l'item de Gaudium et spes se conçoit par Luc Perrin 2012-11-15 10:09:59 |
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on peut le lire en continuité avec la Tradition sans trop de contorsion intellectuelle.
La dernière citation reprise aussi de ce même texte se conçoit très bien qui peut dire le contraire :
« Les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps, des pauvres surtout et de ceux qui souffrent sont aussi les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des disciples du Christ, il n’est rien de vraiment humain qui ne trouve écho dans leur cœur. »
La phrase entendue, sans glose ni aucune explication, brute de décoffrage et c'est ainsi qu'elle fut prononcée, laisse perplexe. A mon sens.
Je reprends le texte central : "Il revient à tout le peuple de Dieu, notamment aux pasteurs et aux théologiens, avec l'aide de l'Esprit-Saint, de scruter, de discerner et d'interpréter les multiples langages de notre temps et de les juger à la lumière de la parole divine, pour que la vérité révélée puisse être sans cesse mieux perçue, mieux comprise et présentée sous une forme plus adaptée."
Les mots employés sont clairs : Madonna n'est pas mise à égalité avec Mère Teresa et la Sainte Écriture, si je puis dire. Les génocideurs rwandais et serbes ne sont pas mis à égalité avec les paroles du Christ.
Quant à la phrase ultime du n° 44 citée ci-dessus, son sens est obvie : ce n'est pas celui que le nazisme ou le stalinisme ou le capitalisme le plus sauvage ont "autant" de valeur que les Évangiles pour l'Église. Mais que ces productions du prince de ce monde - Satan, l'esprit du Mal - ont indirectement suscité des martyrs, de l'héroïsme, des réponses chrétiennes de combat comme la doctrine sociale et toutes les initiatives qu'elle a entraînées et qui l'ont précédées.
C'est tout autre chose que de dire froidement que l'Église reçoit "autant" du monde - sans discernement, sans distinction, sans précision, sans "scruter", sans le rapporter "à la lumière de la parole divine" - qu'elle lui donne. Nulle part Gaudium et spes ne dit ce "autant". Le texte central de Vatican II se nomme Lumen gentium, l'Église lumière des nations ... pas l'inverse.
ps. l'intervention de ce haut prélat [qui est tout sauf un "dissident"] était écrite, rien d'improvisé, ce n'était pas une formule énoncée un peu vite dans le cadre d'un débat où on peut parfois s'exprimer vite.
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