Les articles par Bibracte 2025-07-17 17:38:53 |
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Sont trop longs pour que je les copie intégralement, mais en résumé, la figure du P. Jérôme n'est pas mise en cause, contrairement à deux de ses disciples.
Quelques extraits :
"Que se passe-t-il donc à Sept-Fons ? Derrière l’apparente sérénité monastique, révèle l’enquête de La Croix, se cacherait un « fonctionnement sectaire » mis en place pendant plusieurs décennies autour d’un homme – le père Nicolas, au civil Francis Hennequin –, avec l’assentiment complice d’une part importante de la communauté, dont la quasi-totalité a été formée par cet ancien maître des novices. En 2022, un même diagnostic accablant avait été posé par les autorités de l’Église, dans une lettre officielle du dicastère dédié à la vie religieuse.
Trois ans après pourtant, et malgré les sanctions imposées – dont la mise à l’écart du principal responsable, qui continuerait selon nos sources d’exercer son influence –, Sept-Fons n’aurait pas évolué. « L’Église a fourni un effort considérable pour aider la communauté à se réformer. Malheureusement, le système est resté en place », appuie frère Vincent. Un haut responsable de l’ordre aurait même avoué à un frère son impuissance, attendant que « ça sorte dans les médias »."
"Le 6 août 2022, les 80 moines de Sept-Fons élisent leur nouveau père abbé, après quarante-deux ans sous le gouvernement de Dom Patrick Olive. Alors qu’un candidat est pressenti, un autre moine est finalement élu de justesse. Mais très vite, de nombreux frères dénoncent les pressions de plusieurs responsables au moment du vote. Après des soupçons de fraude, l’élection est invalidée.
Deux mois plus tard, l’abbaye reçoit du dicastère pour la vie consacrée, au Vatican, une lettre implacable, pointant des « dysfonctionnements profonds » que la visite apostolique demandée par Rome deux ans plus tôt n’avait pas révélés. Pourquoi cet apparent revirement ? Alors que les premières alertes remonteraient aux années 2000, l’élection de 2022 aurait, selon les informations recueillies par La Croix, libéré la parole d’une part importante de la communauté et le dicastère se serait soudain montré beaucoup plus sévère.
La lettre romaine fait l’effet d’une bombe. Après quelques éloges sur le « trésor de Sept-Fons », elle décrit un environnement dysfonctionnel – « duplicité », « infantilisation », « climat de peur et de réduction au silence »… –, centré sur le père Nicolas, maître des novices et tout-puissant bras droit de Dom Patrick pendant quatre décennies.
Le père Nicolas est accusé de « mensonges devenus habituels », « violence verbale », « menaces », « questions intrusives », « utilisation d’informations reçues au for interne »… À quoi s’ajoutent d’autres faits qualifiés de « moins graves », mais tout aussi stupéfiants pour un religieux : « bavardages permanents et en tous lieux », « grossièretés », « distribution excessive et partiale de cadeaux ou de suppléments de nourriture », « affranchissement (des) règles communes » ou encore « se moquer publiquement d’un évêque qui préside la messe ». Loin de l’idéal monastique affiché à Sept-Fons.
En 2018, il a même été excommunié – il aurait trahi le secret de la confession –, sanction levée à la suite d’une demande écrite de pardon et d’un intense lobbying, la communauté bénéficiant, selon nos sources, de soutiens au Vatican. Ce qui ne l’a pas empêché de maintenir ses comportements, relève le dicastère avec « consternation »."
"Gérard, postulant vingt ans plus tôt et qui s’est confié à La Croix, a subi ce qu’il qualifie de « jeu malsain ». Tour à tour flatté ou cassé par le père Nicolas, parfois en public, il trouvait refuge auprès de Dom Patrick – « il me consolait et me confessait » –, avant de comprendre que les deux hommes se disaient tout. « La discrétion a toujours été de mise entre les responsables du monastère », se défend l’ancien père abbé, décrivant des rapports avec le père Nicolas « faits de confiance, mais aussi d’une grande indépendance réciproque ».
Un autre ancien postulant, Clément, se souvient du père Nicolas le dénigrant alors qu’il était en train de prier – « c’est du chiqué ! » – puis lui hurlant dessus : « Évidemment vous avez la vocation ! » « J’étouffais littéralement », lâche-t-il. D’autant qu’à Sept-Fons la clôture n’est pas une simple barrière, mais un mur d’enceinte de plusieurs mètres de haut.
Accompagné à l’époque par un moine « doux et compréhensif, presque angélique », Clément se rend vite compte que ce dernier rapporte au père Nicolas leurs conversations « dans les moindres détails ». Aujourd’hui, le moine en question est le nouveau maître des novices du monastère."
"« Aujourd’hui encore, il y a bien des frères qui, entrant au monastère pour vivre sous le regard de Dieu, finissent par vivre sous le regard du père Nicolas », lit-on dans le témoignage du membre du conseil déjà cité. Ainsi pouvait-il dire à un novice : « La qualité de ton union à Dieu dépend de ta relation avec moi », ajoutant mystérieusement : « Pendant les trente ans à venir, il ne faudra pas l’oublier. »"
"Ceux qui sont au pouvoir à Sept-Fons sont tous des proches du père Nicolas, et lui continue de tirer les ficelles », pointe frère Alban. Théoriquement éloigné au monastère de Latroun (Israël), l’ancien père maître vient fréquemment à Sept-Fons – il y a passé deux mois de convalescence début 2025, et y était de nouveau en avril. Quand il est là, des moines, y compris novices, défilent pour le voir. Un frère dévoué fait passer ses « billets », organise des rendez-vous et aurait même procuré à certains des smartphones afin de poursuivre l’accompagnement spirituel à distance."
"À Sept-Fons, l’influence du père Nicolas se fait encore sentir jusque dans la prière commune. Dans la salle des chapitres se trouve une majestueuse statue baroque de la Vierge Marie, reproduction de Notre-Dame-de-Bonsecours (près de Nancy, d’où le père Nicolas est originaire), offerte par Dom Patrick au père Nicolas – elle aurait coûté 15 000 €. Certains soirs, la communauté s’y rassemble pour prier le chapelet à genoux. Sous l’ample manteau de Marie, le genre humain est représenté par de petites figurines, dont trois ont été resculptées : la première à l’effigie du père Jérôme (le « maître spirituel », artisan du renouveau de l’abbaye), la deuxième de frère Théophane (un jeune moine « mort en odeur de sainteté ») et la troisième de… père Nicolas."
"Voici d’autres exemples concrets de dérives et de points problématiques : alors que dans l’Église, un religieux adulte rencontre généralement son père spirituel une fois par mois, nos pères spirituels encouragent subtilement les frères à se confier à eux une à deux fois par jour. Sans compter qu’à Sept-Fons et dans les monastères sous son influence (Latroun en Israël, Badi au Sénégal, Novy Dvur en Tchéquie, Rochefort en Belgique et Chambarand en Isère), le père maître et ses assistants maintiennent cet encadrement à vie.
D’autre part, chaque jour, le père Nicolas rencontre ou appelle individuellement tous les formateurs, et il semble évident qu’il a ainsi accès aux échanges entre les frères et leurs accompagnateurs spirituels. Or, ces confidences des moines, la Règle de saint Benoît stipule que les pères spirituels ne doivent ’’ni les découvrir, ni les publier’’ ; Je sais aussi que des supérieurs peuvent contacter les médecins ou psychiatres qui suivent les frères sans en informer ces derniers."
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