Je pense par Signo 2025-10-28 13:59:51 |
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… que cela est dû au fait qu’en Occident, nous avons une liturgie traditionnelle vénérable, vraiment riche, profonde et nourrissante, mais qui a été sortie de son écosystème théologique et spirituel originel (c’est à dire l’atmosphère théologique biblique et patristique, la vie ascétique et spirituelle ancienne fondée sur l’Evangile) pour être replacée dans une perspective mondaine (d’où un certain faste de type profane et certains usages de cour princière).
Sortie de son atmosphère originelle, la ritualité traditionnelle se vide de sa substance spirituelle et s’imprègne de mentalité moderne, c’est à dire juridique et rubriciste. On cherche à accomplir les rites comme une forme de cérémonial de cour, froid et impersonnel, d’où la vie est absente, et non plus comme une célébration du mystère chrétien s’accomplissant par une mystagogie et le symbolisme, et à laquelle on doit se préparer par le jeûne, par un esprit d’humilité et la par prière continuelle. Il en résulte des cérémonies purement formelles, artificielles, protocolaires.
Il n’y a guère que dans les monastères où la liturgie traditionnelle demeure dans son bain originel, c’est à dire toute entière imprégnée de vie mystique, de spiritualité véritable. La raison en est que là elle est mise en œuvre par des hommes et des femmes qui se purifient continuellement par la vie ascétique, et qui mettent l’épanouissement de la vie spirituelle au dessus de tout, la liturgie s’intégrant totalement dans cette perspective.
Personnellement j’irai même encore plus loin et je pense que l’on peut même se demander si la « liturgie traditionnelle » telle qu’elle est célébrée dans la plupart des instituts traditionalistes séculiers est encore authentiquement traditionnelle. Car la Tradition de l’Eglise catholique et apostolique, c’est un tout, une plénitude, qui inclut, en même temps que les rites extérieurs, aussi la vie ascétique et spirituelle à laquelle ils préparent et à laquelle ils sont sensés conduire, c’est à dire la charité envers Dieu et le prochain, l’humilité véritable, la pureté du cœur, la douceur évangélique.
De la Tradition, nous avons conservé l’écorce, mais qu’en est-il de l’âme? Comme le disait le R. P. Eugène de Villeurbanne, « un traditionalisme qui a perdu la charité est-il encore traditionnel ? »
Poser la question, c’est y répondre…
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