Avenir des séminaires ? par Rothomagus 2012-10-09 19:23:33 |
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Les quelques remarques sur l'âge de certains séminaristes sont révélatrices.
L'âge minimal requis pour être ordonné prêtre est de 25 ans en principe, et ceci depuis des temps immémoriaux.
Mais l'évolution de notre société et de l'instruction doit nous interroger aussi sur la formation des prêtres. Le Concile de Trente répondait aux préoccupations de son époque.
Les séminaires, pour la plupart apparus au XVIIème siècle, étaient des lieux où une instruction soignée et poussée était dispensée. Permettant d'avoir un clergé de bon niveau général. A l'époque, il signifiait aussi un certain niveau social acquis par l'étude.
Cependant, cela a aussi entrainé des modifications :
- la promiscuité des séminaristes les uns avec les autres, formant un esprit de caste.
- l'homogénéisation de la formation, avec ce que cela pouvait entrainer de mainmise des formateurs sur les formés, notamment par l'inoculation de l'esprit de certaines congrégations dans des intelligences encore maléables.
Sans compter l'affaiblissement du gallicanisme qui en était une conséquence si logique et bien opportune...
Mais ça fonctionnait bien, cependant non sans conséquences.
Au XVIIIème siècle déjà, les vocations se raréfiaient (pas au point d'aujourd'hui !). En était-ce la résultante ?
Dorénavant, l'instruction, privée ou publique, est assurée dans des écoles, collèges et lycées pour tous. Les études ne sont plus l'apanage de quelques uns. Entre 3 et 18 ans, cela fait grosso modo 15 années d'apprentissage assis à user les bancs, ou chaises, d'une salle de classe.
Aujourd'hui l'internet est là, avec l'accès aux livres numériques. Et concernant le livre en lui-même, sa cherté n'est plus un frein à l'apprentissage. Monter une bibliothèque, luxe d'antan, est aujourd'hui quasiment à la portée de toutes les bourses, vu les prix du livre.
Enfin, le séminaire en tant que lieu, n'avait pas seulement pour objectif d'y réunir un savoir, des enseignants, des séminaristes et une bibliothèque en un seul endroit. Il avait l'avantage d'accueillir et d'héberger tout ce petit monde. Désormais, les transports sont faciles, des sessions de formation de quelques jours sont facilement organisables, les routes et chemins de fers sont de bonne qualité, et on ne met pas, comme avant la Révolution, des semaines pour traverser le pays, ni plusieurs jours pour un même diocèse. C'est juste l'affaire de quelques heures, tout au plus. Alors à quoi bon ces structures faites pour un autre temps ?
Est-il encore nécessaire de :
- Concentrer des séminaristes sur un même lieu pendant plusieurs années, alors que les supports du savoir sont accessibles à domicile.
- Sauver le vieux modèle des séminaires, alors que les pères concilaires Tridentins, s'ils avaient vécus à notre époque, n'auraient certainement pas songé à les inventer et les généraliser. Ils étaient aussi pragmatiques que nous le sommes, quoiqu'on en dise, et en phase avec les réalités de leur temps !
- Couper du monde de jeunes gens, qui sont déjà des "spécimens" dans leur époque, afin de les éloigner encore plus des réalités de ce monde.
Il me semble qu'il ne serait pas idiot de revenir au modèle pré-tridentin. A savoir ne pas faire de la prêtrise une coupure nette et un renoncement, comme une épreuve à subir, un parcours du combattant avant la récompense. Du moins pour les diocésains.
Mais laisser les vocations s'épanouir naturellement, avec un suivi régulier, et non pas permanent et à huis-clos. Redonner aux ordres mineurs leur vraie place : une montée en dignité progressive à servir l'Eglise, puis la Sainte Messe, pour finir par la dire.
Le séminaire en Europe est-il devenu un anachronisme inutile, voire même repoussant les vocations ?
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