Sur Sacrosantum concilium, Madiran vous répond par Regnum Galliae 2019-01-18 10:26:06 |
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Dans son excellente Révolution copernicienne dans l'Eglise.
Que Vatican II n’ait pas été "reçu du tout" selon le texte authentique de ses décrets, le cardinal Ratzinger en donne l’exemple qui est classique, ou qui devrait l'être, celui que nous avons maintes fois proposé nous-même à l'attention publique et à la vigilance hiérarchique : l'exemple du latin. La constitution conciliaire sur la liturgie, tout en autorisant un emploi plus large des langues nationales, ordonnait fermement : « l’usage de la langue latine doit être conservé » ; « qu'on ait soin que les fidèles sachent réciter et chanter ensemble en langue latine les parties de l'ordinaire de la messe qui leur sont réservées » etc. : constitution liturgique, paragraphes 36, 54, 1 01...). Tout au contraire, au nom du concile, on a supprimé le latin dans la liturgie. (Cf. Ratzinger : Entretien sur la foi)
Mais cet exemple même est celui où notre analyse se sépare de celle du cardinal Ratzinger. Il s’en tient à cette constatation : l’interprétation et l’application (suppression du latin liturgique) ont été contraires au texte « conciliaire » (maintien du latin). De notre côté, à partir de cette constatation, nous ajoutons : le texte conciliaire a été interprété et appliqué par ceux qui l’avaient décrété, il a donc été interprété conformément à l’intention du législateur.
L'intention du législateur, c'est-à-dire du pape et des évêques qui ont fait le concile, était de supprimer le latin : mais ils ne pensaient pas pouvoir le supprimer d’emblée, d'un seul coup, purement et simplement. Ils ont inscrit dans la constitution conciliaire une première étape, le maximum de ce qu’ils croyaient pouvoir faire pour commencer : une plus grande place aux langues nationales, et une clause de style sur le maintien du latin. Ainsi Mgr Lefebvre et ses amis ont voté ce texte rassurant. Mais nous avons la preuve de l’intention avouée quelques années plus tard par Paul VI en personne. Il avait bien signé et promulgué le 4 décembre 1963 la constitution conciliaire ordonnant de conserver le latin liturgique ? Oui, et voici que, dans son discours du 7 mars 1965, il dévoilait quelle avait été son intention véritable ; « C’est un sacrifice que l’Eglise accomplit en renonçant au latin. » Et dans son discours du 26 novembre 1969 : « Ce n'est plus le latin, mais la langue courante qui sera la langue principale de la messe. » Ainsi, il interprétait le décret conciliaire contrairement à son texte littéral mais conformément à ce qui avait été l'intention secrète du législateur, c'est-à-dire lui-même et les évêques qui le suivaient.
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