Livres en famille, partenaire du Forum catholique
Messages récents | Retour à la liste des messages | Rechercher
Afficher la discussion

Votre réflexion est gravement problématique...
par Chicoutimi 2022-05-11 04:05:46
Imprimer Imprimer

Il y a un principe de base en théologie morale qu'un catholique ne peut pas oublier: on ne peut pas faire le mal pour qu'il en résulte un bien.

Affirmer qu'être "en couple" pour les homosexuels est un moindre mal pour eux par rapport à la promiscuité, c'est minimiser le fait que ce moindre mal est tout de même un mal (même si vous le reconnaissez vous-même). C'est oublier que la chasteté est possible, avec l'aide de la grâce. C'est affirmer - contre Veritatis Splendor - l'impossibilité de suivre les Commandements. C'est établir - à l'encontre de l'enseignement de Veritatis Splendor - une opposition entre une morale ''idéale'' (qui serait impossible à pratiquer) et une morale ''vécue'' (qui ne correspondrait pas nécessairement à ''l'idéal''). Ce que vous affirmez va effectivement dans la continuité d'Amoris Laetita; c'est le ''théorème Bordeyne'' (dont nous parlions ICI à propos des bénédictions pour personnes engagées dans une union homosexuelle) mais appliquée à la question de l'adoption par les couples homosexuels. D'un point de vue catholique, ça ne tient pas la route.

Dans le pire des cas, admettons qu'un couple d'homosexuels soit le seul moyen de sauver un enfant de l'avortement, en raison de leur promptitude à prendre ce dernier sous leur garde, la moindre des justices serait de remettre l'enfant - dès que ce dernier est sain et sauf - dans les conditions lui permettant d'être adopté par un couple hétérosexuel. Car c'est une chose que de sauver un enfant de l'avortement (et vous avez raison, c'est une bonne action), mais c'est une autre chose que de garder l'enfant sur le long terme en l'adoptant (comme s'il n'y avait pas de couples hétérosexuels prêts à adopter).

Bref, qu'un couple homosexuel sauve un enfant de l'avortement, je suis bien prêt à y voir là une bonne action. Mais il n'est pas question que cette bonne action puisse servir à justifier une adoption de l'enfant par ce couple.

Au sujet de la moralité des actes, le Catéchisme de l'Église catholique est clair:


''Il est donc erroné de juger de la moralité des actes humains en ne considérant que l’intention qui les inspire, ou les circonstances (milieu, pression sociale, contrainte ou nécessité d’agir, etc.) qui en sont le cadre. Il y a des actes qui par eux-mêmes et en eux-mêmes, indépendamment des circonstances et des intentions, sont toujours gravement illicites en raison de leur objet ; ainsi le blasphème et le parjure, l’homicide et l’adultère. Il n’est pas permis de faire le mal pour qu’il en résulte un bien.'' (1756)



Enfin, il faut aussi comprendre que ce genre d'histoire racontée dans le cadre du Synode n'a pas pour but de nous faire découvrir la capacité d'une personne homosexuelle à faire le bien, mais plutôt à faire avancer un agenda. On peut même douter de l'authenticité de cette histoire. En effet, je ne connais pas les lois sur l'adoption aux États-Unis, mais dans mon pays on ne peut pas donner son enfant à qui l'on veut (sauf si c'est à l'intérieur du cercle familial). On doit passer par la médiation des services sociaux de l'État. Que ce couple ait réussi à avoir l'enfant comme ça, sans que les services sociaux n'aient été impliqués, me surprendrait (mais il est possible qu'aux États-Unis les choses se passent différemment). Certes, les services sociaux sont souvent bien décevants (et encouragent, entre autre, les adoptions par les couples homosexuels). Cependant, ce n'est pas parce que de tels services sont décevants qu'ils faillent se tourner directement vers les couples homosexuels comme si ces derniers étaient l'ultime planche de salut pour les enfants en danger d'être avortés.

Ultimement, il y a un grand oublié dans votre argumentaire: le bien de l'enfant. On fait fausse route en mettant l'accent uniquement sur le ''moindre mal'' commis par les personnes homosexuelles formant le ''couple'' alors que c'est le bien de l'enfant que nous devons prioriser. Favoriser le bien de l'enfant, c'est respecter son droit d'avoir un père ET une mère. Même le Pape François a reconnu ce droit fondamental en 2014: « Les enfants ont le droit de grandir dans une famille, avec un père et une mère, capables de créer un environnement propice à leur développement et à leur maturité affective» (Voir). Confier un enfant en adoption à un père et une mère ce n'est pas une question de préférence (comme vous le laissez entendre); c'est un droit naturel qu'un catholique se doit de respecter.

     

Soutenir le Forum Catholique dans son entretien, c'est possible. Soit à l'aide d'un virement mensuel soit par le biais d'un soutien ponctuel. Rendez-vous sur la page dédiée en cliquant ici. D'avance, merci !


  Envoyer ce message à un ami


 Synode: publication de 3 témoignages contre-natures par Chicoutimi  (2022-05-10 05:18:40)
      [réponse] par O’Dunne  (2022-05-10 09:07:54)
      Manœuvres et scandale ! par Justin Petipeu  (2022-05-10 11:35:05)
      Le Pape à répondu à James Martin par Gereo  (2022-05-10 16:00:50)
          St Benoît... par Sacerdos simplex  (2022-05-10 19:13:02)
              Jésus... par Gereo  (2022-05-10 21:33:45)
                  Votre réflexion est gravement problématique... par Chicoutimi  (2022-05-11 04:05:46)
                      La réalité est aussi problématique par Gereo  (2022-05-11 16:31:15)
                          La réalité est certes problématique... par Chicoutimi  (2022-05-11 17:46:58)
                              Pour ce qui est des couples divorcés remariés par Gereo  (2022-05-11 21:38:08)
                                  Je parlais plutôt de la polygamie... par Chicoutimi  (2022-05-11 22:01:52)


224 liseurs actuellement sur le forum
Mentions Légales
[Valid RSS]