pour répondre à Lycobates qui conspue le héros malchanceux von Stauffenberg par Luc Perrin 2016-07-20 18:01:53 |
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Pour répondre à votre étrange, euphémisme, soutien indirect au Führer Adolf Hitler à partir d'un argument bien pauvre, il est aisé de rétorquer :
- "inconsidéré" ? aucunement ! Le 20 juillet a été planifié avec soin et a même connu un début de succès dans le Gross Paris en particulier.
- l'attentat a failli réussir à un cheveu : un petit retard dans le bunker et une chance défiant la rationalité ayant joué, Hitler lui-même se pensait comme "miraculé" (par Satan peut-être)
- y-avait-il des innocents dans le bunker comme vous l'affirmez indirectement de façon stupéfiante ? Evidemment non : une partie du Haut état-major a d'ailleurs été traduite devant la cour de Nuremberg, les autres avaient tous des crimes de guerre au moins sur la conscience. Stauffenberg, fervent hitlérien au départ, était-il lui-même exempt de tout reproche au sens pénal ? (à vérifier).
Surtout en cas de succès, si un régime militaire (façon Badoglio 1943 en Italie) s'était mis en place en juillet 1944, la face de l'histoire européenne en eût été bouleversée ... pour le mieux !
Qu'on en juge : capitulation allemande anticipée avec économie des victimes (chiffre considérable>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>> 4) d'une année presque ; l'URSS à l'Est de la Pologne et donc (sauf avachissement américain toujours possible) quasiment pas de bloc soviétique, l'Allemagne n'aurait pas été un tas de cendres et de pierres comme en mai 1945 en dépit des bombardements déjà entamés, Dresde sauvée, les régimes alliés et inféodés au IIIe Reich défaits plus vite aussi, les pertes énormes de 1945 dans les camps de concentration évitées ...
ps. si c'est au nom du pacifisme absolu car vous rejetez par essence tout acte de guerre, de violence y compris en auto-défense, pour levez l'ambiguïté, vous auriez pu l'indiquer afin d'éviter ce goût détestable de freislerisme (cf. Roland Freisler) qui colle à votre condamnation unilatérale de ceux qui, un peu tard certes, ont tenté de stopper la machine de mort abominable du démoniaque Hitler.
Parmi les conjurés, il y avait au passage 3 Pères jésuites dont Alfred Delp qui fut exécuté à la différence des deux autres. Pour le Père Sale sj, historien spécialiste de la période, le jugement est à l'opposé du vôtre au plan moral et bénéficiait, selon lui, de l'appui d'autorités épiscopales au sens moral aigu (von Preysing, von Faulhaber); l'historien rappelle que le Saint-Siège avait soutenu en 1939-1940 une conjuration qui aurait permis de déposer Hitler.
Je le cite :
"Quelles étaient leurs activités ? (le cercle de Kreisau)
SALE: Ils n’avaient naturellement pas une grande liberté de mouvement… ils se réunissaient pour des conférences privées dans lesquelles on débattait de l’avenir du pays, on faisait des projets pour l’Allemagne, une Allemagne évidemment sans Hitler… C’est le comte Helmuth James von Moltke, un personnage de grande valeur morale et spirituelle, qui avait créé ce cercle. Comme d’autres aristocrates qui avaient adhéré au cercle, il voyait dans le renversement du régime non seulement la seule possibilité de salut pour l’Allemagne, la possibilité pour la nation de se racheter de la dégradation nazie, mais aussi, au niveau personnel, une façon de sauver son âme. La possibilité de porter sérieusement un coup au cœur du régime est née du rapprochement qui s’est opéré entre le cercle de Kreisau et la dissidence militaire. De plus, Claus Schenk von Stauffenberg, qui appartenait au milieu des étroits collaborateurs du Führer, est venu s’unir aux conspirateurs. C’était la première fois qu’un complot pouvait compter sur un contact si rapproché. L’exécution du plan, qui avait été conçu à l’intérieur du cercle, a été précipitée après que, pour des motifs de service, von Stauffenberg a eu connaissance d’un ordre prévoyant «pour quarante ou quarante-deux mille juifs hongrois le “traitement spécial” d’Auschwitz».
La hiérarchie ecclésiastique était-elle au courant de la tentative de coup d’État?
SALE: Nous savons par les journaux personnels de Moltke que des «évêques de grande autorité étaient proches de la résistance». Nous savons qu’en janvier 1943, von Moltke, qui était à Munich pour rencontrer les pères Augustinus Rosch, Lothar König, Alfred Delp (jésuites adhérant au cercle de Kreisau dont le dernier cité a été tué après l’attentat manqué) et l’avocat Muller, l’homme qui faisait la liaison avec le Vatican, a parlé du plan avec le cardinal Michael Faulhaber, lequel a tacitement donné son accord. Nous ne savons pas si von Preysing était lui aussi au courant, mais c’est fort probable, vu les rapports assidus qu’entretenaient les deux hommes."
source : http://www.30giorni.it/articoli_id_808_l4.htm
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