Le problème… par Signo 2025-12-05 09:42:07 |
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… est que le principe de l’accès au sanctuaire (et non pas au chœur, il y a une confusion courante sur ce point, j'en avais parlé ici) réservé aux hommes a déjà été ruiné par la décision de 2021 du précédent pape d’ouvrir officiellement l’accès des femmes à l’acolytat. Au nom du fameux « effet cliquet » qui caractérise l’ambiance progressiste dans lequel nous baignons, y compris dans l’Eglise, cette évolution est probablement irréversible. Je doute qu’un pape revienne un jour dessus. Or il s’agit d’une rupture grave (je parle bien de l’acolytat, l’ouverture du lectorat aux femmes ne pose aucun problème) avec un principe plus que millénaire, partagé par toutes les Eglises apostoliques.
Cette évolution désastreuse a été rendue possible par le renversement de sens opéré par Paul VI avec Ministeria Quaedam en 1972. Alors que dans la conception traditionnelle les ordres mineurs étaient conçus par rapport au sacerdoce ministériel, dont ils constituaient des degrés progressifs, le texte de Paul VI fonde désormais l’ensemble des ministères institués sur le sacerdoce baptismal.
Une évolution intelligente et respectueuse de la tradition aurait été de distinguer, dans l’ensemble des ministères institués, ceux qui relèvent du service de l’autel des autres. Les premiers auraient pu être envisagés comme des degrés vers le sacerdoce ministériel et les seconds comme relevant du sacerdoce baptismal, distinction qui n’a pas été faite. On aurait ainsi pu ouvrir le lectorat aux femmes tout en justifiant le maintien de l’acolytat pour les hommes uniquement (ce qui a été le cas jusqu’en 2021), puisque ordonné au sacerdoce ministériel.
Un dernier point : certains prêtres diocésains courageux, généralement jeunes, essaient dans les paroisses de résister et de conserver le principe du service d’autel réservé aux garçons en distinguant les servants d’autels des « servantes d’assemblée », une création hélas un peu bancale et qui de fait n’a jamais existé dans l’histoire de la liturgie, donc à la légitimité fragile. Or depuis 2021 ces prêtres subissent une forte pression pour abandonner cette distinction et admettre les filles au service de l’autel, et de fait, même quand ils tiennent bon, ils sont désormais en porte-à-faux vis-à-vis des règles officielles et ne peuvent plus s’appuyer sur le respect des normes en vigueur pour garder la tradition. On voit clairement qu’il va être de plus en plus difficile de défendre dans le contexte de la liturgie reformée une herméneutique de continuité. C'est un argument de plus pour garder la liturgie traditionnelle et toute la cohérence qu'elle suppose.
Cette rupture des femmes ayant désormais officiellement accès au sanctuaire, s’inscrit dans un contexte plus long de désacralisation progressive de l’espace liturgique en Occident, qui avait commence des la période de la Contre-Réforme, voire dès la fin du Moyen-Age : abandon progressif de la discipline de l’arcane et de la théologie du mystère qu’elle suppose, idéologie du « vouloir voir », effacement progressif de la distinction entre le chœur et le sanctuaire, etc. Les racines de cette rupture sont anciennes en Occident.
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