres, figures du Christ souffrant [26][26]Au chapitre 8 d’Amoris laetitia, le soin envers la fragilité….
19Dans la conférence « Von Hügel » qu’il a prononcée le 9 février 2018 au St Edmund’s College de Cambridge, le cardinal Blase Cupich identifie dans Amoris laetitia six nouveaux principes d’interprétation de la réalité. Ils impliquent un renouveau dans l’exercice de la ministérialité de l’Église à l’égard des couples et des familles qui s’adaptent à un monde en très rapide évolution [27][27]Texte intégral de la conférence (consulté le 22 avril 2018) :… :
1. La famille est un lieu privilégié de l’autorévélation de Dieu et de son action dans le monde, y compris quand elle compte des personnes homosexuelles (AL 250).
2. Dans une Église synodale, attentive à l’Esprit Saint, l’accompagnement des personnes concourt à l’élaboration de l’enseignement magistériel.
3. Les décisions prises en conscience par les couples et les familles traduisent « l’assistance personnelle de Dieu dans les particularités de leurs vies ».
4. L’Église doit se nourrir de l’expérience des fidèles laïcs qui naviguent constamment dans la tension entre l’idéal abstrait et son déploiement dans le réel concret.
5. Accueillant l’autorévélation de Dieu dans la vie concrète des familles, l’Église développe une culture de l’attention aux personnes blessées.
6. Le développement doctrinal se nourrit de la pratique pastorale de l’Église et l’Évangile de la miséricorde façonne l’exercice du ministère.
20À travers ces six points, le cardinal Cupich récapitule le « changement de paradigme » évoqué par le cardinal Pietro Parolin, Secrétaire d’État du Vatican, au sujet d’Amoris laetitia. Il s’agit d’une approche « plus holistique de l’Église », qui fait pleinement droit à la logique de « l’incarnation » dans la proclamation de l’Évangile. C’est aussi une conception plus inclusive et plus dynamique du « développement doctrinal » qui doit faire appel au sensus fidelium. Elle permet d’aborder, avec un parti pris d’espérance, le constat, aujourd’hui partagé par-delà les différences confessionnelles, qu’il manque une véritable théologie chrétienne de la sexualité accordée à l’évolution des mœurs que l’on observe depuis des décennies. Sans chercher à imposer des mœurs à la société comme dans les temps de chrétienté, l’Église doit écouter ceux qui sont confrontés à de nouvelles questions et proposer, de manière plus humble et plus réaliste, des voies de salut et des itinéraires de croissance sur le chemin de la sainteté [28][28]« On attend [des autorités ecclésiastiques] davantage….

3 – Comment désigner les chemins de sainteté dans la condition homosexuelle ?

21Ce n’est donc pas du côté de la formulation de la norme universelle que s’opère, dans l’Église catholique, l’essentiel du travail de discernement au sujet des unions homosexuelles. Dans Amoris laetitia, le « discernement responsable personnel et pastoral des cas particuliers » (AL 300) s’oppose à une « application des lois morales » (AL 305) dépourvue de miséricorde, c’est-à-dire de sensibilité à l’égard des « situations particulières » (AL 304) et des « cas difficiles » (AL 305) : ce discernement fonctionne selon un principe de remise en question permanente visant à aider les personnes concernées à « grandir dans la grâce et dans la charité » (AL 305) [29][29]« Un pasteur ne peut se sentir satisfait en appliquant…. La ferme volonté d’accompagner les personnes concrètes sur un chemin de croissance spirituelle conduit à revisiter le patrimoine de la théologie morale dans son lien avec la théologie pastorale, son terreau d’origine, et donc à reconnaître que les choix moraux ne se font pas dans l’absolu puisqu’ils doivent prendre en considération les possibilités concrètes des personnes censées les poser. En somme, cette perspective sollicite la vertu d’humilité, qui est le socle d’une théologie spirituelle réaliste. « Pars d’où tu es, sinon tu n’arriveras nulle part », était le conseil majeur que François de Sales, évêque de Genève, prodiguait aux baptisés de toute condition. Depuis que la pastorale en direction des personnes homosexuelles s’installe dans la vie des Églises locales, le travail de discernement spirituel prend la forme d’un accompagnement sur des chemins de sainteté atypiques, dont on n’osait pas parler ouvertement dans le passé. On peut donc espérer que ce mouvement vers plus de réalisme spirituel permettra, à terme, de contribuer à un renouvellement de la théologie chrétienne de la sexualité, précisément parce que la sexualité humaine, finalement assez peu déterminée, admet des formes et des expressions atypiques. Dans une perspective spirituelle, celles-ci doivent être progressivement intégrées pour permettre l’unification de la personne dans ses relations à soi, à l’autre et à Dieu.

3.1 – Aborder le dynamisme relationnel et sexuel de manière plus inclusive

22Le Catéchisme de l’Église catholique (1992) affirme que les personnes homosexuelles sont appelées à la sainteté en « réalisant la volonté de Dieu dans leur vie » et en « unissant au sacrifice de la croix du Seigneur les difficultés qu’elles peuvent rencontrer du fait de leur condition » (CEC, no 2358). Le Synode sur la famille, puis la réception d’Amoris laetitia, ont relancé la réflexion sur les voies de sainteté dans la condition homosexuelle et permis une approche moins doloriste, plus positive. L’exhortation apostolique Gaudete et exsultate (2018) va dans le même sens car elle insiste sur le fait que le cheminement vers la sainteté, porté par la grâce de Dieu, se fait dans la condition de créature marquée par « nos limites ». Les baptisés sont ainsi appelés à l’humilité et au réalisme de la foi, conformément à l’adage thomiste : « Gratia non tollit naturam, sed perficit [30][30]Saint Thomas d’Aquin, Somme théologique, Ia, q. 1, art. 8. ». « La grâce, justement parce qu’elle suppose notre nature, ne fait pas de nous, d’un coup, des surhommes. Le prétendre serait placer trop de confiance en nous-mêmes » (GE 50). Cette affirmation s’inscrit dans la double critique du néo-gnosticisme et du néo-pélagianisme que développe François dans l’exhortation apostolique : il dénonce à la fois l’oubli de la miséricorde divine et la surestimation de la capacité humaine à faire le bien. Du point de vue qui nous occupe ici, il faut conclure que tous les croyants sont invités à progresser sur le chemin de la sainteté en adoptant une position plus juste, qu’ils soient hétérosexuels ou homosexuels, mariés ou célibataires.
23Parmi les ouvrages de théologiens catholiques soucieux d’une approche plus inclusive, à la fois pastorale et respectueuse de l’enseignement du magistère, il faut signaler celui de Louis Cameli, prêtre de l’archidiocèse de Chicago, publié en 2012 [31][31]Louis J. Cameli, Catholic Teaching on Homosexuality. New Paths…. Face aux divergences dans l’approche éthique de l’homosexualité, extrêmement vives aux États-Unis, Cameli privilégie un axe spirituel qui puisse renouveler la compréhension de la sexualité et de l’homosexualité à la lumière de la foi chrétienne. Le discernement moral recherche ce qui est bon pour la personne, lui permettant de progresser dans la fidélité à Dieu. Cette perspective émarge à la grande tradition de l’accompagnement spirituel, lequel vise une meilleure connaissance de la personne par elle-même, « en tant qu’elle est prise dans le mystère de Dieu, qu’elle est appelée par Dieu de manière unique, et qu’elle bénéficie de l’estime d’autrui au sein de la communauté de disciples » (p. 70). Sans ce regard généreux posé sur les personnes, leur croissance spirituelle reste vaine. Cameli reformule l’anthropologie de la sexualité de telle sorte que toutes les personnes puissent se sentir reconnues dans leurs besoins fondamentaux, sans avoir à renoncer au dynamisme sexuel qui les habite lorsqu’elles ne peuvent accéder au mariage. Il dégage ainsi trois dimensions fondamentales de la sexualité : la mise en relation (connecting), l’appartenance mutuelle (belonging) et la transmission de la vie (generating life) [32][32]Cameli rejoint de la sorte les théologiens qui cherchent à…. Les dimensions psychiques, corporelles et relationnelles de la sexualité, si on ne les réduit pas à leur composante génitale, peuvent être déployées avec créativité par des personnes qui vivent dans la continence. « À côté du moteur physique du plaisir, il existe un spectre bien plus large d’énergie émotionnelle et spirituelle, corporelle mais non directement génitale, qui anime un couple et le conduit à l’union ». Cameli cite « l’amour, le romantisme, la sécurité qu’apporte l’appartenance mutuelle, les rêves d’avenir » (p. 73). Il souligne enfin que le travail de conversion spirituelle concerne l’ensemble de la communauté chrétienne, l’enjeu étant que les personnes concernées par l’homosexualité se sentent « chez elles dans une Église prophétique et aimante » (p. 139).
24En France, la préparation du Synode sur la famille a incité le Conseil épiscopal « Famille et Société », en 2014, à interroger 26 théologiens sur des questions jugées sensibles. Trois d’entre eux ont ainsi eu à se prononcer sur le point suivant : « Une relation homosexuelle vécue dans la stabilité et la fidélité peut-elle être un chemin de sainteté [33][33]Synode sur la vocation et la mission de la famille. 26… ? » Ils furent ainsi conduits, d’une part, à aborder l’affectivité homosexuelle de manière spécifique et réaliste, d’autre part à désigner ce qui est commun à l’exercice de la responsabilité morale, quelle que soit la sensibilité ou l’orientation sexuelle. Dès lors que « la pulsion ne peut être canalisée que dans une relation d’amour vraie et responsable », constate le prêtre suisse Joël Pratlong, il faut bien se demander comment accompagner les personnes qui ne parviennent pas à l’abstinence, en valorisant les « relations interpersonnelles » sans se focaliser sur les seuls « actes » homosexuels, et en nommant avec les personnes concernées « ce qu’il y a de beau dans leur relation » et les conduit « à plus de sérénité [34][34]Ibid., Réponse de Joël Pratlong, p. 149-150. ». Je regrette pour ma part qu’aucune des trois réponses ne fasse référence à un principe éprouvé de discernement moral dans la tradition thomiste, à savoir que le fait d’honorer l’inclination à conserver sa vie, inscrite dans la nature des êtres vivants, mérite une grande considération morale. N’oublions pas que nombre de personnes homosexuelles se débattent, pendant leur adolescence et parfois bien plus longtemps, avec la tentation de la désespérance ou du suicide. Qu’elles soient parvenues à la surmonter justifie la reconnaissance, par les pasteurs, de leur cheminement vers la sainteté [35][35]Philippe Bordeyne, « Homosexuality, Seen in Relation to….

