Distinctions par Signo 2025-08-20 17:09:14 |
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Le post auquel vous renvoyez évoquait la question du refus de la concélébration dans le nouveau rite et même l’interdiction d’y assister.
Ici le sujet mis en avant par l’abbé Barthe est le fait que depuis TC, la liturgie traditionnelle non seulement n’a plus aucune existence officielle, mais n’exprime plus la foi de l’Eglise. Ce qui est évidemment faux et inimaginable.
Ce sont donc deux sujets différents.
Je pense que dans l’idéal le clergé traditionaliste, ou a minima l’évêque de l’Ordinariat si ce dernier venait à être créé, devrait exceptionnellement concélébrer dans le nouveau rite, en présence d’un évêque seulement (ce qui ne signifie pas être biritualiste), même s’il ne faut pas en faire un absolu ni un signe obligatoire de communion. Les évêques et patriarches des Églises orientales concélèbrent bien dans le nouveau rite avec le pape lors des célébrations papales. Ils n’en sont pas biritualistes pour autant et appartiennent même à des univers rituels totalement différents.
Si demain nous avons un Ordinariat il est inimaginable que l’Ordinaire ne concélèbre pas avec le pape, alors que les patriarches des Églises orientales, donc non-latines, le font…
Par ailleurs concélébrer dans le nouveau rite signifie reconnaître qu’il est valide et légitime sur le plan canonique. Cela ne signifie en aucun cas reconnaître la légitimité et l’opportunité de la réforme liturgique, ni nier que le nouveau missel souffre de déficiences graves, sur les plans liturgique et même doctrinal. Sachant qu’un rite déficient car faible ou ambigu ne signifie pas un rite intrinsèquement hétérodoxe (ce qui est incompatible avec l’affirmation constante du magistère selon laquelle l’Eglise ne peut pas donner un rite intrinsèquement mauvais ou hétérodoxe). En revanche j’affirme que de nombreuses mises en œuvres du nouveau rite dans les diocèses sont clairement hétérodoxes et dangereuses.
De l’autre côté, le pape n’a aucun pouvoir pour nier à la liturgie traditionnelle le fait qu’elle soit une lex orandi exprimant fidèlement la lex credendi catholique, car cette valeur est intrinsèque au rite lui-même en tant que rite millénaire reçu de la tradition, et ne dépend pas de sa reconnaissance par l’autorité qui n’a que le pouvoir d’en être le protecteur, le gardien et le promoteur.
Je constate et admets à la rigueur que l’autorité ecclésiastique puisse créer un nouveau rite (peut-être y a t’il un précédent dans la création des rites d’ordres au Moyen-Age… à étudier), en revanche je lui dénie totalement le droit d’abolir un rite vénérable. A ce titre le nouveau rite est légitime dans la mesure où il vient se placer à côté du rite romain traditionnel, comme une possibilité supplémentaire, mais la « réforme » liturgique est illégitime dans le mesure où elle a prétendu abolir un rite traditionnel et le remplacer par un rite entièrement nouveau, dans le cadre de ce qui ressemble plus à une refonte complète qu’à une véritable « réforme ».
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