premier défaut : séparation de facto des clercs et des fidèles à l’égard des clercs et fidèles de la forme rénovée ;
La réalité est que l’existence de l’Ordinariat ne changera rien ou pas grand-chose sur le terrain. Là où il y a des rapports avec le clergé diocésain, ces rapports continueront comme avant et rien ne les empêchera.
A la rigueur, les paroisses personnelles (NDA à Versailles, Croix Glorieuse à Strasbourg, S. Georges à Lyon, etc) pourront même demeurer diocésaines et le diocèse signera des conventions avec l’Ordinariat pour avoir des prêtres traditionnels (fournis par des communautés rattachées à l’Ordinariat ; ce pourrait être le cas des MMD qui verraient ainsi leur situation débloquée concernant les ordinations). Et là où il n’y a déjà peu ou pas de relations, l’existence de l’Ordinariat n’aggravera strictement rien.
- second défaut : première étape vers une marginalité pouvant à terme conduire vers un schisme ?
La marginalité existe déjà et l’ordinariat favorisera au contraire à la fois l’apaisement des tensions et l’intégration des communautés traditionnelles dans l’Eglise universelle, qui se fera via leur Ordinaire en communion avec les autres évêques et le Siège apostolique (je précise que ce dernier devra à la fois de préférence être issu du monde traditionnel, et accepter de concélébrer avec le pape et les autres évêques). A partir du moment où les communautés traditionnelles auront leur propre évêque qui veille sur eux, garanti leurs droits et plaide leur cause auprès des autres évêques et du pape, il n’y a plus aucune raison de craindre un schisme puisqu’elles auront une place à part entière et avec l’intégrité des livres anciens dans l’Eglise. C’est au contraire si il n’y a pas d’Ordinariat qu’un schisme est à craindre car la FSSP ou l’IBP par exemple n’accepteront jamais les ordinations dans le nouveau rite, donc si l’interdiction
déjà existante du Pontifical venait à être appliquée rigoureusement, ces communautés pourraient être tentées de se faire ordonner par des évêques sans statut canonique (FSSPX ou autre).
second avantage : plus de difficultés pour créer et gérer des institutions (séminaires voire universités)- ce second avantage n’est pas absolument certain
Enfin, l’Ordinariat permettra à la vitalité de la vie religieuse traditionnelle de se déployer plus largement et dans une parfaite régularité, car il pourra ériger de nouvelles sociétés de vie apostolique ou de nouveaux instituts de vie consacrée, etc. Cela permettra de régulariser, d’encadrer et de favoriser les petites fondations et communautés monastiques actuellement sans statut canonique (et donc sans régulation ecclésiale), ce qui permettra de rassurer et d'encourager les éventuelles vocations tout en évitant les dérives de communautés en « roue libre ».