3.2 – Le discernement comme voie de discrétion et d’humilité


25Il reste que le choix, posé en conscience, d’une manière de vivre qui n’est pas conforme à la norme universelle suppose la disponibilité à entrer dans des attitudes spirituelles spécifiques : la discrétion et l’humilité. Celles-ci procèdent du respect dû à la loi en tant qu’elle vise le bien commun. « Les normes générales présentent un bien qu’on ne doit jamais ignorer ni négliger, mais dans leur formulation, elles ne peuvent pas embrasser dans l’absolu toutes les situations particulières » (AL 304). Toutefois, cela n’entraîne aucune dépréciation morale du « discernement pratique » : qu’il soit second au plan logique ne diminue en rien sa valeur. Pour reprendre la distinction pascalienne, on dira que la connaissance relève de l’esprit de géométrie, tandis que le discernement procède de l’esprit de finesse. Dans le document qu’ils ont publié sur Amoris laetitia, les évêques allemands reviennent à l’étymologie latine et font valoir que le discernement se tient dans le juste milieu entre le « laxisme » et le « rigorisme » : « Ces attitudes extrêmes doivent céder la place au discernement (en latin discretio) dans le colloque personnel avec le prêtre [36][36]Conférence épiscopale allemande, « La joie de l’amour qui est…. »
26Le discernement est ainsi envisagé comme un habitus du jugement moral qui s’acquiert dans le dialogue pastoral : il ne se satisfait pas de l’exercice solitaire de la raison, mais s’inscrit dans une pratique ecclésiale où deux baptisés s’écoutent mutuellement, acceptent de se remettre en question, et prêtent attention au « drame des personnes » dans un processus visant à ce que chacun puisse « mieux vivre » et « reconnaître sa place dans l’Église » (AL 312). Le processus de reconnaissance porte ici sur les conditions qui permettront de garantir à chacun une meilleure « intégration » dans l’Église, certes sans occultation des exigences morales, mais en veillant à ce qu’on ne se contente pas d’une conformité à la norme morale sans prise en compte simultanée des dispositions permettant aux sujets de l’accomplir.
27Le cardinal Christoph Schönborn, archevêque de Vienne, insiste quant à lui sur la discrétion comme chemin spirituel qui engage à reconnaître que les possibilités d’accomplir la loi morale varient d’un sujet à l’autre. Il explicite les « conditions » attachées, dans « la grande tradition des directeurs spirituels », au choix, posé en conscience, d’accomplir tout le bien possible, mais seulement le bien possible : « au for interne, l’humilité et le désir sincère d’avancer dans la conversion vers un bien encore imparfaitement désiré et, au for externe, on peut aussi le souhaiter, la discrétion des communions pour éviter le scandale ou la démoralisation d’autres fidèles qui luttent pour rester fidèles à Dieu dans ce domaine [37][37]Christoph Schönborn, Entretiens sur Amoris laetitia avec… ». Cette insistance correspond à l’enseignement de saint Paul sur l’attitude face aux interdits alimentaires (1 Co 8,13 ; Rm 14,21), à savoir que les membres de l’Église doivent veiller mutuellement au chemin spirituel de chacun, en ayant le souci de ne pas scandaliser ceux qui, en raison de leur faiblesse, peinent à entrer dans un processus de discernement sur la hiérarchie des normes, sur le conflit entre elles, et sur les cas particuliers. La prise en considération du scandale potentiel doit inciter les personnes vivant dans une union homosexuelle à rechercher la discrétion lorsqu’elles s’approchent de la table eucharistique à l’issue d’un processus de discernement sur la mise en œuvre du bien possible dans leur vie. Cette discrétion fait partie de leur marche vers la sainteté dans sa configuration particulière. Néanmoins, les communautés chrétiennes ont, de leur côté, la responsabilité de former les fidèles à la complexité du jugement moral, afin qu’ils comprennent davantage son irréductibilité à une application immédiate de la loi générale [38][38]« Il est mesquin de se limiter seulement à considérer si l’agir…. Une telle formation fait partie intégrante de l’accompagnement pastoral d’une communauté chrétienne dans sa marche vers la sainteté.

3.3 – Le service de la prière envers les personnes engagées dans une union civile

28De la foi en la communion des saints, énoncée dans le Symbole des Apôtres, il découle qu’on ne chemine jamais seul vers la sainteté, mais toujours en Église. Tout baptisé bénéficie de la prière de l’Église et jouit d’un droit fondamental à en bénéficier. Dès lors, il ne fait pas de doute que les personnes engagées dans une union homosexuelle ont le droit de solliciter l’aide pastorale de l’Église, et particulièrement l’aide de la prière, dans leur marche vers la sainteté. Dans le même temps, l’Église ne peut ignorer que certaines pratiques ecclésiales risquent d’introduire de la confusion sur la nature du mariage chrétien ou de conforter les confusions qui circulent dans la société sur la nature du mariage en général. Il importe donc d’opérer des distinctions à deux niveaux, entre prière publique et prière privée, d’une part, et entre bénédiction des personnes et bénédiction du couple ou de leur union, d’autre part.
29Premièrement, il est clair que les personnes homosexuelles peuvent faire l’objet de la prière publique de l’Église, par exemple dans les intentions de prière universelle de la messe dominicale, ou à l’occasion d’une célébration de mariage (hétérosexuel) à l’Église : les mariés comptent souvent des personnes homosexuelles dans leur entourage et ils souhaitent les inclure dans la prière universelle au même titre que d’autres personnes vers lesquelles se tourne leur affection au jour de leur union devant Dieu. En revanche on évitera dans ce cas, pour honorer le principe de discrétion, de nommer des personnes particulières. Et lorsque deux personnes homosexuelles sollicitent la prière de l’Église pour accompagner leur amour, leur union, ou l’enfant qu’elles ont accueilli, une prière à caractère privé est préférable pour éviter de donner prise aux revendications, explicites ou implicites, de légitimation des unions homosexuelles par analogie au mariage.
30De même, dans le cas où une prière de bénédiction serait envisagée [39][39]Une déclaration orale du cardinal Jozef De Kesel en mai 2018…, il conviendrait de s’en tenir à une bénédiction des personnes en écartant les formulations qui évoqueraient trop directement leur union, afin d’éviter la confusion avec la bénédiction rituelle d’un homme et d’une femme unis dans le mariage [40][40]La position de l’Église catholique diffère en ce sens de cette…. La doctrine catholique sur le mariage empêche de bénir l’union civile au même titre que l’union matrimoniale. Seront dès lors à écarter des formules comme celle-ci : « Nous te rendons grâce pour N. et N., dont tu as daigné bénir l’union pour en faire l’image de l’union du Christ et de l’Église [41][41]Livre des bénédictions. Rituel romain, Paris, Chalet-Tardy,…. » Toutefois, l’impossibilité de bénir l’union civile comme telle ne veut pas dire que l’on méconnaisse le désir de croître en sainteté chez deux personnes engagées l’une envers l’autre. La complexité du processus de discernement singulier, toujours éminemment personnel, qui conduit à un choix s’écartant de la loi générale, incite à faire porter la bénédiction sur les personnes qui, chacune selon son propre discernement, ont posé le choix de l’union civile. Le signe ecclésial de la bénédiction, accompli par un ministre de l’Église, serait dès lors accordé à deux personnes qui, ayant chacune formé un jugement de conscience tenant compte de ses limites, sollicitent l’aide de l’Église pour grandir dans la disponibilité à la grâce. Concrètement, il serait souhaitable que le ministre procède successivement à deux prières personnelles de bénédiction, afin de marquer la différence avec les prières de bénédiction nuptiale.
31Dans la mesure où l’Église catholique, ainsi qu’on l’a montré dans cette contribution, est en travail de discernement moral et pastoral face aux unions homosexuelles, on peut former le vœu qu’elle ose enraciner ce travail dans la prière liturgique qui est le lieu par excellence où le Christ manifeste sa présence et sa puissance salvatrice à son Église [42][42]Sacrosanctum concilium, no 7.. L’expérience œcuménique enseigne que la faculté de prier ensemble, de bénir Dieu et de recevoir de lui ses bénédictions, nous aide à nous reconnaître différents et à cheminer dans la foi partagée au Ressuscité. Face aux unions homosexuelles qui questionnent les Églises et les provoquent à solliciter les ressources de la foi biblique, on pourrait puiser au trésor de la prière qui jaillit du cœur de la communauté lorsqu’elle est confrontée à différentes formes de fragilité. Pensons à celle de la vieillesse, où la puissance de Dieu est néanmoins capable de susciter des forces nouvelles :
32
Que Jésus-Christ notre Seigneur demeure près de vous et vous protège. R/ Amen.
Qu’il soit devant vous pour vous guider, qu’il soit derrière vous pour vous garder. R/ Amen.
Que ses yeux soient sur vous et qu’il vous bénisse. R/ Amen [43][43]Prière familiale sur une personne âgée (Livre des bénédictions,….
33Il nous semble d’une telle prière de bénédiction pourrait s’adresser, dans l’esprit de la présente communication, à des personnes homosexuelles qui, ayant renoncé au mariage, ont néanmoins besoin de recevoir l’aide de l’Église pour cheminer vers la sainteté avec leurs limites en se disposant chaque jour davantage à accomplir la loi morale, en prêtant attention tant à sa dimension universelle qu’à sa dimension particulière.".

images/icones/neutre.gif  ( 918093 )Juste en passant... par Meneau (2021-05-23 18:29:03) 
[en réponse à 918073]

Il ne suffit pas de supprimer les notes de bas de page pour que cela rentre dans le cadre du "droit de courte citation".

