Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=1003538
images/icones/croix_byzantine.png  ( 1003538 )FSSPX : faut-il salir un Confesseur de la foi pour se justifier ? par Ludwik (2026-07-26 13:19:05) 

Sur le site de la FSSPX vient de paraître un nouvel article sur les consécrations épiscopales de 1977 faites par le cardinal Slipij, primat de l'Église ukrainienne.
L'objectif est simple : démontrer que Joseph Slipij a sacré sans mandat et que Rome n'a pas considéré cet acte comme schismatique. Puis expliquer que l'état de nécessité dans lequel se trouvait Joseph Slipij était bien moindre que celui dans lequel se trouve actuellement l'Église latine.
Et enfin, coup de pied de l'âne et victimisation : si nous avons été condamnés, c'est parce que nous avions la vraie doctrine, alors que Slipij était un affreux œcuméniste.

==> Ce n'est pas un article historique, mais l'utilisation d'un événement à une fin partisane, quitte à omettre ou à évacuer rapidement les éléments n'allant pas dans son sens
Ainsi, il est mentionné, sans autre détail que les évêques sacrés par Slipij n'ont pas eu de fonction épiscopale jusqu'à leur reconnaissance par Rome. Et passer muscade. Or cet élément est un point capital du dossier.
Sans reconnaissance par Rome, pas d'apostolicité formelle, or ici validité du sacrement de l'ordre ne suffit pas à faire d'un évêque un évêque catholique (comme le rappelais fort justement Mgr Tissier dans un entretien donné en 1998 à Fideliter pour le numéro anniversaire des sacres de 1988).
Je passe sur les justifications ou motivations de Joseph Slipij. Elles ne sont ici pas si importantes.

==> Ce qui est détestable, c'est le coup de pied de l'âne : Slipij était un œcuméniste (c'est à dire un affreux n'est-ce-pas?), voici pourquoi il n'a pas été sanctionné. C'est du moins ce qui est sous entendu.
À moins de n'avoir qu'une masse cérébrale très réduite, il est difficile d'oublier que Joseph Slipij a subi dix-huit ans de déportation et de sévices divers (ce que l'auteur rappelle en début d'article) pour refus du passage à l'orthodoxie, que presque tous les évêques ukrainiens résidant en Ukraine en 1946 ont été exécutés et, enfin, que près d'un tiers du clergé de l'Église a été tué pour les mêmes raisons.

Mais voici que, petit malin, l'auteur de l'article vous sort une citation : « Il n'existe aucune différence dogmatique significative entre l'Église orthodoxe et l'Église catholique. »
Que voulait dire le cardinal dans ce discours ? C'est assez simple si vous lisez la lettre entièrement : il n'existe aucune différence dogmatique significative entre l'Église catholique et l'Église orthodoxe signifie qu'il n'y a aucun dogme catholique qu'un orthodoxe ne puisse accepter. C'était déjà la position de Soloviev (souvent comparé à Newman). Et, en effet, l'Église orthodoxe n'a jamais proclamé de "dogme" contredisant une vérité de la foi catholique.

De maniére intéressante d'ailleurs, la proclamation des deux derniers dogmes (Immaculée Conception et Assomption) s'appuie largement sur la tradition liturgique orientale.
Et même le récent débat sur Marie Corédemptrice, trouve un argument dirimant en faveur de ce titre dans la tradition liturgique byzantine, où, si le Christ est l'Agneau de Dieu, sa très sainte Mère est appelée à de multiples reprises « Agnelle », tradition très ancienne (VI siécle): « Lorsque l'Agnelle immaculée vit son Agneau de plein gré conduit en mortel vers l'immolation, dans ses larmes elle dit (...)".
Bref un orthodoxe pleinement cohérent est un catholique voilà ce que dit le patriarche Joseph.

J'en reviens à mon introduction, voici la stratégie malsaine de cet article :
* parler de la nécessité (sans jamais évoquer la question de la possibilité et de l'apostolicité) ;
* ne pas tirer de conclusion sur ce fait capital: les évêques sacrés en 1977 n'ont jamais exercé leur épiscopat avant leur reconnaissance par Rome... Ce qui n'est pas tout à fait le cas, je crois, des nouveaux évêques sacrés début juillet;
* dénigrer un confesseur de la foi.

Je ne sache pas qu'aucun des prêtres de la FSSPX ait souffert le martyr ou dix-huit années de réclusion pour sa fidélité à la foi catholique.
J'ajoute que, Mgr Lefebvre vivant, il aurait désavoué l'article en question et son auteur, car il tenait le cardinal Slipij en haute estime. Mais les temps changent, n'est-ce pas ?
Enfin, comme je le rappelais, il ne s'agit pas d'un article historique, mais d'une tentative de justification de la boutique.

Et me revient à la mémoire, quelques mots de Mgr Gherardini, auteur de "Concile Vatican II : un débat à ouvrir". Dans son introduction, il critiquait la FSSPX pour avoir produit des analyses de qualité, mais dont le raisonnement avait le défaut suivant : la conclusion était acquise avant même d'être démontrée. Il avait vu juste.

PS :
- les sacres ont eu lieu le 2 avril 1977 et non le 2 mai.
- Je rappelle, à toute fin utile, que les catholiques ukrainiens, après 1945, n'ont pas été réprimés et martyrisés pour avoir refusé de piétiner une icône ou pour avoir refusé d'embrasser l'athéisme, mais pour avoir refusé de passer au Patriarcat de Moscou. Ce qui en fait de grands œcuménistes, n'est-ce pas ?


images/icones/carnet.gif  ( 1003540 )Question par Chouan (2026-07-26 14:15:43) 
[en réponse à 1003538]

Qu'entendez-vous exactement par "les évêques sacrés en 1977 n'ont jamais exercé leur épiscopat avant leur reconnaissance par Rome.." ?. Ils ont administré les sacrements pour lesquels ils ont été sacrés ?
images/icones/croix_byzantine.png  ( 1003541 )Non, jamais et ce jusqu'en 1996 par Ludwik (2026-07-26 14:27:07) 
[en réponse à 1003540]

Et ils ne portaient pas d'insignes épiscopaux, ni ne célébraient de liturgie pontificale.
Rien, de 77 à 96.

