J’ai du mal à concevoir un Dieu parfaitement juste si une personne profondément bonne, charitable, animée d’un amour sincère pour les autres, mais n’ayant pas la foi au sens doctrinal, se trouvait condamnée, tandis qu’une personne croyante, dotée de la foi, mais manifestant moins de vertu, moins d’amour ou moins de justice dans sa vie, accéderait au salut.
- Il n'y a pas de raison qu'une personne profondément bonne, charitable, animée d'un amour sincère pour les autres n'adhère pas aux vérités de la foi (les enseignements d'un Dieu qui est vérité et amour), si elle est dans la condition d'avoir suffisamment connu ces vérités.
- Dans Matthieu 25, que vous avez cité ailleurs, l'Évangile enseigne précisément que la foi seule ne suffit pas au salut ; les œuvres sont nécessaires. Notez toutefois qu'avoir moins d'amour ou moins de justice ce n'est pas ne pas en avoir et que, au contraire, le fait de ne pas avoir la foi signifie ne pas en avoir du tout.
- La foi est la vertu par laquelle on croit comme vrai, par l'autorité de Dieu, ce que Dieu a révélé et que l'Eglise nous propose à croire.
- Partout l'Évangile nous rappelle de la nécessité de suivre Jésus, de nous attacher à sa doctrine, à sa Parole. Une seule fois aurait suffi, l'Évangile étant la Parole de Dieu. Mais il le fait constamment.
C'est l'Évangile qui nous dit avec amertume, à propos du Verbe de Dieu, que «
les siens ne l'ont pas reçu » et qui spéculairement, tout de suite, ajoute que «
quant à tous ceux qui l'ont reçu, Il leur a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu, à ceux qui croient en son nom » (Jean 1, 11-12).
La question que je me pose est donc moins de savoir si ces vertus sont « naturelles » ou « surnaturelles », mais comment un Dieu d’amour et de justice considère concrètement une conscience droite qui cherche sincèrement le bien, même lorsqu’elle n’arrive pas, en vérité et en conscience, à adhérer pleinement à la foi doctrinale.
Avez-vous essayé, Monsieur, de retourner la question ? Pourquoi «
une conscience droite qui cherche sincèrement le bien » choisirait-elle de ne pas adhérer aux vérités de la foi [je suppose que vous parlez des vérités de la foi lorsque vous parlez d'adhésion à la foi doctrinale], en supposant qu'elle en ait une suffisante connaissance ?
Le bon Dieu sait ce qu'Il fait et Il le fait parfaitement ; c'est nous le problème. C'est nous qui pouvons déserter de notre fin.
Nous croyons chercher Dieu avant que Lui, mais c'est Lui qui nous cherche avant que nous. Nous devons Lui dire
oui.
La conscience, la volonté, est droite et bonne parce que, faite pour le bien, elle ne dévie pas de sa fin, qui est le Bien lui-même.