De même qu'on ne peut pas présumer de la volonté de l'auteur et de la revue qui l'édite.

Cordialement
Meneau
images/icones/1e.gif  ( 918096 )Évidemment par Rodolphe (2021-05-23 19:04:46) 
[en réponse à 918093]

Si vous défaites ma petite plaidoirie...alors que je ne suis, moi-même, pas dupe !
images/icones/fleche2.gif  ( 918102 )Précisions cher Rodolphe... par Chicoutimi (2021-05-23 20:58:59) 
[en réponse à 918073]

Ce n'est pas Marco Tosatti qui a publié un extrait de cet article, mais Sandro Magister.

Merci d'avoir publié le texte en entier puisque Sandro Magister lui-même affirme dans son commentaire: ''Nous vous conseillons de lire cet essai dans son intégralité'' (ICI).

Tout d'abord, il convient d'exercer un minimum d'esprit critique face à un article qui n'est pas un texte du Magistère mais un essai qui comporte certainement de bons éléments mais qui est, en même temps, problématique sur de nombreux points.

Vous remarquerez que le souci de l'auteur n'est pas l'accès des personnes homosexuelles aux sacramentaux de l'Église (comme certains sur le FC l'ont laissé entendre) puisque Mgr Bordeyne reconnaît que des homosexuels ont déjà accès à la communion eucharistique (et sur ce point il ne précise pas la nécessité d'être en état de grâce). Or, les sacrements sont supérieurs aux sacramentaux. Ce n'est donc pas là que ce trouve l'intérêt de l'auteur.

Le contexte dans lequel l'auteur présente la bénédiction est celui où ''deux personnes homosexuelles sollicitent la prière de l’Église pour accompagner leur amour, leur union, ou l’enfant qu’elles ont accueilli.'' Ce que fait le P. Bordeyne est ceci: accédons à leur demande mais faisons en sorte que cela puisse avoir l'air de respecter l'enseignement de l'Église. Bénissons les personnes (qui viennent en tant que couple) mais séparément, et - ce qui n'est pas rien - faisons cela dans le cadre d'une liturgie!

Avec une telle approche, le P. Bordeyne tente de se placer dans la voie mitoyenne, celle qui se situe entre les bénédictions des unions en tant que telles (comme on le voit en Allemagne) et celle qui consiste à refuser d'accorder une bénédiction à ce qui pourrait s'apparenter à l'approbation d'une telle union (comme l'Église l'a toujours enseigné). Mais la vérité morale n'est pas supposée être un compromis. La vérité est que des personnes, ayant contractées une union civile et qui vivent publiquement dans cet état, se sont elles-mêmes placées dans une communion imparfaite avec l'Église. Et on voudrait les récompenser pour cela? Ou encore leur dire que leur situation n'est pas parfaite mais qu'elle serait quand même plus proche de l'idéal qu'elle s'en éloigne? En fait, le problème derrière tout cela c'est que l'auteur applique - sans le dire mais il le fait de facto - le principe du subsistit in au mariage hétérosexuel, et voit dans les autres formes d'unions des éléments de sanctifications qui doivent être reconnus et valorisés.

De plus, le fait de rappeler, en début d'article, certains principes du Magistère, ne signifie pas que l'auteur y accorde une importance considérable. Il décrit seulement l'état des lieux, rappelle une doctrine, afin de pouvoir élaborer sa nouveauté, de sorte qu'elle puisse plaire à la fois à ceux qui veulent du changement et à ceux qui veulent un respect de la doctrine, tout en poussant pour que le changement pastoral puisse provoquer un développement doctrinal.

Pour d'autres aspects problématiques du texte, j'en ai discuté ICI.
images/icones/fleche3.gif  ( 918106 )Et je veux bien... par Rodolphe (2021-05-23 21:39:33) 
[en réponse à 918102]

Mais on est très loin de l'accroche journalistique que je critique. Il ne s'agit pas de "bénir le couple". Point. Prétendre le contraire c'est travestir le texte. "Omettre" le rappel des principes et les nuances qu'il comporte aussi. Enfin la question n'est pas que théorique. Nous avons des couples homosexuels qui viennent voir l'Eglise. Que fait-on ? Une proposition est faite. Elle est réfutable pour les raisons que vous évoquez justement -un risque de banalisation et de confusion- mais pas scandaleuse, surtout lorsque l'on regarde la prière envisagée.
images/icones/fleche2.gif  ( 918110 )La proposition qui est faite... par Chicoutimi (2021-05-23 22:11:31) 
[en réponse à 918106]

est une application des dérives d'Amoris Laetitia comme je le disais en 2016:


''Le point que je voudrais aborder ici est celui des différentes formes de cohabitation. Il semble que, dans l’exhortation apostolique, le mariage n’est plus considéré comme une norme, mais est devenu un idéal. Or, comme un idéal est toujours quelque chose de (trop) difficile à atteindre, les autres formes de cohabitations deviennent ipso facto acceptables puisqu’elles ne sont plus perçues comme allant à l’encontre d’une norme mais comme reflétant la situation des gens là où ils sont rendus.

Le texte papal a donc finalement donné son aval au théorème «Schönborn» qui applique aux situations dites «imparfaites» ou «irrégulières» le principe des "Semences du Verbe" (selon lequel la plénitude de la vérité « subsiste » dans l’Église catholique, mais des éléments de vérités se trouvent hors de ses frontières). Pourtant, le Cardinal Ouellet avait répondu au Cardinal Schönborn (...) que l’on ne pouvait pas transposer le modèle œcuménique dans le domaine morale. Ainsi, le danger de l’exhortation consiste à considérer le mariage comme la «plénitude» de la vie conjugale, alors que les autres formes de cohabitations posséderaient des éléments de vérité. En étant des situations simplement «irrégulières» ou «imparfaites», on en vient à oublier qu’il s’agit de situations peccamineuses qui mettent en danger le salut éternel.'' (ICI).



D'autres inititatives ont eu lien dans cette perspective. Pensons à la Fête de l'amour célébrée dans le diocèse de Chicoutimi en 2016 (ICI).

Le fait de dire qu'on bénit les personnes et non l'union est une manière de changer la pratique tout en affirmant respecter le responsum de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi qui fait une distinction entre les personnes et l’union. Le problème devrait pourtant nous ''sauter aux yeux'' lorsqu'il est bel et bien question de mettre en place une liturgie pour des couples homosexuels: deux bénédictions mais une seule liturgie.

Nous avons des couples homosexuels qui viennent voir l'Église, certes. Vous dites: Que fait-on ? Mais, les prêtres ne sont-ils pas disponibles pour de la direction spirituelle, la confession, la bénédiction d'objets de piété? Et les fidèles, qui forment aussi l'Église, ne sont-ils pas capables de traiter les personnes homosexuelles avec respect, écoute et charité? N'y a-t-il pas des programmes pour grandir dans la foi, où l'on y apprend le catéchisme et la doctrine de l'Église, auxquels tous peuvent s'inscrire?

Désolé, mais quand on parle de créer une liturgie pour des couples homosexuels (mais dont on dit que ce n'est pas l'union mais les personnes qui seront bénites), il s'agit bel et bien de changer la pratique de l'Église afin d'en arriver à un changement doctrinal. Et cette possibilité ne commence pas avec le P. Bordeyne, mais avec Amoris Laetitia.
images/icones/fleche2.gif  ( 918111 )Pardonnez-moi mais... par Rodolphe (2021-05-23 22:20:17) 
[en réponse à 918110]

même si je peux vous suivre, ce n'est pas le sujet que j'avais abordé et qui consiste en la tromperie des journalistes. Elle me semble incontestable. Il n'y pas de bénédiction des couples. Affirmer le contraire, c'est mentir. Par ailleurs, une prière liturgique ne veut pas dire une cérémonie publique ... Et je ne vois pas de signe de l'abandon de la doctrine.
images/icones/neutre.gif  ( 918113 )Est-ce que... par Chicoutimi (2021-05-23 22:23:32) 
[en réponse à 918111]

vous ne pouvez pas comprendre, ou bien vous ne voulez pas comprendre?

Il s'agit de bénir deux personnes qui forment un couple homosexuel. Mais, on fait une pirouette intellectuelle en disant que ce n'est pas leur union mais les personnes qui seront bénites.

Il s'agit donc bel et bien de bénir un couple.

Quant à la liturgie, par définition, c'est toujours public car il s'agit de la prière de l'Église.
images/icones/fleche3.gif  ( 918115 )C'est bien privé et ce n'est pas une bénédiction du couple... par Rodolphe (2021-05-23 22:39:21) 
[en réponse à 918113]

C'est privé: "lorsque deux personnes homosexuelles sollicitent la prière de l’Église pour accompagner leur amour, leur union, ou l’enfant qu’elles ont accueilli, une prière à caractère privé est préférable pour éviter de donner prise aux revendications, explicites ou implicites, de légitimation des unions homosexuelles par analogie au mariage".

Et ce n'est pas une bénédiction du couple...car l'auteur dit bien qu'il faut éviter toute confusion à cet égard... L'auteur le dit!

Pour le reste, la confusion, la banalisation, je vous ai déjà répondu, mais je ne fais pas de procès d'intention.
images/icones/idee.gif  ( 918121 )Le caractère privé... par Chicoutimi (2021-05-23 23:16:34) 
[en réponse à 918115]

est "préférable" selon l'auteur mais pas une obligation : "Une prière à caractère privé est préférable".

L'auteur a beau dire que ce n'est pas le couple qui est bénit, il s'agit bien de bénir deux personnes qui forment un couple.
images/icones/1b.gif  ( 918125 )La prière liturgique aussi... par Rodolphe (2021-05-23 23:48:22) 
[en réponse à 918121]

n'est que proposée: "on peut former le vœu qu’elle ose enraciner ce travail dans la prière liturgique". Je suis taquin...