Voir ici.
images/icones/carnet.gif  ( 1003543 )Il me semble que vous confondez deux plans distincts dans l'article publié par la FSSPX par lumineux (2026-07-26 14:38:22) 
[en réponse à 1003538]

Il me semble que vous confondez deux plans distincts dans l'article publié par la FSSPX : le respect dû à la personne du Cardinal Slipyj et l'analyse canonique de ses actes.
1. Sur la distinction entre la sainteté et l'acte canonique Personne ne conteste le témoignage héroïque du Cardinal Slipyj face au communisme. Reconnaître ses souffrances n'oblige pas à valider, sans examen, la conformité canonique de tous ses actes administratifs ou juridiques. L'histoire de l'Église est remplie de saints qui ont pu, dans des circonstances extrêmes, poser des actes discutables ou imprudents. L'article ne "salit" pas le Cardinal ; il examine un précédent historique pour voir s'il peut servir de jurisprudence. C'est une démarche intellectuelle honnête, pas une attaque ad hominem.
2. Sur la question de l'état de nécessité Le cœur du débat n'est pas de savoir si Slipyj était un "affreux œcuméniste" ou un héros, mais de savoir si l'état de nécessité qu'il a invoqué était réel et suffisant pour justifier une consécration sans mandat. L'article démontre, avec des sources à l'appui, que la situation de l'Église ukrainienne en 1977 — bien que tragique — ne présentait pas le péril imminent pour la Foi que traverse l'Église latine aujourd'hui. En 1977, il existait une hiérarchie ukrainienne en exil, régulièrement nommée par Rome. L'urgence n'était pas la survie de la Foi, mais la préservation d'une structure rituelle.
3. Sur le "coup de pied de l'âne" concernant l'œcuménisme Vous reprochez à l'article de mentionner les positions œcuméniques du Cardinal. Pourtant, dans une analyse canonique, le contexte doctrinal est crucial. Si le Saint-Siège a été "bienveillant" envers Slipyj (contrairement à la sévérité envers la FSSPX), il est légitime de se demander si cette mansuétude ne découlait pas du fait que le Cardinal, par ailleurs, s'inscrivait dans la ligne post-conciliaire (œcuménisme, acceptation des réformes). L'article pose une question de fond : le traitement différencié par Rome ne viendrait-il pas du fait que, pour les autorités romaines, l'obéissance aux réformes conciliaires est devenue le critère premier de "catholicité", bien plus que le respect strict du droit canonique ?
En conclusion L'article ne cherche pas à humilier le Cardinal Slipyj, mais à souligner une incohérence dans la manière dont Rome traite les consécrations sans mandat. Si l'état de nécessité (même hypothétique) a suffi à justifier les actes de Slipyj aux yeux de Jean-Paul II, alors l'état de nécessité actuel (bien réel et concernant la survie de la Foi elle-même) justifie d'autant plus l'action de la FSSPX.
images/icones/fleche3.gif  ( 1003551 )Dite moi, votre pseudonyme, par Ludwik (2026-07-26 16:33:36) 
[en réponse à 1003543]

C'est une antiphrase, n'est-ce pas ?

Je ne confonds rien du tout.
J'ai même fait deux parties distinctes dans mon message pour séparer ces deux éléments.

1. Les évêques sacrés en 1977 n'ont exercé aucune fonction épiscopale jusqu'en 1996 ! Cet élément est déterminant.

2. Le cardinal a passé dix-huit ans en tôle précisément parce qu'il n'était pas œcuméniste !

Moi fatigué, moi pas savoir écrire de manière plus claire.

==> Pour que le parallèle soit exploitable, il aurait fallu que Mgr Lefebvre sacrât en 1988 et que les nouveaux évêques n'exerçassent pas leur épiscopat jusqu'à leur reconnaissance par Rome.

images/icones/fleche2.gif  ( 1003557 )Signo a très bien répondu sur le sujet ! par lumineux (2026-07-26 17:44:11) 
[en réponse à 1003551]

"Vous invoquez le fait que les consacrés de 1977 n’ont exercé aucun apostolat; c’est un élément important mais distinct de l’acte de sacrer en lui-même. C’est un élément de contexte, qui n’apporte rien à la nature de l’acte en lui-même."
https://www.leforumcatholique.org/message.php?num=1003544
images/icones/1d.gif  ( 1003559 )L'apostolicité par Ludwik (2026-07-26 17:55:39) 
[en réponse à 1003557]

N'est pas un élément de contexte.
Mais là je crois que c'est peine perdue.
images/icones/fleche2.gif  ( 1003560 )l'apostolicité n'est pas un élément de contexte par lumineux (2026-07-26 18:05:07) 
[en réponse à 1003559]

Les sacres ne sont pas une tentative de créer une « nouvelle » apostolicité adaptée au contexte, mais une mesure extraordinaire — et douloureuse — visant précisément à préserver l'apostolicité réelle et la succession des Apôtres, là où elle semble menacée d'extinction par la crise actuelle. La question n'est donc pas de savoir si l'apostolicité est contextuelle, mais de savoir si la situation actuelle justifie l'usage du principe de suppléance pour maintenir cette apostolicité.
images/icones/fleche3.gif  ( 1003562 )Visiblement par Ludwik (2026-07-26 18:11:00) 
[en réponse à 1003560]

Vous n'êtes pas d’accord avec Mgr Tissier.
Dommage que vous n'ayez pu le lui expliquer.
images/icones/carnet.gif  ( 1003566 )En quoi ? par Meneau (2026-07-26 19:23:48) 
[en réponse à 1003562]

En quoi Mgr Tissier n'était-il pas d'accord ? Que je sache, il a toujours n'était pas sédévacantiste et n'a jamais renié son épiscopat.

Cordialement
Meneau
images/icones/fleche3.gif  ( 1003569 )Voici par Ludwik (2026-07-26 19:55:42) 
[en réponse à 1003566]

Cette question a fait l'objet de plusieurs fils sur le FC; Par exemple, ici. Il y eu d'autres fils consacrés à cette question.

Je reprend ici le résumé déja produit:

Un évêque catholique n'est pas seulement un évêque validement ordonné (par exemple orthodoxe) qui professe la foi catholique (cas d'une conversion).

Son apostolicité formelle, et donc sa catholicité, dépend de son intégration au corps épiscopal par la tête de ce corps (le pape). Pour ce faire, nul besoin de le reconsacrer.

Ce n'est pas la validité de l'épiscopat qui est ici en cause.
C'est pourquoi les évêques sacrés par Sa Béatitude Joseph Slipyj n'ont pas eu de fonction épiscopale avant leur reconnaissance par le Saint-Siège, vingt ans plus tard.

Réginal l'a expliqué, me semble-t-il, d'une manière très claire.

Et Mgr Tissier le redisait on ne peut plus clairement en 1998 :
« Votre sacre, Monseigneur, n’a donc pas créé de schisme ?
— Non, et en aucune manière. Mais une question plus délicate était agitée dès 1983, quand Monseigneur Lefebvre, face au nouveau droit canon publié par Jean-Paul II, commença à envisager sérieusement de sacrer un ou plusieurs évêques : ces évêques, non reconnus par le pape, seraient-ils légitimes ? Jouiraient-ils de la “succession apostolique formelle” ? Seraient-ils, en un mot, des évêques catholiques ?

— Et cela, dites-vous, c’est une question plus délicate ?
— Oui, parce qu’elle touche aussi la divine constitution de l’Église, telle que toute la Tradition l’enseigne : il ne peut y avoir d’évêque légitime sans le pape, sans l’accord au moins implicite du pape, chef de droit divin du corps épiscopal. Alors la réponse est moins évidente, et même elle n’est pas du tout évidente… à moins de supposer… »

PS : Mgr Tissier a pesé chacun de ses mots, cela me paraît évident.

* Certains défenseurs des sacres n'ont pas compris ce que la FSSPX avait compris en 1983.
* Je pense que ce fil est un dialogue de sourds, car les réponses sont faites indépendamment des objections...

images/icones/carnet.gif  ( 1003574 )Sauf que... par Meneau (2026-07-26 20:14:16) 
[en réponse à 1003569]

... vous ne citez jamais les questions suivantes de cette interview.


