vous avez raison par Rothomagus 2012-10-11 19:22:32 |
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Je suis d'accord avec ce que vous dites, et je crois que vous avez compris là où je voulais en venir.
Et je serais heureux si ces messages pouvaient donner quelque substance à une réflexion qui appartient à ceux dont c’est la vocation de traiter des questions de vocation et de formation.
Il faut terminer en rappelant tout de même que, à mon sens, il y a un problème réel dont les conséquences ne sont pas suffisamment mesurées.
A] Etapes avant le Concile de Trente :
1°) baptême, communion, confirmation pour tous
2°) entrée dans le choeur de l'église
3°) tonsure, qui faisait clerc celui à qui elle était conférée
Les évêques, lors de tournées ou de visites, confirmaient et tonsuraient à tour de bras, en ville et dans les campagnes.
4°) collation des ordres mineurs, parfois en même temps que la tonsure, mais je ne parviens pas à déterminer quelle était la pratique dominante.
Jusque là tout va bien, on voit que le chrétien n'est pas coupé de son milieu, on voit toute la progressivité de l'engagement, en fonction des besoins de l’Eglise locale, diocèse et paroisse.
Tout va bien aussi pour le clerc tonsuré et ayant reçu ces ordres, qui peut alors prendre la décision de se marier et de fonder une famille. Cela bloque son évolution au sein de l’Eglise, mais en aucun cas son engagement ni ses ordres ne sont remis en cause, et son rôle au sein de sa paroisse et du clergé demeure le même.
5°) ordres majeurs et sacerdoce
B] Trente a défait tout cela.
1°) D'une part, les Ordres mineurs ont cessé d’être propres à eux-mêmes, mais considérés comme des étapes menant à la prêtrise. Le bouleversement est conséquent ! Car, si rien ne change en apparence, et que les ordres mineurs continuent d’exister, leur collation est subordonnée au désir d’accéder au sacerdoce, dont ils sont une composante. Je résume, mais c’est bien ce schéma (premier coup de canif qui conduira à leur suppression pour l’Eglise latine en 1965).
Donc c’est toute la base du recrutement sacerdotal, qui s’est considérablement réduite. Car en refusant de facto la montée en escalier vers le sacerdoce, on obligeait le jeune à prendre dès le départ et a priori, la décision de devenir prêtre ! Alors que nul pourtant ne peut présager de l’avenir. Et qu’il s’agit d’une décision vraiment radicale.
2°) D’autre part, la mise en place progressive des séminaires a renforcé cette problématique. Puisque les ordres mineurs devenaient alors inaccessibles en dehors des séminaires.
Aujourd’hui, le bas-clergé continue de s’étioler. Les forces vives des paroisses, qui l’alimentaient en nombre, ont cessé d’exister du fait de cette double coupure tridentine. Qui saura trouver le moyen de réduire la fracture ?
C] La meilleure période ?
A mon sens, et pour la France, il s’agit de l’immédiat après-Trente. Foisonnement de congrégations nouvelles, mise en place de retraites et d’exercices en tout genre, création de collèges, apparition des séminaires, retour d’expérience des vieux ordres religieux etc.
Toute cette diversité générée par la mise en place d’un système de formation performant, n’avait pas encore tué les modes de recrutement traditionnels avant quelques années. Mais cette coexistence heureuse de la tradition et des méthodes modernes, a laissé place implacablement à la voie unique du séminaire austère, éloigné et éloignant. Avec seulement deux choix restants : le laïcat ou la prêtrise ! à l’encontre de l’ancienne tradition.
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