Pour le reste, nous somme finalement d'accord sur un point : l'idée n'est pas de bénir le couple, mais les personnes qui le forment, séparément.

Vous dites que le fait de bénir les personnes risque d'être perçu comme une bénédiction de l'union. Pour ma part, j'y vois un sérieux risque -ce qui justifie d'y réfléchir à deux fois-, mais je n'affirme pas que c'est ce que l'auteur souhaite, car il écrit expressément vouloir éviter une telle confusion et je le crois, sauf à ce que sa mauvaise foi soit démontrée.


images/icones/fleche2.gif  ( 918135 )Ce sur quoi nous sommes d'accord Rodolphe... par Chicoutimi (2021-05-24 02:18:29) 
[en réponse à 918125]

je le précise, c'est sur le fait que Mgr Bordeyne base son projet de bénédiction sur la distinction entre bénédiction des personnes et bénédiction de l'union.

Là où nous sommes en désaccord, c'est que vous semblez être d'accord que le projet de Mgr Bordeyne respecte ce principe, alors que moi j'affirme qu'il ne peut s'agir que d'une manière hypocrite et déguisée de bénir une union homosexuelle tout en ayant l'air de bénir uniquement les personnes.

Ce sur quoi je me base pour dire ceci est le contexte donné par Mgr Bordeyne. Il parle bien d'une situation où ''deux personnes homosexuelles sollicitent la prière de l’Église pour accompagner leur amour, leur union, ou l’enfant qu’elles ont accueilli.'' Que la bénédiction soit donnée à chacune des deux personnes formant le couple n'enlève rien au fait qu'il ne s'agit pas seulement d'une bénédiction de personnes puisque ces personnes forment un couple et leur demande est explicite: accompagner leur amour, leur union et même leur famille!

Cette manière qu'a Mgr Bordeyne de faire valoir qu'une bénédiction des personnes, dans ce contexte très précis, n'est pas une bénédiction de leur union, est une construction linguistique, conceptuelle et artificielle qui me fait penser à ce que l'on a dit pour justifier Assise: ils ne priaient pas ensemble, ils étaient ensemble pour prier. Tout cela n'est qu'une formulation intellectuelle pour tenter de justifier l'injustifiable, alors qu'une bonne approche basée sur le réel ne peut que nous conduire à voir la rupture entre ce que l'Église a toujours fait et la nouveauté qu'on tente de nous faire avaler.
images/icones/fleche2.gif  ( 918167 )Nous sommes en désaccord... par Rodolphe (2021-05-24 14:27:26) 
[en réponse à 918135]

Sur un point precis - je n'ai de cesse de le répéter-: Je refuse de présumer de la malhonnêteté intellectuelle de l'auteur, thèse avancée pour tenter de justifier l'intitulé retenu par un journaliste: "en réalité" et insidieusement, l'auteur voudrait bénir le "couple". Je dis non.
images/icones/fleche3.gif  ( 918120 )Oui, tout à fait !... Et il faut voir comment... par Sacerdos simplex (2021-05-23 23:02:07) 
[en réponse à 918113]

...comment
1) la communauté va percevoir cela : les fidèles ne feront pas la différence, et considéreront que l'Eglise a ..."enfin"... assoupli sa position et qu'elle fait preuve d'"ouverture" en reconnaissant ce genre de "mariages". C'est ce qui se passe avec des bénédictions de divercés "réengagés" : on bénit sans le dire une union illégitime.
C'est à dire qu'on bénit un adultère.
Et tout le monde considère que c'est donc devenu légitime.

2) Les intéressés vont réagir : ils ne vont pas accepter qu'on les bénisse
- ni "séparément" : on bénit A tout seul, puis à un autre moment et ailleurs B tout seul (ils veulent être là tous les deux et se tenir la main) ;
- ni en privé dans un oratoire fermé : ils veulent une cérémonie publique ; une cérémonie "en cachette" serait perçue comme insultante pour leur amour.
Faut-il y voir une tentative de faire taire des reproches de conscience ?

Je pense que cela vient de loin, un grand nombre de confesseurs prétendent un simulacre de "loi de gradualité" :
là où le pénitent (sic) commettait l'adultère 4 fois par mois, on va essayer de l'amener à le commettre seulement 1 ou 2 fois par mois. En lui disant que c'est très bien comme ça.
Trop de confesseurs considèrent qu'il est impossible à l'homme de pratiquer les commandements, et de vivre dans une continence parfaite si sa situation l'exige (célibataire, ou si le conjoint est absent : hôpital, prison..., ou ne peut pas avoir de rapports conjugaux pour raisons médicales).
Or pour y arriver, il est essentiel de croire que c'est possible (et que ça vaut la peine).



images/icones/fleche2.gif  ( 918123 )J'ai envie de vous répondre par ... par Ion (2021-05-23 23:35:01) 
[en réponse à 918113]

... la même question que celle que vous posez à Rodolphe : est-ce que vous ne pouvez pas comprendre, ou bien vous ne voulez pas comprendre ?

L'objet du débat n'est pas de commenter les risques de dérives auxquelles la position de Mgr Bordeyne pourrait conduire, mais d'admettre que Sandro Magister a fait une présentation malhonnête de cette position.

Vous remarquerez que je n'ai ni approuvé ni désapprouvé sa position, me contentant de constater qu'il s'agit d'une contribution qui veut, honnêtement et rigoureusement, se placer dans la ligne d'Amoris Laetitria et de Gaudete et Exsultate, dans un contexte ou Rome a déclaré une année de la famille-Amoris Laetitia. Je n'ai fait que tenter de rendre justice à l'auteur contre des falsifications. Encore une fois, la vérité ne devrait pas avoir besoin de falsifications pour éclater.

Ion
images/icones/fleche3.gif  ( 918124 )Voyez-vous le mal que vous faites Ion... par Chicoutimi (2021-05-23 23:42:59) 
[en réponse à 918123]

Vous prenez la défense du projet de Mgr Bordeyne, et quand vous constatez que tout cela n'est pas conforme à l'enseignement et à la pratique de l'Église, vous essayez de vous en sortir en disant que le problème se résume à un titre ajouté par Sandro Magister.

Ce titre veut tout simplement dire ceci: Voici ce que Mgr Bordeyne propose aux prêtres lorsqu'ils sont devant un couple homosexuel demandant à être bénit. Tout simplement. Toute l'argumentation de Mgr Bordeyne consiste à justifier ce genre de requête mais en lui donnant l'impression de respecter les normes de l'Église. Il s'agit bel et bien d'une étonnante subversion: aller à l'encontre de l'Église au nom du respect des normes de l'Église!
images/icones/heho.gif  ( 918127 )Cher Chicoutimi par Rodolphe (2021-05-23 23:59:43) 
[en réponse à 918124]

Vous écrivez "Toute l'argumentation de Mgr Bordeyne consiste à justifier ce genre de requête mais en lui donnant l'impression de respecter les normes de l'Église".

Vous imputez donc à l'auteur une intention dissimulatrice, pour ne pas dire une mauvaise foi. Mais vous ne l'établissez nullement.

Vous emporterez donc la conviction de ceux-ci qui sont déjà convaincus de la chose, mais de ceux-là seulement, car on peut parfaitement penser que l'auteur estime respecter les normes de l'Eglise.

Plus aisé à démontrer me semble être le risque que comporte la démarche préconisée et non les intentions supposément cachées de l'auteur.
images/icones/fleche3.gif  ( 918137 )Les intentions de Mgr Bordeyne... par Chicoutimi (2021-05-24 04:50:53) 
[en réponse à 918127]

sont clairement affichées dans son article:

1- Engendrer un travail de reconnaissance:


''Dès lors, l’appel au discernement sur la manière d’intégrer les différentes formes de fragilité engendre un travail de reconnaissance, sinon des unions homosexuelles dont il n’est pas question dans Amoris laetitia, du moins du chemin particulier des personnes homosexuelles dans la vie chrétienne.'' (p. 90)



2- Remettre en question les pratiques pastorales:


''Au travers des deux assemblées du Synode des évêques en 2014 et 2015, puis de l’exhortation apostolique Amoris laetitia, c’est en direction des fragilités affectives et familiales que l’Église catholique a engagé un travail de discernement et de remise en question de ses pratiques pastorales. (Note de bas de page: « Il convient donc de discerner quelles sont, parmi les diverses formes d’exclusion actuellement pratiquées dans les domaines liturgique, pastoral, éducatif et institutionnel, celles qui peuvent être dépassées » (AL 299). François reprend une affirmation votée à la majorité des deux tiers au Synode de 2015. Si elle concerne ici « les baptisés divorcés et remariés civilement », elle témoigne d’une attitude pastorale plus large.)'' (p. 89)



3- Nourrir le développement doctrinal:


''Les évolutions pastorales furent, dans l’histoire, corrélatives d’évolutions doctrinales en matière morale.'' (p. 93)

''L’accompagnement pastoral des situations particulières nourrit le développement doctrinal'' (p.96)

''Le développement doctrinal se nourrit de la pratique pastorale de l’Église et l’Évangile de la miséricorde façonne l’exercice du ministère.'' (p. 97)

''C’est aussi une conception plus inclusive et plus dynamique du «développement doctrinal» qui doit faire appel au sensus fidelium.'' (p. 97-98)



4- Revisiter le patrimoine de théologie morale et renouveller la théologie chrétienne de la sexualité:


'' La ferme volonté d’accompagner les personnes concrètes sur un chemin de croissance spirituelle conduit à revisiter le patrimoine de la théologie morale dans son lien avec la théologie pastorale, son terreau d’origine, et donc à reconnaître que les choix moraux ne se font pas dans l’absolu puisqu’ils doivent prendre en considération les possibilités concrètes des personnes censées les poser.'' (p. 98)

