Pour une théologie qui tienne compte du réel par Denis SUREAU 2014-11-01 18:21:50 |
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Il ne s'agit pas de choisir une voie moyenne mais une orientation qui écarte les thèses hétérodoxes kaspériennes et le refus de certains canonistes d'appréhender la réalité. Et la réalité, c'est que plus de 90% des couples qui se marient à l'Eglise sont déjà en état objectif de péché mortel (concubinage), donc de rejet pratique de la morale catholique, ce qui ne les prédispose guère à vouloir ce que veut l'Eglise dans le sacrement de mariage.
Interrogez votre curé; tous ceux que j'ai interrogé estiment que la très grande majorité des mariages qu'ils célèbrent sont très probablement invalides.
Alors il faut que l'Eglise ait une position cohérente : en préparant sérieusement au mariage, en refusant des mariages douteux, en reconnaissant la nullité de ceux qui ont été abusivement célébrés. Le cardinal Burke a raison de vouloir contre Kasper maintenir une procédure canonique sérieuse; mais il semble se satisfaire d'un statu quo, comme si nous vivions encore en Chrétienté, sans tenir compte de la mentalité divorciste et contraceptive ambiante qui vicie les esprits. C'est ce que j'appelle une théologie hors sol, ce qui est d'ailleurs inexact, car ici nous sommes plutôt dans le domaine de la discipline ecclésiastique qui peut évoluer sans remettre en cause la doctrine catholique du mariage.
J'ajoute que Benoît XVI a aussi posé une autre question, non tranchée à ce jour : avoir la foi est-il nécessaire pour se marier à l'Eglise ?
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