1. À quelle période situer "l'autorisation" de manger du beurre, du lait, de l'huile, du fromage durant l'abstinence du Carême ?
Depuis le CIC 1917 (can. 1250), qui a notablement libéralisé la loi du Carême et qui est à ce jour toujours en vigueur (avant les dispenses de la IIe Guerre Mondiale, qui étaient a priori, mais pas toujours dans la pratique, ponctuelles et temporaires), l'usage des produits laitiers (
lacticinia) et des oeufs est permis tous les jours du Carême.
Avant 1917 les produits laitiers, comme la viande, étaient interdits pendant tout le Carême (aussi les dimanches), avec certaines dispenses, il est vrai, parfois étendues.
À première vue, l'huile (végétale) n'a pas été concernée par l'interdit en Occident autant que je sache (dans nos latitudes, mais pas en Italie ou en Espagne bien sûr, l'huile d'olives était non pas inconnue mais pratiquement inutilisée en cuisine jusqu'il y a quelques décennies, quand j'étais enfant, cela n'existait pas dans nos foyers, on avait le beurre).
Liturgiquement l'huile d'olives était bien entendu de rigueur, et importée, parfois à grands frais, jusqu'au Haut Nord (l'huile d'olives étant
ad validitatem pour la confection des Saintes Huiles).
2. D'ailleurs, ces interdictions (hormis la viande)ont-elles était vraiment respectées dans l'occident latin ? Sont-elles respectés dans les rites orientaux ? N'est-ce qu'un idéal pour les religieux, car quand on a 1 famille, c'est très difficile de tout supprimer ?
3. Quelle était la praxis avant le concile VII, dans la plupart des familles ?
Dans notre famille, on appliquait. Mes grands-mères (années de naissance '80/'90, XIXe bien entendu) étaient très strictes, et ma mère, avant que tout ne volât en l'air dans les années 60, aussi.
Certes, il y avait beaucoup de dispenses pour ceux qui travaillaient dûr (physiquement, travail des champs, ou spirituellement, enseignants, étudiants), mais ces dispenses étaient toujours personnelles, à régler avec le directeur d'âmes ou le confesseur, on ne se les arrogeait pas d'office, ce n'était pas automatique, ni acquis d'emblée.
3. Pourquoi ces aliments ne sont pas/plus considérés comme "gras"?
Libéralisation du CIC de 1917, sans doute à cause des affres de la Grande Guerre.
4. D'où tire cette origine de faire abstinence, tous rites confondus (latins, orientaux, arméniens) ?
S'agit-il d'une tradition apostolique ou tire-t-elle son origine de pratiques juives ?
Le devoir de faire pénitence et notamment de jeûner est un précepte divin, biblique et apostolique, et de ce fait inabrogreable (comparer p.ex. Lc. 5,35), à cause du stricte devoir du pécheur d'expier ses péchés.
Les modalités de cette pénitence dans la Nouvelle Alliance sont de droit ecclésiastique et peuvent être modifiées (par une autorité légitime, bien entendu), mais pas au prix de perdre toute signification réelle et tout esprit de sacrifice senti.
Enfin, à bon entendeur ...!
Bon Carême !