''On peut donc espérer que ce mouvement vers plus de réalisme spirituel permettra, à terme, de contribuer à un renouvellement de la théologie chrétienne de la sexualité, précisément parce que la sexualité humaine, finalement assez peu déterminée, admet des formes et des expressions atypiques.'' (p. 98)



5- Développer une approche positive de l'homosexualité:


''Le Synode sur la famille, puis la réception d’Amoris laetitia, ont relancé la réflexion sur les voies de sainteté dans la condition homosexuelle et permis une approche moins doloriste, plus positive.'' (p. 99)



6- Enraciner dans la prière liturgique:


''Dans la mesure où l’Église catholique est en travail de discernement moral et pastoral face aux unions homosexuelles, on peut former le vœu qu’elle ose enraciner ce travail dans la prière liturgique qui est le lieu par excellence où le Christ manifeste sa présence et sa puissance salvatrice à son Église.'' (p. 104)



7- Reconnaître le désir de croître en sainteté chez deux personnes de même sexe engagées dans une union civile:


''Toutefois, l’impossibilité de bénir l’union civile comme telle ne veut pas dire que l’on méconnaisse le désir de croître en sainteté chez deux personnes engagées l’une envers l’autre. La complexité du processus de discernement singulier, toujours éminemment personnel, qui conduit à un choix s’écartant de la loi générale, incite à faire porter la bénédiction sur les personnes qui, chacune selon son propre discernement, ont posé le choix de l’union civile. Le signe ecclésial de la bénédiction, accompli par un ministre de l’Église, serait dès lors accordé à deux personnes qui, ayant chacune formé un jugement de conscience tenant compte de ses limites, sollicitent l’aide de l’Église pour grandir dans la disponibilité à la grâce.'' (p. 103)



8- Poursuivre l'expérience oecuménique:


''L’expérience œcuménique enseigne que la faculté de prier ensemble, de bénir Dieu et de recevoir de lui ses bénédictions, nous aide à nous reconnaître différents et à cheminer dans la foi partagée au Ressuscité. Face aux unions homosexuelles qui questionnent les Églises et les provoquent à solliciter les ressources de la foi biblique, on pourrait puiser au trésor de la prière qui jaillit du cœur de la communauté lorsqu’elle est confrontée à différentes formes de fragilité.'' (p. 104)


images/icones/1g.gif  ( 918145 )Là encore, vous déformez ... par Ion (2021-05-24 08:39:11) 
[en réponse à 918137]

Il ne s'agit absolument pas de développer une approche positive de l'homosexualité, mais de réfléchir sur les voies de sainteté dans la condition homosexuelle. C'est très différent. Et c'est depuis toujours l'approche de l'Eglise.

Vos seuls titres (élaborés à l'école de Sandro Magister ?), si on en reste là, ne rendent pas compte de manière juste de l'article. Excepté votre n°7 qui me parait, lui assez juste.

Ion

images/icones/1y.gif  ( 918150 )Il n'y a pas de voie de sainteté par Jean-Paul PARFU (2021-05-24 10:02:54) 
[en réponse à 918145]

dans la condition homosexuelle !

Il n'y a de voie de sainteté que hors de la condition homosexuelle.

En un mot, pour devenir saintes, des personnes homosexuelles ou tenté par l'homosexualité, doivent sortit de l'homosexualité ou ne pas y succomber !
images/icones/fleche2.gif  ( 918191 )Je vous précise Ion... par Chicoutimi (2021-05-24 18:59:51) 
[en réponse à 918145]

1- Les titres sont un copié-collé d'éléments tirés du texte même de Mgr Bordeyne (je n'ai eu qu'à mettre le verbe à l'infinitif) et j'ai pris la peine de donner la citation exacte. Il n'y a donc rien de malhonnête là-dedans.

2- Concernant la vision positive de l'homosexualité, je dis ça parce que le contexte dans lequel le P. Bordeyne parle de "vision moins doloriste et plus positive" est celui où l'auteur prend une distance avec le Catéchisme de l'Église catholique. Or, quelles sont les 2 choses que les libéraux critiquent le plus: le fait de décrire l'homosexualité comme étant "objectivement désordonnée" (d'où l'erreur de vouloir la décrire positivement comme "orientée autrement"); et l'appel à vivre la chasteté qui est considérée comme un sacrifice trop grand (d'où l'idée, pour certains, de faire valoir que les actes homosexuels pourraient avoir une valeur positive).

Mgr Bordeyne ne le dit pas tel quel, mais c'est l'idée qui se trouve en arrière-plan. Sinon, il s'en tiendrait au CEC.
images/icones/1h.gif  ( 918209 )Quoi ? par Ion (2021-05-25 01:27:10) 
[en réponse à 918191]

Vous prétendez que le titre que vous avez créé de toute pièce "Développer une approche positive de l'homosexualité" est un copié-collé du texte de Mgr Bordeyne avec seulement le seul ajout d'un infinitif ?

A qui voulez-vous faire croire cela ?

A moins que vous n'agissiez vous-même en faussaire ... à l'école de Sandro Magister !

Le seul passage où il est question d'approche positive est celui où il est question de "voies de sainteté dans la condition homosexuelle".

Ion
images/icones/carnet.gif  ( 918213 )Vous voulez pinailler mais... par Chicoutimi (2021-05-25 04:10:39) 
[en réponse à 918209]

je vous vous donner une réponse assez détaillée en deux parties:

1- La question des titres

Dans un premier temps, vous disiez votre désaccord avec ''Vos seuls titres (élaborés à l'école de Sandro Magister)...'' (ICI). Vous ne parliez pas d'un seul titre, mais de l'ensemble (ce qu'il faut traduire par ''il y aurait un problème avec les titres en général''). Je vous ai répondu que les titres (je parle des titres en général, pas du no 5 en particulier) sont un copié-collé d'éléments tirés du texte même de Mgr Bordeyne (je n'ai eu qu'à mettre le verbe à l'infinitif). Alors comparons les titres avec le texte (sauf le no 5 que je traiterai dans la deuxième partie).


1- Le texte: ''engendre un travail de reconnaissance''
Mon titre: ''Engendrer un travail de reconnaissance''

2- Le texte: ''remise en question de ses pratiques pastorales''
Mon titre: ''Remettre en question les pratiques pastorales''

3- Le texte: ''nourrit le développement doctrinal''
Mon titre: ''Nourrir le développement doctrinal''

4- Le texte: ''revisiter le patrimoine de la théologie morale (...) un renouvellement de la théologie chrétienne de la sexualité''
Mon titre: ''Revisiter le patrimoine de théologie morale et renouveller la théologie chrétienne de la sexualité''

6- Le texte: ''enraciner ce travail dans la prière liturgique''
Mon titre: ''Enraciner dans la prière liturgique''

7- Le texte: ''ne veut pas dire que l’on méconnaisse le désir de croître en sainteté chez deux personnes engagées l’une envers l’autre''
Mon titre: ''Reconnaître le désir de croître en sainteté chez deux personnes de même sexe engagées dans une union civil''

8- Le texte: ''L’expérience œcuménique enseigne...''
Mon titre: ''Poursuivre l'expérience oecuménique''



Vous remarquerez qu'à l'exception du n. 8 et aussi du n. 7 (auquel vous me donniez pourtant raison (Vous disiez bien: ''Excepté votre n°7 qui me parait, lui assez juste''ICI), il s'agit bien de citations du texte de Mgr Bordeyne qui, je le précise, ne remplaçaient pas le paragraphe du texte lui-même qui était reproduit. Il est donc tout-à-fait excessif de dire que je serais un faussaire. D'autant plus que je n'étais pas obligé de citer le texte presque mot-à-mot, puisque la lecture d'un texte passe nécessairement par un travail d'analyse, de comparaison, de réflexion, d'interprétation, de reformulation.

À Rodolphe qui s'inquiétait que mon approche puisse consister à imputer à ''l'auteur une intention dissimulatrice, pour ne pas dire une mauvaise foi'', j'ai relevé les parties du texte où l'on pouvait saisir l'intention de l'auteur. N'est-ce pas là un travail sérieux? Rechercher l'intention de l'auteur dans son texte (et aussi dans les sources extra-textuelles) n'est-il pas ce que nous devrions faire? Ne me dites pas le contraire puisque les exégètes le font avec la Bible.

J'espère que les 7 titres dont il est question ici sont maintenant pour vous une affaire classée. Nous avons-là des clefs de lecture. Je n'ai jamais prétendu que les titres à eux seuls étaient suffisants. Mais ce serait un minimum pour vous que de reconnaître qu'il y a, dans cette présentation en 8 points, un travail honnête mû par l'intention de comprendre.

2- Concernant l'approche positive de l'homosexualité

Venons-en donc au fameux point no 5:


Le texte: ''...ont relancé la réflexion sur les voies de sainteté dans la condition homosexuelle et permis une approche moins doloriste, plus positive''
Mon titre: ''Développer une approche positive de l'homosexualité''



Vous n'êtes pas d'accord avec mon titre car pour vous l'approche positive concerne non pas l'homosexualité mais les voies de sainteté dans la condition homosexuelle.

Mais les ''voies de saintetés'' préconisées par l'auteur ne sont possibles que par une approche positive de l'homosexualité elle-même.

D'abord, le P. Bordeyne s'en remet beaucoup au P. Louis J. Cameli.

Or, dans un texte publié par America Magazine, voici ce que le P. Cameli disait (ma traduction depuis l'anglais):


''Est-ce que deux personnes dans un mariage ou une union de même sexe sont dans une situation objectivement pécheresse? Pas nécessairement. J'ai commencé à explorer cette question dans un livre il y a plusieurs années avant la légalisation généralisée du mariage homosexuel (Catholic Teaching on Homosexuality: New Paths to Understanding, 2012; voir en particulier les pages 79-85).

