Petite objection par Signo 2025-08-26 14:11:11 |
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Je suis d’accord bien sûr avec vous sur le fait que ceux qui s’imaginent un grand remplacement des structures diocésaines et paroisses par les traditionalistes sont dans le fantasme pur, et que d’un point de vue quantitatif, le phénomène traditionaliste est effectivement très minoritaire et localisé.
Toutefois, je pense qu’il faut comparer ce qui est comparable. D’abord, le phénomène de l’ancien rite ne concerne que l’Eglise latine (certes majoritaire et même hégémonique) et pas du tout les Églises orientales catholiques qu’il faut retrancher du total.
Ensuite on est en droit de se poser la question de l’inclusion dans l’Eglise latine des Églises non-européennes ou non occidentales: les Églises d’Afrique ou d’Asie par exemple, qui certes pratiquent le NOM mais évoluent dans un contexte culturel radicalement différent de la latinité européenne et qui n’ont pas une pratique très ancienne de la liturgie romaine (un siècle et demi, pas plus), peuvent-elles être considérées comme relevant de l’Eglise latine? Honnêtement je ne pense pas, et je pense que ce sera de moins en moins de cas à l’avenir, car l’inculturation fera émerger (on le voit avec le rite zaïrois) des liturgies 100% africaines qui n’auront plus qu’un lointain rapport avec le rite romain historique.
Soyons honnêtes, la question du rite romain traditionnel se pose surtout sur le Vieux Continent, en Amérique du Nord et en Australie, dans une moindre mesure l’Amérique latine. Ça réduit déjà nettement le total de ce qui relève de « l’Eglise latine ».
Enfin n’oublions pas que comme l’avait fait remarquer Luc Perrin, on a bien convoqué un synode des évêques sur la seule question de l’Amazonie, alors que le nombre de catholiques dans cette immense région n’est probablement pas beaucoup supérieur au nombre total de traditionalistes dans le monde; les anglicans revenus dans la communion catholique ont plusieurs ordinariats et pourtant ils sont nettement moins nombreux que les fidèles traditionalistes. Attention donc à ne pas donner l’impression d’utiliser cette question du nombre comme outil de dénigrement du monde traditionnel (ce que vous ne faites pas bien sûr mais que
d’autres font allègrement dans une optique claire de mépris et de dénigrement). D’autant que son importance relève non d’une question de nombre mais de la pertinence des questionnements qu’il pose à une Eglise universelle menacée, à force de ruptures et de course en avant progressiste, d’amnésie spirituelle et de déracinement…
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