Accélérer et amplifier, pour rendre une "praxis" hégémonique et irréversible. par Scrutator Sapientiæ 2018-02-24 11:55:42 |
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Bonjour Jean-Paul PARFU,
(Dans ce qui suit, pour le dire sans jeu de mots, je ne fais pas allusion à la notion de "praxis" dans l'acception "marxisante" de ce terme.)
Ce qui me frappe, depuis le début de ce pontificat, c'est la volonté de bien des clercs d'accélérer et d'amplifier toute une dynamique "pastorale", au sens de : consensuelle ad extra, pour rendre la "praxis" qui leur tient à coeur hégémonique et irréversible, alors qu'elle est de moins en moins approuvée, sinon de plus en plus contestée, en interne.
En l'occurrence, en quoi donc consiste cette "praxis" ? Elle consiste en une auto-décatholicisation du catholicisme, auto-proclamée "évangélique", alors qu'elle est inclusiviste au point d'être libératoire à l'égard de pans entiers de ce que l'on trouve dans les Evangiles, en particulier, dans le Nouveau Testament, en général, mais aussi vis-à-vis de ce que l'on trouve dans l'Ancien Testament et dans la Tradition.
Je pense donc que nous sommes en présence de clercs qui ont compris, entre autres choses, que s'ils ne parviennent pas à imposer la "praxis" qui leur tient à coeur à toute l'Eglise, d'une manière complète et définitive, cette "praxis" sera de plus en plus contestée en interne, surtout s'il se confirme, dans les prochaines années, que cette praxis ne contribue en rien à un minimum de fécondité spirituelle et de fidélité doctrinale, notamment dans le monde occidental.
En ce sens, nous sommes peut-être bien en présence d'une course-poursuite entre l'amorçage d'une ortho-affirmation et l'accentuation d'une auto-destitution du catholicisme, les décatholicisateurs pressentant sans doute que la remise en cause des conséquences pastorales les plus actuelles de leur praxis risque fort de conduire davantage des fidèles à s'interroger sur le lien de causalité entre les origines doctrinales les plus probables et les conséquences pastorales les plus certaines de cette praxis.
D'où leur devise, "Citius et fortius", en quelque sorte, la consolidation de la foi catholique dans l'Eglise catholique n'étant presque jamais leur priorité effective, ce qui devrait interpeller.
Le "match" qui se joue n'est donc peut-être pas avant tout ni seulement entre "l'Eglise du passé" et "l'Eglise de l'avenir", mais est notamment entre la prise d'appui sur le Logos et la pistis (la foi qui transforme l'âme et l'homme), et celle sur le pathos et la praxis (l'action qui subvertit ou, en tout cas, transforme les structures ad intra et les relations ad extra de l'Eglise).
Bonne journée.
Scrutator.
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