Deux personnes du même sexe peuvent vouloir former un pacte ou une alliance et partager des éléments importants d'une vie stable ensemble, tels que la camaraderie et le soutien mutuel et même l'accompagnement spirituel. Une telle décision pourrait être motivée par un véritable désir de s'échapper ou d'éviter un style de vie dangereux ou marquée par la promiscuité. La composante sexuelle de cette relation peut être impliquée ou non, ou être impliquée au départ, mais s'estomper avec le temps.

Dans notre tradition morale, l'activité sexuelle est la dimension moralement problématique de la relation entre deux hommes ou deux femmes, et non la relation elle-même. L'activité sexuelle, cependant, n'est pas une composante nécessaire, essentielle ou universellement présente d'un mariage homosexuel. Avoir le statut civilement reconnu de mariage avec un partenaire du même sexe ne signifie pas automatiquement que les partenaires vivent dans un état de péché grave. Leur mariage peut résulter d'une décision de faire de leur mieux à ce stade de leur vie. (...)'' (Source).



Bien que cet écrit ne fasse pas partie du texte du P. Bordeyne, le fait que ce dernier fasse allusion au P. Cameli (il y a même un renvoie en note de bas de page, en p. 99, qui nomme le titre du livre du P. Cameli) est un indice à prendre en considération.

D'ailleurs, parmi les éléments considérés comme positifs (en ce qui concerne une union homosexuelle), le P. Bordeyne (citant toujours le P. Cameli) affirme ceci:


''À côté du moteur physique du plaisir, il existe un spectre bien plus large d’énergie émotionnelle et spirituelle, corporelle mais non directement génitale, qui anime un couple et le conduit à l’union''. Cameli cite ''l’amour, le romantisme, la sécurité qu’apporte l’appartenance mutuelle, les rêves d’avenir'' (voir p. 100).



Qu'est-ce que c'est si ce n'est pas le développement d'une approche positive de l'homosexualité?

Et s'il y a une analyse sur ce fil qui mérite que l'on s'y attarde, c'est celle qu'a effectuée Johanis, entre autre ceci:


''L'union homosexuelle n'y est pas textuellement affirmée comme un bien particulier, mais elle l'est clairement implicitement. Lorsqu'il est parlé "des personnes qui, après avoir erré dans le libertinage sexuel, se sont décidées à rechercher un bien à leur portée, et mesurent que la vie commune avec une personne aimée leur permet d’accéder à une stabilité affective et relationnelle", ce choix d'une relation homosexuelle est bien présenté comme le bien à faire en conscience dans la situation particulière, et sur un chemin de sainteté.'' (ICI).



Bref, il s'agit bel et bien, chez le P. Bordeyne, du développement d'une approche positive de l'homosexualité. Ainsi, mon titre no 5 n'était peut-être pas un copié-collé mais, plus important encore, reflétait bel et bien la pensée du P. Bordeyne.
images/icones/1g.gif  ( 918218 )Tout votre raisonnement montre ... par Ion (2021-05-25 08:46:31) 
[en réponse à 918213]

... que vous ne faites pas la différence pourtant fondamentale entre condition homosexuelle et homosexualité, entre la personne qui a cette tendance et l'acte !

L'acte ne sera jamais quelque chose de positif, ni dans Familiaris consortio, ni dans Amoris Laetitia, ni j'espère dans l'esprit de Mgr Bordeyne. En revanche, la pastorale de l'Eglise envers les personnes à tendance homosexuelle a, Dieu merci, considérablement évolué, et de manière positive.

Pour les autres titres, si je reconnais bien volontiers que vous n'avez pas déformé la pensée de l'auteur, je continue de penser que leur mise en exergue, telle que vous la faites, ne rend pas compte de toute la portée de l'article ni de l'intention de l'auteur, notamment les nombreux rappels magistériels et la distinction centrale entre bénédiction d'un "couple" et bénédiction des personnes dans le cadre d'une croissance vers la sainteté, ce qui est l'intention principale de l'auteur. C'est l'intention de l'auteur qu'ainsi vous déformez sans preuve, comme vous le reproche très justement Rodolphe.

Ion
images/icones/1n.gif  ( 918219 )C'est quoi une "condition homosexuelle" ? par Regnum Galliae (2021-05-25 09:54:13) 
[en réponse à 918218]

Notre seule condition est la condition humaine. Cessons de réduire les gens à leur sexualité !
Il y a des tendances homosexuelles, comme on peut avoir des tendances suicidaires, alcooliques, meurtrières, etc. L’Église va-t-elle se mettre à bénir les alcooliques avec leur bouteille à la main ?
images/icones/1d.gif  ( 918221 )Enfin un peu de clarté par AVV-VVK (2021-05-25 10:09:50) 
[en réponse à 918219]

A la longue on regrettera d' être hétérosexuel vu tous les égards avec lesquels ils sont accueillis.
images/icones/fleche3.gif  ( 918242 )L'importance des distinctions par Chicoutimi (2021-05-25 16:45:39) 
[en réponse à 918218]

Il faut faire la différence entre d'une part les distinctions apportées par le Magistère de l'Église, et d'autre part les distinctions apportées par le P. Bordeyne.

1- Je sais très bien que l'Église fait la distinction entre d'une part la personne qui a une tendance homosexuelle (laquelle, puisqu'involontaire, n'est pas péché mais est "objectivement désordonnée"), et d'autre part les actes homosexuels qui sont considérés comme intrinsèquement mauvais.

2- Chez les P. Bordeyne, on distingue autrement. Il y a d'une part la condition homosexuelle (qui ne se résume pas à la tendance, mais qui inclut également leur choix de vivre dans une union civile, une condition dans laquelle serait possible, selon l'auteur, de cheminer dans la sainteté).

Concernant les actes homosexuels, le P. Bordeyne apporte une subtile distinction: il y a d'une part les actes sexuels exprimés de manière génitale (et si l'auteur ne va pas jusqu'à dire que ces actes sont bons, il ne les qualifie pas pour autant d'intrinsèquement mauvais), et il y a d'autre part les actes conjugaux qui ne sont pas exprimés génitalement auxquels l'auteur confère une valeur positive: "l'amour, le romantisme, l'appartenance mutuelle." Ces éléments dépassent évidemment le caractère amical d'une relation, et on ne peut pas dire qu'ils ne comportent aucun caractère peccamineux dans le sens où il s'agit d'un simulacre de la vie de couple, ou à tout le moins d'une relation conforme à la loi naturelle. Cela va si loin que le fait, pour un couple d'homosexuels, d'adopter un enfant - puisque cela n'est pas liée à la génitalité - devient un élément positif de la relation.

Bref, je connais mes distinctions. Et c'est pourquoi ce n'est pas sur Mgr Bordeyne que je me base, mais bien sur le Magistère de l'Église.

images/icones/1h.gif  ( 918246 )Décidément ! par Ion (2021-05-25 17:22:15) 
[en réponse à 918242]

Vous connaissez sans doute les distinctions, mais cela ne vous empêche pas, cette fois, à déformer le texte et à transformer les "chemins de sainteté", c'est-à-dire un "cheminement vers la sainteté", terminologie employée par l'auteur tout au long de son article, en "chemin dans la sainteté" (sic), ce qui est une déformation, pour faire croire absolument que l'homosexualité peut être un bien en soi (puisqu'elle est déjà dans la sainteté) pour Mgr Bordeyne.

Vous êtes-vous même rendu compte de cette subtile déformation ?

Plus vous me répondez, plus j'ai du mal à trouver de la rigueur dans vos propos.

Ion
images/icones/fleche2.gif  ( 918263 )Le chemin de sainteté... par Chicoutimi (2021-05-25 18:47:58) 
[en réponse à 918246]

Le mariage sactamentel entre l'homme et la femme est un chemin de sainteté. Non seulement, dans cet état, ils sont en route "vers" la sainteté mais ils peuvent grandir également "dans" la sainteté en restant fidèles aux devoirs de leur état ainsi qu'en ayant une vie de prière et sactamentelle active.

Pour les homosexuelles, le CEC affirme très clairement qu'ils sont appelés à la sainteté (comme tout baptisé) et que leur chemin sera celui de la chasteté et du portement de leur croix. Une personne homosexuelle qui vit ainsi son épreuve chemine non seulement "vers" la sainteté mais également "dans" la sainteté si elle vit son épreuve unit au Christ.

Quant à la perspective du P. Bordeyne, il considère, en évoquant une question posée à des théologiens, ce qui suit: "Une relation homosexuelle vécue dans la stabilité et la fidélité peut-elle être un chemin de sainteté?" Le P. Bordeyne semble l'envisager et donc, selon lui, les personnes dans cette union cheminent non seulement "vers" la sainteté" mais ils peuvent même cheminer "dans" la sainteté en restant dans cet état puisqu'il définit cet état comme étant le chemin.

Pour ma part, je pense que c'est le CEC qui donne le vrai chemin à prendre "vers" et "dans" la sainteté, ce qui implique nécessairement la chasteté et le portement de la croix (des catégories jugées trop "doloristes" par le P. Bordeyne).

PS: Je prends du temps à répondre car je suis frappé par la "malédiction" de "l'erreur 007". Je tiens cependant à préciser que j'apprécie discuter avec vous. Malgré la divergence de vues, je reconnais en vous un adversaire argumenté qui, sans réussir à me convaincre, m'amène à toujours plus approfondir et préciser les choses.
images/icones/hein.gif  ( 918163 )Où voyez-vous... par Rodolphe (2021-05-24 14:00:10) 
[en réponse à 918137]

que l'auteur veut sciemment méconnaître la norme, comme vous le prétendiez dans votre précédent post? Nulle part dans les passages cités, sauf à sombrer dans un procès d'intention. Ma remarque portait sur ce point et sur nul autre.

images/icones/fleche2.gif  ( 918195 )L'auteur utilise la norme... par Chicoutimi (2021-05-24 19:39:00) 
[en réponse à 918163]

pour l'appliquer dans le contexte où un couple, et non une personne seule, se présente devant le prêtre.

Avant Amoris Laetitia, et même avant le Concile, toute personne homosexuelle pouvait bénéficier du secours de l'Église, que ce soit par les sacrements, les sacramentaux ou la direction spirituelle.

