un fléau de Dieu par Abbé Néri 2014-01-03 19:03:52 |
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Quand Dom Guéranger dit que « l'Islam ne prend racine que sur des terres où l'Hérésie s'est instaurée au sein de l’Église », cela correspond surtout au début de l'invasion musulmane qui a été perçue comme un fléau de Dieu, une épreuve passagère infligée aux chrétiens pour les amender.
Ainsi par exemple, deux ans après la mort du prophète Mohamed, le calife Omar s'est emparé de Jérusalem. En ce Noël 634, pour la première fois, les chrétiens de la ville sont empêchés de se rendre à Bethléem. Leur patriarche Sophrone leur tient ce discours :
"Corrigeons-nous, brillons de repentir, laissons-nous purifier par la conversion, refrénons nos actes qui sont haïssables à Dieu. Si nous nous contraignions, en amis et aimés de Dieu, nous ririons de la chute de nos adversaires sarrasins, nous verrions leur mort proche et leur destruction finale. »
Et, dans une lettre de Maxime le Confesseur, écrite d'Alexandrie entre 634 et 640, même déploration :
"Peut-on imaginer pire que les maux qui accablent aujourd'hui le monde civilisé ? Voir une nation barbare du désert envahir un autre pays comme s'il était le sien, voir notre civilisation dévastée par des bêtes sauvages et indomptées qui ont simplement forme humaine."
Cependant au-delà du constat historique on peut tirer la leçon sur les circonstances qu'on effectivement favorisé l'expansion de l'Islam et s'interroger sur la similitude de l'état où se trouvent aujourd'hui les peuples d'ancienne chrétienté.
Je ne relancerai pas le débat sur la liberté religieuse parce que quoi qu'il en soi de sa qualification théologique ce qui ravage nos sociétés est beaucoup plus grave.
Dans l'explication que Mgr. Lefebvre donne du titre de son ouvrage « Lettre ouverte aux catholiques perplexes » on peut lire ou relire avec profit ceci :
« Que les catholiques de ce XXe siècle finissant soient perplexes, qui le niera ?
Que le phénomène soit relativement récent, correspondant aux vingt dernières années de l’histoire de l’Église, il suffit d’observer ce qui se passe pour en être persuadé.
Naguère le chemin était tout tracé ; on le suivait ou on ne le suivait pas.
On avait la foi, ou bien on l’avait perdue, ou encore on ne l’avait jamais eue.
Mais celui qui l’avait, qui était entré dans la sainte Église par le baptême, en avait renouvelé les promesses vers l’âge de onze ans, avait reçu le Saint-Esprit le jour de sa confirmation, celui-là savait ce qu’il devait croire et ce qu’il devait faire.
Aujourd’hui, beaucoup ne le savent plus. On entend dans les églises tant de propos stupéfiants, on lit tant de déclarations contraires à ce qui avait été enseigné depuis toujours, que le doute s’est insinué dans les esprits.
Le 30 juin 1968, en clôturant l’Année de la Foi, S.S. Paul VI faisait devant tous les évêques présents à Rome et devant des centaines de milliers de fidèles une profession de foi catholique. Dans son préambule, il mettait en garde chacun contre les atteintes portées à la doctrine car, disait-il, « ce serait alors engendrer, comme on le voit malheureusement aujourd’hui, le trouble et la perplexité en beaucoup d’âmes fidèles ».
Le même mot se retrouve dans une allocution de S.S. Jean-Paul II le 6 février 1981 :
« Les chrétiens d’aujourd’hui, en grande partie, se sentent perdus, confus, perplexes et même déçus. »
Le Saint-Père en résumait les causes de la façon suivante :
« Des idées sont répandues de tous côtés qui contredisent la vérité qui fut révélée et a toujours été enseignée. De véritables hérésies ont été divulguées dans les domaines du dogme et de la morale, suscitant doutes, confusion, rébellion. Même la liturgie a été violée. Plongés dans un « relativisme » intellectuel et moral, les chrétiens sont tentés par un illuminisme vaguement moraliste, par un christianisme sociologique, sans dogme défini et sans moralité objective. »
Cette perplexité se manifeste à tout instant dans les conversations, les écrits, les journaux, les émissions radiophoniques ou télévisées, dans le comportement des catholiques, ce dernier se traduisant pas une diminution considérable de la pratique, comme en témoignent les statistiques, une désaffection à l’égard de la messe et des sacrements, un relâchement général des mœurs.
On est amené à se demander, par suite, ce qui a provoqué un tel état de choses.
A tout effet correspond une cause.
Est-ce la foi des hommes qui s’est amoindrie, par une éclipse de la générosité de l’âme, un appétit de jouissance, un attrait pour les plaisirs de la vie et les multiples distractions qu’offre le monde moderne ?
Ce ne sont pas les vraies raisons, elles ont toujours existé d’une façon ou d’une autre ;
- la chute rapide de la pratique religieuse vient bien plutôt de l’esprit nouveau qui s’est introduit dans l’Église et qui a jeté la suspicion sur tout un passé de vie ecclésiastique, d’enseignement et de principes de vie.
Tout cela se fondait sur la foi immuable de l’Église, transmise par des catéchismes qui étaient reconnus par tous les épiscopats.
La foi s’établissait sur des certitudes. En ébranlant celles-ci, on a semé la perplexité. »
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