Évolution des mentalités, caritativisme et miséricordisme par Scrutator Sapientiæ 2023-06-24 11:05:46 |
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Bonjour Christiank,
Premièrement, au moins depuis la fin des années 1920 ou le début des années 1930, nous sommes souvent en présence de philosophes d'inspiration chrétienne et de théologiens catholiques qui accordent une autorité non négligeable à l'évolution des mentalités, ou à la vision qu'ils en ont.
D'après eux, l'évolution des mentalités, telle que nous la connaissons, depuis l'intérieur du monde occidental, un peu depuis Luther et Calvin, et vraiment bien plus depuis Kant, Hegel, Lamennais, Schleiermacher, fait pleinement autorité, au moins autant que l'Evangile du Ressuscité, et il appartient donc à l'Eglise catholique de faire vivre en elle une dynamique de conciliation, voire de conformation, entre l'Évangile du Ressuscité et l'évolution des mentalités.
Une grande partie de tout ce qui, au sein de la dogmatique catholique, est susceptible de ne pas cadrer avec cette dynamique peut donc être minimisé, voire dissimulé, d'où bien des hérésies cryptogames.
Deuxièmement, probablement surtout depuis 1945, nous sommes en présence de clercs qui considèrent que la charité chretienne est due non seulement aux personnes qui sont dans l'erreur en matière religieuse, mais aussi aux conceptions et aux conduites religieuses, ou aux convictions et aux pratiques religieuses qui les induisent en erreur puis les maintiennent dans l'erreur, d'où un parti pris de bienveillance sans vigilance extravagant, invraisemblable, obsessionnel, au bénéfice des confessions chrétiennes non catholiques, des religions non chrétiennes et des valeurs de la modernité libérale, dont la conception libérale de la liberté et de la vérité en matière religieuse.
Troisièmement, le "miséricordisme" évoqué à présent complète le "caritativisme" évoqué ci-dessus, en ce que, pour un catholique dont l'eschatologie est "miséricordiste", la miséricorde divine est tellement absolue, infinie, surabondante, qu'il est pleinement possible que l'enfer soit vide, ou, en tout cas, qu'il est vraiment impossible que bon nombre d'âmes humaines y aient leur domicile.
Il n'est pas sûr que tout ceci soit en rapport avec le "consumérisme médiatique", et il semble plutôt que ce soit en rapport avec la vision d'après laquelle "Dieu est amour et n'est qu'amour", alors que Dieu est amour et vérité, et avec la vision selon laquelle la miséricorde divine est souveraine, au point de ne plus être articulée avec la justice divine.
Conclusion ou résumé : les modernistes, ou néo-modernistes, ou hyper-modernistes, veulent aligner leur conception de l'Evangile du Ressuscité sur leur conception de l'évolution des mentalités, pour ainsi dire "quoi qu'il en coûte", et ils sont prêts à recourir à bien des expressions et à bien des omissions pour pouvoir y parvenir.
Le "caritativisme" orienté vers les confessions chrétiennes erronées et vers les traditions religieuses erronées, ainsi que le "miséricordisme" qui transforme l'enfer en une prison non chauffée et désaffectée, peuvent être perçus, dans le contexte de la crise de l'Eglise, comme des conséquences indirectes de ce modernisme.
Bonne journée.
Scrutator.
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