Le jeûne selon la Tradition par Signo 2025-03-05 09:29:14 |
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Merci pour vos rappels intéressants.
Pour bien comprendre les évolutions historiques du jeûne, et l’affaiblissement progressif de son sens spirituel, il faut lire Aimer le jeûne, de Dom Adalbert de Vogue (ed. du Cerf, 1988, malheureusement difficile à trouver car jamais réédité ni réimprimé). Ce dernier balaie l’idée selon laquelle l’homme moderne serait trop faible pour observer le jeûne traditionnel tel que décrit dans la Règle de S. Benoit, à savoir :
- En été, du fait de la chaleur et du travail harassant à fournir durant cette saison sous de fortes chaleurs, un repas et une ou deux collations ;
- De l’Exaltation de la Sainte Croix (14 septembre) jusqu’au mercredi des Cendres, jeûne dit monastique, à savoir un unique repas par jour, après None ;
- Durant le Carême jusqu’à Pâques, un unique repas quotidien après Vêpres.
Bien évidemment, ce calendrier s’accompagne d’une abstinence totale de viande toute l’année pour les moines (durant le Carême, dimanche compris, pour les séculiers).
Dom Adalbert de V., qui a vécu en ermite durant de longues années, a pratiqué ce jeûne (un unique repas quotidien) au point d’en faire son mode de vie. Il témoigne dans son ouvrage des bienfaits spirituels et physiologiques qu’il en a tiré. Il analyse également les évolutions, notamment à l’époque moderne, qui ont contribué d’abord à la perte du sens traditionnel du jeûne tel que pratiqué par les Anciens, puis à son abandon progressif. De fait, aujourd’hui le véritable jeûne a disparu de la plupart des communautés monastiques, même traditionnelles. En France à ma connaissance une seule petite communauté de fondation récente (traditionnelle) observe ce jeûne, et peut-être (mais c’est à confirmer) un monastère (traditionnel) récemment érigé en abbaye situé en Italie, à Nursie.
A noter que le concept de petit-déjeuner est une invention moderne et relativement récente.
Quant au jeûne eucharistique depuis minuit, il est évident que son abandon déjà bien avant le Concile a fortement contribué à la banalisation de l’Eucharistie. Il eût été bien plus pastoral de maintenir le principe traditionnel comme objectif pour tous les adultes en bonne santé et d’accorder des dérogations seulement pour les enfants, les personnes âgées, malades, etc. Du reste, nous sommes actuellement dans un mouvement de retour vers l’ascèse, notamment dans la jeunesse, avec toutes les opportunités mais aussi tous les risques que cela pose si ce mouvement n’est pas régulé par son enracinement dans la tradition.
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