Mais, Monseigneur, vous n'êtes pourtant pas sédévacantiste ?

Non, en effet. Mais il faut reconnaître que si nous pouvions affirmer que, pour cause d'hérésie, de schisme ou de quelque vice d'élection secret, le pape n'était pas réellement pape, si nous pouvions prononcer un tel jugement, la réponse à la question de notre légitimité serait évidente. L'ennui, si je puis dire, est que ni Mgr Lefebvre, ni mes confrères, ni moi-même, n'étions ni ne sommes sédévacantistes.
(...)
Alors, comment Mgr Lefebvre s'est-il sorti du dilemne ? Ou sacre ... mais si le pape est pape ? Ou le pape n'est pas pape ... mais je ne suis pas en mesure de le décider !

Monseigneur Lefebvre a laissé la question théologique ouverte. Notre défunt et vénéré confrère l'abbé Aloïs Kocher disait alors : "Laissons cette question aux théologiens du XXIè siècle !" Notre fondateur a pris le problème de plus haut et l'a résolu en même temps de la façon la plus concrète qui soit. C'est la marque de l'intuition surnaturelle qui était la sienne, et de l'action en lui du don de sagesse, don du St Esprit

Voulez-vous dire que Mfr Lefebvre reçut une illumination divine pour faire ces sacres ?

Pas du tout ; mais il avait une compréhensio supérieure de la crise de la papauté. N'oubliez pas que celui qui fut dix ans délégué apostolique en Afrique, ami et confident du pape Pie XII, fidèle disciple des papes Pie IX, Léon XIII, saint Pie X et Pie XI, qui avait une connaissance parfaite de la Rome catholique de toujours, pénétra plus que quiconque le mystère d'iniquité qui se développait à Rome depuis Vatican II : (...)



Je sais bien qu'il ne s'agit pas de la validité de l'épiscopat, mais ne faites pas dire à Mgr Tissier ce qu'il n'a pas dit. De fait, il a exercé sans scrupule son épiscopat. Et la position qui ressort de la suite de l'interview ci-dessus va plutôt dans le sens évoqué par lumineux.

Cordialement
Meneau
images/icones/fleche3.gif  ( 1003572 )De maniére moins elliptique par Ludwik (2026-07-26 20:06:43) 
[en réponse à 1003566]

Ici.

Lumineux (!) donne au mot "apostolicité" un sens qui ne correspond à rien.

L'apostolicité, c'est en quelque sorte l'intégration d'un évêque au corps épiscopal par la tête de celui-ci (le pape).
Sans cela, un évêque validement consacré, professant la foi catholique, n'est pas un évêque catholique (si vous saisissez la nuance).
Mgr Tissier savait bien qu'être ordonné dans le rite romain traditionnel par Mgr Lefevre ne lui conférait pas cette apostolicité. Cf. Interview.
images/icones/carnet.gif  ( 1003576 )Encore une fois par Meneau (2026-07-26 20:34:48) 
[en réponse à 1003572]

je doute que Mgr Tissier ne se soit pas considéré comme un évêque catholique (oui oui je saisis bien la nuance, merci)

Quant à la succession apostolique formelle, la succession apostolique matérielle était acquise, je reste persuadé, comme je l'ai déjà écrit, qu'elle peut relever de l'épikie. Et je ne suis pas le seul à le penser, voir par exemple ici.

Et donc je ne suis pas loin de penser non plus qu'elle est de droit divin du point de vue de sa nécessité mais pas forcément du point de vue de son existence dans un sujet donné.

En revanche, je ne me risquerai pas comme vous à présumer de la position de Mgr Tissier en la matière !

Cordialement
Meneau

images/icones/carnet.gif  ( 1003580 )l'apostolicité ne se résume pas à l'intégration administrative par lumineux (2026-07-26 21:44:15) 
[en réponse à 1003572]

Il ne faut pas réduire l'apostolicité à une simple question de mission canonique (juridiction), en occultant la réalité sacramentelle (l'Ordre).

Il est inexact de prêter à Mgr Tissier de Mallerais une vision purement légaliste de l'apostolicité. En tant que théologien, il connaissait parfaitement la distinction entre la potestas ordinis (pouvoir d'ordre) et la potestas jurisdictionis (pouvoir de juridiction).

Il savait que l'apostolicité ne se résume pas à l'intégration administrative. Si l'apostolicité dépendait uniquement de la reconnaissance par le Pape, alors, en période de vacance du Siège ou de crise profonde de la hiérarchie, l'Église pourrait techniquement perdre son apostolicité, ce qui est impossible selon la promesse du Christ : « Et moi, je suis avec vous tous les jours, jusqu'à la consommation du siècle » .

En conclusion : L'apostolicité est une note de l'Église qui se manifeste par la succession ininterrompue des évêques et la fidélité à la doctrine des Apôtres. Un évêque qui conserve la foi et les sacrements, même sans mission canonique explicite en raison d'une crise grave, demeure un évêque catholique. Prétendre le contraire reviendrait à dire que l'Église peut mourir si l'administration centrale cesse de fonctionner correctement, ce qui est une erreur ecclésiologique.
images/icones/fleche2.gif  ( 1003581 )L'accord implicite du pape par lumineux (2026-07-26 21:53:26) 
[en réponse à 1003580]

L'accord implicite : Dans des situations de crise extrême ou de nécessité grave, la théologie morale et canonique traditionnelle a souvent recours au principe de "l'état de nécessité" (ou epikeia). Dans ces cas, l'Église, dans sa sollicitude pour le salut des âmes (salus animarum suprema lex esto), peut suppléer à l'absence de mission canonique explicite. C'est ici que la notion d'"accord implicite" ou de "suppléance" intervient. L'idée est que, si le Pape était pleinement conscient de la situation et libre de toute entrave, il donnerait son accord pour le salut des âmes.
images/icones/fleche3.gif  ( 1003591 )Prétendre par Ludwik (2026-07-27 05:11:16) 
[en réponse à 1003581]

Qu'un pape idéal donnerait son accord, et qu'il y aurait donc accord, voilà qui est tout à fait intéressant.

Et nous avons tous un pape idéal dans la tête, n'est-ce pas ?
À ce rythme, nous quittons rapidement la réalité.

Prétendre à l'apostolicité par un pape qui la donnerait à son corps défendant. Il dit non, mais vous aurez bien compris qu'il aurait dû dire oui, et donc qu'il a dit oui.

Prétendre savoir ce que le pape ferait si...

Bref, remplacer le pape tel qu'il est par un pape imaginaire qui connaîtrait la situation comme "JE" la connais.

Ce type de discours existe. Je l'ai déjà entendu en secteur fermé, auprès de jeunes adultes psychotiques, dans un hôpital psychiatrique.
images/icones/carnet.gif  ( 1003595 )La loi divine et le but de la Papauté (le salut des âmes) exigent que les sacrements soient administrés". par lumineux (2026-07-27 08:03:05) 
[en réponse à 1003591]

1) Le Pape est le Vicaire du Christ, sa fonction est ordonnée au salut des âmes. Par conséquent, il est impossible que le Pape, en tant qu'institution, veuille la privation des sacrements nécessaires au salut.

