[réponse] par Réginald 2026-03-30 10:43:50 |
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Célébrer la Résurrection le samedi matin, comme c’était devenu l’usage par commodité au fil des siècles, créait un divorce entre le signe et le rite. On chantait le Lumen Christi en plein soleil et l'on proclamait la Résurrection alors que le Christ était censé être encore au tombeau selon le comput des trois jours.
Le paradoxe est là : pour retrouver la force du symbole il a fallu accepter de bousculer la régularité du cycle des Heures. Je considère donc que la cohérence symbolique du rite peut justifier certains réaménagements.
En faisant de la Vigile le cœur de la célébration, Pie xii a voulu que le sacrement lui-même (la Messe de la Résurrection) soit l’événement qui traverse la nuit et l’illumine.
Certes, Pâques perd certaines articulations traditionnelles, comme ses premières vêpres ou ses matines classiques. Mais elle gagne une unité d’action : on ne célèbre plus la Résurrection par anticipation, mais dans la dynamique même de la nuit pascale. Ce qui peut apparaître “anormal” au regard d’un agencement hérité devient ainsi cohérent si l’on considère la logique symbolique d’ensemble : celle de la lumière surgissant au cœur des ténèbres.
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