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l'erreur du cardinal Kasper
par jejomau 2014-05-09 23:51:19
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se trouve dans cette phrase :


Je pense donc, qu'il y a aussi des problèmes dans la position traditionnelle, et le pape Benoît a beaucoup réfléchi à ce sujet, il m'a dit que ces gens doivent disposer de moyens de salut et pratiquer la communion spirituelle. Mais la communion spirituelle va très loin : il s'agit d'être uni au Christ. Pourquoi ces personnes devraient-elles être exclues de la communion sacramentelle ? Être en communion spirituelle avec le Christ signifie que Dieu a pardonné cette personne.



Pour le cardinal Kasper : on passe de la communion spirituelle... à la communion sacramentelle parce que si l'on communie spirituellement, c'est qu'on est pardonné par Dieu.

C'est un erreur d'ordre théologale soit voulue par lui (d'inspiration protestante) soit faite par ignorance.

Je cite ici le Concile de Trente :

Concile de Trente, sess. XIII, ch. VIII : « Pour ce qui est de l’usage, nos pères ont justement et sagement distingué trois manières de recevoir ce saint sacrement. Ils ont enseigné que 1°)certains ne le reçoivent que sacramentellement en tant que pécheurs. 2°)D’autres ne le reçoivent que spirituellement : ce sont ceux qui, mangeant par le désir le pain céleste qui leur est offert avec cette « foi » vive « qui opère par la charité » Ga 5,6 , en ressentent le fruit et l’utilité. D’autres, enfin, le reçoivent à la fois sacramentellement et spirituellement : ce sont ceux qui s’éprouvent et se préparent de telle sorte qu’ils s’approchent de cette table divine après avoir revêtu la robe nuptiale Mt 22,11-14 . » (Denzinger 1648)


Il apparaît que ceux qui peuvent communier "sacramentellement et spirituellement" ne peuvent le faire "qu'après avoir avoir revêtu la robe nuptiale" : soit, après voir reçu l'absolution de leurs péchés et être en état de Grâce. Ceux qui reçoivent uniquement "spirituellement" la communion le font ... dans la FOI.

Un très beau texte du Père H.Moureau sur le sujet:


La communion spirituelle

Communier spirituellement, c’est s’unir à Jésus-Christ présent dans l’eucharistie, non pas en le recevant sacramentellement, mais par un désir procédant d’une foi animée par la charité.
On sait que la justification est produite par l’acte de charité ou par celui de contrition parfaite en tant que cet acte inclut chez le non-baptisé le vœu de recevoir le baptême et, chez le baptisé, le vœu de confesser ses fautes pour en être absous. Ainsi, pour opérer l’effet de ces sacrements, le désir implicitement contenu dans l’acte de contrition ou de charité suffit; il n’en est pas de même pour l’eucharistie. La communion spirituelle exige essentiellement le désir explicite de s’unir à Jésus-Christ sacramentellement. Ce désir suppose donc la foi à l’eucharistie et comme il a été dit, il doit être accompagné de la charité.
II suit de la que ni les anges ni les bienheureux dans le ciel ne peuvent communier spirituellement. Développant cette pensée, saint Thomas fait remarquer que l’on peut communier spirituellement de deux façons : 1. en s’unissant au Christ en personne naturelle; c’est ainsi que communient les anges en tant qu’ils sont unis au Christ par la charité et par la vision face à face; c’est là le pain que nous mangerons un jour dans la patrie; 2. on peut se nourrir spirituellement du Christ en s’unissant à lui en tant qu’il est présent sous les espèces, c’est-à-dire par la foi au Christ jointe au désir de recevoir le sacrement ou il est présent : or ce mode de communion n’existe pas pour les anges.
Trois actes constituent la communion spirituelle :
1. l’acte de foi à la présence réelle de Jésus-Christ au sacrement de l’autel;
2. l’acte de désir, dont une forme très recommandable consiste à s’imaginer que l’on s’approche de la sainte table et que l’on reçoit l’hostie de la main du prêtre;
3. l’acte d’action de grâces, le même que ai l’on avait réellement communié.
Le moment où la communion spirituelle est particulièrement indiquée est naturellement celui de la communion du prêtre a la messe; mais on peut communier spirituellement à tout moment de la journée, autant de fois que l’on veut et en n’importe quel lieu. Celui qui serait en état de péché mortel
n’est nullement tenu de se confesser; il suffit qu’il fasse un acte de contrition parfaite. Et si la contrition était imparfaite, il ne pécherait point, mais, au contraire, il ferait une chose bonne en faisant les actes de la communion spirituelle; seulement il n’obtiendrait point les grâces spéciales attachées à ce mode de communion, attendu qu’il manquerait d’une disposition essentiellement requise.
Les effets de la communion spirituelle sont identiques à ceux de la communion sacramentelle, sauf leur intensité, qui est moindre. Toutefois, ceci doit s’entendre à égalité des dispositions, car, autrement, une communion spirituelle, faite avec plus de ferveur, pourra produire plus de fruit qu’une communion sacramentelle faite avec tiédeur. Il n’est pas besoin de dire que les fruits de la communion spirituelle sont uniquement ex opere operantis.
En raison des fruits excellents de la communion sacramentelle et de l’effet qu’elle a d’aviver la foi et d’enflammer l’amour des fidèles envers l’auguste sacrement ainsi que de les porter à s’approcher de la sainte table fréquemment et avec ferveur, la communion spirituelle est hautement approuvée et recommandée par l’Église. Ainsi, parmi les motifs que le concile de Trente, , invoque pour prouver que les messes où le prêtre seul communie sont néanmoins des messes communes à tous les fidèles, il allègue la communion spirituelle que le peuple fait à ces messes, signifiant ainsi clairement que communier spirituellement c’est participer très véritablement aux fruits du sacrement de l’autel.
S. Thomas, Sum. theol., IIIa, q. LXXX, A. 1, 2; Suarez;, In IIIam Sum., disp. LXII, sect.I, n. 2; Salmanticenses, Cursus theologicus, disp. II, dub.I, II ; Gihr, Die heiligen Sakramente, t. II, § 22.
H. Moureau, DTC col. 572-574, article communion spirituelle

     

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