Le mot patois est devenu péjoratif à cause des linguistes hiérarchiseurs et du centralisme français égalisateur. Je ne connais pas d'autre mot que patois pour désigner le patois, qui est une forme particulière d'une langue, fruit d'une évolution particulière avec éventuellement des influences d'autres langues.
En allemand nous disons
Mundart, que l'on pourrait traduire
langage, manière de parler. Ce n'est pas péjoratif, en principe.
Dialekt existe aussi, c'est peut-être un mot un peu plus scientifique, issu du jargon linguistique, mais a priori ce n'est pas non plus péjoratif, ce qui n'empêche pas qu'on se moque pas mal des accents différents de l'allemand qui peuvent exister (saxon, bavarois, hessois, bohémien, ...).
Mais le centralisme égalisateur en Allemagne est plus récent qu'en France, et n'a pas autant atteint la langue allemande dans ses variantes, plutôt d'autres langues minoritaires sur son sol.
Je ne crois pas que les auteurs (et autres acteurs) du Nouveau Testament aient appris le grec. Je crois qu’ils le parlaient naturellement. Il me paraît certain qu’à Capharnaum comme à Jérusalem on parlait grec (comme à Tyr et à Sidon). Un patois grec kini-sémitique… On lisait même la Bible en grec, depuis longtemps, donc on la commentait aussi en grec. Et, je me répète mais ça me paraît important : TOUTES les inscriptions funéraires juives qu’on a retrouvées, de cette époque, sont en grec, les deux tiers seulement en grec, un tiers en grec accompagné d’une langue sémitique.
Oui, certes, je suis bien d'accord, mais un enfant aussi "apprend", même si son milieu naturel est bilingue. Il apprendra (naturellement si vous voulez) l'une et l'autre langue, de façon fragmentaire ou décalée parfois. Souvent il sera en situation de diglossie, où les deux langues se mélangent sans être maîtrisées correctement ni l'une ni l'autre.
Pour dire que cela n'en fait pas encore des Saints Paul ou Luc, manifestement très bien instruits. Il faut distinguer culture grecque (minoritaire) et utilisation au quotidien d'une forme souvent simplifiée de grec (très répandue).
Le latin est marginal, il n'est utilisé que dans le contexte militaire, et même dans l'administration de l'Empire romain le grec l'emporte en Orient. Pilate a certainement parlé grec avec Jésus et les représentants du Sanhédrin. Ils n'ont pas eu besoin d'interprètes.
En 1974, bien avant ma majorité académique, l'université de Bonn a organisé un colloque sur les langues dans l'Empire romain, dont les actes ont été édités en 1980 (
Die Sprachen im römischen Reich der Kaiserzeit dans les
Beihefte des
Bonner Jahrbücher 40). Les articles sont en allemand.
Celui sur la Palestine, très instructif, est de la main de Haiim Rosén, aux pp. 215-239.