Réponse par Signo 2025-05-05 20:25:25 |
|
Imprimer |
Toute la pédagogie traditionnelle, qui était celle de l’Eglise ancienne, reposait sur les notions de progressivité et d’initiation.
On ne sert pas un steak de bœuf à un nourrisson, mais du lait (la comparaison est de S. Paul lui-même), on n’envoie pas un enfant de six ans directement au baccalauréat. De même on ne donne pas les sacrements à quelqu’un qui n’a pas été initié, c’est à dire préparé. C’est du bon sens. C’est aussi le sens de la Septuagésime comme étape intermédiaire pour se préparer aux austérités du Carême, du dimanche de la Passion pour monter progressivement vers la Semaine sainte, des jeûnes des vigiles pour se préparer aux grandes fêtes, de la confession et du jeûne avant la communion, etc.
La question du Canon à haute voix est complexe. Je suis loin d’être un spécialiste de la question. Il me semble que dans les premiers siècles le Canon était dit à mi-voix, de manière à ce que seuls les ministres entourant le célébrant ne l’entendent. Mais de toute façon un voile entourant l’autel-baldaquin ou fermant le sanctuaire dissimulait le rite de consécration et il n’y avait pas d’élévation à ce moment là de la liturgie jusqu’au XIIIe siècle. C’était une logique complètement différente, fondée sur le respect du mystère bien plus que sur la visibilité et le spectacle, notions qu’il n’apparaissent qu’à la fin du Moyen-Âge.
Les Anciens avaient su méditer ce passage de Jean 9, et en traduire la profonde leçon dans leur mystagogie liturgique :
« Si vous étiez aveugles, vous n’auriez pas de péché ; mais du moment que vous dites : “Nous voyons !”, votre péché demeure.
Soutenir le Forum Catholique dans son entretien, c'est possible. Soit à l'aide d'un virement mensuel soit par le biais d'un soutien ponctuel. Rendez-vous sur la page dédiée en cliquant ici. D'avance, merci !
|