Position des fidèles durant la liturgie de la messe par Signo 2025-12-22 10:17:12 |
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Je réagis aux propos un peu relativistes tenus par l’abbé Célier durant le dernier Marathon du Club des hommes en noir (Voir à partir de 01:31:22) concernant la question de la position des fidèles durant la liturgie, et notamment durant la messe.
Certes, ces positions relèvent de la coutume et non de la rubrique, et il faut refuser tout embrigadement des fidèles qui doivent rester libres sur ce point (ce qui, au passage, implique de refuser l’usage du claquoir). Mais la liturgie étant une expérience totale qui engage l’homme tout entier, y compris donc dans sa dimension corporelle, et les différentes positions ayant un sens théologique, cette question ne doit pas être sous-estimée.
Le curieux phénomène du doublage de certaines prières dans la pratique du missel de 1962, qui à mon avis n’est pas consubstantiel à la liturgie traditionnelle, a pour conséquence que le prêtre, et donc les fidèles, s’assoient durant le Gloria et le Credo. Ce qui me paraît contestable et relever d’une évolution regrettable et surtout relativement récente. Comment peut-on chanter la gloire de Dieu ou proclamer la foi catholique en étant… assis?
Sans être spécialiste de la question, il me semble que ce qui devrait être pratiqué dans ce domaine correspond au raisonnement suivant (les liseurs plus érudits pourront confirmer ou corriger):
Selon la tradition la plus ancienne, la seule attitude liturgique pour le clergé comme pour les fidèles est la position debout; la position à genoux dans une moindre mesure.
La position assise n’est pas une position liturgique, sauf pour l’évêque quand il préside une liturgie pontificale (d’où l’usage de la cathèdre, du trône ou du faldistoire).
De toute façon, il semble que les chaises et bancs ne font leur apparition dans les églises catholiques qu’à partir du XVIIe siècle, et probablement par contamination du protestantisme. Cela signifie que durant les 1700 premières années de l’histoire de l’Eglise, les fidèles restaient debout durant l’intégralité de la liturgie, y compris pendant les lectures, et ne s’asseyaient (à même le sol) que pour écouter la prédication (qui n’était pas considérée comme liturgique au sens strict).
Pour ce qui est de la position à genoux (voire la prosternation complète), elle était dans l’Antiquité chrétienne une position de pénitence, et donc à ce titre interdite les dimanches, durant le temps pascal et pour les grandes fêtes. En effet la position debout symbolise l’homme ressuscité.
En Occident seulement, le sens de la position à genoux s’est enrichi et s’est mis à exprimer aussi l’adoration.
En résumé, il me semble que la position des fidèles durant une messe chantée (simple, solennelle ou pontificale) devrait être la suivante:
De l’introït jusqu’à la fin du Sanctus, debout; par tolérance, on peut s’asseoir durant l’épître et le graduel, ainsi que pendant l’homélie et à la rigueur l’offertoire (ce qui est très contestable mais les habitudes sont trop enracinées sur ce point aujourd’hui), mais jamais pendant le Gloria, l’Evangile ou le Credo.
Après le Sanctus jusqu’au Per ipsum, à genoux ou éventuellement debout durant le temps pascal.
Debout pour le Pater;
Debout ou à genoux pour l’Agnus Dei;
A genoux pour le Domine non sum dignus et la communion.
Debout pour la Post-communion.
A noter que l’habitude courante de s’agenouiller durant l’introït est curieuse et semble relever d’une « contamination » de pratiques de la messe basse sur la messe chantée; il n’est évidemment jamais interdit de s’agenouiller mais normalement on reste debout pendant l’introït.
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