Il semble que la CEF confonde forme et substance par Regnum Galliae 2021-04-15 14:07:39 |
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J'entends les arguments avancés par la CEF contre la théologie eucharistique de la CRC (si tant est que celle-ci ait tenu de tels propos) mais je note qu'elle confond forme et substance puisque leur texte affirme :
La foi en la transsubstantiation est que la parole du Christ transforme les choses offertes, de sorte que le Christ tout entier, Dieu et homme, se rende présent sous les espèces.
Est à rejeter fermement la théorie de la transformation du pain et du vin en Corps et Sang du Christ comme une prolongation de l’Incarnation : « sous l’emprise de son âme [le Christ] se faisant une extension réelle, matérielle, historique, de son Incarnation » [4]. Derrière cette formulation et d’autres semblables, transparaît la christologie inacceptable de la CRC, selon laquelle l’âme du Christ préexisterait à une première incarnation par laquelle le Christ s’empare de son corps puis, dans l’eucharistie, s’emparerait des accidents du pain et du vin qui deviendraient son corps et son sang, de sorte, finalement, que nous qui les mangeons, nous assimilions ce corps et le Christ continuerait de s’incarner, cette fois, en nous [5] ! Selon cette fausse pensée, l’humanité du Christ serait « une manière d’être de la nature divine, ou plutôt de l’existence divine », le pain et le vin en étant une autre ! Tout ceci est contraire à l’enseignement et la foi de l’Église pour laquelle le Christ est vrai Dieu et vrai homme, selon la formule du concile de Chalcédoine (451).
De plus, en prétendant que l’âme du Christ se saisit en quelque sorte de notre corps lorsque nous assimilons en nous les espèces eucharistiques, il inverse la foi traditionnelle selon laquelle c’est plutôt notre âme qui se laisse transformer par cette nourriture divine quand notre corps assimile physiquement les espèces eucharistiques [6]. Cette transformation ne change pas notre nature mais nous fait participer spirituellement à la sienne.
Avec sa théorie de l’emprise de l’âme du Christ sur le pain et le vin, Georges de Nantes tente de surmonter le problème philosophique de la permanence des accidents (à savoir les apparences du pain et du vin) lorsque change la substance à la consécration. Mais la « solution » qu’il propose renverse toute la vérité de foi. La foi en la transsubstantiation est que la parole du Christ transforme les choses offertes, de sorte que le Christ tout entier, Dieu et homme, se rende présent sous les espèces. Georges de Nantes refuse que le Christ se cache sous « le voile des espèces » et, en cela, prétend mieux assumer la foi en la transsubstantiation. Or, en réalité, en inversant le langage traditionnel, il en ferme l’accès à l’intelligence de ses auditeurs et s’oppose directement à l’expression de la foi de l’Église développée par tous les conciles œcuméniques et tous les enseignements du Magistère depuis le IVe concile du Latran en 1215.
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