2) Il faut comprendre ce que signifie l'« accord implicite » dans la doctrine catholique. Il ne s'agit pas d'une spéculation psychologique sur les pensées d'un individu, mais d'une application rigoureuse de la théologie morale et du droit canonique concernant la nature de la fonction pontificale et le bien commun de l'Église.
L'argument de l'accord implicite repose sur la vertu d'épikie. Saint Thomas d'Aquin enseigne que la loi humaine est faite pour le bien commun, mais qu'elle ne peut prévoir tous les cas particuliers. Lorsque l'application stricte de la lettre de la loi nuirait au bien commun (ici, le salut des âmes), il est non seulement permis, mais parfois obligatoire, de s'écarter de la lettre pour respecter l'intention du législateur.

L'épikie n'est pas une désobéissance, mais une vertu de justice qui permet de corriger la lettre de la loi lorsqu'elle devient, dans un cas particulier, contraire à l'intention du législateur. Saint Thomas d'Aquin explique que le législateur, s'il était présent et voyait le cas particulier, ne voudrait pas que sa loi soit appliquée de manière à nuire au bien commun .

Appliqué à la situation actuelle, cela signifie que la loi canonique (qui exige une mission explicite) est ordonnée au salut des âmes. Si cette loi, dans une crise grave, empêche le salut des âmes, elle cesse d'obliger, car le législateur (le Pape, en tant qu'institution) ne peut pas vouloir la perte des âmes.

La notion de "suppléance" n'est pas une hypothèse, c'est une réalité prévue par le droit. Le Code de Droit Canonique de 1917, qui codifie la pratique séculaire de l'Église, dispose explicitement :

« En cas d'erreur commune ou de doute positif et probable, soit de droit, soit de fait, l'Église supplée la juridiction, tant pour le for externe que pour le for interne. »

Ce canon établit que l'Église, dans sa sollicitude maternelle, ne laisse pas les fidèles sans les sacrements nécessaires au salut à cause d'un défaut administratif ou d'une incertitude sur la juridiction. L'Église "supplée" (ajoute) ce qui manque. Ce n'est pas une "imagination", c'est une disposition légale.

images/icones/carnet.gif  ( 1003601 )[réponse] par Réginald (2026-07-27 10:03:42) 
[en réponse à 1003595]

Vous confondez deux questions distinctes. Que l'épikie puisse dispenser de l'observation d'une loi dans un cas exceptionnel est une chose. En revanche, la suppléance de l'Église est strictement définie par le droit : elle ne concerne que certains cas de juridiction (notamment la confession et le mariage). En faire un principe de suppléance de l'apostolicité formelle ou de l'intégration au collège épiscopal ne repose sur aucun fondement canonique ou théologique classique.
images/icones/fleche2.gif  ( 1003603 ) Vous réduisez la suppléance de l'Église par lumineux (2026-07-27 10:26:20) 
[en réponse à 1003601]

Il faut éviter de confondre le droit canonique "en temps de paix" avec l'application de la loi dans un état de nécessité extrême où la survie de la foi est en jeu.
Personne ne prétend que l'épikie ou la suppléance créent une nouvelle hiérarchie ou un nouveau collège épiscopal.
Vous réduisez la suppléance de l'Église à une procédure administrative, alors qu'elle est une manifestation de la sollicitude maternelle de l'Église pour la survie de la foi. Si, comme vous le dites, la suppléance ne s'appliquait qu'aux cas mineurs, alors l'Église serait condamnée à disparaître dès lors que la hiérarchie, par défaillance ou par erreur, cesserait de pourvoir aux besoins spirituels des fidèles. Or, l'Église est indéfectible . Par conséquent, là où la hiérarchie fait défaut dans sa mission de salut, l'Église, par le droit divin et la nécessité de sa propre conservation, supplée à ce qui est indispensable pour que les fidèles ne soient pas privés du pain de la vie. Ce n'est pas une "nouvelle apostolicité", c'est la fidélité à la mission apostolique reçue du Christ, maintenue contre vents et marées.

Dans un état de nécessité, l'Église supplée non seulement pour un acte isolé, mais pour tout ce qui est nécessaire à la vie sacramentelle des fidèles. Si les fidèles sont privés de la messe traditionnelle et des sacrements non altérés, le droit de l'Église à se perpétuer (le droit à l'existence) prime sur les règles de procédure. Le Pape Léon XIII rappelait que l'Église est une société parfaite, ayant en elle-même tout ce qui est nécessaire à sa conservation.
images/icones/fleche3.gif  ( 1003617 )Suppléance de l'Eglise et état de nécessité : double objection par Gaudium (2026-07-27 14:44:38) 
[en réponse à 1003603]

Je n'ai pas vos connaissances théologiques, ni celles par exemple de Reginald ou Signo, mais intuitivement et de manière basiquement rationnelle, je trouve votre positionnement, bien que formellement séduisant, pas totalement convaincant.

En premier lieu, d'une manière générale, est-il concevable de faire prévaloir son jugement personnel sur celui du Vicaire du Christ quant à l'appréciation d'un éventuel état de nécessité ? L'Eglise, telle que le Seigneur l'a voulue, n'est pas une réalité abstraite, "dans les nuages", pour reprendre l'expression de votre supérieur, mais elle est concrètement réalisée sur cette Terre à travers une hiérarchie ecclésiastique et à sa tête le successeur de l'apôtre Pierre, ici et maintenant. Cette conception duale de l'Eglise, qui consiste à opposer l'Eglise véritable à l'Eglise institutionnelle au point de devoir, dans certaines circonstances, désobéir formellement, sur une matière grave, qui engage la succession apostolique, à la seconde pour rester fidèle à la première, n'est-elle pas en outre dangereuse puisqu'elle rend aisé un glissement fondé sur sa propre subjectivité ?

En deuxième lieu, dans le cas concret des consécrations épiscopales du 1er juillet, vous écrivez : "si les fidèles sont privés de la messe traditionnelle et des sacrements non altérés, le droit de l'Église à se perpétuer (le droit à l'existence) prime sur les règles de procédure".

Pardon, mais ce sont fondamentalement les sacrements qui sauvent, c'est-à-dire notamment la messe. Pas la messe "traditionnelle". La messe, qu'elle soit de saint Paul VI ou de saint Pie V ! La forme, quel que soit votre attachement à l'ancienne, n'est pas au-dessus du fond. Or, la messe en elle-même n'est évidemment pas remise en cause.

