Des prêtres qui furent curés pendant 40 ans d'un même lieu par JVJ 2021-10-15 18:36:46 |
|
Imprimer |
ont été priés par l'évêque de dégager, car sa présence gênante dans le presbytère était un contre-témoignage de l'Evangile, sicut dixit. Par méthodologie, je renonce à citer l'Evangile, étant donné le nombre de bêtises que j'ai entendues, au nom de l'Evangile, pour justifier tout et n'importe quoi.
Il fallait laisser la place à un jeune curé pour qu'il puisse absorber sereinement la paroisse, quitte à fermer les yeux sur la voiture qui venait de temps à autre le soir devant son presbytère... On interdit au vieux d'avoir les clés de l'église voisine et on l'obligea à siéger dans la nef avec les familles lors d'obsèques malgré la demande du défunt de procéder aux funérailles. Les laïcs étaient très contents de jouer au curé. Comme ils n'allaient pas au cimetière, le vieux donnait l'absoute, librement.
Le jeune dira par lettre ouverte que le vieux tapait dans la caisse, sans préciser que le vieux n'avait pas de douche et un mauvais poêle qui enfumait sa cuisine, que le vieux n'avait jamais investi dans un dentier et devait se contenter de trois pièces sans se plaindre (non pas demander comme le vieux un presbytère refait à neuf avec les appartements à l'étage, à une mairie socialiste ; presbytère qui ne sera occupé que quelques années avant d'être déserté définitivement).
L'évêque d'alors, un lâche, voulait garder le sang neuf et se débarrasser du vieux. C'est le même évêque qui ferma la maison de retraite diocésaine quinze jours avant la trêve hivernale. Ce scandale est passé à peu près comme une lettre à la poste. Pour expier, le délégué épiscopal chargé de veiller sur cette maison et pas fichu d'empêcher cela partit fidei donum dans la foulée !
Moralité : le jeune n'a pas eu la peau du vieux, et le jeune, comme c'est l'usage, est parti passer ses nerfs ailleurs, en demandant un changement d'incardination. Cela réglait aussi le problème du nicolaïsme. Le vieux a été enterré dans son ancienne paroisse et fut enterré par le nouvel évêque, qui avait, lui, un coeur de prêtre et d'évêque, un vrai.
Don Rodrigue était aux orgues et j'ai porté le cercueil.
Le traitement des vieux prêtres en certains diocèses est au-delà de l'odieux et révèle le degré réel de charité. C'est un critère essentiel. La semaine dernière, j'ai déjeuné avec un ami prêtre de 87 ans, toujours curé, d'un village célèbre entre tous. Voilà un diocèse intelligent.
ces vieux curés NOM ont tout vécu : l'eau froide et les mauvais repas au séminaire, le séminaire payant, la guerre, mille occasions de défroquer, un simple nom dans la semaine religieuse quand ils étaient ordonnés, la charge de 2e vicaire d'un curé parfois méprisant et les fins de mois difficiles, le concile, les leçons des laïcs, le co-gouvernement des paroisses, la mise à l'écart, les persécutions.
Combien de vieux prêtres étaient très mal reçus de l'EAP quand ils avaient le malheur de vouloir revenir la messe dans leurs anciennes paroisses ! J'ai des dizaines de cas. Plutôt une adap que la messe de l'ancien curé ! Qu'il dise sa messe chez ses invités !
Soutenir le Forum Catholique dans son entretien, c'est possible. Soit à l'aide d'un virement mensuel soit par le biais d'un soutien ponctuel. Rendez-vous sur la page dédiée en cliquant ici. D'avance, merci !
|