Messages récents | Retour à la liste des messages | Rechercher
Afficher la discussion

Eléments de réponse rapide, trop rapide
par baudelairec2000 2026-01-11 20:47:29
Imprimer Imprimer

Bonsoir Reginald.

Après avoir rappelé qu'il puisse y avoir des titres extrinsèques à réclamer quelque chose en plus de la somme remboursée, Benoît XIV ajoute ceci:

"Il faut cependant considérer avec attention qu’il serait faux et téméraire de croire qu’on peut toujours trouver et disposer, d’autres titres légitimes avec le prêt, ou bien, indépendamment du prêt, d’autres contrats justes. De sorte que, moyennant ces titres et ces contrats, chaque fois qu’on prêtera à quelqu’un de l’argent, du blé ou toute autre chose de cette sorte, il serait toujours permis de recevoir un surcroît modéré en plus de la totalité du capital prêté. Cette allégation est – sans doute aucun – contraire non seulement aux enseignements divins et au sentiment de l’Eglise catholique sur l’usure, mais encore au sens commun et à la raison naturelle. En effet, personne ne peut ignorer qu’en de nombreuses occasions l’homme est tenu de secourir son prochain par un prêt simple et nu, puisque le Christ, Notre Seigneur, l’enseigne lui-même : « A qui te demande donne, et de qui veut t’emprunter ne te détourne pas. » (Mt 5.42), et qu’en certaines circonstances il n’existe – en dehors du prêt – aucun autre contrat qui soit véritable et juste. Par conséquent, si un homme qui désire une règle pour sa conscience, il lui faut d’abord examiner d’abord avec soin s’il existe véritablement avec le prêt un autre titre légitime, ou s’il peut passer un autre contrat juste que le contrat du prêt en vertu duquel il pourra, sans craindre d’offenser Dieu, se procurer un profit honnête."

Rappelons que ce document s'adressait aux seuls évêques italiens; Vix pervenit entend répondre à la question de savoir si la ville de Vérone pouvait emprunter à un taux de 4%. Ainsi il semblerait que ce texte n'est pas revêtu de l'infaillibilité. Il faudra attendre le décret de la Sacrée Pénitencerie du 11 février 1832 pour que les dispositions de Vix pervenit soient étendues à l'Eglise universelle. Une recherche dans le Denzinger permettrait d'affiner ce point.

Il me semble qu'une réflexion sur l'usure doit prendre en compte les intentions du prêteur et les dispositions de celui à qui un tel prêt est consenti. L'avarice, du moins la convoitise, ne pourrait-elle pas expliquer les motivations des deux parties qui passent le contrat? Le don - ou toute action qui relèverait de la charité - n'est-il pas préférable au prêt à intérêt lorsqu'on est chrétien? Le prêteur, et combien plus un organisme financier, rend-il, toujours, service à celui qui demande un prêt? Ce dernier ne voudrait-il pas d'une certaine façon vivre au-dessus de ces moyens et avoir ainsi accès à des biens qui pourraient bien dépasser sa condition?


     

Soutenir le Forum Catholique dans son entretien, c'est possible. Soit à l'aide d'un virement mensuel soit par le biais d'un soutien ponctuel. Rendez-vous sur la page dédiée en cliquant ici. D'avance, merci !


  Envoyer ce message à un ami


 Vix pervenit par Réginald  (2026-01-11 17:13:04)
      Les conditions économiques ont changé par Meneau  (2026-01-11 18:34:06)
      Sur les prêts avec intérêts par Jean-Paul PARFU  (2026-01-11 18:48:11)
          Et dans les archives du FC par Meneau  (2026-01-11 19:02:51)
          [réponse] par Réginald  (2026-01-11 19:05:22)
              Titres extrinsèques par baudelairec2000  (2026-01-11 21:04:48)
                  [réponse] par Réginald  (2026-01-11 21:43:50)
      Eléments de réponse rapide, trop rapide par baudelairec2000  (2026-01-11 20:47:29)
          précisions par Réginald  (2026-01-11 21:32:44)
          dernier point par Réginald  (2026-01-12 07:56:55)


149 liseurs actuellement sur le forum
Mentions Légales
[Valid RSS]