Quant aux "sacrements non altérés", on comprend que vous critiquez les nouveaux rituels. Mais en faisant un peu de mauvais esprit, je suis tenté d'écrire : faites-vous référence aux sacrements de la confession et du mariage célébrés au sein de la FSSPX et désormais non pas seulement illicites (ce qui est déjà un problème ecclésiologique) mais aussi invalides ou à tout le moins douteux ? Car s'il existe du point de vue sacrementel un véritable état de nécessité pour le salut des âmes, il consiste bien à ne pas prendre le risque d'administrer ou de recourir à de tels "sacrements" dont, au bas mot, la validité est douteuse. La responsabilité morale de chacun requiert une sérieuse mise en garde à ce sujet.
images/icones/iphone.jpg  ( 1003622 )Quelques réponses par Signo (2026-07-27 15:42:00) 
[en réponse à 1003617]


En premier lieu, d'une manière générale, est-il concevable de faire prévaloir son jugement personnel sur celui du Vicaire du Christ quant à l'appréciation d'un éventuel état de nécessité ? L'Eglise, telle que le Seigneur l'a voulue, n'est pas une réalité abstraite, "dans les nuages", pour reprendre l'expression de votre supérieur, mais elle est concrètement réalisée sur cette Terre à travers une hiérarchie ecclésiastique et à sa tête le successeur de l'apôtre Pierre, ici et maintenant. Cette conception duale de l'Eglise, qui consiste à opposer l'Eglise véritable à l'Eglise institutionnelle au point de devoir, dans certaines circonstances, désobéir formellement, sur une matière grave, qui engage la succession apostolique, à la seconde pour rester fidèle à la première, n'est-elle pas en outre dangereuse puisqu'elle rend aisé un glissement fondé sur sa propre subjectivité ?



Un état de nécessité, par définition, est toujours constaté sur la base d’un jugement personnel: c’est toujours tel individu ou tel groupe placé dans telle situation précise et qui face à cette situation doit prendre de graves décisions. Un état de nécessité existe précisément parce que dans telle situation grave donnée, on ne peut pas avoir recours aux procédures normales vis à vis des autorités, soit parce qu’elles sont absentes, soit parce qu’elles sont physiquement empêchées, soit parce qu’elles sont inconscientes ou aveuglées par rapport à un danger réel.

Si nous sommes dans une situation de crise mais qu’il est possible de suivre les procédures canoniques habituelles sans préjudice grave, il n’y a par définition pas d’état de nécessité; il y a juste une situation normale. Cela ne signifie pas que l’on puisse ordinairement faire fi de l’autorité (c’est pour ça que je conteste le refus par la FSSPX d’obéir au code de 1983, parce que cela crée un état de désobéissance permanent, mais j’approuve les sacres, dans la mesure où il s’agit d’un acte de désobéissance ponctuelle sur un sujet précis).

Par ailleurs, quand le pape François déclare publiquement, en tant que pape, et dans le cadre d’un voyage officiel, que toutes les religions se valent et mènent toutes à Dieu, on est bien obligé de distinguer ce que le pape devrait professer en tant que pape, de ce qu’il a réellement dit, parce que les deux ne concordent pas (je précise que malgré cela je suis plus que réticent vis à vis de cette idée qu’il y aurait deux papes différents et qu’il faudrait désobéir à l’un pour obéir à l’autre; je ne formulerai pas les choses de cette manière).

De même, quand le pape exprime explicitement le projet de faire disparaître le rite traditionnel, et que des décisions graves sont concrètement prises dans ce but, on ne me fera pas croire qu’il n’y a pas là un état de nécessité justifiant les sacres. Certes c’est le Christ à travers la messe, et non pas la messe traditionnelle, qui sauve. Mais un rite déficient (en lui-même et dans la manière concrète dont il est mis en œuvre), en exprimant mal le mystère, voire en exerçant une influence hétérodoxe sur les fidèles, et en se montrant insuffisamment nourrissant pour leur vie intérieure, ce qui est aggravé dans le contexte de sécularisation agressive actuel, est en soi une menace pour le salut des âmes. Et une disparition du rite latin traditionnel entraînerait deux tragédies: une, immédiate, pour les centaines de milliers de fidèles qui vivent du Christ par ce rite, et qui pour beaucoup ne pourraient pas prier avec le novus ordo; l’autre, sur le long terme, pour toute l’Eglise, car une disparition de la liturgie traditionnelle compromettrait gravement toute tentative ultérieure de corriger les défauts du nouveau rite et donc d’influencer dans le bon sens la vie de l’Eglise. Ces deux tragédies justifient très largement les sacres du 1er juillet.

Un bon exemple de désobéissance que l’on peut mettre en avant est l’histoire du monastère du Barroux. L’aggiornamento progressiste menaçait de faire disparaître la vie monastique traditionnelle et la liturgie qui lui est indissociable. Les supérieurs des monastères bénédictins voulaient imposer cette révolution à tous les moines; ils toléraient que certains moines se mettent à part pour continuer la vie monastique traditionnelle mais sans recevoir des novices: on leur permettait de vivre mais pas de transmettre. La vie monastique traditionnelle devait disparaître. Dom Gérard a donc dû désobéir, sortir de la légalité canonique pendant des années en rompant avec ses supérieurs, en recevant des novices en toute illégalité, en faisant appel à un évêque suspens (Mgr Lefebvre) pour conférer des ordinations illicites. Et finalement les autorités ont admis la légitimité de sa démarche et ont tout régularisé, permettant cette fois à la vie monastique traditionnelle d’exister, de se développer et d’être transmise dans l’Eglise. C’est un exemple même de bonne désobéissance : on désobéit tant que c’est nécessaire, on rentre dans la régularité et l’obéissance dès que le bien que l’on veut préserver n’est plus menacé.

Il y a donc une troisième voie entre le séparatisme durable et l’obéissance aveugle.
images/icones/carnet.gif  ( 1003602 )[réponse] par Réginald (2026-07-27 10:08:46) 
[en réponse à 1003581]

Votre raisonnement revient à soutenir qu'un propriétaire a implicitement donné les clés de sa maison après avoir explicitement refusé de les remettre. Un refus explicite ne peut pas devenir un consentement implicite.
images/icones/fleche2.gif  ( 1003604 ) Votre analogie suppose que le Pape est le propriétaire de la maison. par lumineux (2026-07-27 10:39:57) 
[en réponse à 1003602]

vous traitez l'Église comme s'il s'agissait d'une propriété privée et le Pape comme s'il en était le propriétaire absolu. Cette analogie de la « maison » et des « clés » est séduisante par sa simplicité, mais elle est théologiquement erronée.

Le Pape est un Vicaire, non un Propriétaire.

L'analogie du propriétaire qui refuse ses clés suppose que le Pape possède les sacrements et l'autorité de l'Église en propre, comme un homme possède sa maison. Or, la théologie catholique enseigne que le Pape est le Vicaire du Christ, c'est-à-dire un intendant ou un dispensateur.

Le Pape n'est que le majordome de la maison de Dieu. Si le majordome, dans un moment de folie ou de trahison, refuse de donner à manger aux enfants du Maître de maison alors qu'ils sont en train de mourir de faim, le Maître de maison (le Christ) a-t-il implicitement donné son accord pour que les enfants meurent de faim ? Non.

