s'interrogeait Victor Hugo à la fin d'un poème célèbre du recueil éponyme.
Avons-nous encore la force morale de supporter une telle question?
Je n'ai pas encore pris connaissance de l'article du P. Benoît analysant les derniers événements à la lumière de cette question, mais l'honneur d'un chrétien devrait être de la supporter, voire de se la poser.
Or dans l'Europe repue de matérialisme et de vieille chrétienté, la tendance est de l'évacuer d'instinct, et cela dans tous les milieux.
Je me souviens de la volée de bois vert que j'ai essuyée en 1987 quand le jeune élève que j'étais, et qui avait à l'époque une foi plus courageuse qu'aujourd'hui parce que c'était la foi du charbonnier, avait osé supposer que le SIDA pouvait être une punition divine. Une de mes condisciples (qui se trouvait être la fille de Paul Ricard et qui était pourtant croyante), me répartit avec la plus grande sincérité:
"Il ne faut pas tout mettre sur le compte de M. Là-haut."
Une de nos ractions instinctives est de fuir cette question, car elle aurait un caractère défaitiste. Certains pourraient même dire que la rhétorique du P. benoît renvoie à celle de la révolution nationale. Mais à ce compte, tout l'Ancien Testament, qui n'a cessé de supposer que ce qui arrivait de mal à Israël était une conséquence de ses péchés relèverait d'une rhétorique analogue.
J'aime cette question de dame Glycéra:
"Le bruit des armes réveillera-t-il les âmes plus que le silence blanc et propre des anesthésies (euthanasies ou avortements)?"
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