La nouveauté de Mgr Bordeyne consiste à appliquer les proncipes traditionnels de "discrétion" et de "personne" au contexte du couple homosexuel, et va même jusqu'à former le voeu que cela puisse s'enraciner dans la liturgie.

Voyez-vous la différence?
images/icones/fleche3.gif  ( 918223 )Qu'est-ce qu'une norme ? par Johanis (2021-05-25 11:37:35) 
[en réponse à 918163]

La norme est ce qui s'impose ; quand on dit qu'une norme ne s'impose pas alors qu'elle s'impose on méconnaît la norme.
La norme n'existe pas dans un monde idéal des normes, contrairement à la conception qu'on en a dans ce nouveau paradigme. Elle est norme parce qu'elle s'impose moralement concrètement. Oui, relativiser une norme qui s'applique à tous les cas particuliers (parce qu'il s'agit d'actes intrinsèquement mauvais), en disant qu'elle ne s'applique pas à tous les cas, c'est assurément méconnaître la norme.
Ce paradigme méconnaît les normes parce qu'il les place dans un univers idéal de la norme (voir ce qui dit JPII sur cette séparation d'un monde de la doctrine et du monde existentiel).
Le P. Bordeyne méconnaît la norme de l'interdiction morale des unions homosexuelles.
images/icones/1h.gif  ( 918128 )Mais je n'ai absolument pas constaté ... par Ion (2021-05-24 00:07:21) 
[en réponse à 918124]

.. que tout cela n'est pas conforme à l'enseignement de l'Église. D'où tirez-vous cela ? Pour moi, Ph Bordeyne tente, comme je l'ai écrit, d'être dans la ligne d'AL et GE. L'est-il strictement ? Je ne me prononce pas, le sujet est trop délicat et complexe. En revanche, j'accepte totalement l'enseignement magistériel d'AL.

Ion
images/icones/fleche2.gif  ( 918136 )Je suis désolé Ion... par Chicoutimi (2021-05-24 02:40:57) 
[en réponse à 918128]

d'avoir pensé que vous commenciez à voir clair concernant le projet de bénédiction concocté par Mgr Bordeyne.

Le problème avec vous, c'est que vous n'avez pas encore compris qu'Amoris Laetitia est problématique. Ce n'est rien d'autre qu'un cheval de Troie qui nous mène à la reconnaissance des différents types d'union.

Même Gaudete et Exsultate, qui comprends de beaux passages sur la sainteté, n'est pas sans danger puisqu'elle comprend elle aussi un arsenal qui peut faire beaucoup de mal: la référence au ''gnosticisme'' et au ''pélagianisme'', qui sont certes des catégories que nous retrouvons dans la Tradition, mais qui ont été vidés de leur sens traditionnel afin de pouvoir taxer de gnostiques ceux qui défendent la doctrine, et de pouvoir donner l'étiquette de pélagiens à ceux qui prônent une morale basée sur les 10 commandements.
images/icones/fleche3.gif  ( 918225 )Fidélité au Christ et à l4eglise ou papolâtrie ? par Johanis (2021-05-25 11:59:37) 
[en réponse à 918128]

Quand François contredit tous ses prédécesseurs sur des questions parfois fondamentales, on ne peut se contenter de dire : "de toute façon c'est le pape qui l'a dit donc j'adhère".
Erreur professée sur une question fondamentale : l'affirmation que Dieu veut la diversité des religions et en particulier celle qui rejette la Trinité, le fait que le Christ soit le sauveur et même qu'il soit mort sur la croix, dans un document où il s'engage comme chef de l'Eglise (Document d'Abou d'Habi, reportez-vous aux fils sur ce sujet).
Autres points : relativisme introduit dans la morale par l'exclusion des actes intrinsèquement mauvais, communion des divorcés remariés, la préconisation des pactes d'union civile pour les homosexuels, la mise à sac de l'Institut Jean-paul II, confusion sur l'intercommunion, Luther honoré, le renvoi aux conférences épiscopales de questions doctrinales, etc. Et c'est loin d'être fini.

Etre catholique ce n'est pas être papolâtre et se refuser à voir les erreurs que le pape professe, et dans lesquels il entraîne les fidèles. Nous aurons à rendre compte des reniements de la foi ou de la morale, même s'ils nous ont été suggérés par un pape. Le pape a un rôle important dans l'Eglise, mais il ne faut pas l'absolutiser ; le Cardinal Müller a fait des rappels essentiels à ce sujet.
Les erreurs qu'on reproche à François ne sont pas dans des cas d'infaillibilité.
images/icones/fleche2.gif  ( 918230 )Vous aussi vous déformez ... par Ion (2021-05-25 14:13:58) 
[en réponse à 918225]

... la position du Pape en disant qu'il affirme que Dieu veut la diversité des religions et en particulier celle qui rejette la Trinité. Ce sujet a été abordé et il fallait comprendre la diversité de religion dans le sens de la liberté religieuse, surtout depuis que la Pape lui-même s'est exprimé sur le sujet en évoquant la notion de volonté permissive. Pourquoi continuer d'ignorer cette précision qui au contraire vous rassurer ?

Mais voulez-vous vraiment être rassuré ? Là est la question.

Pourquoi continuer à affirmer que le Pape est partisan des unions civiles quand il a été rappelé à l'occasion de nombreux débats que les propos du Pape ont là aussi été déformés par les médias ?

Trop régulièrement ici, quand il s'agit des propos du Pape, on les tord dans le seul but, semble-t-il, de trouver une faille. Ce n'est pas honnête, et cela tendrait à prouver que l'entreprise de ceux qui se sentent obligés de le faire est dès le départ malsaine.

J'avoue que les échanges du FC pourraient souvent conduire à remettre en cause les positions des traditionalistes du seul fait des méthodes douteuses qu'ils utilisent.

Je vous le dis pour vous ...

Ion
images/icones/fleche3.gif  ( 918239 )Et si on reconnaissait le sens qu'ont les mots et les phrases ? par Johanis (2021-05-25 16:33:17) 
[en réponse à 918230]

1 - Document d'Abou d'Habi :
"Le pluralisme et les diversités de religion, de couleur, de sexe, de race et de langue sont une sage volonté divine, par laquelle Dieu a créé les êtres humains."
"Le pluralisme de religion" est une "sage volonté divine", cela signifie que ce que veut la sage volonté divine est le pluralisme de religion, avec le pluralisme des enseignements sur la divinité qu'elles donnent. Libre à vous de vouloir comprendre autre chose que ce qui est clairement exprimé. Vouloir le pluralisme de religion, et vouloir la liberté de religion sont deux choses bien différentes, et d'après le texte, la liberté de religion est la conséquence de la volonté divine de pluralisme de religion et pas le contraire comme vous le défendez.
Quant à la volonté permissive, le mot vouloir ne s'emploie pas pour la volonté permissive, pour elle on dit permettre. Est-ce que si vous permettez qu'un être cher soit gravement en désaccord avec vous, vous direz que vous voulez ce désaccord ?

Si je dis : "en particulier celle qui rejette la Trinité, etc.", c'est parce que le document a été conçu et signé avec un représentant de l'Islam, et que donc cette diversité là est particulièrement visée.

Je me permets d'attirer votre attention sur 2 autres passages de ce document : " Au nom de l’âme humaine innocente que Dieu a interdit de tuer, affirmant que quiconque tue une personne est comme s’il avait tué toute l’humanité et que quiconque en sauve une est comme s’il avait sauvé l’humanité entière. » Le pape qui a signé le texte souscrit donc au fait que Dieu a affirmé que "quiconque tue une personne ... l'humanité entière". Or pourquoi peut-on dire que Dieu a affirmé cela ? Parce que c'est dans une sourate du Coran (V, 32). Cette façon d'exprimer l'attachement que Dieu a pour la vie humaine ne se trouve nulle part dans la Bible. Le pape atteste là (même si comme je l'espère ce n'est pas le cas) qu'il croit à la révélation divine de cette sourate du Coran et on ne croit pas qu'une sourate est révélée sans croire que les autres le sont.

La déclaration dit aussi : « Le premier et le plus important objectif des religions est celui de croire en Dieu, de l’honorer et d’appeler tous les hommes à croire que cet univers dépend d’un Dieu qui le gouverne, qu’il est le Créateur qui nous a modelés avec Sa Sagesse divine et nous a accordé le don de la vie pour le préserver. » Or pour un catholique ce n'est pas cela le plus important, et ce n'est pas cela qui sauve, c'est présupposé, le plus important et ce qui sauve c'est de croire en Jésus Fils de Dieu Sauveur. Par contre cette phrase dit, en cohérence avec la valeur du pluralisme de religion, qu'elles enseignent toutes le plus fondamental et le plus important : un Dieu créateur qui gouverne ...
La religion catholique est rabaissée au niveau des religions naturelles.

2 - Le pacte d'union civile
Les paroles du pape étaient : "Ce que nous devons faire, c’est une loi d’union civile, elles ont le droit d’être légalement protégées. J’ai défendu cela. » Dans un contexte où il ne fait aucun doute qu'il s'agit des couples homosexuels.
Dans le livre d'entretien avec Dominique Wolton il avait dit : « Le mariage, c’est un homme avec une femme. Ça, c’est le terme précis. Appelons l’union du même sexe “union civile” (…) Mais ce n’est pas un mariage, c’est une union civile. “Il n’y a pas d’autre voie”, faisons comme ça… »
Il y a des confusions, d'ailleurs suggérées par le montage de l'interview TV qui a assemblé des passages issus de contextes différents et ce qui permettrait de comprendre que le pape a dit que les homosexuels avaient le droit de former une famille, or il n'est pas allé jusque là ; mais la phrase incriminée, elle, n'est pas du tout trafiquée.
Vous n'ignorez pas que le pape a fait envoyer aux évêques une note d'explication sur ses propos, pour affirmer qu'il ne s'agissait pas du tout d'une remise en cause du mariage, mais des dispositions civiles pour la protection des couples homosexuels. Vous êtes plus papiste que le pape en prétendant qu'il n'a pas dit qu'il était favorable à une loi de reconnaissance des unions civiles. Car jusque là les papes s'étaient clairement opposées à cette reconnaissance qui outre la protection qu'elle donne aux couples favorisant leur stabilité, en fait un modèle officiel de vie.