Dans une telle situation, le majordome a perdu sa légitimité à refuser la nourriture. L'épikie consiste à dire : Le Maître de maison, qui est le vrai propriétaire, veut que ses enfants soient nourris. Puisque le majordome refuse de remplir sa fonction, je prends la nourriture pour sauver les enfants, car je sais avec certitude que telle est la volonté du Maître.
images/icones/carnet.gif  ( 1003625 )[réponse] par Réginald (2026-07-27 16:09:40) 
[en réponse à 1003604]

Personne ne soutient que le pape est propriétaire de l'Église. En revanche, vous présumez qu'il a perdu le droit de décider en matière de consécrations épiscopales et que chacun peut alors se substituer à lui au nom de la volonté du Christ.
images/icones/iphone.jpg  ( 1003588 )Attention par Signo (2026-07-27 00:19:48) 
[en réponse à 1003560]

Votre message est ambigu car il donne à entendre que la succession apostolique serait menacée d’extinction dans l’Eglise catholique latine, ce qui suppose au moins un doute voire plus sur la validité des consécrations épiscopales dans le nouveau rite.

Ce n’est absolument pas de ça qu’il s’agit. Le nouveau rite de consécration épiscopale est pleinement valide, ce qui est reconnu même par certains sédévacantistes.

Ce qui est menacé d’extinction en revanche c’est le rite latin traditionnel. Or pour que ce rite survive il faut des prêtres. Pour avoir des prêtres il faut des évêques. Or les évêques officiels actuels sont soumis aux autorités romaines qui ont condamné le rite traditionnel à la disparition à terme, projet évidement inacceptable et qui constitue un très grave abus de pouvoir. Pour se soustraire à cet abus de pouvoir il faut donc sacrer des évêques pour avoir des prêtres et donc assurer la subsistance de la liturgie latine traditionnelle dans l’Eglise.

Il faut dans cette optique distinguer apostolicité matérielle (reçue par une consécration épiscopale valide) et apostolicité formelle (reçue par l’intégration dans le collège épiscopal).

Il est bien évident que les consécrations épiscopales licites transmettent les deux niveaux d’apostolicité, qui ne sont distingués que dans le cas d’une consécration illicite.

Mais pour avoir des « évêques d’urgence » et assurer la continuité du minimum vital en temps de crise l’apostolicité matérielle suffit.
images/icones/iphone.jpg  ( 1003577 )Pas besoin d’apostolicité par Signo (2026-07-26 20:38:36) 
[en réponse à 1003559]

Pour conférer des sacrements et des ordinations valides dans un contexte d’urgence.

Avoir reçu une consécration épiscopale valide suffit. Et c’est le cas.

Personne ne dit que les évêques consacrés illégalement en 1977, 1988 et 2026 sont des évêques normaux. Personne ne dit qu’ils exercent la plénitude de l’épiscopat catholique. Personne ne dit qu’ils appartiennent au collège des évêques de l’Eglise universelle.

Au risque de me répéter:

les évêques issus de ces sacres illicites (1977, 1988 et 2026) ne seront pas des évêques exerçant la plénitude de l’épiscopat catholique. Ce sont des évêques a minima, des évêques d’urgence, des « roues de secours ». Une roue de secours permet en cas de crevaison de gagner le garage le plus proche, elle ne permet pas de rouler de manière permanente sur des centaines de kilomètres. Donc les évêques ainsi sacrés ont vocation à être intégrés au collège épiscopal par le pape et à recevoir une mission canonica pour devenir réellement des « évêques catholiques ».



En attendant cette réintégration dans le collège épiscopal, il est logique qu’ils remplissent leur apostolat d’urgence: conférer des sacrements et ordinations, permettant ainsi à la liturgie traditionnelle de l’Eglise latine de survivre, et demeurer à disposition comme nourriture spirituelle consistante pour les générations actuelles et de demain. Et ce jusqu’à ce que les autorités abandonnent leur funeste projet et donnent les garanties suffisantes.
images/icones/pelerouin1.gif  ( 1003579 )Pas d'accord ! par Jean-Paul PARFU (2026-07-26 21:16:31) 
[en réponse à 1003577]

Moi, je dis que ces évêques appartiennent au collège des évêques de l’Eglise universelle. Il y appartiennent pleinement par la foi, l'espérance et la charité. Ils y appartiennent parce que l'Eglise supplée en cas de nécessité !
images/icones/iphone.jpg  ( 1003586 )Non par Signo (2026-07-27 00:00:28) 
[en réponse à 1003579]

Ce n’est ni à vous ni à moi de fixer les critères d’intégration au collège apostolique. Ces critères sont fixés par l’Eglise.

On est admis dans le collège épiscopal par ce collège lui-même, et cette intégration se manifeste soit par une décision du pape, soit par celle d’au moins trois évêques membres du collège avec consentement au moins tacite ou supposé du pape.

Dans le droit canonique actuel, cette intégration s’effectue par une décision du pape, que cela vous plaise ou non.

En aucun cas la pratique des vertus théologales ne sont un motif suffisant pour être agrégé au collège des évêques.

Pour exercer l’épiscopat catholique dans sa plénitude, il faut être évêque materialiter (c’est à dire avoir reçu validement la consécration épiscopale) ET formaliter, c’est à dire avoir été admis dans le collège universel des évêques (et selon la tradition, pour exercer l’épiscopat dans sa plénitude traditionnelle il faudrait même avoir une chaire épiscopale, c’est à dire exercer le munus regendi à travers une missio canonica, c’est à dire une juridiction sur une partie du Peuple de Dieu).

Ces évêques consacrés illicitement sont donc des évêques catholiques materialiter mais pas formaliter.
images/icones/fleche2.gif  ( 1003590 )A moins par Jean-Paul PARFU (2026-07-27 03:20:12) 
[en réponse à 1003586]

Que l'Eglise supplée.
images/icones/mitre4.png  ( 1003618 )Ecclesiavacantisme ???? par Cléopas (2026-07-27 15:08:37) 
[en réponse à 1003586]

Après le sedevantisme ou le sedeprivationisme va-t-on devoir distinguer les évêques tradis ecclesiavacantistes (comme Mgr Faure et la lignée de Mgr Williamson) des évêques ecclesiavacantistes comme les six de la FSSPX ?
images/icones/mitre4.png  ( 1003619 )Ecclesiaprivationistes par Cléopas (2026-07-27 15:13:12) 
[en réponse à 1003618]

Ecclesiaprivationistes du côté St Pierre X, pour être plus exact...
images/icones/mitre4.png  ( 1003620 )oups par Cléopas (2026-07-27 15:15:17) 
[en réponse à 1003619]

du côté St Pie X
(C'est mon correcteur d'orthographe qui fait des lapsus révélateurs).
images/icones/iphone.jpg  ( 1003554 )Vous confondez démonstration et avis personnel par Vincent F (2026-07-26 17:18:33) 
[en réponse à 1003543]


L'article démontre, avec des sources à l'appui, que la situation de l'Église ukrainienne en 1977 — bien que tragique — ne présentait pas le péril imminent pour la Foi que traverse l'Église latine aujourd'hui.



L’auteur ne démontre rien il donne son avis personnel.
images/icones/iphone.jpg  ( 1003544 )Oui mais par Signo (2026-07-26 14:49:44) 
[en réponse à 1003538]

Effectivement il est maladroit et presque scandaleux de remettre en cause l’intégrité du cardinal Slipyj, qui est un grand confesseur de la foi et qui fait honneur à l’Eglise.

Il n’en reste pas moins que les sacres de 1977 sont un précédent valable pour justifier ceux de 2026.

