Deux objections au magistère du Concile de Trente par le torrentiel 2023-09-07 21:33:13 |
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Je relaye ici cette remarque d'un jésuite dans le courrier des lecteurs de "la Croix", car son auteur note deux erreursmanifestes du concile de Trente auxquelles je n'avais jamais fait attention (par méconnaissance) et sur lesquelles je serais heureux d'avoir les avis des liseurs de ce forum.
""Messe de toujours", Martin Pochon, in La Croix courrier des lecteurs, 18-8-23
À propos de la messe de toujours (La Croix du 23 juin), vous signalez que les tenants du rite exceptionnel se réfèrent à « un missel qui trouve sa source dans le contexte particulier du concile de Trente ».
C'est tout à fait juste, et c'est bien là que se situe le problème théologique, car le concile de Trente, lors de sa XXIIe session sur le sacrifice de la messe, affirme que Jésus « se déclarant prêtre établi pour l'éternité selon l'ordre de Melchisédech, (il) offrit son corps et son sang, sous les espèces du pain et du vin, à Dieu le Père ».
Ce qui constitue une double erreur : d'une part Jésus ne s'est jamais déclaré prêtre selon l'ordre de Melchisédech et, d'autre part, ce qui est plus grave, lors de la Cène, Jésus, ne s'est pas offert à Dieu son Père, mais très clairement à Pierre qui allait le renier et à Judas qui était en train de le trahir et, au petit matin, aux Hommes qui allaient le crucifier.
En voulant se distinguer des protestants, le concile de Trente a inversé le sens de la Cène. La réforme liturgique qui a suivi Vatican II a essayé de corriger cette trahison des évangiles. Le changement d'orientation du prêtre l'exprime simplement.
Tant que l'Église ne reconnaîtra pas les erreurs du concile de Trente en la matière, nous ne pourrons pas résoudre les tensions liturgiques qui déchirent notre communion.
Martin Pochon, s.j.
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