bonne analyse Scrutator par Luc Perrin 2012-11-15 01:08:00 |
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si je peux me permettre.
De même, comme il a été dit par 8Charly plus haut, le pape n'a jamais eu l'intention de renoncer à la ligne de J. Ratzinger sur le Concile.
Vous rappelez très justement l'ambiguïté des déclarations au sein de la FSSPX : entre les 95% de Mgr Fellay en 2001, la théorie de la soupe empoisonnée et le rejet en bloc de Vatican II, le discours a toujours été flottant. Une chose est sûre Mgr Lefebvre n'a jamais rejeté 100% de Vatican II. Ceci même Mgr Tissier de Mallerais l'admet et le documente dans sa biographie.
Il est aussi vrai que demander l'adhésion formelle à 100% de Vatican II est absurde : les textes conciliaires ne sont pas un super dogme chacun le sait. Même Mgr Müller a concédé qu'une petite partie était liée aux circonstances.
Par ex. la Constitution sur la liturgie a été bafouée sans vergogne par Paul VI et Bugnini entre 1964 et 1969. Mgr Müller ne demande pas qu'on en revienne obligatoirement, Vatican II oblige, au latin et au grégorien dans nos pays de vieille chrétienté disait-on. Il ne demande pas l'interdiction des Prières eucharistiques sauf la I qui toutes sont manifestement contraires à la règle du développement organique posée par Vatican II etc.
Toute la question était entre septembre 2011 et le 13 juin 2012, quelle marge de révision Rome consent-elle sur le corpus conciliaire ?
Certains ont pu croire que le pape s'engagerait dans la voie du "consensus différencié" qu'il avait exploré et soutenu pour la Déclaration d'Augsbourg de 1999 avec les luthériens. Ceux-là sont les contacts dont fait état Mgr Fellay : rien d'extravagant à concevoir cela, rien d'étonnant non plus que dans l'entourage du pape on ait pu soutenir cette option.
Clairement, l'opposition au sein du Sacré Collège et dans quelques épiscopats s'est exprimée lors de la plenaria de mai de la C.D.F. encore présidée par le cardinal Levada.
Le pape a nettement tranché pour l'abandon de la 1ère voie en juin 2012.
N'oublions pas que toute l'orientation ratzinguérienne depuis 1982 a été de ramener à l'unité en réévaluant le texte [la lettre] conciliaire et en soulignant l'autorité interprétatrice du Magistère romain. La voie de la marge de discussion pose clairement problème en détricotant partiellement ce qui a été tenté sous Jean-Paul II, même si dans la pratique et la réalité ecclésiale, l'anarchie ou les flottements doctrinaux sont loin d'avoir été résorbés, très loin.
Exemple de formulation très flottante qui prête pour le moins à interrogations, je donnerai cette citation entendue récemment de la bouche d'une haute personnalité de la hiérarchie devant un public nombreux et varié parlant de l'Église depuis Vatican II :
"Elle reçoit du monde autant qu'elle lui donne".
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