L'austro-marxisme, cela vous dit quelque-chose ? par Athanase 2022-01-31 18:12:31 |
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Aussi étrange cela puisse paraître, l'empire austro-hongrois bénéficie d'une image si positive que même certains communistes et marxistes reconnaissent le caractère positif de l'expérience austro-hongroise. C'est le cas après la Première guerre mondiale dans un certain nombre de courants socialistes ou socialisants.
Une de mes profs me racontait que sa grand-mère admirait deux personnes: François-Joseph et Trotski.
L'URSS s'est, un peu discrètement, inspirée d'un modèle multinational. Au tout début - et même jusqu'à la fin -, elle prétend être une structure plurinationale, voire un peuple "soviétique", mais ne s'affirme pas russe (ce qui ne signifie pas que Staline n'ait pas louché vers un nationalisme grand-russe !). Dans un premier temps, les communistes soviétiques s'affranchissent du chauvinisme russe. Comment expliquer des abandons aussi conséquents de parts importantes de territoires sous influence russe lors de la paix séparée de Brest-Litovsk en mars 1918 ?
Dois-je aussi vous rappeler que Staline, en tant que commissaire aux nationalités, avait une définition assez identitaire de la nation entendu comme un peuple parlant une langue, etc. ?
Cela prouve que la question identitaire est complexe et que dans un monde où les êtres humains imitent par nature ce qui a existé, il est difficile de se défaire, mentalement, d'une structure qui a eu l'avantage d'être apparue - du moins à la fin - comme un modèle de coexistence entre les peuples.
Mon explication était la suivante: dans l'Europe d'après la Première guerre mondiale, l'Etat-nation est certes un modèle triomphant (les nouveaux Etats polonais, etc), mais il subsiste encore quelques structures qui se veulent plurinationales, reprenant ainsi le caractère multinational de l'Autriche-Hongrie. La Yougoslavie est même d'abord appelée le "Royaume des Serbes, Croates et Slovènes" jusqu'en 1929.
Il faut bien lire ce que j'écris cher Maître et éviter les raccourcis: je n'ai jamais dit que l'URSS équivalait à l'empire austro-hongrois ou que c'était la même, mais simplement écrit que son inspiration peut au moins se trouver dans un modèle qui a fait ses preuves. Autre chose est évidemment de savoir si l'imitateur a eu le talent de l'imité. Et l'on conviendra que l'URSS a été une prison, nonobstant sa doxa plurinationale.
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