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La (dé)formation des futurs clercs n'est pas conciliaire au sens strict. par Scrutator Sapientiæ 2018-06-01 05:39:53 Imprimer Imprimer

Bonjour et merci, Signo.

La (dé)formation intellectuelle des formateurs des futurs clercs, et des futurs clercs eux-mêmes, a commencé en amont du Concile, a continué de plus belle, en aval du Concile, et n'est pas conciliaire au sens strict de ce terme, si l'on considère quelques documents, parmi les plus importants, de Vatican II.

On ne saurait trop insister sur le fait que cette phrase du Concile : "Que l’étude de la Sainte Écriture soit donc pour la théologie sacrée comme son âme" a en effet fréquemment donné lieu, dans les faits, à un reniement, voire à une trahison, à peu près dans les termes suivants : "Que l'alignement global des formateurs des futurs clercs, et des futurs clercs eux-mêmes, sur la philosophie allemande (post-kantienne, puis post-husserlienne) et sur la théologie protestante libérale, soit donc, pour la théologie sacrée, comme son âme."

Voici cette phrase de DEI VERBUM, restituée dans son contexte :

" 23. La tâche apostolique des théologiens catholiques

L’Épouse du Verbe incarné, l’Église, instruite par le Saint-Esprit, s’efforce d’acquérir une intelligence chaque jour plus profonde des Saintes Écritures, pour offrir continuellement à ses enfants la nourriture de la parole divine ; aussi favorise-t-elle également à bon droit l’étude des saints Pères, tant d’Orient que d’Occident, et celle des saintes liturgies. Il faut que les exégètes catholiques et tous ceux qui s’adonnent à la théologie sacrée, unissant activement leurs forces, s’appliquent, sous la vigilance du Magistère sacré, et en utilisant des moyens appropriés, à si bien scruter et à si bien présenter les divines Lettres, que le plus grand nombre possible de serviteurs de la parole divine soient à même de fournir utilement au peuple de Dieu l’aliment scripturaire, qui éclaire les esprits, affermit les volontés et embrase d’amour de Dieu le cœur des hommes. Le saint Concile encourage fortement les fils de l’Église qui se consacrent aux études bibliques, à poursuivre jusqu’au bout le travail heureusement entrepris, avec une énergie chaque jour rénovée, une ardeur totale, et conformément au sens de l’Église.

24. Écriture Sainte et théologie

La théologie sacrée s’appuie sur la Parole de Dieu écrite, inséparable de la sainte Tradition, comme sur un fondement permanent ; en elle aussi elle se fortifie, s’affermit et se rajeunit toujours, tandis qu’elle scrute, sous la lumière de la foi, toute la vérité qui se puise cachée dans le mystère du Christ. Les Saintes Écritures contiennent la Parole de Dieu et, puisqu’elles sont inspirées, elles sont vraiment cette Parole ; que l’étude de la Sainte Écriture soit donc pour la théologie sacrée comme son âme. Que le ministère de la parole, qui comprend la prédication pastorale, la catéchèse, et toute l’instruction chrétienne, où l’homélie liturgique doit avoir une place de choix, trouve, lui aussi, dans cette même parole de l’Écriture, une saine nourriture et une sainte vigueur. "

Au moins deux autres passages du Concile ont donné lieu au même reniement ou à la même trahison :

GRAVISSIMUM EDUCATIONIS :

" 10. Facultés et universités catholiques

Quant aux écoles supérieures et surtout aux universités et facultés, l’Église les entoure d’un soin vigilant. Bien plus, dans celles qui dépendent de son autorité, elle entend que, par une organisation rationnelle, on travaille dans chaque discipline selon les principes et la méthode particuliers à celle-ci et avec la liberté propre à la recherche scientifique, de manière à en acquérir progressivement une plus profonde maîtrise. Les problèmes nouveaux et les recherches suscitées par le progrès du monde moderne seront étudiés très soigneusement. On saisira plus profondément comment la foi et la raison s’unissent pour atteindre l’unique vérité. Ce faisant, on ne fera que suivre la voie ouverte par les docteurs de l’Église et spécialement par Saint Thomas. De la sorte se réalisera comme une présence publique, durable et universelle, de la pensée chrétienne dans tout l’effort intellectuel vers la plus haute culture ; et les étudiants de ces instituts seront formés à devenir des hommes éminents par leur science, prêts à assumer les plus lourdes tâches dans la société, en même temps que témoins de la foi dans le monde. "

OPTATAM TOTIUS ECCLESIAE RENOVATIONEM :

" V – De l'aménagement des études ecclésiastiques

15. On enseignera les disciplines philosophiques de manière à guider tout d’abord les séminaristes dans l’acquisition d’une connaissance solide et cohérente de l’homme, du monde et de Dieu. Pour y parvenir, ils s’appuieront sur le patrimoine philosophique à jamais valable ; il faudra tenir compte également des recherches philosophiques contemporaines, spécialement celles qui exercent une plus grande influence dans leur pays propre, et aussi des progrès scientifiques récents. Ainsi, les séminaristes, comprenant bien la mentalité contemporaine seront-ils utilement préparés au dialogue avec les hommes de leur temps.