Vous invoquez le fait que les consacrés de 1977 n’ont exercé aucun apostolat; c’est un élément important mais distinct de l’acte de sacrer en lui-même. C’est un élément de contexte, qui n’apporte rien à la nature de l’acte en lui-même.

Je pense avoir démontré de manière convaincante, à partir de ce précédent mais aussi en m’appuyant sur la discipline et le Magistère de l’Eglise qu’il est possible, dans certains cas extrêmes, de sacrer des évêques non seulement sans mandat, mais même contre la volonté (explicite ou supposée) du pape.

Ensuite, il n’y aurait rien eu de scandaleux à ce que les évêques de Mgr Slipyj aient un apostolat clandestin. S’ils n’en ont pas eu, c’est parce que cela n’était pas indispensable à court terme. C’était des évêques « de réserve », « au cas où ». Ils n’étaient pas les derniers évêques gréco-catholiques.

Dans le cas des évêques latins de 1988 et 2026, le contexte est différent. En 1988, Mgr Lefebvre était le dernier évêque ordonnant librement des prêtres dans le rite traditionnel. Ne pas sacrer aurait signifié la disparition à terme du rite latin traditionnel dans l’Eglise. La situation est la même en 2026 du fait de Traditionis Custodes, qui, je le rappelle avec insistance, exprime ouvertement le projet d’une disparition complète du rite traditionnel, les autorisations ne demeurant que de manière provisoire, le temps nécessaire pour que clercs et fidèles acceptent le ralliement au nouveau rite. Autrement dit, le rite latin traditionnel est condamné à disparaître. Je ne sais pas en quelle langue il va falloir le répéter pour que cela rentre dans toutes les têtes (le slavon peut-être?). Il suffit pourtant de savoir lire…

Donc oui, pour cette raison (et cette raison uniquement; pas pour les raisons invoquées par la FSSPX), les sacres du 1er juillet étaient légitimes car répondant à un état de nécessité réel.

Ensuite vous avez raison, les évêques issus de ces sacres illicites (1977, 1988 et 2026) ne seront pas des évêques exerçant la plénitude de l’épiscopat catholique. Ce sont des évêques a minima, des évêques d’urgence, des « roues de secours ». Une roue de secours permet en cas de crevaison de gagner le garage le plus proche, elle ne permet pas de rouler de manière permanente sur des centaines de kilomètres. Donc les évêques ainsi sacrés ont vocation à être intégrés au collège épiscopal par le pape et à recevoir une mission canonica pour devenir réellement des « évêques catholiques ».

PS: une de vos affirmations est inexacte : « il n'y a aucun dogme catholique qu'un orthodoxe ne puisse accepter. ».
Les orthodoxes n’accepteront jamais l’Immaculée Conception et encore moins l’Infaillibilité pontificale comme des dogmes.
C’est l’inverse qui est vrai: tous les dogmes positivement confessés par les orthodoxes sont acceptables pour les catholiques. Le problème n’est pas dans ce qu’ils confessent mais dans ce qu’ils nient.
images/icones/fleche3.gif  ( 1003552 )Par rapport à votre post scriptum par Ludwik (2026-07-26 16:39:34) 
[en réponse à 1003544]

Ce n'est pas mon affirmation qui est inexacte, mais celle de Soloviev alors.

Ce qui est dit: les dogmes catholiques sont la systématisation de ce qui est déja cru (implicitement) par les orthodoxes. Ou encore: un orthodoxe logique adhére à l'Immaculée conception, à l'Assomption et même à la primauté de Pierre, et à bien plus d'ailleurs.
Libre à vous d'être en désaccord avec cette phrase, qui est une vue catholique de la situation.

PS: hier c'était la fête de la dormition de Sainte Anne; d'une certaine maniére la mariologie byzantine, telle que la Liturgie nous l'enseigne; est plus dévellopée que la mariologie latine.

images/icones/iphone.jpg  ( 1003598 )[réponse] par Signo (2026-07-27 09:27:21) 
[en réponse à 1003552]

Les trois doctrines que vous évoquez doivent être évoquées chacune isolément.

Les orthodoxes croient déjà à l’Assomption qu’ils nomment Dormition. C’est le même mystère, exprimé avec un langage théologique et une iconographie différents.

L’Immaculée Conception, c’est plus complexe. Ici il faut relire les écrits de certains théologiens comme le P. Bouyer qui a déconstruit certains malentendus théologiques et montre que les positions catholiques et orthodoxes sur la question de la conception immaculée de la Vierge ne sont pas si éloignées que cela et sont même compatibles l’une avec l’autre quand on étudie les choses de près. Mais cela suppose de se défaire d’une certaine attitude des Orthodoxes à vouloir à tout prix se distancer des positions catholiques en durcissant les différences théologiques, qui sont pourtant nettement moins importantes quand on étudie les choses avec nuance et finesse.

Concernant la primauté de Pierre et donc de l’évêque de Rome, il semble que la position orthodoxe est souvent caricaturée et excessivement simplifiée (même par les orthodoxes eux-mêmes). En écoutant certaines vidéos de la chaîne you tube Foi patristique, je me suis rendu compte qu’en réalité les Orthodoxes admettaient bien une primauté romaine non seulement d’honneur mais aussi de juridiction dans une certaine mesure. De fait c’était bien la pratique de l’Eglise durant le premier millénaire. Là où réside le désaccord c’est sur le sujet de la nature divine de cette primauté (pour eux c’est une primauté de droit seulement ecclésiastique) et donc sur le droit du pape à définir la foi et à proclamer des dogmes indépendamment des conciles œcuméniques.
images/icones/fleur.gif  ( 1003556 )Merci beaucoup Signo par Chouan (2026-07-26 17:43:20) 
[en réponse à 1003544]

Vous m'avez donné l'argument décisif qui justifie les sacres de 2026 : la volonté manifeste et explicite via TC d'éradiquer le Vetus Ordo. Je n'étais pas convaincu totalement par les arguments de la FSSPX. En même temps je sentais intuitivement qu'il fallait sortir de cette situation...

"La situation est la même en 2026 du fait de Traditionis Custodes, qui, je le rappelle avec insistance, exprime ouvertement le projet d’une disparition complète du rite traditionnel, les autorisations ne demeurant que de manière provisoire, le temps nécessaire pour que clercs et fidèles acceptent le ralliement au nouveau rite. Autrement dit, le rite latin traditionnel est condamné à disparaître. Je ne sais pas en quelle langue il va falloir le répéter pour que cela rentre dans toutes les têtes (le slavon peut-être?). Il suffit pourtant de savoir lire…

Donc oui, pour cette raison (et cette raison uniquement; pas pour les raisons invoquées par la FSSPX), les sacres du 1er juillet étaient légitimes car répondant à un état de nécessité réel."
images/icones/carnet.gif  ( 1003567 )J'ajoute par Chouan (2026-07-26 19:32:13) 
[en réponse à 1003556]

que plusieurs prêtres "ralliés" (au sens large), mais conscients de la menace qui pèsent sur eux, partagent cet argument privatim
images/icones/1d.gif  ( 1003548 )La FSSPX vous lit Ludwik par Jean-Paul PARFU (2026-07-26 15:42:59) 
[en réponse à 1003538]

Et lit le Forum !

