Arphaxad vécut trente-cinq ans, et il engendra Salé.
Selon certaines interprétations, le "vécut" indiquerait plutôt un règne.
Donc, Arphaxad régna trois ans et engendra Salé.
Puis il régna encore 32 années et demi qui furent prolifiques et profitables. (Les fils et les filles sont aussi la multitude des sujets et des productions.)
Salé devint roi et eut un héritier au bout de deux ans et demi. Le prince royal Héber naquit donc lorsque son père eut 35 ans.
Le règne de Sem est plus complexe mais voilà. Dès avant le déluge, Noé avait partagé son empire entre ses trois fils. Sem devint donc le roi d'Asie. Au bout de 8 années de règne, dont deux mois effectifs (après le déluge), il donna naissance au prince héritier. On sent bien ici le raccord difficile entre d'une part la légende diluvienne (se rapportant sans doute à la fin de la glaciation de Würm et sa série de catastrophes planétaires) et la liste vénérable des princes pasteurs du lignage d'Abraham.
Cette liste tend à montrer que l'héritier ne peut naître que dans la pourpre paternelle. Les éventuels aînés étaient sans doute trop marqués par le règne précédent ou leur statut et leur vie étaient précaires ou la forte consanguinité retardait la probabilité des naissances.
Enfin, il est toujours de coutume de ne dater la vie des souverains que de leur règne effectif. Aussi, dans les livres d'Histoire, apprend-on Henri IV (1589-1610) et non pas (1553-1610).
Quant à Jacob âgé de 130 ans, nous voyons ici une chute de l'espérance de vie d'un ordre de grandeur. L'explication est qu'il s'agit bien d'années solaires nais noté sur mantisse sexagésimale selon la coutume mésopotamienne. Il faut donc imputer un rapport de 6/10 et en notation décimale on retrouve l'âge de 78 ans. Les 175 ans d'Abraham n'en sont que 105. Les 180 ans d'Isaac en font, en réalité 108. La trentaine d'années de différence avait de quoi complexer le pauvre Jacob!
Le pentateuque est la synthèse tardive (retour d'exil pour la version définitive par Esdras). Ses sources sont un fatras de traditions orales pastorales, de papyrus et de tablettes cunéiformes. La réunion de ces matériaux épars en Histoire Sainte développa une théologie et une anthropologie dont notre foi a fait son lit. La vraie inspiration, c'est cela: comprendre sa vie individuelle et collective à la lumière de l'Esprit-Saint.
Ne succombons pas au littéralisme prisé par les néo-calvinistes les plus obtus. Quant au mode de vie, c'était celui des bédouins de toujours.