Pour développer davantage, par le torrentiel 2012-09-29 08:33:09 |
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1. Ce n'est pas l'évolutionisme que je qualifie de "loufoque", mais mon argument qui mêle esthétique et vérité, et qui voudrait rendre la vérité belle, pour qu'elle réponde aux trois critères du souverain bien selon que Platon (qui n'est pas un prophète, ni un évangéliste), les donne : le bien, le beau et le vrai.
Je présente cet argument comme loufoque, car il est peu souvent avancé ; en fait il me paraît beaucoup plus profond qu'il en a l'air :
a) Nous accédons aux choses les plus saintes, sinon par la beauté elle-même, du moins par une sorte de renversement de notre intelligence et de notre sensibilité analogue à ce qui se produit quand nous voyons ou entendons quelque chose de splendide. C'est ce qui a pu faire confondre la beauté avec rien de moins que le principe de rédemption à dostoïefski dans cette phrase célèbre :
"La beauté sauvera le monde."
b) C'est dire, il est vrai, que le beau est une notion en partie subjective, mais pas autant que vous avez l'air de le dire, dans le droit fil de ceux qui font de "l'art conceptuel" en récusant la notion de beau, que la relation que nous avons à la vérité relèvent en partie d'un esthétisme. Nous recherchons la vérité en esthètes.
c) Associer la beauté à la vérité (ou faire que vérité et beauté s'embrassent) est la seule façon d'empêcher que la vérité ne soit… une beautéfroide.
d) Mais surtout reconnaître la place de l'esthétisme dans la vérité me paraît conforme à la certitude qui devrait être la nôtre que, le vrai est non seulement vrai, mais bon, et bien. La vérité est bonne et belle, ce qui ne veut pas dire immédiate : il existe une "éducation à la beauté" come il existe une éducation à la vérité.
e) Le beau n'est pas universel, c'est pourquoi l'expression de la vérité que l'on trouve ne l'est pas non plus. Ces différences d'appréciation suspendent le jugement de roland barthes (que je citais dans mon précédent message, à propos de son beau livre sur "le neutre"). Ils veut "déjouer le paradigme" qu'il assimile à la dualité en choisissant "l'épochè", la suspension du jugement. Tout autre est ma définition du neutre : le neutre résulte de la dissociation de nos points d'accord et de nos points aveugles. Il s'identifie à un certain fond commun de la manière dont, intuitivement, il existe un consensus sur la nature humaine, la morale, etc. Je parle évidemment d'un consensus que l'on n'a pas contraint à des inflexions volontaires destinées à le faire aimer ce qui, d'emblée, le rebute. En gros, le neutre s'identifie au "on", qu'on a tort de prendre pour le pronom imbécile et qui n'est pas non plus celui de la doxa et de la dictature de la foule.
2. "Doit-on, selon vous, tenir pour absolue la datation de l'univers en sept jours" ? Oui, en sept jours deDieu, des jours qui peuvent valoir chacun mille en et plus, et ce d'autant plus que Jean-Marie Pelt avait montré, dès les années 1985 (sur "France inter et possiblement dans un livre dont j'ignore les coordonnées), à l'époque où le terrorisme anticréationiste était moins sévère – je rappelle que l'évolutionisme fait tacitement partie des opinions inrévisables -, l'étonnante coïncidence entre les différentes étapes de la Création, sinon de l'univers, du moins du monde (la Bible elle non plus, ne s'appesantit guère sur la création des cieux), telles que la science croit pouvoir lesdécler, et les étapes qu'en a décrites la bible (pensez au submergement originaire de la terre, à l'Epiphanie des poissons dans la mer au regard de l'homme).
3. Si je suis en mesure de quantifier le nombre des fosciles ? J'ai entendu parler de quinze mille, vous même évoquez une dizaine de milliers.
Bien sûr que les fosciles ne sont pas arrivés "par l'opération du saint-esprit", mais ce n'est pas cela qui est en cause. Ce qui est en cause, ce ne sont pas les fosciles, c'est l'interprétation qu'on en done. Je regrette, mais il est scientifiquement très léger de tirer une histoire aussi complète de l'évolution à partir d'un nombre aussi limité de"documents". D'autant plus que cette histoire connaît des extrapolations intellectuellement très séduisantes dans les domaines des sciences humaines : ethnologie, anthropologie, psychologie, psychanalyse… ces extrapolations sont donc très proches d'une mythologie assumée et ne se distinguent d'une révélation qu'en ce qu'elles font des rapprochements avec des documents, mais en nombre si restreint qu'on peut à peine prendre au sérieux le ton de docte assurance de leurs conclusions péremptoires. Du reste, à supposer qu'il faille parler de "poème de la création", les auteurs inspirés de la Bible ont eux aussi recoupé des sources historiques avec l'inspiration qui les habitait.
4.
a)Je n'ai pas l'impression de vous avoir tourné en ridicule, vous devez me confondre avec Origenius.
b) La science ne peut pas expliquer "l'apparition de la matière", "de la conscience" et de "la vie". Autant dire qu'elle ne peut rien expliquer du tout. Car notre appréhension de l'univers se fait entièrement à partir de ces troisnotions, rien qui les excède !
c) Mon propre argument 4. reposait sur l'analyse du Père Martelet, qui cherchait à concilier évolution et création et qui ne trouva d'autre moyen de le faire qu'en se donnant pour prémice que l'esprit, qu'il élargissait à la conscience, était à envisager à part de l'évolution de la matière et de la vie. Pour lui, l'esprit ne faisait l'objet d'aucune localisation cérébrale et n'était pas mortel. Mais il fallait en outre que la conscience fût le propre de l'homme, que l'univers ne soit pas doté de conscience. Cet argument revient à l'anthropocentrisme dont souffrent toutes les religions et qui s'exprime naïvement dans cette phrase du "Credo" (symbole de Nicée-constantinople) :
"Au sommet de l'univers (sic), Il a fait l'homme à son Image".
Pour autant, si la conscience était universellement répandue, il n'y aurait pas loin à conclure que dieu est Immanent à l'univers. Immanent, au moins jusqu'à l'Origine de la manifestation.
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