C'est vraisemblablement en lisant votre post sur le FC que la FSSPX a pensé à en faire un argument.
images/icones/fleche3.gif  ( 1003550 )Vous y êtes presque par Ludwik (2026-07-26 15:58:08) 
[en réponse à 1003548]

Il y a quelques années, je suis allé à la basilique Sainte-Sophie des Ukrainiens, à Rome, accompagné d'un très saint prêtre de la FSSPX.

Dans la petite librairie attenante se trouvaient, en italien, les *Mémoires* de Joseph Slipyj.

Ce saint prêtre, qui gardait des souvenirs personnels de Joseph Slipyj, les acheta et les dévora.

L'épisode des sacres de 1977 l'intéressa particulièrement. Ce saint homme répandit alors l'idée...

Je regrette simplement que l'auteur de ce mauvais article n'ait pas la culture de ce saint homme.

Ce prêtre exceptionnel (le saint, pas le rustre, vous me suivez?) lit ce forum ; je l'embrasse donc tout particulièrement. Et surtout, qu'il ne croie pas que j'en veuille à la FSSPX.

Hélas, ses prières n'ont pas suffi à améliorer mon caractère.
images/icones/mitre4.png  ( 1003549 )Le cas de Mgr Korec par Jean-Paul PARFU (2026-07-26 15:57:05) 
[en réponse à 1003538]

Ján Chryzostom Korec, né le 22 janvier 1924 à Bošany (Slovaquie) et mort le 24 octobre 2015, est un prélat jésuite slovaque, sacré évêque clandestinement en 1951, tout en travaillant comme ouvrier dans un laboratoire chimique. Il reçoit le diocèse de Nitra en 1990, et est fait cardinal en 1991.

C'est à lire ici
images/icones/nounours.gif  ( 1003558 )Il faut grandir Ludwik par Jean-Paul PARFU (2026-07-26 17:49:52) 
[en réponse à 1003538]

Ce n'est pas parce qu'on n'est pas d'accord avec votre papa ou votre maman qu'on est un méchant !
images/icones/coeur.gif  ( 1003561 )Je vous retourne par Ludwik (2026-07-26 18:05:19) 
[en réponse à 1003558]

Cette réflexion est aussi profonde que drôle.

Et puis j'en ajouterai deux autres :

* Je ne sache pas que la FSSPX compte beaucoup de martyrs ou de prêtres emprisonnés pour autre chose que des affaires de mœurs.
Cela devrait donner un peu plus d'humilité à ces prosateurs et commentateurs impenitents.

* La mauvaise prose de l'Italien m'en rappelle d'autres, celles de prêtres autrefois fort sévères, qui font maintenant de la permaculture avec leur conjointe. Autant dire que ce n'est pas le destin que je souhaite à ce pauvre prêtre. Mais il est clair, ici, qu'il s'agit d'un article de commande et que son auteur ne connaît absolument rien au sujet qu'il traite.

L'article de l'abbé de Cacqueray, lui, était honnête.

P.s.: vous ai-je dit que je vous aime ?
images/icones/1y.gif  ( 1003563 )Vos protestations par Jean-Paul PARFU (2026-07-26 18:46:54) 
[en réponse à 1003561]

réitérées "d'amour", non seulement sont étranges et déplacées, prouvent aussi en réalité une grande irritation notamment à mon égard, mais sont enfin le signe du fait que vous vous croyez supérieur et donc de votre immense présomption !
images/icones/coeur.gif  ( 1003570 )Et pourtant... par Ludwik (2026-07-26 19:56:59) 
[en réponse à 1003563]

Je vous aime.
images/icones/4a.gif  ( 1003575 )Vous êtes par Jean-Paul PARFU (2026-07-26 20:30:00) 
[en réponse à 1003570]

Un grossier personnage !
images/icones/coeur.gif  ( 1003578 )Nous voilà deux par Ludwik (2026-07-26 20:40:36) 
[en réponse à 1003575]

Que voulez vous je me met à votre niveau.
images/icones/carnet.gif  ( 1003673 )Comparaison spécieuse par Regnum Galliae (2026-07-29 14:04:47) 
[en réponse à 1003561]

La FSSPX est née il y a 50 ans et est essentiellement active dans des pays où il n'y pas de persécution physique contre l'Eglise.
En revanche, la FSSPX transmet le sacerdoce latin traditionnel et celui-ci a toujours été à la pointe de la fidélité à Notre Seigneur dans les persécutions. Plus que le christianisme oriental qui a largement fini par faire schisme ou apostasier en faveur d'Allah.
images/icones/croix_byzantine.png  ( 1003678 )Si je ne peux même plus me disputer par Ludwik (2026-07-29 17:04:06) 
[en réponse à 1003673]

En privé avec JPP !

Par ailleurs, votre post est aussi un peu spécieux.

Tous les développements théologiques, notamment christologiques, du premier millénaire viennent d'Orient.
Le schisme n'était pas écrit d'avance et il est dû, du moins dans sa persistance, en grande partie aux conditions historiques et politiques.
L'échec pratique de Florence étant lié directement à la prise de Constantinople par les turcs.

Les Espagnols, sous le joug arabo-musulman, se sont, par exemple, convertis plus massivement à l'islam que les Grecs ou les balkaniques après la chute de Constantinople.
J'ajoute que, pendant près de cinq siècles, l'ensemble des Églises dites orientales a vécu sous domination musulmane, en l'occurrence ottomane.
Une seule exception : la Moscovie, qui deviendra la Russie, mais dont l'Église est contrôlée par un pouvoir qui l'asservit et l'instrumentalise.
Je rappelle que de 1721 jusqu'en 1917, il n'y avait plus de patriarche, mais un Saint-Synode pour gouverner cette Église, synode présidé par un ober-procureur, un laïc nommé par l'empereur.

Bref, les conditions historico-politiques du deuxième millénaire ont été bien différentes pour l'Orient chrétien, ce qui ne rend que plus remarquable sa fidélité.
Il n'est d'ailleurs pas dit que la roue de l'histoire ne tourne pas à nouveau, car si la crise actuelle touche toutes les Églises, elle atteint d'abord les protestants, puis les catholiques latins.

Sur la question des martyrs, je pense que vous faites complétement erreur : il n'y a pas eu de persécutions de masse en Occident de 313 à 1791 (hors territoires de mission), les persécutions en Angleterre pour cruelles qu'elles fussent furent d'une ampleur bien moindre.

Les chrétiens d'Orient ont payé un tribut bien plus lourd tout au long des siècles, puis de nouveau pendant la période soviétique.

Et si, plus précisément, on s'intéresse à l'Église catholique, alors seule l'Église espagnole peut « concurrencer » l'Église ukrainienne en termes de nombre de martyrs pour la période contemporaine. Et encore, il y aurait beaucoup à dire.
En rappelant que l'Église espagnole comptait un nombre de fidèles bien supérieur à celui de l'Église ukrainienne, que des siècles d'épreuves avaient fini par réduire à trois (ou quatre) diocèses.