Sermon de Mgr Fellay au Séminaire ST Thomas d'Aquin par DumVolviturOrbis 2026-02-09 11:52:03 |
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Le dimanche 8 février 2026, à partir de la 36e minute (traduction non officielle) :
Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Amen.
Chers séminaristes et chers fidèles,
Au début de cette semaine, en la fête de la Purification de la Bienheureuse Vierge Marie et de la Présentation de Notre-Seigneur, notre cher Supérieur général a annoncé qu’il avait demandé aux évêques au service de la Fraternité de consacrer de nouveaux évêques.
Il n’est pas difficile de comprendre, étant donné la gravité de la chose, que cette annonce ait provoqué de nombreux sentiments contradictoires, entre ceux qui se sentent soulagés et ceux qui sont profondément effrayés.
Tout d’abord, cette affaire est en effet très grave. Un tel acte ne peut être justifié que par une situation proportionnée. Ce n’est ni par plaisir ni par caprice que nous procédons à des consécrations épiscopales, même si Rome dit non.
Un tel acte ne peut être compris et justifié qu’à l’intérieur d’un problème majeur dans l’Église que nous appelons une crise. Il y a une crise dans l’Église. Notre Mère la Sainte Église a besoin d’autorité, et nous disons avec l’Église que le Saint-Père, le pape, possède l’autorité suprême sur la terre — suprême voulant dire la plus haute autorité. Nous adhérons totalement à ce principe, et de tout cœur nous voulons le suivre.
En même temps, nous maintenons — et ce n’est pas de l’idéalisme mais simplement les faits — que la réalité devant nous doit être jugée à ses fruits.
Comme dans toute organisation humaine, y compris l’Église, le point dominant est la finalité. Or cette finalité a été donnée par le fondateur de l’Église, Notre-Seigneur lui-même : le salut des âmes. C’est pour cela qu’il est venu sur terre. C’est pour cela qu’il s’appelle Jésus, le Sauveur.
Il a confié cette mission à son Église et lui a donné les moyens proportionnés à cette fin surnaturelle : la foi et la grâce, communiquée principalement par les sacrements.
C’est pourquoi nous disons et maintenons comme un dogme qu’en dehors de l’Église catholique il n’y a pas de salut. Sans la foi, il est impossible de plaire à Dieu, d’être justifié, d’être sauvé.
Dieu a donné à l’Église catholique le privilège de l’infaillibilité afin que la révélation soit transmise fidèlement de génération en génération.
Notre-Seigneur a dit : « Celui qui ne croit pas est déjà condamné. »
Regardez maintenant la situation de la foi aujourd’hui dans l’Église. Déjà au début de son pontificat, Jean-Paul II disait que les hérésies étaient répandues à pleines mains dans les universités catholiques.
Plus de cinq cents théologiens se sont rebellés contre Rome. Le cardinal Ratzinger, alors préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, décrivait cette théologie moderne ainsi : elle nie le Créateur en le remplaçant par l’évolution ; elle nie la divinité de Notre-Seigneur en le présentant comme un simple révolutionnaire mort sur la croix ; elle nie l’enfer et le ciel en affirmant que le paradis est sur terre.
Regardez aujourd’hui la catéchèse. Des catholiques ne connaissent même plus le Notre Père. Ils ne croient plus à la présence réelle dans le tabernacle.
Je pourrais multiplier les exemples pendant des heures : non pas des gens mauvais, mais de bonnes personnes privées des fondements mêmes de la foi.
L’esprit missionnaire a disparu, car on prétend maintenant que tout le monde peut être sauvé dans n’importe quelle religion. Le pape François a même osé dire que la pluralité des religions est voulue par Dieu.
Paul VI parlait déjà de la fumée de Satan entrée dans le temple de Dieu. Il disait qu’une mentalité non catholique pouvait dominer dans l’Église.
Que voulons-nous dire quand nous parlons d’état de nécessité ou d’urgence ? Nous parlons d’une situation où ceux qui sont responsables ne sont plus capables d’accomplir leur devoir.
Ce n’est pas une question de mauvaise volonté, mais d’incapacité de fait. Comme des pompiers sans carburant ou une ambulance accidentée qui ne peut plus secourir.
Dans un état d’urgence, quiconque peut aider doit aider. Ce n’est plus une question de justice, mais de charité.
J’ai personnellement dit au pape que la vie catholique normale était devenue largement impossible dans l’Église, et que c’est pour cela que prêtres, religieux et fidèles viennent à nous demander secours. Rome ne l’a pas nié.
La confusion est telle qu’une autorité contredit l’autre. Certaines congrégations romaines condamnent ce que d’autres approuvent.
Même Benoît XVI a parlé d’un « concile des médias » qui a supplanté le vrai Concile.
Mais qui a écrit les textes sinon les évêques et les papes ?
Cette situation de désorientation a été annoncée dès 1958 comme une « désorientation diabolique dans la hiérarchie ».
C’est dans ce contexte que Rome continue à nous demander d’accepter des doctrines qui détruisent l’Église, et nous ne pouvons pas.
L’autorité n’est pas absolue : elle est ordonnée à la vérité et au salut des âmes. Lorsqu’elle s’en écarte, elle devient abusive.
Quand on concentre aujourd’hui l’énergie de l’Église sur l’écologie plutôt que sur le salut des âmes, quand on bénit des unions pécheresses et qu’on invite leurs membres à la communion, on dévie de la mission de l’Église.
Ce que nous faisons par les consécrations épiscopales est une opération de survie.
Les fidèles ont droit à la foi et aux sacrements.
Ne paniquez pas. Restez dans la paix. La Providence divine nous guide.
Ce n’est pas une rébellion, ce n’est pas la création d’une Église parallèle. Nous restons catholiques.
Demandons l’intercession de la Très Sainte Vierge Marie, de saint Joseph, de saint Pie X, de saint Pierre et de saint Paul pour l’Église entière.
Amen.
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