L'exemption de contrainte n'est pas une hérésie. par Scrutator Sapientiæ 2014-01-05 19:16:47 |
|
Imprimer |
Bonjour, bon dimanche, bonne et sainte année 2014, à jejomau et à tous les autres liseurs du FC.
Je souhaite à tous une bonne santé et beaucoup de satisfactions, pour vous tous et pour tous ceux qui vous sont chers.
1. A mon sens, mais je me trompe peut-être, l'exemption de contrainte, notamment et surtout étatique, en matière religieuse, n'est pas, à proprement parler, une hérésie, exemption de contrainte ne voulant pas dire absence de cadrage, y compris étatique, et la liberté religieuse est un droit et non un dogme.
2. La mise en forme puis en oeuvre de ce droit peut d'autant plus contribuer à "l'hérésie" décrite par Dom Guéranger dans la mesure où les hommes, y compris, "parfois", les hommes d'Eglise, confondent liberté et licence, et omettent de préciser
- que l'exercice de ce droit par les individus et les communautés,
- que la régulation de ce droit par les Etats,
n'ont vraiment tout leur sens que s'ils sont porteurs d'une exigence de responsabilité personnelle en matière religieuse, la vocation de la personne humaine étant une vocation à la liberté religieuse dans la vérité religieuse, et non contre elle ni sans elle.
3. C'est pourquoi je précise volontiers que si l'on élève ce droit au rang de valeur, si l'on fait du droit à la liberté religieuse une valeur, il faut préciser aussitôt que l'on parle alors de liberté RESPONSABLE en matière religieuse, et non d'une conception de la liberté religieuse qui s'affranchirait de toute exigence de responsabilité personnelle, face à la vocation à adhérer à la vérité objective en matière religieuse, là où elle est vraiment, et non là où l'on voudrait qu'elle soit.
4. Enfin, il me semble qu'il n'est pas assez dit que toutes les personnes humaines ont une égale vocation à la liberté RESPONSABLE en matière religieuse, mais que toutes les confessions ou traditions ne sont pas également libératrices ET responsabilisantes, notamment en matière religieuse : la reconnaissance du droit à la liberté religieuse ne devrait pas faire obstacle à l'expression de jugements de valeur sur l'aptitude effective d'une confession ou d'une tradition à être plutôt libératrice ET responsabilisante, ou à être plutôt asservissante et non responsabilisante, pour la personne humaine.
5. L'apostasie, immanente ou non, l'hostilité ou l'ignorance volontaire, vis-à-vis de la religion chrétienne, semblent être visées par Dom Guéranger, bien plus que le droit à la liberté religieuse en tant que tel ; en revanche, il est probable que la conception actuellement dominante de la liberté religieuse, non avant tout en tant que droit, mais avant tout en tant que valeur, contribue fortement au développement de ces mêmes maux, à charge pour l'Eglise, de rappeler, mais le fait-elle souvent, que l'exemption de contrainte étatique en matière religieuse ne doit pas être assimilée à une exemption de vocation personnelle à adhérer à la vérité objective en matière religieuse.
6. Il y a, par ailleurs, dans ce même passage de Dom Guéranger, et sans doute même dans l'ensemble de son ouvrage, toute une "théologie de l'histoire" qui fait pleinement droit à la justice immanente : qui répand, fait se répandre, ou laisse se répandre "l'hérésie", dans l'acception employée par l'auteur du même texte, s'expose au risque de subir, de faire subir, ou de laisser subir, des conséquences dramatiques, d'autant plus quand les hommes ont tendance à passer, non d'une erreur à la vérité, mais d'une erreur à un mensonge, véhiculé par telle ou telle religion séculière.
Je vous souhaite une bonne fin de journée et vous dis à bientôt.
Scrutator.
Soutenir le Forum Catholique dans son entretien, c'est possible. Soit à l'aide d'un virement mensuel soit par le biais d'un soutien ponctuel. Rendez-vous sur la page dédiée en cliquant ici. D'avance, merci !
|