Je vois autour de moi, aussi bien dans le clergé que chez les fidèles les dérives nouvelles (il en existait déjà certes) qui se répandent au nom des changements que le pape apporte.
Ceci dit merci de votre sollicitude

Cordialement
images/icones/heho.gif  ( 918285 )je précise toute la portée par Johanis (2021-05-25 20:42:06) 
[en réponse à 918239]

du passage qui cite une sourate comme affirmation de Dieu :
- cela confirme s'il en était besoin que Dieu veut la diversité des religions en particulier l'Islam puisqu'Il parle dans le Coran.
- puisque c'est Dieu qui parle dans le Coran, inutile de faire une longue démonstration pour voir que la foi chrétienne est inutile aux musulmans, et que le Christ n'est pas seul sauveur. C'est dans la logique générale de la mulitiplicité voulue par Dieu dans la religion.

Ensuite il faut se rappeler que ce texte est destiné à être un texte de référence, approuvé par les états, les institutions, et en particulier étudié dans les établissements d'enseignement : "Al-Azhar et l'Église catholique demandent que ce document devienne un objet de recherche et de réflexion dans toutes les écoles, universités et établissements d'enseignement et de formation ". Pour ce qui dépend de lui le pape a bien sûr décidé qu'il serait étudié dans les établissements catholiques.
Dans l'étude de ce document les élèves de tous àges apprendront que
- Dieu a voulu le pluralisme et la diversité de la religion,
- ce que contient le Coran sont les propres affirmations de Dieu,
- que le catholicisme comme toutes les religions ainsi centrées sur le même essentiel, a pour but principal d'enseigner qu'il y a un Dieu qui a créé et qui gouverne le monde, et non le salut en un seul Sauveur Jésus-Christ.

Il y a certes de bonnes choses contenues dans ce document, mais les erreurs qui vont être enseignées à travers lui sont un prix bien trop cher à payer puisque ce sont des hérésies graves. Et encore une fois, principe que François malheureusement veut ignorer, la fin ne justifie pas les moyens.
images/icones/fleche2.gif  ( 918291 )Deux remarques ou réponses rapides par Ion (2021-05-25 23:45:15) 
[en réponse à 918239]

1. Vous ne voulez pas prendre en compte la précision du Pape sur la volonté permissive. Dont acte. Moi, je la prends en compte.
2. Texte non trafiqué ? Si, un peu quand même, car ce n'est pas le terme union que le Pape a utilisé, mais cohabitation en visant d'abord et avant tout les lois de protection de deux personnes cohabitant et non pas le fait de s'unir. Et il l'a clairement fait dans un contexte proche du moindre mal ("s'il y n'y a pas d'autre voie ..."). Ce qui n'est pas la même chose ni le même contexte que ce que les états appellent "union civile".

Ion
images/icones/heho.gif  ( 918295 )Objections par Johanis (2021-05-26 08:27:20) 
[en réponse à 918291]

Savez-vous ce que signifie "cohabitation juvénile" ?
En outre dans le texte des entretiens avec Dominique Wolton, c'est bien d'union civile qu'il est parlé : " Appelons l’union du même sexe “union civile” (…) Mais ce n’est pas un mariage, c’est une union civile. “Il n’y a pas d’autre voie”, faisons comme ça…"

"Ils ont le droit d'être protégé", en tant que couple, dit François, il faudrait qu'il explique pourquoi.

""S'il n'y a pas d'autre voie", dans un contexte proche du moindre mal", dites-vous ; contrairement à ce que l'on croit couramment le principe du moindre mal n'est pas admis par la morale catholique, parce qu'il y a moindre, mais il y a mal, et que la volonté ne doit pas se porter sur un véritable mal même moindre qu'un autre. On peut tolérer mais pas vouloir le mal moindre ; tolérer c'est-à-dire désapprouver mais laisser un autre mal agir, car s'opposer à ce qu'il fait aurait des conséquences gravement dommageables.

Quant à la volonté permissive, elle a été évoquée "confidentiellement" de façon privée en réponse à une question de Mgr Schneider, et absolument pas répercutée officiellement, avec le gros problème que littéralement le texte qui emploie le mot volonté ne peut vouloir dire permission.
images/icones/iphone.jpg  ( 918241 )Juste au sujet de votre dernier paragraphe par XA (2021-05-25 16:44:01) 
[en réponse à 918230]

Le FC, ou en tout cas ceux qui s’y expriment le plus bruyamment, ne représente pas forcément l’ensemble des catholiques traditionnels. Je connais quelque(au moins un particulièrement frileux) Supérieur de Fraternité qui désapprouverait votre sentence quasi-définitive.

XA
images/icones/fleche2.gif  ( 918229 )Encore une fois, AL n'est pas magistérielle par Regnum Galliae (2021-05-25 13:44:43) 
[en réponse à 918128]

Ce sont des pistes de réflexion point barre. C'est d'ailleurs clairement assumé par le texte.

Dès le point 3 : "tous les débats doctrinaux, moraux ou pastoraux ne doivent pas être tranchés par des interventions magistérielles."

Point 4 : "j’ai retenu opportun de rédiger une Exhortation Apostolique post-synodale pour recueillir les apports des deux Synodes récents sur la famille, en intégrant d’autres considérations qui pourront orienter la réflexion, le dialogue ou bien la praxis pastorale, et qui offriront à la fois encouragement, stimulation et aide aux familles dans leur engagement ainsi que dans leurs difficultés."

Point 5 : "je la considère comme une proposition aux familles chrétiennes"

Voyez-vous une volonté d'enseigner dans cette exhortation apostolique ?
images/icones/neutre.gif  ( 918116 )J'avoue par Meneau (2021-05-23 22:41:00) 
[en réponse à 918110]

que plus je relis le texte, plus je commence à partager votre point de vue : comme le dit aussi Luc Perrin plus haut, un tel cheminement appartient à la direction spirituelle, par nature privée. Je faisais le même genre de remarque à propos d'Amoris Laetita. Il n'y a donc pas besoin d'inventer et d'officialiser une nouvelle liturgie pour cela. L'Eglise propose déjà tous les moyens nécessaires à celui qui veut cheminer vers la sainteté, quel qu'il soit.

Cordialement
Meneau

images/icones/bravo.gif  ( 918118 )Merci Meneau... par Chicoutimi (2021-05-23 22:47:50) 
[en réponse à 918116]

Je reconnais votre honnêteté intellectuelle et votre désir de faire la vérité. Vos questions et points de vue ont d'ailleurs permis d'approfondir la question.

Il faut effectivement lire et relire le texte du P. Bordeyne. Et surtout ne pas s'arrêter à la première partie dans laquelle il y a un rappel de la position magistérielle, laquelle est relativisée par la suite.
images/icones/fleche2.gif  ( 918092 )Qui sera le ministre qualifié ? par AVV-VVK (2021-05-23 18:18:58) 
[en réponse à 917915]

Seulement le prêtre ? Ou un diacre (permanent) ou un acolyte mandaté (homme /femme) ?
La bénédiction aura-t-elle lieu pendant la célébration eucharistique ou après? Ou sans cette célébration.
Et pour un couple mixte (un catholique et un protestant) une bénédiction oecuménique en présence d' un prêtre et d' un pasteur ?
Etc...
images/icones/fleche2.gif  ( 918140 )Et dans la forme extraordinaire? par Chicoutimi (2021-05-24 06:58:31) 
[en réponse à 918092]

Qui pourrait imaginer un seul instant qu'un prêtre de la Tradition puisse se prêter à une telle mascarade au moyen de prières de bénédiction en latin?

Il est clair que ceux qui se prêteront à ce genre de liturgie ne sont pas de la même religion que celle instituée par Notre-Seigneur Jésus-Christ.

Espérons que l'idée n'aille pas très loin. Avec le prochain synode qui s'envient, il n'y a rien de très rassurant.
images/icones/c_nul.gif  ( 918122 )Planche pourrie ! par Justin Petipeu (2021-05-23 23:32:28) 
[en réponse à 917915]

tout est dans le titre. Et ce ne sont pas les finasseries de Ion qui y changeront quoi que ce soit.
images/icones/hein.gif  ( 918139 )Il est très imprudent par Eonix (2021-05-24 06:49:40) 
[en réponse à 917915]


Premièrement, […] lorsque deux personnes homosexuelles sollicitent la prière de l’Église pour accompagner leur amour, leur union, ou l’enfant qu’elles ont accueilli, une prière à caractère privé est préférable pour éviter de donner prise aux revendications, explicites ou implicites, de légitimation des unions homosexuelles par analogie au mariage.




Bénir individuellement, même ne risque-t-il pas d'encourager à continuer dans cet état?
Quelle est la valeur d'une bénédiction dans ce cas là?
Une séparation ne doit-elle pas être envisagée?

On pourrait imaginer alors qu'un coupe adultère souhaite de même.
Un couple vivant dans l'adultère ayant un enfant pourrait-il solliciter une bénédiction à l'identique?

La personne adultère ne voulant pas abandonner son conjoint légitime, mais ayant accueilli un enfant dans le cadre d'une relation adultère, pourrait-elle demander une bénédiction à l'église avec la personne qu'elle aime?
images/icones/fleche2.gif  ( 918171 )C'est le vrai problème par Rodolphe (2021-05-24 14:41:55) 
[en réponse à 918139]

Il est là. La démarche proposée ne se tient que s'il s'agit de sortir les intéressés -fut-ce progressivement- de leur état de péché en leur faisant comprendre celui-ci et en les amenant à changer. Mais le (très grand) risque est que ceux-ci interprètent la chose comme une légitimation et ne changent rien.