Panique à Rome face à la critique des textes de Vatican II par Chicoutimi 2020-06-23 19:53:58 |
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La situation est intéressante. Alors que d'un côté Mgr Viganò ouvre les yeux de beaucoup de gens sur certains textes problématiques de Vatican II, et que de l'autre côté François lui-même, par ses imprudences, risque de mettre en danger le Concile, voici que Vatican News nous invite maintenant à nous en remettre aux papes Jean-Paul II et Benoît XVI pour pouvoir rester fidèles à Vatican II, tout en passant par une critique des lefebvristes. La panique s'empare-t-elle de certains à Rome? On peut le penser.
Voici quelques extraits de l'article de Vatican News:
Le développement de la doctrine est la fidélité dans la nouveauté
Certaines critiques de l'actuel pontificat remettent en cause le Concile Vatican II, finissant par faire oublier le Magistère de Saint Jean-Paul II et Benoît XVI
22/06/2020
''Certaines critiques doctrinales du pontificat actuel montrent une distance progressive mais de plus en plus nette par rapport au Concile Vatican II. Non pas à partir d'une certaine interprétation de quelques textes, mais à partir des textes du Concile eux-mêmes. Certaines lectures qui insistent pour opposer le Pape François à ses prédécesseurs immédiats finissent donc même par critiquer ouvertement saint Jean-Paul II et Benoît XVI, ou en tout cas par faire taire certains aspects fondamentaux de leur ministère, qui représentent des développements évidents du dernier Concile.
(...)
Le développement du concept de liberté
Et en 1832, l'encyclique Mirari vos de Grégoire XVI parle de la liberté de conscience comme d'une «erreur des plus vénéneuses» et d'un «délire», tandis que Pie IX dans le Syllabus de 1864 condamne parmi les «principales erreurs de notre époque» le fait de ne plus «considérer la religion catholique comme la seule religion de l'État», à l'exclusion de tous les autres cultes, quels qu'ils soient, et le fait que «dans certains pays catholiques, il a été établi par la loi que ceux qui s'y rendent ont droit à un culte public propre à chacun». Le Concile Vatican II, avec ses déclarations Dignitatis humanae sur la liberté religieuse et Nostra aetate sur le dialogue avec les religions non chrétiennes, fait un saut qui rappelle le Concile de Jérusalem de la première communauté chrétienne, qui ouvre l'Église à toute l'humanité. Face à ces défis, Jean-Paul II affirme que «le pasteur doit se montrer prêt à une authentique audace».
S’arrêter, mais en quelle année ?
En 1988 s’est produit le schisme des traditionalistes lefebvristes. Ceux-ci ont rejeté les développements apportés par le Concile Vatican II, estimant qu'une nouvelle Église avait été créée. Benoît XVI utilise une image forte lorsqu'il les exhorte à ne pas «figer l'autorité magistérielle de l'Église à l'année 1962». Cela s'était déjà produit en 1870: les «vieux catholiques» avaient alors condamné le Concile Vatican I pour le dogme de l'infaillibilité pontificale.
L'Église catholique a traversé plus de 20 conciles dans l'histoire: à chaque fois, il y a eu quelqu'un qui n'a pas accepté les nouveaux développements et qui s'est arrêté. En 1854, Pie IX a proclamé le dogme de l'Immaculée Conception. Mais un grand saint, Bernard de Clairvaux, bien que l'un des plus ardents propagateurs de la dévotion mariale, avait exprimé quelques siècles auparavant son opposition à cette vérité: «Je suis très inquiet, car beaucoup d'entre vous ont décidé de modifier les conditions d'événements importants, comme l'introduction de cette fête inconnue de l'Église, certainement pas approuvée par la Raison, et même pas justifiée par l'ancienne Tradition. Sommes-nous vraiment plus érudits et plus pieux que nos anciens pères ?». Nous sommes alors au XIIe siècle. Depuis, l'Église a introduit d'autres fêtes inconnues qui auraient probablement scandalisé de nombreux fidèles ayant vécu dans les siècles précédents.
Le chemin de Jésus: des choses nouvelles et des choses anciennes
Jésus a dit qu'il n'était pas venu pour abolir la Loi, mais pour l’accomplir (cf Mt 5,17). Il a enseigné à ne pas transgresser un seul de ces préceptes, même le plus petit (cf Mt 5,19). Pourtant, il a été accusé de violer les règles de la Loi mosaïque, comme le repos du sabbat ou l'interdiction de fréquenter des pécheurs reconnus. Et les apôtres ont fait le grand saut: ils ont aboli l'obligation sacrée de la circoncision, remontant à Abraham lui-même, en vigueur depuis 2000 ans, et ils ont ouvert la porte aux païens, ce qui était impensable à l'époque. «Voici, dit le Seigneur, je fais toutes choses nouvelles» (Ap 21, 5).
C'est le «vin nouveau» de l'amour évangélique qui risque toujours d'être mis dans les «vieilles outres» de notre sécurité religieuse, qui font si souvent taire le Dieu vivant qui ne cesse de nous parler. C'est la sagesse du «disciple du royaume des cieux» qui recherche la plénitude de la Loi, une justice qui surpasse celle des scribes et des pharisiens, et pour cela «qui tire de son trésor du neuf et de l’ancien» (Mt 13, 52). Pas uniquement des choses nouvelles, ni uniquement des choses anciennes.''
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