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Est-cela fin du catholicisme romain ?
par jejomau 2018-04-15 09:49:42
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Voici une analyse de Roberto Pertici, professeur d'histoire contemporaine à découvrir en cliquant sur le lien précité et dont voici deux extraits:

Au stade actuel du pontificat de François, je crois que l’on peut raisonnablement soutenir que celui-ci marque le déclin de cette réalité historique majeure que l’on peut définir comme le « catholicisme romain ».
Cela ne signifie pas, entendons-nous bien, que l’Eglise catholique serait sur le point disparaître mais bien que la manière dont elle s’est historiquement structurée et dont elle s’est elle-même représentée au cours des derniers siècles touche à sa fin.
Il me semble en effet évident qu’il s’agisse là du projet poursuivi par le « brain trust » rassemblé autour de François : un projet qui se veut aussi bien une réponse radicale à la crise entre l’Eglise et le monde moderne qu’un nouveau parcours œcuménique commun avec les autres confessions chrétiennes et plus particulièrement avec les protestants.



Kasper écrit : « Il n’y avait pas une ecclésiologie catholique structurée de façon harmonisée mais uniquement des approches qui tenaient plus d’une doctrine sur la hiérarchie que d’une ecclésiologie à proprement parler. L’élaboration systématique de l’ecclésiologie ne viendra qu’avec la théologie contre-réformiste, comme antithèse à la polémique de la Réforme contre la papauté. La papauté devint ainsi, d’une manière inconnue jusque-là, l’identité distinctive du catholicisme. Les thèses et les antithèses confessionnelles s’influencèrent et se bloquèrent mutuellement. »
Il faut donc aujourd’hui procéder – si l’on s’en tient au raisonnement de Kasper – à une à une « déconfessionnalisation » des confessions réformées comme de l’Eglise catholique, malgré que cette dernière ne se soit jamais considérée comme une « confession » mais comme l’Eglise universelle. Il faut revenir à une situation semblable à celle qui prévalait avant que n’éclatent les conflits religieux du seizième siècle.
Cependant, tandis que dans le camp luthérien, cette « déconfessionnalisation » est aujourd’hui largement achevée (avec la sécularisation extrême de ces sociétés, ce qui fait que les problèmes qui étaient à la source des controverses confessionnelles sont aujourd’hui devenus sans importance pour l’écrasante majorité des chrétiens « réformés »), du côté catholique en revanche, il reste encore beaucoup à faire, précisément à cause de la survivance des caractéristiques et des structures de ce que j’ai appelé le « catholicisme romain ». C’est donc surtout au monde catholique que s’adresse cette invitation à la « déconfessionnalisation ». Kasper l’appelle de ses vœux comme une « redécouverte de la catholicité originelle, qui ne se limite à un point de vue confessionnel ».
Pour y parvenir, il est donc nécessaire d’achever une fois pour toute le dépassement de l’ecclésiologie tridentine et de celle de Vatican I. Selon Kasper, le concile Vatican II a ouvert la voie mais sa réception a été controversée et n’a pas été linéaire. D’où le rôle du pape actuel : « Le pape François a ouvert une nouvelle phase de ce processus de réception. Il met en évidence l’ecclésiologie du peuple de Dieu, le peuple de Dieu en chemin, le sens de la foi du peuple de Dieu, la structure synodale de l’Eglise, et en ce qui concerne la compréhension de l’unité il a développé une nouvelle approche intéressante. Il décrit l’unité œcuménique non plus avec l’image des cercles concentriques autour du centre mais par l’image du polyèdre, c’est-à-dire d’une réalité à plusieurs facettes, non pas comme un ‘puzzle’ assemblé de l’extérieur mais comme un tout et, puisqu’il s’agit d’une pierre précieuse, d’un tout qui reflète de mille feux la lumière qu’il reçoit. En évoquant Oscar Cullmann, le pape François reprend le concept de la diversité réconciliée ».




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 Est-cela fin du catholicisme romain ? par jejomau  (2018-04-15 09:49:42)
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                          Mais c'est simple par Meneau  (2018-06-07 14:35:40)


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