les professions de foi des conciles par JVJ 2019-12-22 18:51:25 |
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ne sont donc pas intangibles…
Mais cela m'a gêné quand j'ai appris, à la faculté, que les Carolingiens avaient soutenu l'ajout du Filioque, et pas qu'un peu.
Bonaparte aurait pu en faire autant en négociant le concordat, il n'était pas à cela près… Il fallait oser un peu plus tard imposer la St-Napoléon...
Durant la messe de St Pie V, au gré des lieux, on prie pour la Gaule, la république, le prince, le roi. Très bien. Cela prouve la perméabilité du texte et la souplesse des gens qui, comme moi, ont plaisir à chanter ce passage qui n'est pas encore passé à la sauce grégorienne 2 km/h pour gens pointus.
De toutes les manières, tout cela ne dépend pas de moi. C'était dit sans provocation. Nous ne récitons pas le texte défini en 381, c'est tout. Des centaines d'évêques ont dit en Français "de même nature que le Père", ce qui aurait fait bondir leurs prédécesseurs des premiers siècles qui connaissaient le grec et la philosophie grecque. Par parenthèse, je me fiche de réciter la nouvelle traduction du Notre Père. J'attends la prochaine modification ! Et quand les ayatollahs de service chantent autre chose que le Gloire à Dieu ou le Credo en Français, je récite le texte en latin dans ma tête ou sur les lèvres, mais il faut se concentrer. Si on apportait encore un livre de messe, on pourrait s'instruire pendant la messe…
St Augustin, que je révère, n'a pas écrit que des choses qui se trouvent au cœur de la Foi d'aujourd'hui, par exemple sur les prières pour les morts. Donc qu'un tel ait raconté telle chose à un moment donné… La théologie s'est affinée, des choses se sont précisées (parfois trop, mais je ne suis pas théologien).
Je ne vais pas vous apprendre qu'Augustin n'est pas un bloc, qu'il a écrit à différentes périodes de sa vie et qu'on l'a lu de différentes façons, songez à l'époque moderne en France.
Augustin par exemple refuse d'accorder la moindre valeur en matière de salut au sujet de la place de la sépulture. Au moment où s'installe chez certains l'inhumation ad sanctos, il réfute cette pratique (De cura gerenda pro mortuis, en réponse à Paulin de Nole).
Je connais des théologiens qui se moquent d'Augustin comme de l'al-coran.
Les mots sont importants et il suffit d'une virgule. Les orthodoxes canal Phanar ou canal athénien que je connais, sont très remontés par le filioque et le siège de 1204. Jean-Paul II avait su trouver les mots devant le patriarche d'Athènes.
Benoît XVI avait raison de ne pas reconnaître aux protestants le terme d'Eglise. Aujourd'hui, je voudrais bien entendre le pape là-dessus…
Comme nous pouvons dire à peu près n'importe quoi de nos jours et depuis quelque temps dans l'Eglise catholique, on est moins sensible au poids des mots en matière doctrinale (pour la liturgie, je n'en parle même pas).
Les Français qui parlent de repas citoyen, de vivre-ensemble et de valeurs républicaines, sont des gens creux. Orwell, le trotskyste, avait prévenu sur l'inversion des mots. Mineur isolé au lieu de majeur clandestin…
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