On enseignera l’histoire de la philosophie de telle manière que les séminaristes, en parvenant jusqu’aux principes derniers des différents systèmes, en retiennent ce qui se révèle vrai, en puissent découvrir, à leur racine même, les erreurs et les réfuter.

La méthode même de l’enseignement stimulera chez les séminaristes l’amour de la vérité qu’il faut chercher, examiner, démontrer avec rigueur, tout en reconnaissant honnêtement les limites de la connaissance humaine. Qu’on soit très attentif à l’étroite liaison entre la philosophie et les vrais problèmes de vie ou les questions qui agitent l’esprit des séminaristes. On les aidera à découvrir les relations entre les raisonnements philosophiques et les mystères du salut, que la théologie étudie à la lumière supérieure de la foi.

16. Les disciplines théologiques seront enseignées à la lumière de la foi, sous la conduite du Magistère de l’Église, de telle façon que les séminaristes puisent avec soin dans la Révélation divine la doctrine catholique, qu’ils la pénètrent à fond, qu’ils en fassent la nourriture de leur propre vie spirituelle et qu’ils puissent au cours de leur ministère sacerdotal l’annoncer, l’exposer et la défendre.

On mettra un soin particulier à enseigner aux séminaristes l’Écriture sainte, qui doit être comme l’âme de toute la théologie. Après une introduction convenable, on les initiera soigneusement à la méthode de l’exégèse, ils étudieront les grands thèmes de la Révélation divine et ils recevront stimulant et aliment de la lecture et de la méditation quotidiennes des Livres saints.

La théologie dogmatique sera exposée selon un plan qui propose en premier lieu les thèmes bibliques eux-mêmes. On montrera aussi aux séminaristes l’apport des Pères d’Orient et d’Occident pour une transmission et un approfondissement fidèles de chacune des vérités de la Révélation. On fera de même pour la suite de l’histoire du dogme, en tenant compte également de sa relation avec l’histoire générale de l’Église. Puis pour mettre en lumière, autant qu’il est possible, les mystères du salut, ils apprendront à les pénétrer plus à fond, et à en percevoir la cohérence, par un travail spéculatif, avec saint Thomas pour maître. On leur enseignera à les reconnaître toujours présents et agissant dans les actes liturgiques et toute la vie de l’Église. Ils apprendront à chercher à la lumière de la Révélation la solution des problèmes humains, à appliquer ces vérités éternelles à la condition changeante des réalités humaines, et à les communiquer de façon adaptée aux hommes de leur temps.

De même les autres disciplines théologiques seront rénovées par un contact plus vivant avec le mystère du Christ et l’histoire du salut. On s’appliquera, avec un soin spécial, à perfectionner la théologie morale dont la présentation scientifique, plus nourrie de la doctrine de la Sainte Écriture, mettra en lumière la grandeur de la vocation des fidèles dans le Christ et leur obligation de porter du fruit dans la charité pour la vie du monde. Pareillement, en exposant le droit canonique et l’histoire ecclésiastique, on se référera au mystère de l’Église, en harmonie avec la Constitution dogmatique de Ecclesia promulguée par ce Concile. La sainte liturgie, qui doit être tenue pour la source première et nécessaire de l’esprit authentiquement chrétien, sera enseignée conformément aux articles 15 et 16 de la Constitution de la sainte liturgie.

Compte tenu des conditions propres aux diverses régions, les séminaristes seront initiés à une connaissance plus approfondie des Églises et communautés ecclésiales séparées du Siège apostolique romain, afin qu’ils puissent apporter leur concours au rétablissement de l’unité entre tous les chrétiens, selon les prescriptions de ce Concile.

On les introduira aussi à la connaissance des autres religions, particulièrement répandues en telle ou telle région, afin qu’ils découvrent mieux ce qu’elles ont, par une disposition divine, de vrai et de bon, qu’ils apprennent à en réfuter les erreurs, et qu’ils puissent communiquer la pleine lumière de la vérité à ceux qui ne l’ont pas. "

Quand on pense que c'est en raison de l'application du Concile, ou sous couvert de la mise en oeuvre de Vatican II, que nous avons eu droit à un après-Concile qui n'a été, globalement, ni biblique, ni patristique, ni thomiste, mais qui a été, globalement, "remorqué par son suivisme" à l'égard de telle philosophie allemande à la mode et vis-à-vis de telle théologie protestante libérale à la mode, il y a de quoi frémir, en présence d'une telle supercherie ou d'un tel tour de passe-passe.

Bonne journée.

Scrutator.

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