Il me semble que la mort des innocents, même si elle est concomitante à l’action posée, est totalement en dehors de l’intention du pilote qui abat l’avion. Ce qui est visé par le pilote, c’est arrêter l’avion et empêcher le terroriste qui l’a détourné et qui le pilote de nuire. La mort des autres occupants de l’avion n’est que l’effet indirect de l’acte qui vise à se défendre contre un injuste agresseur.
Il me semble que le problème n'est pas là.
La question de l'intention du pilote (de ne pas vouloir positivement la mort des passagers, mais de l'accepter comme effet non-désiré) relève de la troisième condition ci-dessus,
icil'intention de qui pose l'acte doit être bonne (elle doit porter sur l'effet bon, pas sur l'effet mauvais)
Condition acquise, dans le cas fictif qui nous occupe.
Le problème que j'avais initialement posé et qui, me paraît-il, n'est pas vraiment résolu, relève de la première condition :
la première condition requise est que l'acte en soi n'est pas intrinsèquement mauvais.
La question est de savoir si le fait que l'avion est en vol et comporte des passagers qui ne peuvent pas en sortir, change, ou pas, le caractère intrinsèque de sa destruction: d'indifférent à mal.
Car le fait d'avoir des passagers ou pas n'est pas tout à fait accidentel, il en est indissociable.
Ce n'est pas la même chose s'il y a des maisons civiles à côté d'une caserne qui pourraient être touchées, ou pas, par un bombardement. Ici c'est accidentel, dissociable.
Ou prenons le cas d'un opiacé qu'un médecin administre à un mourant qui souffre beaucoup, en prenant le risque que le patient développe une addiction, ou que sa vie en soit abrégée, ce qui dépendra du dosage, de la fréquence et de la constitution physique et des réactions individuelles de la personne, généralement non prévisibles. Eléments accidentels ici aussi, dissociables.
Dans le cas du bombardement d'une ville (
generatim licet, dit votre source, il y a des distinctions à faire) on saisit bien la différence de principe entre le bombardement tactique (licite) et le bombardement de terreur (illicite), alors que le cas envisageable d'un abus d'hôpital par l'ennemi pour cacher des équipements militaires peut faire balancer l'appréciation de l'action de détruire de licite à illicite.
Mais cela n'a rien à voir avec l'intention de celui qui pose l'acte, que ce soit dans l'un ou l'autre cas.
Continuons à consulter les bonnes sources. Si je me trompe, j'aurai appris quelque chose.