"intention secrète" ? par Luc Perrin 2019-01-18 17:49:26 |
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Cette formule pose question. Elle est inexacte et au demeurant, comment tenir un raisonnement quelconque sur une "intention secrète". En droit comme pour une simple réflexion, cela n'a aucun sens.
La "mens du législateur" suppose, par définition, une position publique, clairement exprimée et accessible. La mens du législateur ne saurait relever du for interne, cette partie de l'analyse de Madiran est bancale.
Au plan de l'histoire, Madiran a tort également.
Une petite minorité voulait, c'est exact, aller vers une suppression du latin et du grégorien. On a quelques éléments dans les archives et cette posture extrême a été fort peu exprimée en public voire pas du tout. J'en ai trouvé trace dans des correspondances privées.
MAIS cette minorité ne saurait en rien être qualifiée de "mens du législateur" puisque les déclarations publiques prônent en général un mixte vernaculaire-latin (Canon) et une défense du grégorien avec une extension à des chants locaux (inculturation) visant non l'Occident mais les pays dits de mission.
La mens du législateur est exprimée par le législateur et donc par la majorité conciliaire qui a voté de façon massive le texte de la Constitution.
Quant à J-B. Montini, il s'était prononcé en 1962 pour cette version mixte en soutenant des livres abordant la question.
Il faut toujours se méfier par principe de la reconstitution a posteriori sans preuve pour établir les faits au moment où ils se sont déroulés. Cette une tentation permanente en histoire puisqu'on connaît la suite ...
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