Herméneutique et subversion... par Chicoutimi 2021-05-18 19:55:49 |
|
Imprimer |
Vous laissez entendre que François - même dans le flou, le paradoxe et la provocation - agirait comme Jésus-Christ, et donc que ceux qui ne sont pas à l'aise avec cela sont comme les adversaires du Christ. Cette manière de lire l'Écriture est ce que l'appelle l'herméneutique, laquelle n'est pas sans liens avec une forme de subversion. Pour vous en convaincre, voici comment l’herméneutique est définie par Marcel Neusch :
«[…] une troisième génération d’herméneutes fait son apparition, qui déplace l’accent de l’orthodoxie à l’orthopraxie, du christianisme comme « doctrine » au christianisme comme « praxis ». […] L’herméneutique se donne comme tâche de libérer la Parole de Dieu pour lui rendre son efficacité dans l’Histoire […] et l’interprète comme force de contestation et promesse de libération. Le christianisme n’est pas une théorie mais une vérité à « faire ». En ce sens, l’herméneutique devient une école du soupçon, dénonçant dans les manipulations des textes les intérêts de classe; elle devient militante, redonnant aux textes leur force opératoire et subversive; elle devient partisane, les rendant aux faibles et aux exploités; elle devient prophétique, libérant leur force mobilisatrice, leur fonction d’utopie et leur qualité de promesse pour un autre avenir. […] Une certitude : la Parole de Dieu transcende l’étroitesse d’un texte figé et garde sa virulence aujourd’hui. Elle est moins un « dépôt à gérer » qu’une aventure inachevée. » (Marcel Neusch / Bruno Chenu, Au pays de la théologie. À la découverte des hommes et des courants, Paris, Éditions du Centurion, Diffusion Cerf, Collection Foi Vivante, 1994, p. 137-138)
1. Jésus et les pharisiens
Les figures antagonistes ''Jésus'' versus ''les pharisiens''
ne s'interprètent plus comme ''les disciples de Jésus qui suivent sa loi'' (les bons catholiques) versus ''les descendants des pharisiens qui s'opposent au Christ'' (les juifs talmudiques, etc.),
mais comme ''ceux qui s'opposent aux lois de l'Église, à l'exemple de Jésus qui a aboli l'ancienne loi'' (les progressistes) versus ''les disciples du Christ qui obéissent aux lois de l'Église comme le faisaient les pharisiens avec la loi ancienne'' (les traditionalistes).
C'est une herméneutique subversive qui consiste à renverser les choses. Donc, quand vous entendez un homme d'Église qui dénonce les pharisiens, dites-vous bien qu'il y a de bonnes chances qu'il ne parle pas des ''juifs talmudiques'' (ou autres ennemis de l'Église) mais bien des ''traditionalistes''.
2. Le Concile de Jérusalem.
Traditionnellement, on comprend que ce Concile a officialisé la rupture entre le judaïsme et le christianisme (en abandonnant les pratiques de la loi mosaïque), et a donc étendue aux païens la possibilité d'être baptisés et donc de devenir membres de l'Église sans avoir à passer par la circoncision et autres exigences difficiles de l'ancienne loi.
Depuis Vatican II, on tente d'appliquer ce fait pour aujourd'hui en disant qu'il faut abandonner certaines pratiques (non pas mosaïques mais catholiques) afin d'étendre la possibilité à tous de faire partie de l'Église. Par exemple, le fait de permettre à des gens en situation matrimoniale irrégulière de pouvoir communier serait l'abandon d'une ancienne pratique pour permettre à toutes ces personnes de pouvoir participer pleinement à la vie de l'Église sans avoir à passer par l'exigence de vivre en frères et soeurs car cela serait trop difficile.
Soutenir le Forum Catholique dans son entretien, c'est possible. Soit à l'aide d'un virement mensuel soit par le biais d'un soutien ponctuel. Rendez-vous sur la page dédiée en cliquant ici. D'avance, merci !
|