précisions par Réginald 2026-01-11 21:32:44 |
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Je vous remercie pour ces précisions sur Vix pervenit. Mais l’histoire ne s’arrête évidemment pas en 1745.
Les développements ultérieurs — notamment les décisions de la Pénitencerie au XIXᵉ siècle et surtout l’intégration de la question dans le Code de droit canonique de 1917 (canon 1543) — sont à cet égard particulièrement éclairants.
On y observe non pas un abandon du principe traditionnel, mais sa formalisation juridique dans un contexte économique profondément transformé : le Code maintient l’idée que le mutuum pris en lui-même ne fonde aucun droit au profit, tout en reconnaissant explicitement qu’un profit légal et proportionné peut être stipulé lorsqu’existent des titres justes.
Il est également significatif que, dès la fin du XIXᵉ siècle, la Pénitencerie ait autorisé l’absolution sans condition dans les cas de prêts à intérêt conformes aux usages civils, manifestant ainsi que la discipline sacramentelle peut s’adapter pastoralement avant que la théorie morale ne soit pleinement stabilisée.
Des moralistes comme le jésuite Arthur Vermeersch ont précisément expliqué ce mouvement non comme un changement de doctrine, mais comme la reconnaissance du fait que la financiarisation de l’économie avait introduit, de manière quasi générale, des titres extrinsèques réels (lucrum cessans, risque, coût du temps), modifiant la qualification morale concrète du prêt.
Il me semble que nous avons là un cas d’école de développement organique :
a) le principe moral demeure (le prêt pur ne fonde pas en soi un droit au profit) ;
b) l’analyse de la réalité objective s’affine (la détention et la cession de capitaux impliquent désormais presque toujours un manque à gagner réel) ;
c) en conséquence, la discipline juridique et pastorale s’adapte, sans que le principe soit renié.
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